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Ayaluna : son manga Generation Y

Rédaction Divertir Par Le lundi, 02 mars 2020 à 10:17 0

Dans Culturel

Ayaluna raconte l'histoire de Yamato, un enfant victime de brimades, dans son manga Génération Y. Adolescent, Yamato fait le serment de protéger les plus vulnérables.

Ayaluna - Generation Y

D'où vient votre passion pour les mangas et le dessin ?
Petite, j'adorais la bande dessinée. Je reprenais mes personnages favoris et leur faisait vivre de nouvelles aventures dans un dessin approximatif.
Je me suis intéressée au manga assez naturellement grâce à leur popularité. J'utilisais tout mon argent de poche pour les acheter et puis je les recopiais.
Mon trait a évolué au fur et à mesure et comme j'aimais toujours autant raconter des histoires, je me suis mis à créer mes propres personnages.

Pouvez-vous nous présenter votre manga Generation Y ?
Bien sûr !  Generation Y est un manga auto-édité que j'ai publié en ligne pendant deux ans. C'est une série longue qui comportera plusieurs tomes, le premier sort en format papier en août 2020. Les tomes se divisent en chapitres qui ont tous comme thème un souci que peut rencontrer les adolescents.
La trame principale suit Yamato, un jeune garçon qui a décidé de protéger les personnes les plus vulnérables après qu'il ait lui même subi de l'harcèlement enfant.

Qu'est ce qui vous a motivé à faire un livre sur la génération Y et pourquoi parler des brimades dans l'enfance ?
C'est un projet qui a plus de dix ans. A l'époque, je suivais des cours pour être professeur, et j'étudiais la psychologie, entre autres.
On commençait à peine à parler plus fréquemment de l'implication des réseaux sociaux sur la vie des adolescents.
J'ai toujours été intriguée par les problèmes sociétaux et c'est tout naturellement que c'est devenu un sujet d'intérêt pour moi.
Si j'ai choisi de parler de brimades en particulier c'est pour conscientiser. En effet, Je pense que tout le monde en a vécu au moins une fois dans sa vie et que c'est trop souvent banalisé.
J'ai la conviction qu'il est utile de mettre une souffrance dans son contexte afin de faire comprendre à quelqu'un d'extérieur que ce qui lui semble anodin peut avoir de grosses conséquences. En gros, j'espère créer un sentiment d'empathie chez le lecteur.
Je précise que je ne me positionne absolument pas comme un professionnel du social ! Je raconte des histoires, c'est tout.
Dans mon premier tome, je parle aussi d'harcèlement homme-femme, du poids des responsabilités des parents, de la recherche d'identité... Je ne donne aucune solution concrète mais j'explicite un point de vue pour que le lecteur sache qu'un tel point de vue peut exister. Mon unique but est que le lecteur se demande ce qu'il aurait fait dans ce cas. S'il se pose la question, j'ai réussi mon pari.

Selon vous, quelle est la plus grande joie et la plus grande galère des adolescents ?
Je pense que la plus grande joie d'un adolescent est d'être accepté dans un cercle, aussi petit ou marginal qu'il soit. Quand j'étais ado, j'adorais qu'on me reconnaisse avec mes qualités et mes défauts. Je pense que se retrouver entouré de gens qui nous apprécient tels que l'on est est un accomplissement dans la vie en général, mais c'est vital lorsqu’on construit notre personnalité.
Les galères seraient donc logiquement d'être seul ou exclu, de ne pas être respecté ou écouté et que nos peines ou nos rêves ne soient pas pris au sérieux.

Peut-on en savoir plus sur votre personnage principal : Yamato ?
Yamato a été martyrisé lorsqu'il était très jeune. A l'époque, il avait cherché de l'aide chez les adultes mais s'était heurté à leur indifférence.
Il a donc du trouver une solution par lui-même. Par conséquence,il ne fait plus du tout confiance en la justice des adultes, et il considère la sienne plus équitable.
Ce qui est intéressant avec lui c'est qu'il est persuadé d'avoir raison et que ça en fait quelqu'un de paradoxalement assez obtus.

