Publicité

AliceCatDesigner revient sur le succès de PN (j'ai fait le job)

Maxime Lopes Par Le jeudi, 23 décembre 2021 à 11:40 0

Dans Culturel

AliceCatDesigner revient sur le succès du clip de PN (j'ai fait le job), qui cumule plus de 2,5 millions de vues. Un titre fortement engagé contre les violences faites aux femmes.

AliceCatDesigner

Une fierté pour celle qui revendique faire de la pop urbaine consciente. Ce premier single revient en effet sur une période sombre de la vie de la jeune femme, PN signifiant Pervers Narcissique.
Victime d'une relation toxique, Alice a eu le courage de partir et recommencer à zéro à Montpellier où elle vit désormais.

Interview avec AliceCatDesigner

D'où vient votre passion pour la musique et comment avez-vous choisi votre nom de scène : AliceCatDesigner ?
Bonjour merci de me recevoir pour cette interview (sourire)
Ma passion pour la musique m’a été transmise par ma famille. Avec une arrière-grand-mère cantatrice et prof de chant, des parents mélomanes (ma maman est passionnée de piano), des cours de solfège, de chant et de piano dès le plus jeune âge : la musique a toujours été un moteur dans toutes les étapes de ma vie.
Mon nom de scène s’inspire de mes premières 30 années de vie. Alice Cat est le diminutif de mon nom de famille Cathelineau.
Designer c’est mes premières amours... En plus de la musique, j’ai commencé mon développement artistique avec le dessin, la peinture et la poterie puis un bac arts plastiques et enfin un master designer et communication visuelle.
Aujourd’hui, le design fait toujours partie intégrante de ma vie. Je design des projets, des logos, des stratégies. Je design ma musique et toute sa promotion. Je design un monde comme j’aimerais continuer à le voir évoluer en prônant l’égalité homme-femme, la bienveillance et l’indépendance !

Pouvez-vous nous présenter votre single PN (j'ai fait le job) ?
Le single PN est un titre engagé. Il utilise les codes de la pop urbaine actuelle pour faire passer un message fort. On y retrouve un bout de mon histoire qui s’apparente à l’histoire de beaucoup d’hommes et de femmes… Relation toxique, emprise psychologique et parfois violence conjugale.
Ce titre défend la lutte contre les violences faites aux femmes et cherche à populariser ce combat pour que toutes les tranches d’âges et toutes les classes socio-culturelles puissent être sensibilisées à cette réalité sociétale.

Qu'est ce qui vous intéresse de faire de la pop urbaine consciente et est-ce important d'avoir des textes porteurs de sens ?
Oui, il est très important de proposer des textes qui sont porteurs de sens au vu de la situation actuelle. Cela fait plusieurs années que je soutiens différentes causes et notamment la lutte contre la violence conjugale avec l’association « De l’ombre à la lumière ».
Suite aux différents confinements, nous avons pu constater une hausse de la violence au sein des foyers, c’est de ce constat que j’ai réalisé qu’il fallait que j’utilise mon influence ainsi que mon pouvoir de parole pour sensibiliser ces classes oubliées.
Aujourd’hui les Français cultivés, qui ont accès au savoir sont sensibilisés à cela. Mais le public du rap et de la pop urbaine pas toujours… Les femmes notamment y restent très discrètes. Elles pensent parfois même que la situation toxique ou contraignante dans laquelle elles se trouvent est une normalité. Utiliser les codes de la musique qu’un public jeune a l’habitude d’entendre permet de passer des messages plus simplement et de manière plus efficace. C’est mon combat.

Comment vous est venue l'idée du titre et pourquoi avoir choisi un début avec des initiales ?
Le titre a été une évidence puisque j’ai moi-même été victime d’une personne perverse narcissique pendant plus de six ans. J’ai compris que ce terme avait été utilisé de manière très galvaudée, néanmoins il représente également malheureusement une triste réalité.
Les initiales sont une sorte de code que se transmettent les victimes de pervers narcissique, elles savent très bien de qui on parle lorsqu’on les utilise. Le fait d’utiliser des initiales est aussi anecdotique pour une personne qui ne serait pas sensibiliser à ce terme et permet de poser des questions.

Cette relation toxique vous a fait sombrer dans l'anorexie-boulimie. Où en êtes-vous maintenant d'un point de vue personnel ?
Après la relation toxique et l’anorexie boulimie, il m’a fallu 7 ans pour me retrouver et réapprendre à me respecter et me faire respecter.
Aujourd’hui tout va bien pour moi dans ma vie personnelle et je suis épanouie dans mon travail. J’arrive même à faire de la sensibilisation auprès de proches ou d’inconnus qui sont eux-mêmes victimes de pareille situation, que ce soit dans le travail ou dans le couple ou en amitié/famille.

Les affaires de violences conjugales ou faites aux femmes sont omniprésentes dans les médias depuis quelques années. Pensez-vous que cela fait bouger les lignes ou qu'à un moment les gens se diront "ce n'est qu'une affaire de plus" au point de s'en lasser ?
Les affaires de violences conjugales sont omniprésentes depuis la nuit des temps, c’est surtout cela qu’il faut savoir. Maintenant nous avons la chance d’avoir des médias, des réseaux sociaux pour en parler.
Il y aura toujours une affaire de plus qui s’ajoutera à l’affaire précédente puisque nous sommes loin d’en avoir fini avec ce fléau.
Moi je ne fais pas de la musique pour raconter mon histoire personnelle, je fais de la musique pour gagner en notoriété et pouvoir mettre en avant mon association qui sauve des centaines de femmes de féminicide chaque année, redonne de la dignité et redonne de la force à des destins brisés.
C’est justement du constat que vous avez fait dans votre question que je me suis inspiré. Faire des articles de presse, des livres sur les violences conjugales c’est commun, faire une chanson sur laquelle on danse en boîte qui parle de ça et qui reste en tête, c’est du jamais vu. Je veux casser les codes.
Sous les crédits de ma vidéo YouTube sont inscrites les coordonnées de l’association et je veux que chaque femme ou chaque homme qui se sent en danger puisse rapidement être écouté et pris en charge sans passer par la case gendarmerie.

Le clip de PN (j'ai fait le job) a atteint 2,5 millions de vues en un mois. Vous attendiez-vous à un tel succès ?
Je ne m’attendais pas à autant très sincèrement mais malgré tout nous avions quand même anticipé son développement avec une large campagne de communication digitale pour faire passer le message que ce soit sur TikTok et Instagram ou dans les médias.

Quels ont été vos choix dans la réalisation du clip ?
Pour le clip, les choix ont été de faire se confronter deux univers et quatre personnages qui représentent différentes femmes : la femme sous emprise, la femme libérée plutôt dénudée, la bimbo et la femme un peu bourgeoise.
L’idée était de montrer que cela peut toucher n’importe quelle femme et de faire un pied de nez un petit peu ironique à ces situations toxiques ou les conjoints empêchent les femmes de porter ce qu’elles veulent. Pour ma part mon ex m’interdisait d’être en maillot de la sorte.
Pour moi c’est un acte féministe de me mettre en scène ainsi et montrer que n’importe quelle femme, vêtue ou non, mérite le respect.

Vous êtes ambassadrice pour l'association De l'ombre à la lumière qui aide les femmes en danger. Comment travaillez-vous ensemble et en quoi consiste vos actions ?
Pour l’association mon rôle est de véhiculer au maximum leurs missions. Je me sers de mes réseaux sociaux afin de faire connaître l’association et je demande à mes influenceurs et mes influenceuses de faire de même.
J’accompagne également la directrice dans sa communication digitale, je suis là dès qu’elle a besoin de moi pour un montage vidéo ou photo, pour une campagne de sensibilisation et évidemment je développe la musique pour faire parler de son association. Sous les crédits de mes clips se trouve toujours le lien de l’association.

Que souhaitez-vous dire aux personnes victimes de violence ?
Ce que je veux dire aux personnes victimes de violences et qui n’osent pas parler c’est qu’elles n’ont pas besoin de passer par la case gendarmerie ou commissariat pour être entendues, être guidées et orientées. En effet l’association « De l’ombre à la lumière » leur permet de trouver une solution rapidement sans être jugées et sans rentrer tout de suite dans une affaire juridique qui pourrait les effrayer.

Quels vont être vos prochains projets artistiques : single, album... ?
Mon deuxième single « Toi t’as tout gâché » vient de sortir. Il parle de femmes ambitieuses qui n’ont pas besoin d’être achetées pour vivre une relation amoureuse.
Puis il y aura la création courant 2022 d’un EP avec l’équipe d’un grand artiste très connu et multi récompensé mais je ne peux pas vous en dire davantage pour l’instant (sourire).
Vous travaillez également dans la communication et avez déjà conseillé des artistes.

Aimeriez-vous chanter en duo avec un autre artiste ?
Tout à fait j’ai une agence de communication et j’ai déjà accompagné de nombreux artistes.
J’ai pour projet en effet de chanter en duo avec un autre artiste, c’est en cours mais je ne peux pas encore en parler, je préfère garder la surprise pour mes auditeurs…

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
D’abord vous remercier pour vos questions qui m’ont permis de me livrer à vos lecteurs.
Mais également passer un message à toutes les femmes qui pourraient vous lire.
Je m’appelle Alice je me suis forgée toute seule que ce soit sur les réseaux sociaux, dans le cadre du développement de mes entreprises ou dans la production de ma musique. Je me produis à 100%, sans l’aide de quiconque. J’ai décidé il y a bien longtemps que personne ni un homme ni un patron ni une industrie ni une société ne me dicterait mes choix. Je suis aujourd’hui autonome dans tout ce que j’entreprends et c’est pour cela que je suis d’autant plus fière de présenter ma musique. À elle toute seule, elle représente un acte féministe, un acte engagé, un acte entrepreneurial féminin, elle représente la force que toutes les femmes peuvent laisser jaillir de leurs projets si elles s’écoutent. Nous sommes toutes capables !
Arrêtons de vivre dans nos croyances limitant en nous empêchant de penser que nous pourrions ne pas réussir par nous-mêmes, j’en suis la preuve vivante…

Merci à AliceCatDesigner d'avoir répondu à notre interview !

AliceCatDesigner - PN (J'ai fait le job)

Musique interview

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Anti-spam