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Angela Simonyan prépare l'album Echo / Exo

Maxime Lopes Par Le mardi, 24 août 2021 à 14:47 0

Dans Culturel

Le projet artistique Echo / Exo d'Angela Simonyan relie musique et théâtre sous forme de monologues interactifs entre la voix et le violon.

Angela Simonyan

D'où vient votre passion pour la musique ?
Quand j'étais enfant, j'entendais ma mère, professeur de piano à l'époque, jouer du Bach, Chopin ou ses reproductions de musiques populaires. Je faisais également partie d'une chorale d’enfant. Depuis, la musique m’accompagne au quotidien.

Pouvez-vous nous présenter votre premier album Echo / Exo et son univers ?
Echo / Exo est un album-création qui relie musique et théâtre sous forme de monologues interactifs entre la voix et le violon. Les chants se suivent comme des paysages sonores et entraînent l’auditeur dans une narration continue autour du personnage Exo qui se rend compte qu’elle n’entend plus les échos de sa voix. L’album prend forme dans le rythme cyclique d’une journée, il commence par le chant de l’Aube et se clôture par une Berceuse. C’est un univers où le grain de la voix rejoint le son du violon, où l’arménien trouve son ou un écho en français. C’est aussi une recherche sur les espaces sonores en construction qui propose à l’auditeur un moment de contemplation.

D'où vient votre inspiration et comment composez-vous ?
J’ai toujours aimé relier la musique avec d’autres formes d’expression pour enrichir davantage mon champ de recherche, notamment avec la poésie, la littérature (Henri Michaux, Fernando Pessoa), la philosophie (Jankélévitch, Merleau-Ponty), la peinture (Fabienne Verdier), le cinéma (Paradjanov, Jodorovsky, Wes Andersen) et pour rester dans la sphère musicale, le chant modal arménien (pratique avec Aram et Virginia Kerovpyan à Paris), la polyphonie géorgienne (pratique avec la Cie IPAC).
Pour composer, j’ai besoin d’être dans un état de relaxation totale du corps et de l’esprit, ne plus penser à rien, faire le vide. Une fois que le corps est en repos je me sens plus reliée à l’espace qui m’entoure et disposée à créer. La plupart de mes compositions sont des improvisations que je revisite après-coup afin de leur donner une forme.

Pourquoi vouloir mélanger musique et théâtre dans votre projet et comment cela se traduira-il ?
Avec ce projet, j’ai voulu donner à la musique une part narrative, relier le son du violon à la voix, récitée et chantée. Cela donne lieu à une forme de théâtre auditif. L’album suit un ordre précis de compositions comme les différentes scènes qui se succèdent dans une pièce de théâtre. Mais ici, chaque composition reste indépendante bien qu’elle nourrisse la narration générale.

Quelle place occupera la musique arménienne dans l'album Echo / Exo et qu'apporte-t-elle au projet ?
Avec ce projet, j’ai voulu revisiter la musique arménienne ancienne en y apportant un grain de nouveauté. Le chant modal s’insère dans une polyphonie délicate, le son constitue en lui-même une polyrythmie. Je pense sincèrement que les traditions subsistent par leur possibilité et pouvoir d’être réinventées en un langage nouveau, plus proche de notre temps. Certes, dans l’album il y a des influences de la musique traditionnelle arménienne mais les compositions sont des créations originales et contemporaines.

En quoi la voix et le chant sont-ils importants dans Echo / Exo ?
Dans cet album, c’est la voix qui incarne le personnage dans sa quête initiatique. Nous pourrions dire que la voix est Le personnage ! Parfois elle récite en arménien, parfois elle trouve ses échos en français. Le chant vient se compléter mais il ne recourt pas toujours à la parole. J’ai voulu revenir à l’état premier de la voix qui est le son pur.

Quels sont vos choix sur le plan instrumental ?
J’ai choisi de n’utiliser que le violon et la voix. Mais à certains moments, le violon devient un instrument de percussion, j’utilise aussi le clapping afin d’amener une dimension corporelle et familière à l’oreille.

Souhaitez-vous nous parler des enregistrements en studio ?
L’enregistrement s’est déroulé dans la salle Adagio à Thionville avec Anne Vandebrouck au son. Conçue spécifiquement pour la musique classique, cette salle possède déjà en soi une acoustique exceptionnelle. C’est un lieu qui résonne naturellement. C’était le lieu idéal pour Echo/Exo. Je remercie la ville de Thionville pour cette opportunité.

Qu'est ce qui vous a motivé à faire un financement participatif ?
Ce projet est un premier pas pour moi dans l’univers de la création. Dans mon entourage, j’ai assisté à quelques projets financés de cette façon et cela avait bien marché. Encouragée par mes proches, je me suis lancée moi aussi. Maintenant qu’il est en ligne, je constate que c’est une plateforme qui aide à faire connaître le projet à un plus grand public, même à des proches qui n’étaient pas vraiment au courant de mes recherches et activités artistiques.
Et puis, symboliquement, le fait que le projet soit co-produit par mon public fait sens pour moi.

Quels sont vos choix sur le plan visuel (artwork, clip...) ?
Pour le visuel, j'ai fait appel aux talents d'une amie graphiste (Laurène Henry) pour représenter par une empreinte sobre et contemporaine l’univers sonore de l’album. Pour le clip, avec Alexandre Perrin, nous avons été influencés par l’art visuel et cinématographique de Sergueï Paradjanov, réalisateur arménien aux influences surréalistes.

Aurez-vous l'occasion de donner des représentations et quelle importance donnerez-vous à l'univers scénique ?
Echo/Exo est lauréat de l’appel à projet « Les chantiers » du Festival Détours de Babel à Grenoble. Dans le cadre du Festival, je vais donner deux représentations le Dimanche 3 Octobre au Musée Dauphinois de Grenoble. D’autres dates sont en cours de préparation.
En ce qui concerne la mise en scène, nous nous poserons la question de l’occupation de l’espace selon le caractère des compositions, un jeu de lumières va aussi accompagner l’univers sonore.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Je tiens à vous remercier pour votre intérêt pour ce projet. Ainsi que l'Intercultural Performing Arts Company (IPAC) qui m’accompagne dans ce cheminement.
Enfin, je remercie du fond du coeur toutes les personnes qui m'aident à faire en sorte que ce projet se réalise, soit en y apportant leur participation financière, soit en m'encourageant et me conseillant.

Merci à Angela Simonyan d'avoir répondu à notre interview !
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interview Crowdfounding Musique

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