Generation Y est-il inspiré d'une histoire réelle ?
C'est inspiré d'une dizaine d'histoires réelles. J'essaye d'avoir le plus de témoignages possible quand j'entame un sujet. J'écoute mes proches mais je regarde aussi des émissions et je lis des témoignages. Personne ne pourra se reconnaitre tel quel dans un chapitre, car c'est un mélange de plusieurs histoires qui créent la mienne.

Comment voyez-vous le monde de l'éducation actuel et la mentalité de la génération Y en général ?
Selon moi, l'éducation mérite plus de considération. L'enseignement a un rôle primordial dans l'avenir d'un individu.
Si l'enseignant avait le temps de considérer une personne comme une personnalité unique, de le stimuler dans ce qui l'intéresse et de lui inculquer des valeurs adaptées à sa personne, je pense que le monde irait déjà bien mieux et qu'on créerait plus de vocation.
Mais pour cela, il faut de meilleures formations, des classes plus petites et s'éloigner des impératifs d'un programme souvent crée par des gens loin du terrain.
Cela implique de mettre plus d'argent dans l'enseignement, je suppose ?

Est-il possible d'en savoir plus sur les dessins du manga et comment dessinez-vous ?
J'ai longtemps dessiné à l'encre sur du papier tout simple. Maintenant je travaille sur une tablette graphique. Personnellement je préfère, je m'y sens plus libre, même si j'aime aussi le traditionnel.
Je dessine par étape : d'abord un bref aperçu du chapitre avec des croquis préparatoires, puis je passe au sketch en taille réelle, puis à l'encrage et enfin, au tramage digital.

Qu'est ce qui vous a motivé à faire un financement participatif et quel serait l'argument pour convaincre de vous aider ?
Je voulais vraiment imprimer Génération Y avec la même qualité que ce qu'on trouve dans le commerce. Et ça a un prix.
De plus, comme je publiais gratuitement en ligne, j'avais envie de voir si le public suivrait financièrement. C'est aussi une reconnaissance de mon travail.
Je pense que les adolescents peuvent se reconnaitre dans mon récit, mais aussi leurs parents. Génération Y a pour but de montrer aux lecteurs qu'ils ne sont pas seuls à vivre ce qu'ils vivent, et que s'ils sont eux-même victimes ou s'ils en connaissent une, ils ne sont pas totalement impuissants.

Souhaitez-vous nous parler du pins "Victorious Victim" figurant parmi les contreparties ?
Ce pins, c'est prouver au monde qu'on peut être victime et vainqueur et qu'il faut être fier de ce qu'on est, peu importe ce qu'on a vécu auparavant. Il se retrouve tel quel dans le manga, d'ailleurs.

Quels sont vos choix sur le format et le papier du livre ?
J'ai choisi le même papier et le même format qu'un manga classique : 12 sur 18 cm. C'est principalement parce que j'aimerais être mis dans les mêmes rayons que les autres mangas en librairie. C'est aussi une lecture japonaise, de droite à gauche.

Pourquoi l'imprimer en français et en anglais ?
Je me suis dit que je toucherais un public plus large en le traduisant en anglais et en le postant sur des sites anglophones. Je trouvais ça important car les sujets abordés sont universels.

Aurez-vous l'occasion de partir à la rencontre de vos lecteurs et des débats sont-ils envisagés dans des établissements scolaires ?
Je vais me déplacer à plusieurs conventions manga et salons du livre en 2021. Mais je n'avais pas pensé à me présenter pour débattre dans les écoles, c'est une idée à creuser !

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Ces questions étaient plus qu'intéressantes, je vous remercie pour l'intérêt de mon travail !

Merci à Ayaluna d'avoir répondu à notre interview !
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