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Annie Lalalove : l'album The Boom Boom Schack

Maxime Lopes Par Le mardi, 24 mai 2022 à 11:03 0

Dans Culturel

Annie Lalove a sorti son album fin novembre 2021, et à l'unanimité ce projet ressort comme feelgood et solaire. L'artiste construit sa musique entre de la folk, de la pop épicée emmenée par un voix de ruisseau sur des mélodies touchantes. 

Annie Lalalove - The Boom Boom Schack

Il est temps de s’autoriser un pas de côté, de s’oindre d’un baume parfumé pour cautériser les plaies d’une longue année improbable où tout nous fut interdit. “Boom Boom Shack” est le liniment idéal, une sorte de “Don’t Worry Be Happy” augmenté de grâce féminine, de douceur ouatée, et d’élégance discrète...
Annie Lalalove (un nom comme une friandise) nous le livre enrubanné en amorce d’un LPradieux, dont la “Feelgood music” va nous soigner de nos douleurs mornes.

Née d’une mère institutrice guinéenneet d’un père breton, expatriéen Afrique pour y donner des cours d’anglais, Annie voit le jouren Côte d’Ivoire, et grandit entre la Guinée, l’Ethiopie, la Réunion, la Côte d’Ivoire et la douceur angevine, où elle a ses attaches familiales, entre Angers et Nantes.
Dans une famille où l’éducation est une vertu cardinale, des cours de danse et de piano sont les bienvenus, pour parfaire le background, mais il n’est pas question de rêver d’une carrière artistique ! Annie entreprend donc de longues études, prépa, SciencesPo, maîtrise de langues, Erasmus, bac plus 8, avec au bout de ce cursus sérieux un stage à St Barth, dans l’hôtellerie, où, à la veille d’entreprendre une carrière de prof d’Allemand à Boston, elle se découvre une vocation. Unfestival de musique, à proximité de l’établissement où elle travaille, lui sert de révélateur: chanter, c’est ce qu’elle veut faire, au fond d’elle.
Une rencontre aussi fortuite qu’heureuse va déclencher le processus: sur l’ile enchanteresse, elle est prise en stop en même temps qu’un jeune guitariste en qui elle va trouver un compagnon de vie et de création, puisqu’ils forment ensemble le duo Nungan. “Adeux, ça fait moins peur de se lancer dans la musique” !

Leur formule légère, entre folk et blues, va vivre une douzaine, d’années, avec un premier album enregistré au Kenya, puis d’autres, et des centaines de concerts modestesmais lumineux, entre la France et surtout St Barth, cette terre d’élection caribéenne, où l’aventure est née, et s’estdéveloppée, sur ce territoire feutré des concerts dans les hôtels de luxe. Là, Nungan chante parfois devant des hôtes de choix, comme Prince,l’une des idoles d’Annie, ou Sir Paul McCartney, en villégiature, qui vient féliciter l’impétrante, à la fin de son concert, pour la limpidité de sa voix et de son interprétation. En matière d’encouragement, on trouvera difficilement mieux(Annie est également très fan des Beatles !).

Mais l’amour s’émousse, et mute en amitié, tandis que la formule du duo s’étiole et entrevoit sa fin, en 2017, après une série de concerts à New York, où son désormais Best Friend Forever décide de s’installer, tandis qu’elle rentre à Paris. Une participation d’Annieà The Voice 2013, seule mais néanmoinssous le nom de Nungan, lui donne une sorte de légitimité, d’autant qu’elle en estéliminée en cours de route (comme Louane lors de la même édition, tandis quetout le monde a oublié le nom du gagnant !).

Elle a rencontréau fil du tempsde nouveaux musiciens, et de cette alchimie durable naît un nouveau répertoire, un nouveau style, dans lequel Annie devenueLalalove (c’était le titre d’un des albums de Nungan)trouve,après la période de son duo, un exact miroir de ses envies.

De prime abord, on convoquera, au vu de la configuration,les influences de TracyChapman, de Meshell Ndegeocello (Annie joue aussi de la basse, tout en chantant),d’Esperanza Spalding, de Norah Jones. Mais dans cette pop épicée de jazz et de sons caribéens (un ukulélé mutin sur “Boom Boom Shack”), cette musiquelégère mais infusée dans une certaine mélancolie,profondément organique, qu’on pourrait dénicher au rayon bio si les disques étaient encore en vente dans les supermarchés, Annie Lalalovea surtout mis tout d’elle : des textes à la simplicité trahissant le vécu, et puis ce charme presque déconcertant, chaleureux, qui transpire de cet album de proximité heureuse.

Quelques reprises choisies (Katie Melua), et une poignée de chansons à la bonne humeur infectieuse, composées durant les confinements récentspour en dissoudre l’ennui fontce programme réconfortant de 15 titres dont les bonbons Boom Boom Schack, J’ai Deux Amours et Better Days qui sortira le 26 Novembre 2021.

Faisons donc ce pas de côté pour s’immerger dans ces chansons aérées, cette barbe àpapa musicalequi va à l’encontre des musiques formatées, supposément “urbaines”, agressives et rythmiques qui colonisent l’univers sonore du moment. Roots et boisées, emmenées par une voix de ruisseau qui cascade sur des mélodies touchantes dans leur quasi nudité, ces petites tranches de grâce font un courant d’air rafraîchissant dans la musique du temps, et l’on risque fort de s’y attacher, comme à une peluche d’enfant.

Musique

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