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Bart and the E sort l'album Sister

Maxime Lopes Par Le vendredi, 17 juin 2022 à 15:19 0

Dans Culturel

Le groupe Bart and the E sort l'album Sister, marqué par le décès de l'un de ses membre.

Bart and the E - Sister

Le premier album de Bart & The E, Sister, n’a rien d’une exception à la règle. Du rock. Du blues. Des cuivres embarquant tout sur leur passage. Des salves d’harmonica jetées telles des touches de couleur sur une toile.

Des ballades parlant d’amour qui tourne plus ou moins bien. Des chansons aux allures de scènes de films, parfois drôles (« Tiny Snake », « I Gotta Gig Tonight ») ou carrément tragiques  (« Sister »).

Bart aimait dire que « les planètes se sont  alignées » pour ce premier album, car après des faux départs et des arrêts – confinements obligent – il préférait énumérer les coups de chance et les signes du destin accompagnant sa création.  
Ce chapitre aurait dû se finir par un concert de lancement, avant de passer au suivant, celui du deuxième album où figurerait une reprise de « Gloria », réarrangée par ses soins.

Il s’achève brutalement par la mort de Bart, le 30 mars, laissant derrière lui un premier album qui déborde de vie, de bonne humeur et de rock.

Cette sortie, et cette soirée, sera forcément particulière puisque Jean Jacques Bravo, tête pensante et leader de Bart And The E a disparu il y a quelques semaines.
Il s’agira donc de célébrer la sortie de son album, mais aussi de célébrer Jean Jacques, qui a été bien plus qu’un musicien…
Un concert a eu lieu le 14 juin 2022 au Walrus à Paris.

Bart and the E - Blue Eyed Girl - Official Music Video

Si les premiers albums sont denses, c’est parce que leurs auteurs y casent les idées, influences et envies ruminées depuis des années à gratouiller dans une chambre ou un garage.
Le premier album de Bart & The E, Sister, n’a rien d’une exception à la règle. Quinze morceaux. Du rock. Du blues. Des cuivres embarquant tout sur leur passage. Des salves d’harmonica jetées telles des touches de couleur sur une toile. Des ballades parlant d’amour qui tourne plus ou moins bien. Des chansons aux allures de scènes de films, parfois drôles (« Tiny Snake », « I Gotta Gig Tonight ») ou carrément tragiques (« Sister »).

Bart aimait dire que « les planètes se sont alignées » pour ce premier album, car après des faux départs et des arrêts – confinements obligent – il préférait énumérer les coups de chance et les signes du destin accompagnant sa création. Comme sa rencontre avec un nouveau batteur, Luc Despioch, qui invite à un concert des amis américains. Dont un certain Eric Blakely, guitariste ayant plusieurs albums à son actif, qui suggère à Bart de lui produire son album. Ou ce message disant que Donovan, dont Bart a repris le classique, « Season Of The Witch », lui donne son aval pour le faire, et le complimente en prime sur son arrangement. Ou le fait, encore, que Bart ait croisé la route d’un certain Jean-Pierre Chalbos, un des papes de la masterisation, couronné d’un Grammy Award pour ses bons et loyaux services pour le son. Chalbos vient de refuser le projet d’un artiste connu qu’il juge bâclé, mais accepte de travailler sur Sister.
Ce chapitre aurait dû se finir par un concert de lancement, avant de passer au suivant, celui du deuxième album où figurerait une reprise de « Gloria », réarrangée par ses soins.
Il s’achève brutalement par la mort de Bart, le 30 mars, laissant derrière lui un premier album qui déborde de vie, de bonne humeur et de rock.

Depuis qu’il s’était mis à jouer de la guitare vers 12-13 ans, guidé par un ami plus âgé que lui, qui l’a initié aux Stones, à Dylan et Donovan, Bart avait collectionné groupes durant plus ou moins longtemps, la faute à des concours de circonstances perdus. D’où ce nom, The E, équivalent selon lui à « une variable en maths. The E représente tous les musiciens avec lesquels j’ai joués. » Cependant, pour Sister, Bart avait fait toutes les voix, les chœurs et les guitares (à l’exception de deux titres où figurent les riffs de Fabrice Alombert), s’adjoignant les services d’un saxophoniste (Claude Zéline) et d’un trompettiste (Nann Ramael) pour la touche explosive et jubilatoire de certains morceaux. Et ceux d’une violoncelliste classique (Julia Calmet Daâge) pour sublimer « The Little Bag Blue », une de ces histoires de fin d’amour compliquées qu’il racontait si bien... Sans oublier son bassiste depuis 1995, Guillaume Le Marrec, arrivé dans le groupe à 18 ans (« Mon premier concert avec lui, c’était pour la réouverture de l’Olympia, sur laquelle il avait travaillé comme scénographe. ») Un collaborateur qui évoque, sourire aux lèvres, « la fougue qu’il avait. Je ne l’ai jamais vu blasé ou lassé, il gardait cette même intensité, celle d’un adolescent montant la première fois sur scène. C’était important à ses yeux que les musiciens soient heureux de jouer avec lui. Il a pris sur lui de se dévoiler sur cet album. Il avait toujours une petite angoisse au moment de nous présenter ses compositions. » Grâce à sa carrière de scénographe (sous son nom, Jean-Jacques Bravo), pouvant aussi bien travailler sur l’art contemporain au Centre Pompidou que les guitares d’Hendrix à La Villette, il avait développé un don pour surmonter tous les écueils. « Lors du dernier concert en Normandie, raconte Guillaume, il a plu. Il a insisté pour qu’on monte une sorte de bâche pour couvrir la scène. Au final, l’eau coulait au ras de ses pédales d’effet. » Ce jour-là, l’orage a gagné.
Mais pas question que la faucheuse ait tout à fait le dernier mot. « Il faut que l’album existe, que les gens l’écoutent, » conclut Guillaume. Pour ne pas laisser s’éteindre la passion d’un amoureux d’art et de musique, bigger than life comme on ne sait pas le dire en français, qui, dans ses propres mots, était « vacciné au rock ».

Musique

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