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Antonin Gallo : la BD La vie rêvée des profs

Maxime Lopes Par Le mercredi, 24 novembre 2021 à 18:45 0

Dans Culturel

La vie rêvée des profs est une bande dessinée offrant un éclairage "alternatif" sur le plus beau métier du monde.

La vie rêvée des profs - Antonin Gallo

 Pouvez-vous nous présenter votre BD La vie rêvée des profs ?
La vie rêvée des profs était à la base un webcomic publié quotidiennement sur la plateforme Amilova. Elle raconte la première affectation d'un jeune prof de lettres dans un collège de campagne. Bien qu'il évite le statut de TZR ou l'affectation en ZEP habituellement dévolus à la chair fraîche, on se rend compte que ce collège n'a rien de normal. Malgré ces quelques bizarreries, les individus semblent y évoluer comme si de rien n'était, une sorte de parabole de la résilience du corps enseignant face aux conditions d'enseignement de plus en plus ubuesques.
La BD se présente sous forme de courts strips de quelques cases dans un format à l'italienne, dans la tradition des comicstrips comme Peanuts.

Pourquoi proposez-vous un éclairage "alternatif" sur les professeurs et le monde de l'enseignement ?
Il s'agit, sous couvert d'absurde, de montrer les nombreuses difficultés auxquels sont confrontés les enseignants, face à l'administration, à la hiérarchie, aux élèves, aux parents d'élèves, voire même face à leurs propres collègues.

Comment voyez-vous les conditions de travail dans l'enseignement actuellement et diriez-vous qu'il est plutôt dégradé ?
Je n'ai pas été prof, juste surveillant, mais j'ai pas mal de connaissances qui l'ont été ou le sont encore. L'arrivée du numérique en a laissé quelques-uns sur le carreau, parmi les plus réticents à la technologie. Les réseaux sociaux ont aussi eu un impact, parfois pour le meilleur avec un partage des connaissances, parfois pour le pire (des carrières bousillées, voire pire, par des rumeurs par exemple).
Avec la succession des gouvernements et au sein même de ceux-ci des ministères de l'éducation nationale, les programmes changent sans cesse, obligeant les professeurs à s'adapter en permanence.
L'opinion publique n'est pas non plus tendre avec les profs, souvent qualifiés de privilégiés.

Quelle place occupera l'humour dans La vie rêvée des profs ?
C'est une bande dessinée humoristique, sa place est donc prépondérante !

En quoi était-ce important de caricaturer vos personnages et peut-on avoir quelques infos sur leurs traits de caractère ?
Certains personnages sont très inspirés de personnes réels, comme la proviseure et son tempérament volcanique et ses tenues bariolées, ou encore certains professeurs, tel que M. Radeau (faux nom évidemment) qui ne serait pas ravi de la légère exagération de son goitre ou de sa tendance à un langage ampoulé. Il s'agissait de collègues de travail quand j'étais pion. La caricature met un peu de distance avec les personnes dont elles sont inspirées tout en permettant certains raccourcis dans un but humoristique.

Avez-vous une anecdote sur une expérience vécue dans un établissement scolaire dont serait inspirée l'histoire ?
Il n'y a pas d'histoire à proprement parlé, juste le déroulé d'une année scolaire, principalement sous le prisme d'un néo-titulaire. Mais les galères administratives relatées dans l'album par exemple, ce sont des problèmes rencontrés régulièrement par les jeunes (et moins jeunes), comme par exemple les retards de paiement, ou l'inspection académique qui renvoie d'un service à un autre pour finalement faire une boucle et tomber sur l'interlocuteur du début.

Comment travaillez-vous vos dessins ?
Le scénariste m'envoie un storyboard très succinct, puis je crayonne à la tablette graphique, avant de mettre au propre et de passer aux couleurs. C'est une approche très classique, certainement la plus classique parmi tous mes travaux.

Quels sont vos choix sur l'impression et la mise en page du livre ?
Le format du livre est à l'italienne, 24 cm par 16,5 cm. La couverture sera cartonnée et le tout sera en couleurs. L'ouvrage fera environ 100 pages et il y aura en majorité 2 strips par page (soit 2 gags avec chute). Parfois la mise en page sera différente, quand un gag demande de s'étaler sur toute la page.

Souhaitez-vous nous parler de la première de couverture ?
Je l'ai faite sur une description écrite du scénariste. Elle y présente une grande partie des personnages récurrents qui luttent contre une foule de zombis, pardon de vieux profs fatigués.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
Nous n'avons pas démarché d'éditeur, on voulait pouvoir travailler sans contraintes éditoriales. On n'exclut pas de présenter ensuite l'ouvrage à différentes structures éditoriales, on verra si il y en a qui se montrent intéressés.

Aurez-vous l'occasion d'organiser des séances de dédicaces ou d'assister à des salons littéraires ?
Ca m'arrive d'en faire, quand on m'invite. Mais je ne suis pas très friand de ce genre d'évènement, c'est souvent 4 jours de la semaine (week-end et trajets) qui sont bouffés alors que je pourrais les passer à bosser sur mes projets ou à branler des nouilles si j'en ai le luxe. Je comprends que ça fasse partie pour certains d'un modèle économique, mais je vis bien de mon travail alimentaire d'illustration, aussi je réserve mon temps soit à des lieux que je n'ai jamais visités, soit à des personnes que j'apprécie ou encore à des événements locaux. Et comme je ne suis pas très présent, et encore moins un nom connu de la BD, on m'invite encore moins : certains organisateurs font le tour des salons pour inviter des auteurs. Certains auteurs arrivent à tourner presque tous les week-ends, je ne pourrais pas. Je me demande parfois comment ils arrivent à avoir une vie de famille.

S'il y en avait un, quel serait, selon vous, le remède aux problèmes de l'éducation nationale ?
Que tout le monde sache rester à sa place, que ce soient les parents, la hiérarchie ou l'administration. Les professeurs sont là pour dispenser un savoir et pourraient le faire dans de meilleures conditions si on ne passait notre temps à leur dire comment faire.

Que souhaitez-vous dire pour terminer, peut-être sur quelque chose de positif ?
HEY, C'EST BIENTÔT NOËL ! (c'est le premier truc positif qui m'est venu, désolé)

Merci à Antonin Gallo d'avoir répondu à notre interview !

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