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Ann : un clip pour l'EP Chroniques d'une vie urbaine

Ann prépare un clip pour le titre Apprendre à s'écouter, extrait de l'EP Chroniques d'une vie urbaine.

Ann (crédit Orane Blasco, Jam Hotel de Bruxelles)

crédits visuel : Orane Blasco / Jam Hotel de Bruxelles

En mai on vous a entendu dans la reprise C'est déjà ça d'Alain Souchon. Qu'avez-vous apprécié dans ce titre et avez-vous un retour du chanteur ?
J’ai entendu ce titre pour la première fois lorsque j’étais adolescente. Il m’a embarqué directement.
La justesse des mots. La profondeur du sujet. La mélodie. J’avais très envie de faire une reprise et ce titre m’est venu tout de suite en tête. Je n’ai pas eu de retour d’Alain Souchon non. Mais j’ai eu l’accord de sa maison de disque donc j’imagine qu’il l’a entendu et qu’il l’a validé. En tout cas, les retours des auditeurs sont très positifs. Et cela nous réjouit Piotr et moi-même.

Qu'avez-vous voulu apporter dans le clip de votre reprise de C'est déjà ça ?
Dans le clip original, on observe un jeune homme qui vit la situation décrite dans la chanson. Pour mon clip, j’ai voulu montrer des hommes et des femmes qui sont peut-être les enfants ou les petits enfants de l’homme du clip et montrer comme ils participent à la richesse de notre capitale, de notre pays. J’ai voulu montrer la beauté de la diversité. Amin Bendriss, le réalisateur, a réalisé le clip que j’attendais. Beau, coloré et pur.

ANN - reprise d'Alain Souchon "C'est déjà ça"

Pouvez-vous nous présenter votre EP Chroniques d'une vie urbaine ?
C’est un EP 7 titres résolument pop avec des touches funky, jazzy et r&b. Les chansons sont en français avec l’idée de raconter des histoires. Les textes sont directs, simples et j’espère percutant. Je les veux accessibles à tout le monde. J’y parle de notre monde qui consomme les êtres humains, de l’accomplissement de soi envers et contre tout, de la vie urbaine, du temps nécessaire pour apprendre à s’écouter….

Vous dîtes que la musique apaise les tensions. Voulez-vous dire que le mode de vie de notre société moderne pose problème ?
J’ai mis cette phrase dans mon crowdfunding pour mettre en évidence que dans la difficile période que nous vivons (corona et confinement…), la culture qui permet de s’échapper, de rêver et de se détendre est indispensable à notre survie. En tout cas, je ne sais pas ce que j’aurais fait sans elle dans cette période que nous traversons.

Selon vous, en quoi est-ce important que la musique soit vecteur d'un message ?
Je pense être très ouverte au niveau de la musique. J’ai grandi avec le r&b et la pop dans les années 90 qui n’étaient pas spécialement vecteurs de grands messages. Mais pour beaucoup de ces artistes, la qualité des voix, les productions étaient un symbole de travail, de persévérance donc cette musique portait cela aussi. Aujourd’hui, j’aime qu’il y ait un message. Je suis moins à l’aise avec certains artistes qui véhiculent une forme de vide, une image creuse et bling bling. A vrai dire, je trouve ça désolant d’autant plus que les jeunes les écoutent en masse. Je trouve par exemple que Vitaa et Slimane qui s’adressent à un public jeune font passer beaucoup de messages dans leur duo.
Je trouve ça très positif et je sens qu’ils mesurent pleinement la responsabilité de leur statut. Tout à coup, je pense aussi à Yannick Noah. Je trouve qu’il amenait toujours un message de manière simple dans ses chansons. Le message n’enlève rien à la musicalité et au rythme. Stromae par exemple, chantait une chanson pour les clubs Alors on danse mais le message est poignant et percutant. Il a montré que c’était possible d’allier les deux.

Si vous aviez une qualité et un défaut du monde urbain à nous donner, quels seraient-ils ?
Je le trouve source d’inspiration. C’est dans un moyen de transport que se croisent les mondes, les nationalités. Si vous écoutez des conversations, ce sont des bouts d’histoires. Si vous observez la vie en ville, c’est toujours intéressant et riche. Après, je ne vais pas être très originale en vous disant que le monde, la foule, c’est fatigant aussi. Aujourd’hui, j’aspire à vivre en bord de ville pour y retourner quand j’en ai besoin et s‘en extraire si nécessaire.

Vous espérez un clip pour le titre Apprendre à s'écouter ; comment l'imaginez-vous ?
Un retour à ce que j’ai toujours écouté. Les années 90, des couleurs, un rythme urbain, du street art, de la danse et des bonnes vibes.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
Parce que l’autoproduction est un processus qui prend une place énorme dans une vie. Vous financez beaucoup vous-même, on se lance parce qu’on ne vit qu’une fois. J’ai eu deux petits subsides jusqu’ici qui ont bien aidé. Mais pour la suite, je voudrais éviter d’avoir des fins de mois qui commencent le 15.

En quoi Abyssin Productions vous apporte-il leur soutien ?
Piotr, le responsable d’Abyssin, est mon producteur. C’est-à-dire qu’il a produit et co-composé tout l’EP. C’est mon éditeur et il m’aide sur plusieurs volets dans le développement du projet.

Quelle place occupe les réseaux sociaux dans votre relation avec les fans ?
C’est impossible de faire sans les réseaux aujourd’hui, surtout en autoproduction. Donc les réseaux occupent tout simplement une place essentielle pour exister et se faire connaître. Ils nous offrent des retours immédiats sur notre travail, la possibilité de créer une communauté. Après, c’est très très énergivore. J’espère à terme avoir quelqu’un qui m’aide sur cet aspect.

Espérez-vous avoir des passages radio ?
J’en ai déjà avec les 2 premiers single. Mais ce 3ème extrait est le plus catchy et radiophonique de l’EP. Donc oui, je pense que la chanson peut avoir une vie en radio.

Qu'allez-vous apporter de nouveaux dans votre chronique radio (La première / Belgique) ?
Depuis le confinement, j’ai développé la thématique des années 90 avec un plaisir fou. Et je vais pouvoir continuer à développer ça dans un autre cadre. Je l’annoncerai courant Septembre. Pour ce qui est de « la Première », je pense qu’il est plus que nécessaire de continuer sur ma ligne : aller voir des pièces, des films, des expos et les analyser, les mettre à l’honneur. Cela m’a toujours tenu à cœur mais maintenant c’est essentiel car la culture a besoin de lumière par les temps qui courent.

On a pu vous voir par le passé dans 2 pièces de théâtre. Cela vous manque-il compte tenu du contexte et qu'est-ce que le théâtre vous a apporté sur le plan artistique ?
Le théâtre m’a ramené à la vie ! J’étais éteinte avant car j’avais laissé mon côté artistique aux oubliettes pensant que c’était mieux de rentrer dans une vie plus convenue. Le cirque des femmes reste à ce jour la plus belle histoire de ma vie. D’abord créer avec d’autres, faire un bébé ensemble malgré nos différences et nos histoires de vie différentes. Ensuite le jouer et puis surtout le jouer pendant 3 ans. Je porte en moi les 1000 retours des spectateurs. Les mots qu’on a reçus sont magiques.
Hélas, les lieux plus alternatifs qui accueillaient des créations émergentes ont fermé les uns après les autres ces dernières années. Donc le trajet pour la deuxième pièce a été beaucoup plus compliqué. Si je retourne au théâtre dans le futur, j’aurais envie de simplement être comédienne, arriver plus légère que si je porte tout un projet dans son intégralité. Mais c’est un monde où la concurrence est rude. Il faut être au bon endroit au bon moment avec les bonnes personnes. Mais oui, jouer me manque.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Nous avons vu dernièrement que ce qu’on pensait acquis ne l’était pas. Ne perdez pas de temps. La vie est courte et fragile, autant en faire un chemin en accord avec votre cœur.

ANN : Les gens pressés

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