Publicité

Bazar et Bémols prépare l'album La bulle époque

Si l’on se fie aux sept instruments sur scène ou au bazar sonore qui s’en dégage, impossible de deviner qu’ils ne sont que trois ! Pourtant, depuis 2007, Bazar et Bémols est bel et bien un trio de chanson française qui s'inspire de groove, de jazz, de reggae et de rythmes latins.
Bazar et Bémols prépare actuellement l'album La bulle époque avec l'aide des internautes.

Bazar et bémols (crédit Boris-Yvan Dassié)

crédit visuel : Boris-Yvan Dassié

Qui se cache derrière Bazar et Bémols et comment s'est formé le groupe ?
Ronand (chant, contrebasse, guitare), Raphaël (chant, trompette, cajon, guitare, percussions) et Chach (chant, guitare). Chach joue moins d’instruments que les autres, on pense que c’est pour ça qu’il est le seul a avoir un pseudo : c’est forcément une forme de honte. On s’est rencontré au lycée quand on avait 15 ans, on faisait des boeufs et, après quelques années, le boeuf s’est transformé en groupe (2007).

Avant tout, peut-on avoir des nouvelles de Chach qui a attrapé le Covid-19 ?
Chach va très bien. Il a été KO deux jours puis les symptômes ont diminué très vite. Au moment où on vous répond cela fait six jours qu’il a le virus et il n’a plus aucun symptôme. On pense qu’il a inventé sa maladie pour pouvoir regarder des séries dans son lit et ne pas s’occuper de ses enfants.

Pouvez-vous nous présenter l'album La bulle époque et son univers ?
C’est notre troisième album, on en est fier. Beaucoup de retours de pros et de proches disent que c’est notre meilleur disque.
Le titre La Bulle époque évoque une société à bulles individuelles, ça n’a jamais été plus vrai que pendant le confinement actuel. Nos textes sont critiques ou légers. Dans les deux cas la forme est très réfléchie.
Musicalement, c’est de la chanson française avec notre touche habituelle : beaucoup de swing manouche et d’harmonies à trois voix. On s’est aussi amusé sur d’autres genres comme le blues, le reggae ou encore des sonorités cap-verdiennes… Si on juge l’ambiance sur l’ensemble des douze titres, c’est un bon album pour démarrer sa journée de bonne humeur.

Au fait, c'est pas le bazar sur les bémols de vos partitions ?

C’est plutôt raisonnable, déjà parce qu’on n’a pas de partition. On retient tout de tête. On est obligés d’être assez ordonnés avec nos huit instruments et trois voix pour seulement trois personnes. C’est d’ailleurs pour ça qu’on a choisi ce nom. Mettre un bémol sur un bazar, c’est adoucir le désordre, faire en sorte qu’il devienne confortable pour pouvoir vivre dans un bordel organisé.

Souhaitez-vous nous parler des enregistrements en studio ?
On a enregistré La Bulle époque dans un studio à Saint-Denis (Studio 12 courage), on enregistrait les instruments en direct, chacun dans une salle séparée, ensuite les voix de la même façon. C’est toujours un peu stressant car on paye chaque journée et il ne faut pas perdre de temps mais c’est aussi très excitant car l’album se fabrique devant nous brique après brique. D’autant qu’on s’est fait plaisir à inviter d’autres musiciens pour étoffer certains titres (batteur, section cuivre, flûte traversière, percussionniste, guitariste soliste de jazz manouche). Il y a donc des arrangements que nous-mêmes avions hâtes d’entendre joués, ne serait-ce pour voir si ce qu’on avait écrit tenait la route.

Peut-on en savoir plus sur le titre A la belle étoile et pourquoi un voyage au Cap Vert ?
Le voyage au Cap-Vert, il est musical dans ce titre. Raphaël est celui qui écoute le plus de musique latine et africaine dans le trio. Ça lui a inspiré cette mélodie qui nous faisait penser à du Cesaria Evora. Sur cette chanson, Chach s’est proposé d’écrire un texte. Après avoir entendu une émission de radio sur la pollution lumineuse et l'accès aux étoiles, il s’est remémoré des soirées en tournée à profiter du ciel complètement dégagé, sans aucune lumière alentours, et la chanson s’est écrite sur ces souvenirs.

Qu'est ce qui vous motivé à faire un financement participatif ?
Le financement en lui-même est une bonne motivation. Notre album coûte 24000€ à produire. C’est une somme importante à sortir pour un groupe en auto-production. Notre campagne sur le site Kisskissbankbank a donc pour but d’apporter un quart du budget global. Ce n’est pas un appel au don, ceux qui participent achètent au minimum un album.

En quoi l'autoproduction et la musique indépendante est importante pour vous ?
Au début, on n’avait pas vraiment le choix. Quand on n’existe pas encore médiatiquement, les labels ne s’intéressent pas à un groupe émergent comme Bazar et Bémols. On a donc mis la main à la pâte pour avancer presque sans aide. Françoise, notre trésorière, s’occupe bénévolement d’une partie administrative pour les concerts. Le reste, on le fait tout seul. On a divisé le travail en trois (communication, booking, administratif et finances) et on construit notre carrière ensemble pas à pas. De cette manière, on sait ce qu’on a et on ne peut pas dégringoler du jour au lendemain (ce qui peut arriver quand un label arrête de s’occuper de vous alors que vous êtes toujours sous contrat). On fonctionne bien comme ça mais on garde l’oeil ouvert.

Quel sera l'univers visuel de l'album La bulle époque et des clips sont-ils prévus ?
Il y a toujours un peu de poésie dans nos visuels. Pour Le Fruit du bazar, on partait à la cueillette d’instruments plantés dans le sol ou accrochés à des branches d’arbres. Pour Habillés d’humeurs, on s’était confectionné des T-shirts faits de centaines de post-it colorés sur lesquels on avait écrit des humeurs. Pour La Bulle époque, on a réussi à tenir tous les trois avec quelques instruments dans une baignoire au milieu d’un salon, habillés en sapeurs congolais flashy en train de regarder une nuée de bulles qui s’échappent. On voulait que ce soit coloré, positif et surréaliste. On veut faire trois clips sur cet album. Pour la chanson Dans ma bulle, on réfléchit à un autre concept autour d’une bulle…

Que retenez-vous de votre expérience de musiciens dans le métro et du documentaire d'Arte ?
Notre expérience de musiciens du métro a été un tremplin pour devenir professionnels. On jouait dans le métro au moins quatre fois par semaine pour gagner notre vie lors de nos deux premières années à ne faire que de la musique. En parallèle, on donnait autant de concerts que possible. Grâce au métro, on s’est fait connaître du public parisien, on a rencontré le réalisateur de notre premier clip et on a pu être entendus par beaucoup de programmateurs qui nous ont ensuite invités à jouer dans leurs festivals. Même si c’était parfois dur, un peu répétitif, on rigolait bien tous les trois et on savait que cette régularité allait payer à un moment. Au bout de deux ans, on est devenu intermittent du spectacle et on ne vivait que des concerts du groupe. Le documentaire Arte a permis d’en avoir un petit souvenir vidéo, et c’était la fierté de dire à nos parents d’allumer Arte un dimanche à midi pour nous regarder.

Qu'appréciez-vous dans la scène et avez-vous un souvenir de concert à nous partager ?
On aime rire avec le public, le sentiment de victoire quand on part d’un public froid qui va se réchauffer avec nous au fur et à mesure du concert. On aime quand on est dépassés par les événements, que tout le monde danse, tape des pieds et crie de joie. A ce moment là, on n’a plus le droit de parler entre les chansons, il faut tout enchainer pour qu’il n’y ait jamais de pause.
Des souvenirs de live, on en a plein, des bons comme des mauvais. Un boeuf en loge avec Manu, le guitariste de Tryo, des pannes d’électricités en plein milieu d’un concert qu’on finit en acoustique au milieu du public, un sourd qui vient mettre sa main sur notre guitare pour entendre les vibrations pendant une chanson, un squat de punk tellement sale qu’on est restés devant l’entrée pour conseiller au public de ne pas venir nous voir, une guitare qui capte et rediffuse la radio dans les enceintes pendant qu’on chante.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Par écrit, ce qui nous fait assez rire pour finir une discussion, c’est d’arrêter une phrase en plein milieu alors qu’on

Merci à Bazar et bémols d'avoir répondu à notre interview !
Retrouvez les également sur Facebook.

À la belle étoile | Bazar et Bémols | Teaser studio

Musique interview

Bientôt un clip pour Vincent Vega de Ben Lløyd Bientôt un clip pour Vincent Vega de Ben Lløyd
Ben Lløyd va réaliser un clip sous forme de dessin animé pour le titre phare de...
  Les Préliminaires d'Almée
Almée dévoile Préliminaires, premier single qui nous fait découvrir la p...
Les Préliminaires d'Almée

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire