Publicité

Ali Veejay : l'EP Giant Heart

Maxime Lopes Par Le vendredi, 02 septembre 2022 à 14:33 0

Dans Culturel

Qu'est-ce qui fait obstacle à la joie ? Ali Veejay offre une réponse personnelle avec « Giant Heart », un an après son premier album éponyme.

Ali Veejay - Giant Heart

Le saintais livre ici le fruit d'un travail sur lui-même effectué depuis la naissance de sa fille en 2016.

En cinq pièces, il aborde l'aliénation par le travail (When you're working) la puissance des émotions pénibles (It's dark) et de son alliée indéfectible, la pensée incontrôlable (Hold on to your pain). Parfois une éclaircie survient (Giant Heart), et on renait.

Si le premier album, sorti en mai dernier, était court, « Giant Heart » pousse encore plus loin le minimalisme : pas d'autre instrument que la voix, des percussions frappées sur le torse ou beatboxées, deux morceaux sous la barre de la minute trente.

Les morceaux, enregistrés avec Benoit Giberteau (Slift, Lysistrata), au plus près du souffle, respectent la structure live et sont chantés tels quels en public.  

 

Interview

Pouvez-vous nous présenter votre EP Giant Heart et son univers ?
Ces morceaux sont arrivés quand je me trouvais dans une impasse professionnelle. Je ne supportais plus mon travail et la musique a servi d'exutoire. Pas une seconde je n'ai envisagé la question du format couplet/refrain ni de la durée. Ainsi sont nés six titres aussi intenses que courts, aucun ne dépasse la barre des deux minutes.
 
Comment l'avez-vous composé et quelles étaient vos inspirations ?
Je les ai composés en quelques minutes avec ma pédale sampler, en chiadant les textes les mois suivants. Par la suite je les ai joué en concerts puis enregistré en deux jours cet hiver à Saintes avec Benoit Gibertaud (Slift, Lysistrata)

Est-ce que le spirituel influence votre imagination pour la composition des titres ?
Partiellement. Je ne peux pas faire une musique entièrement spirituelle, on se ferait vite chier. Donc c'est mélangé avec des inspirations profanes, comme le monde du travail, la mélancholie, la jubilation.
 
Quelle importance accordez-vous à la voix sur cet opus ?
Essentielle. Sans voix, pas d'opus :D

Quels ont-été vos choix sur le plan instrumental ?
Il n'y a pas d'autre instrument que la voix sur cet ep. J'ai ajouté des claquement de doigts, du beatbox. Je me suis frappé le torse pour faire des percussions graves, comme un gorille.
Au fond, si je demandais un dossier de subvention, je dirais que ce disque est une hymne au corps, mais je ne demande pas de dossier de subvention.
 
Quelle était l'ambiance pendant les enregistrements en studio ?
Concentrée, blagueuse, stressante, pleine de doute pour ma part et de bienveillance de la part de Benoit qui faisait les prises. Enregistrer, c'est zoomer sur tes limites techniques, toutes les micros imperfections de ton jeu te sont renvoyées en directe, puis rabâchées lors de la réécoute. Ou tu es Michael Jackson, entrainé à la militaire depuis ses trois ans et tu plies le truc en deux deux, ou tu refais jusqu'à être satisfait, ce qui est difficilement le cas pour ma part.

Pourquoi avoir voulu proposer deux titres de moins d'1 minute 30 ?
C'est sorti comme ça cher Maxime. J'en profite pour te féliciter pour la qualité de tes questions. On voit que tu t'es penché sur le disque et que ton questionnement va à l'essentiel.

Parlez nous du titre A chance et de son clip...
Je suis filmé en train de chanter le morceau avec une toge rouge, qui est en fait le rideau de notre salon, décroché pour l'occasion. On chante devant des arbres qu'on avait repéré au préalable. Le contraste primaire rouge/vert marche bien.
Nous l'avons tourné avec ma compagne, Catherine Rouvière. Catherine est danseuse et s'était blessée une semaine avant le clip mais elle a persévéré et on est content du résultat ! A l'image, j'ai la "chance "d'être accompagné par un jeune réalisateur de la région, James Brown. C'est son vrai nom et c'est un super gars, minutieux et avec une belle vision.

Que souhaitez-vous apporter au public avec l'EP Giant Heart ?
Un trait d'union doux, court, intense et original entre mes deux albums.

Que peut-on savoir de la pochette du disque Giant Heart ?
C'est un tatoueur Lyonnais que je suis depuis 10 ans, Romano Krang. Le mec a un talent monstrueux, j'adore ses tatouages alors que je ne suis pas tatoué. Je lui ai dit que que je voulais et voilà !

Avez-vous une indiscrétion à nous raconter sur cet EP ?
J'ai pas arrêter de refaire les voix sur plusieurs mois.

Des concerts sont-ils prévus et comment les vivez-vous ?
Oui, sur La Rochelle, et Poitiers. Je les vis en fonction de l'implication du public : si c'est dans un restaurant et que les gens sont en train de bouffer / discuter, c'est difficile pour moi. Formateur, mais difficile.

Quel est pour vous le plus bel endroit pour vous produire en spectacle ?
Toutes les salles de concert / festivals où le public vient uniquement dans le but de voir /écouter de la musique.

Merci à Ali Veejay d'avoir répondu à notre interview !

A CHANCE

Musique interview

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Anti-spam