Publicité

Ani prépare son Itinéraire Bis

Ani et le label Dot Prod travaillent sur le projet Itinéraire bis depuis 3 ans et vont le sortir grâce à l'aide des internautes.

Ani

Qui se cache derrière Ani ?
Les artistes ont tendance à préserver leur identité sous diverses patronymes.
Une transposition de moi-même, une sorte d’alter ego, attachées à un idéal musical différent. Je veux faire partie de la nouvelle scène française et surtout, d’une génération actuelle de chanteurs à textes.

Pouvez vous nous parler du projet Itinéraire bis ?
Itinéraire bis est le choix d’une dualité dans la personnalité d’ANI. Ce projet représente les binaires et les torturés. Itineraire bis, est une expérience, autant en termes d’assemblage musical qu’en termes de textes. Une éprouvette pour le moins bashunguienne.
Pour moi les textes surplombent, dominent la mélodie.
Je vous invite dans mon univers.

Comment composez vous vos titres ?
La composition des titres est administrée au studio DOT PROD qui se trouve à Bagnolet, dans lequel j’ai dû passer plusieurs mois à assembler, construire, détruire, enchevêtrer des mots.
J’arrive au studio avec plusieurs textes, collabore avec Théo C, mon acolyte ingénieur son et compositeur, je me mets au clavier pour chercher de nouvelles sonorités qui sublimeraient mes textes.
Chose fastidieuse, comment allier texte et musique électronique ? On doit tenir compte du rythme, des changements, des mots qui ne rentrent pas dans les mesures.
Ce cocktail peut être explosif, dansant, tout comme espacé et rassérénant ; ne dispose d’aucune limite dans la création (acoustique, electro, hybride, rap, chant) tant que l’harmonie et la symbiose sont respectées.
À deux, on crée, remanie, efface, pétrit l’essence d’une musique alternative.

Peut on en savoir plus sur la partie instrumentale ?
Il n’y a justement aucune limite dans la création d’instrumentales.
Les prods sont faites à partir de sonorités diverses, d’éléments acoustiques, mais aussi de samples.
Je participe souvent à la création des prods, mais quelques unes sont entièrement réalisées par Théo C.

Que souhaitez vous transmettre avec votre musique ?
Je me veux sincère. Etant rappeur à la base, mes mots sont souvent crus et sans gêne.
Les textes sont pour moi la meilleure manière de réaffirmer le cap d’une chanson française nouvelle et affranchie.
Je viens du rap, du old school comme de la trap, c’était se mettre dans une zone d’inconfort que de tenter ma chance dans un autre style.
Mon image de la musique n’est certainement pas politique, mais engagée, dans la candeur, la beauté et l’ivresse des écrits qui m’ont données de l’inspiration.

En quoi DOT PROD vous aide t´il dans votre projet ?
Dot Prod est à l’essence même de la construction de cet EP. Il est à la base de tous les apports financiers qui ont fait mûrir ce projet (matériel d’enregistrement, studio et équipe de tournage pour les clips).
Cette boîte de production est le squelette, la colonne vertébrale d’Itinéraire Bis.
DOT Prod a su organiser mes pensées en rendant possible et concret notre imaginaire ; en innovant, par la prise d’initiative, l’écoute, la compréhension de l’artiste pour une plus grande mise en valeur.
Un pilier, avec la conscience de l’humain.

Qu’est ce qui vous a motivé à faire un financement participatif ?
Dot Prod ayant investi beaucoup de temps dans ce projet, il nous était évident de nous consacrer nous aussi à sa réalisation concrète. Il nous est donc venu l’idée de soumettre à nos proches un projet de financement participatif de 2000 euros, pour mixer et masteriser les tracks.
Idée quelque peu saugrenue mais soutenue par notre entourage.
Nous avons récolté 2400 euros. C’est inespéré et gratifiant de voir que les gens s’investissent eux aussi à leur tour pour faire grandir cet EP.
Le mérite rentre en jeu, ils font partie intégrante du projet, et c’est ça qui compte.

Vous êtes du genre fétichiste / serviteur pour proposer une mèche de cheveu et nettoyage de piscines dans votre contre partie ?
(Rires)
Les gens qui dépensent dans la limite de leurs moyens manquent cruellement d’imagination, disait Oscar Wilde.
Je ne suis ni fétichiste ni serviteur, en revanche l’humour est une carte à jouer lorsque l’on a pas le sou.
Je ne vais ni nettoyer votre piscine, ni donner une mèche de mes sublimes cheveux, même pour 1500 euros, les artistes ne s’achètent pas, sauf le temps d’une scène.
Petite pointe d’humour pour oligarques russes que ça pourrait faire rire et lâcher 1500 balles juste parce qu’ils veulent vraiment qu’on nettoie leur piscine olympique, ou absolument se pignoler sur la mèche de mes tifs châtain clair.

Comment imaginez vous les clips que vous projetez et quels seront leurs univers ?
Plus le temps passe plus les goûts se diversifient, j’ai très peur de tout ça.
Avant j’étais bien campé dans mes allures 70´s, je voulais des clips qui soient tout en couleur, un peu saturés, avec des tenues loufoques.
Maintenant je me base sur la sincérité du simple.
Inutile de trop en faire.
Rester sobre.
Les clips que nous avons déjà tournés sont très différents les uns des autres mais forment une unité dans l’image globale de mon identité visuelle.
Des clips unis, presque arrêtés dans le temps, avec une touche cinématographique grâce à la présence d’une équipe de tournage cinéma.
Je trouve que dans le paysage musical qu’on nous offre aujourd’hui les clips relèvent toujours plus de l’épilepsie. Trop d’images, trop de plans.
L’artiste et sa musique n’existent plus qu’à travers le flot incessant des pixels qui défilent.
Je voulais l’inverse : des plans arrêtés, des moments d’attentes, pour laisser place à une forme d’intensité.

Préparer un album c’est souvent un chemin semé d’embûches, seriez vous prêt à prendre un itinéraire bis ?
Itinéraire Bis, delta, chemin adjacent, pans de route. Ce qui m’intéresse dans tout ça c’est le chemin, pas le résultat.
C’est une des raisons pour lesquelles nous l’avons surnommé ainsi.
C’est aussi une manière de me détacher de tout ce que j’avais fait avant.
Prendre une autre route, un autre départ.
Comme je l’ai déjà dit j’étais à fond dans le rap. Admettre un autre style, c’est changer de voie.
L’être humain est en perpétuelle évolution (j’y crois malgré tout ce qui se passe en ce moment) et ce n’est certainement pas en restant figé qu’il cautionne les meilleurs choix.
Il y a une dimension psychologique dans le nom de cet EP.
L’homme arrivé n’allait pas loin.
Je suis en changement constant, je n’admets aucune stricte certitude, mon chemin n’est pas forcément le plus juste, ni le moins embourbé, c’est juste une route, où je laisse venir, je laisse souffler toutes ces incertitudes et ces doutes qui sont nécessaires à un bon cheminement, pour en changer, et ne surtout pas me persuader du vrai et du faux.

En quoi la release party est elle importante pour vous ?
La release party c’est déjà pour moi l’occasion de mettre à plat un live.
Les gens viennent pour ça, pour qu’on leur explique, pour communiquer avec eux, d’un simple bouche à oreille.
C’est aussi de la pure communication et une manière de remercier tous les participants à ce projet.
La release c’est une manière comme une autre de confirmer, d’affirmer et de prendre du recul sur ce qu’on a sorti.
Pour l’artiste et le public c’est un moment intime et souvent joyeux, je ne veux en aucun cas rater ça !

Que souhaitez vous dire pour terminer ?
Je ne suis même pas encore dans le paysage musical, ni sur les plateformes de streams qu’on me propose déjà une interview, je suis touché.
J’ai toujours fait ça pour moi, je décide de le partager aux autres et c’est à ce moment précis que tout prend sens.
Merci.

Merci à Ani d'avoir répondu à notre interview !

TEASER - ANI

Musique interview

Yaron Herman : le livre Le déclic créatif Yaron Herman : le livre Le déclic créatif
On ne naît pas improvisateur de génie. Pas même quand on s’appelle Yaron He...
  Paul Lay remporte une Victoire de la musique
Paul Lay remporte une Victoire de la musique, en tant qu'artiste instrumental Victoires du Jazz ...
Paul Lay remporte une Victoire de la musique

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire