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Atallah Nehme : l'album Patience Reptile

Maxime Lopes Par Le lundi, 06 décembre 2021 à 12:53 0

Dans Culturel

Le chanteur et musicien Atallah Nehme fait du rock en français. Il dévoile son deuxième album Patience Reptile, accompagné du clip de Comme on l'imagine.

Atallah Nehme - Patience Reptile

D'où vient votre passion pour la musique ?
C’est pas tant une passion mais un exutoire. Ça m’est venu à mes quinze ans en découvrant des groupes comme Led Zeppelin, les Doors ou Pink Floyd. Ayant grandi dans une famille très sectaire j’avais besoin de beauté, d’évasion, j’ai trouvé ça dans le Rock.

Pouvez-vous nous présenter votre album Patience reptile ?
C’est un album Rock, avec une sonorité très moderne. Contrairement à l’album précédent (Anthropophagie) qui sonnait volontairement 90, je voulais garder le gros son tout en étant actuel. Il était hors de question de faire une redite du premier.

Comment l'avez-vous composé et quelles ont été vos inspirations ?
C’est un album de colères, ou plus exactement d’une colère contre le politiquement correct, contre le fait qu’aujourd’hui on ne peut plus rien dire de peur d’être crucifié. C’est devenu hallucinant à quel point on est jugé et critiqué, ne serait-ce que par le biais des réseaux sociaux. Ce qui m’a inspiré Patience Reptile ce sont les sujets qui me tiennent à cœur, et que l’on ose pas ou peu aborder dans les chansons.

Quelle importance accordez-vous aux textes de vos compositions ?
Le texte est primordial. Tout découle de ça. La musique le soutien, le pousse en avant, me permet de le crier au sens propre comme au figuré.

Quels ont été vos choix sur la partie instrumentale ?
Venant d’une école très rock, pour moi le choix instrumental coulait de source. Chant, grosses guitares, basse, batterie. Tous les autres instruments (piano, violoncelle, accordéon…) ont été amenés par le réalisateur/arrangeur Marc Savev. Il est rock dans l’esprit mais à un panel de sons dans la tête vraiment impressionnant. C’est l’une des raisons pour lesquelles je voulais absolument sur l’album. Je savais qu’il emmènerait les morceaux plus loin, qu’il me sortirait de ma zone de confort tout en respectant leur esprit.

Comment se sont passés les enregistrements en studio ?
L’enregistrement ça a carrément été des vacances. Nous avions tellement travaillé en amont, pratiquement un an de post prod en home studio, qu’arrivés en studio d’enregistrement il n’y avait plus à penser, juste balancer. Il y avait un effet concert, on joue sans intellectualisation. Ça donne un album brut dans le jeu, sauvage, c’est exactement l’effet que je voulais.

Faut-il être patient comme un reptile pour faire un album ?
Oh ça oui ! Il faut être patient. Il y a toute une période de gestation entre chaque morceau. Le truc, c’est pas de faire des chansons qui sonnent, mais des chansons qui sonnent justes. C’est d’aller au fond de chaque titre, savoir exactement ce que tu veux, et pour ça, parfois, il faut faire le tour de tout ce que tu ne veux pas. Tu tombes à côté, tu te dis : « Ah, c’est pas mal, mais c’est pas ça », quitte à parfois tout reprendre à zéro. Ça doit être sans concession, et ça, ça prend du temps.

Parlez nous du titre Comme on l'imagine et de son clip…
Comme on l’imagine est un titre que j’ai écrit en pensant à la polémique qui s’est passée lors de la dernière tournée de Bertrand Cantat. Tout le déchaînement de haine autour de lui et le harcèlement médiatique m’ont profondément attristé. On n’aime pas ou plus un artiste, on ne va pas le voir, mais vouloir l’interdire par la force c’est inadmissible. Le clip, réalisé par Grégory Roullier, reflète l’image d’une société réduite au silence. On y voit tout le long des femmes et des hommes mettre l’index devant la bouche, l’air de dire « chut » ou « il ne faut pas le dire ». C’est une chanson contre la censure.

Que peut-on savoir de la pochette du disque ?
La pochette est superbe mamba noir enroulé qui observe. Je voulais le côté venin, sang froid, morsure. Un serpent aussi beau que dangereux.

Que souhaitez-vous apporter au public avec Patience reptile ?
Ce que je souhaite apporter, ou plutôt partager avec le public, c’est avant tout un album de rock. De l’énergie, de l’envie, du gros son. Lorsque les gens viennent nous voir, c’est avant tout pour bouger, faire la fête. Bien sûr, nous pouvons avoir en commun des points de vue, des combats, mais avant tout c’est de la musique.

Si vous faites un "blasphème" en roulant "à tombeau ouvert" dans "ma ville" êtes-vous obligé de faire un "Electro-cardio-drame" à "Zoé" pour éviter qu'elle ne vous "abandonne", "comme on l'imagine" ?
En voilà une question bien tournée et bien pertinente, bravo ! Eh bien je dirais tout simplement non, car elle m’a abandonné il y a un bon moment déjà (rire)

Des concerts sont-ils prévus prochainement et qu'appréciez-vous dans la scène ?
Oui, des dates sont passées, d’autres à venir il faut dire que c’est une période un peu trouble et les concerts tombent au compte goutte. Bientôt, Dijon, Paris etc. Le plus simple c’est d’aller voir sur mon site.
Et sur scène, ce que j’aime c’est le lâcher prise. Pour moi il n’y a pas de plus bel endroit au monde. Je me sens chez moi, je ne pense plus, c’est du partage, de l’énergie, du plaisir, il n’y a pas de meilleur endroit au monde.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Pour conclure je dirais que la vie est bien trop courte pour être petite. Alors vivons nos rêves quitte à nous planter, au moins nous aurons essayé.

Merci à Atallah Nehme d'avoir répondu à notre interview !

Atallah Nehme "Comme on l'imagine" (LE CLIP)

Musique interview

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