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Barton Hartshorn présente l'album Not What I Expected to Hope For

Maxime Lopes Par Le lundi, 08 février 2021 à 13:59 0

Dans Culturel

Avec  l'album Not What I Expected to Hope For, Barton Hartshorn dévoile un joyaux de british pop... Découvrons ensemble cet album.

Barton Hartshorn (crédit We are the good children)

crédit We are the good children

Quelle place occupe le groupe Dictafone dans votre parcours artistique ?
Dictafone représente une période de grande créativité pour moi, une recherche d'identité musicale. Le dernier album Home était une grande aventure où on s'est retrouvé à Los Angeles dans un studio mythique avec Ken Scott, le réalisateur de Ziggy Stardust. Ça occupe donc une place assez importante dans mon parcours !

Qu'est ce qui vous a intéressé dans le fait de reprendre le nom de votre village d'enfance dans votre nom d'artiste : Barton Hartshorn ?
Je suis loin d'être le seul artiste ou écrivain qui se sert des souvenirs d'enfance pour créer des nouvelles œuvres ou pour peupler des scénarios. J'ai des liens très forts avec mon passé familial. J'utilise souvent des objets qui appartenaient à mes grand-parents ou arrières-oncles pour m'inspirer. Je pense que ça vient du fait que j'ai connu 5 de mes arrières grand-parents. Le fil qui me lie avec le passé est très concret ; les gens qui sont nés au 19ème siècle ne sont pas des fantômes pour moi, je les ai rencontrés, ils ont fait partie de ma vie.

Comment l'Angleterre influence-t-elle votre musique ?
J'ai grandi avec la musique folk britannique et la chanson française (ma mère est originaire du sud-ouest de la France) mais comme j'ai grandi en Angleterre, la culture pop a bien fini par prendre le dessus en terme de style. Je suis quand même resté assez frustré par la place qu'occupent les paroles dans la Pop britannique, c’est-à-dire secondaire, et j'ai donc fini par approprier le meilleur des deux mondes.

Pouvez-vous nous présenter l'album Not What I Expected to Hope For ?
Je suis peut être encore trop proche pour voir clair... Ce que je peux vous dire c'est que l'album commence avec une histoire qui se déroule dans le village où j'ai grandi et se termine avec un conte New Yorkais qui se passe en 1904. Entre les deux il y a des regrets et des aveux, mais la distance entre le village anglais de départ et le New York de la fin est assez représentative des voyages réels et imaginés pendant le processus d'écriture et composition de l’album.

Comment avez-vous composé cet album et quelle importance accordez-vous aux textes ?
La majorité des chansons ont été composées lors des 2 tournées américaines en 2019. En général, les mélodies arrivent avec quelques paroles attachées, parfois juste une phrase, mais assez pour donner un point de départ. Je ne force jamais les paroles. Les quelques fois où j'ai essayé ont donné des résultats moyens. J'ai donc quelques chansons qui attendent des années avant de trouver les justes mots pour compléter le puzzle. Les paroles représentent une couleur primordiale sur le tableau. Une belle mélodie peut être facilement gâchée si on est trop pressé !

Qu'avez-vous souhaité apporter de nouveau sur cet opus ?
Surtout de refaire ce que j'avais déjà fait. Mais aussi de finir avec un album qui ne me ressemble pas. C'est toujours le risque quand on veut explorer un nouveau territoire. Le risque de se perdre est toujours présent. En terme esthétique, je visais une palette sonore plus brillante, plus claquante que l'album précédent qui était volontairement dans les tons 70s. Mais je voulais aussi approfondir l'aspect "storytelling" qui m'est très proche et que j'ai gardé de mes racines folk britannique.

Quels ont été vos choix sur le plan instrumental ?
Le plus grand changement sur cet album par rapport aux précédents, c'est l'utilisation de synthés (joué par mon co-réalisateur Vincent Guibert), mais à part ça on a voulu rester sur des instruments classique, basse, batterie, guitares acoustiques et électriques.

Parlez nous du titre Listen for a change et son clip…
Listen for a change est né quand mon fils est rentré de l'école avec quelque chose qu'il avait écrit sur la planète et ce qu'il espérait pour le futur. En le lisant, je me suis dit que j'avais écrit quasiment la même chose à son âge, que j'avais les mêmes souhaits très simples et très purs, sans prendre en compte toutes les réalités que la vie adulte nous impose plus tard. Je me demandais donc à quel point, dans notre vie, on lâche ses idéaux pour accepter le monde tel qu'on nous le présente. Je pense que l'abandon de cet idéalisme et cette naïveté est une vrai perte et qu'on devrait plus se fier à cette vision de départ.
Avec le clip, j'ai voulu donc recréer un peu le monde enfantin en utilisant la technique "Stop motion" qui est très familier à tous ceux qui ont grandi en Angleterre ; la BBC étant pionnier dans ce domaine.

Souhaitez-vous nous parler des enregistrements en studio ?
Trois studios ont été utilisés. Mon studio à Paris, le Triangle à Montreuil et Music-Ô-Pré en Normandie, un magnifique studio résidentiel où la majorité des séances se sont déroulées, avec les musiciens Vincent Guibert (piano et clavier), Jérémy Morice (guitare électrique), Karim Benaziza (batterie) et Mattéo Casati (basse). On a tous joué ensemble jusqu'à ce que la bonne prise apparaisse. Comme à l’ancienne ! Ensuite les couches d'arrangements de synthés et de voix ont été ajoutées à Paris. Comparé aux albums précédents, c'était assez rapide. Commencé en juin puis terminé en octobre.

Quels ont été vos choix sur l'artwork de l'album ?
Le point de départ, c'était les photos prises sur un toit à Harlem lors de la tournée US en juin 2019. C'était le toit de la maison qui figure dans le film La famille Tannenbaum de Wes Anderson. J'ai eu la chance d'avoir le photographe et vidéaste Geoff Petit avec moi pendant la partie côte est de la tournée. Ces photos ont servi de bases évidentes pour la pochette, mise en place ensuite par le graphiste Jean-Baptiste Longuet qui a aussi fait la très belle pochette de l'album précédent. Le style très orné de celle-là a laissé la place à une approche beaucoup plus épurée.

Avez-vous un souvenir de scène à nous partager et n'êtes-vous pas déçu de ne plus pouvoir y jouer ?
C'est sûr que ça me manque beaucoup, pas seulement la scène elle-même, mais toute l'aventure autour de la tournée. Ces voyages nourrissent énormément ma créativité. J'ai besoin de nouveaux horizons. Il y a deux concerts en particulier de la tournée US qui sont restés bien plantés dans ma mémoire, sans doute parce qu'il sont à l'opposé. Un concert où j'étais tête d'affiche en plein centre de New York, au Lincoln Center, un endroit mythique à côté de Central Park et puis 6 jours plus tard, j'ai joué pour trois personnes dans un café-concert à Eaton, une petite ville perdu dans l'Ohio. J'ai adoré les deux...

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Surtout que je suis ravi que l'album plaise autant à tant de monde !! Même si l'enregistrement lui-même ne représente que quelques mois, la conception et la composition d'un album sont longues. En ce qui me concerne, à peu près 2 ans. Certaines chansons passent par plusieurs versions avant d'arriver à leur forme finale. C'est des mois de studios, avant même de commencer les enregistrements définitifs. Vu l'investissement artistique, c'est un grand soulagement quand les chroniqueurs et le public aiment autant le résultat !

Merci à Barton Hartshorn d'avoir répondu à notre interview !
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Barton Hartshorn - Listen For A Change

Musique interview

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