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Adam Wood : l'EP Hello Again

Rédaction Divertir Par Le vendredi, 13 décembre 2019 à 08:00 0

Dans Culturel

En 5 ans on peut faire de nombreuses choses. En 5 ans Adam Wood a : Eté amoureux, Joué de la guitare, Eté malheureux, Rencontré des cons, Dragué, Grandi de 6mm, Rencontré des amis, Créé le label Freemount Records, Eté ivre, Ecrit des chansons, Dormi sur un canapé au milieu d’un champ, Voyagé, Composé son nouvel EP Hello Again. C’est fort de cette vie vécue pleinement, sans en perdre une goutte, de mots et de notes auxquelles il a su se désaltérer, de rires et de peines, qu’Adam Wood revient avec Hello again.

Adam Wood (crédit Romain Fel)

crédit visuel : Romain Fel

Quand on le voit on pense à de grandes étendues, à une silhouette qui se détache dans la foule, à une mélodie entêtante, à des yeux qui lisent en vous. Aux côtés d’Hemingway ou de Kerouac, Adam Wood est de ces âmes voyageuses, de ces poètes égratignés par la vie qui voient le beau dans les détails. Après un premier album sorti il y a 5 ans, Adam Wood a pris le temps de vivre, passionnément. D’aimer, passionnément. De pleurer, passionnément. Mais de créer aussi.
Le label Freemount Records a ainsi vu le jour, avec ses pics et ses falaises abruptes, ses chutes et ses ascensions. C’est fort de toutes ces aventures, enrichi de rencontres, abreuvé de chansons de Neil Young, Ellioth Smith, Wilco et bien d’autres, qui l’ont suivi pas à pas, qui l’ont vu grandir, que Adam Wood a composé son nouvel EP, Hello Again. Quatre chansons, comme autant de ballades dans des terres imaginaires, quatre chansons pour le (re)découvrir et ne plus jamais pouvoir l’oublier.
Welcome Back Adam !

Interview

Pouvez-vous nous présenter votre nouvel EP Hello Again ?
Hello Again c’est quatre chansons écrites entre Clermont et Lyon mais avec les yeux rivés sur l’Amérique.
C’est un disque de folk/rock moderne et passéiste à la fois. Autant inspiré par Neil Young et Big Star que Wilco ou Alabama Shakes. J’ai essayé de retrouver une certaine « pureté » dans la composition et l’écriture dont je m’étais un peu éloigné avec mon précédent album Hang On.
Même si la gestation fut assez longue et difficile je suis très fier du résultat final et j’ai l’impression d’avoir retrouver le style de mes débuts en y incorporant toute mon expérience acquise.

Que s'est-il passé pendant les 5 ans où vous l'avez composé ?
Beaucoup de choses. J’ai eu pas mal de soucis personnels qui m’ont poussé à mettre l’écriture et la composition de côté pendant un certain temps.
J’en ai surtout profité pour travailler avec mon associé sur notre label : Freemount Records. On a sorti plein de supers disques d’artistes vraiment talentueux comme Dragon Rapide, The Marshals, Woody Murder Mystery ou encore San Carol. On a mis en place les soirées Freemount Parties qui ont faite salle comble jusqu’à Paris…
Tout ça nous a pris énormément de temps et d’énergie.
J’ai déménagé de Lyon à Clermont. Enchaîné pas mal de boulots alimentaires. J’ai continué à donner des concerts avec The Machinists ou Echo Anemone. Et j’ai pris le temps de vivre et de me construire. Pour moi l’écriture et la composition doivent être quelque chose de naturelle. Je ne me sentais pas en adéquation avec mon art du coup je ne me suis pas forcé à écrire. Quand j’ai senti que le vent tournait et que ma vie personnelle se stabilisait un peu les chansons sont venus d’elles même.

Est-ce que certaines histoires sont plus fortes et vous ont marqué pour cet EP ? Pouvez-vous nous en raconter l'une d'entre elle ?
Très honnêtement l’écriture de chansons a toujours été pour moi quelque chose d’assez cathartique. J’y mets beaucoup de moi et ça m’évite certainement de payer des séances de psy.
Ces quatre chansons ont été écrites suite à un moment de ma vie assez compliqué, où je doutais beaucoup mais tout ça appartient au passé maintenant. Ce genre de moments arrivent à tout le monde et je ne m’épancherais pas là-dessus.
Je préfère vous dire que l’histoire la plus forte c’est celle que je vis actuellement. Que je suis très heureux dans ma vie personnelle, très heureux de pouvoir revenir dans la musique avec ces nouveaux titres et très impatients de retourner en studio avec cette fois-ci plein de belles histoires à raconter.

Selon vous, que doit transmettre la musique ?
Rien d’autre que ce que l’auteur/interprète ait envie de transmettre.
Certain écrivent pour mobiliser, pour interpeller les gens sur la situation du monde, d’autres préfèrent inventer des histoires, juste faire danser, ou donner le sourire… C’est au bon vouloir des créateurs et à la sensibilité des auditeurs.
Une fois qu’une chanson est sortie, elle ne nous appartient plus, elle est à ceux qui l’écoutent. Moi j’essaye d’écrire sur la base de mes propres expériences mais d’une manière assez universelle pour que tout le monde puissent se retrouver un peu dedans.

Peut-on en savoir plus sur la partie instrumentale et les musiciens qui vous ont accompagné dans cette aventure ?
A l’inverse de Hang On où j’avais expérimenté de nouveaux sons, avec pas mal de claviers, des choses plutôt modernes, beaucoup d’effets sur les voix et les instruments, j’ai voulu retourner à quelque chose de beaucoup plus direct et intemporelle sur Hello Again.
Ce disque aurait très bien pu être enregistré dans les années 60 ou 70. Tout est plus épuré, plus simple dans le spectre sonore et le choix des instruments. On a beaucoup travaillé sur les sons directement à la prise plutôt que de les réarranger en post-production comme cela se fait beaucoup aujourd’hui.
Nous avons tout enregistré au Freemount Studio que j’ai aménagé avec mon fidèle claviériste et ingénieur du son Benjamin Tessier. Nous avons la chance d’avoir le dernier étage d’un immeuble appartenant à sa famille à deux pas de la place de Jaude en plein centre-ville de Clermont.
J’ai réuni des musiciens avec qui je bossais depuis des années et qui avait toute ma confiance comme Jim Arthur aux guitares ou Damien Felten à la basse. Mais aussi de nouveaux venus comme Tom Couineau à la batterie, Elisabeth Polénor aux chœurs ou Robin Mom aux cuivres. J’ai beaucoup de chance car ce sont tous des musiciens extrêmement talentueux et qui ont beaucoup d’idées en studio. J’ai apporté la charpente des chansons et on a construit les murs et posé le toit tous ensemble. Benjamin s’est occupé de toutes les prises de sons et m’a aussi beaucoup aidé sur le travail de production.
Ensuite j’ai été mixer les titres sur bande analogique au studio Mikrokosm à Villeurbanne avec mon ami Benoit Bel ce qui a encore rajouté à l’aspect chaud et authentique du son.
Finalement je suis rentré à Clermont pour masteriser le tout au Basalte Studio chez Simon Capony avec qui je collabore depuis toujours et dont j’adore le travail.

Parlez nous du titre Great Escape et de son clip...
C’est un titre qui parle de fuir la ville. Mais la ville ici n’est qu’une image. C’est une chanson qui parle de sortir de la routine, des carcans que la société nous impose, de s’éloigner des idées préconçues et des destins tout tracés.
Le clip a été tourné à New-York avec mon ami d’enfance Romain Fel qui est un réalisateur super talentueux et qui m’a suivi pendant 10 jours en parcourant des dizaines de kilomètres à pied avec un sac rempli de matériel sur le dos et sans broncher.
Quoi de mieux pour imager la fuite d’un espace urbain que la ville la plus iconique du monde ?

Peut-on en savoir plus sur l'artwork de la pochette d'Hello Again ?
L’anecdote est assez drôle. Mes potes du groupe H-Burns étaient en tournée et ils dorment un soir dans un hôtel vers Bourges où un artiste local exposait ses œuvres.
Le lendemain mon ami Pascal Mondaz m’envoies une photo d’un des portraits en insistant sur la ressemblance entre le personnage peint et moi.
L’idée m’a bien fait marrer et j’ai contacté l’artiste en question, Jean-Marc Zabouri, afin de lui acheter l’œuvre.
Le plus drôle c’est qu’il peint toujours sans modèle, c’est donc vraiment par le plus grand des hasards si la personne sur le tableau me ressemble.
Ensuite c’est mon ami et graphiste Simon Boin qui s’est chargé de le travailler et le décliner pour toute la partie graphique accompagnant le disque.

On voit le vinyle revenir en force, pourtant vous avez fait le choix de le proposer en K7, pourquoi ?
On édite également beaucoup de vinyles chez Freemount Records mais pour un quatre titres se format là n’était, à notre sens, pas très pertinent. Trop court pour un 33 tours et trop long pour un 45 tours.
Nous sommes également très attachés à l’objet K7 qui accompagne pour le coup absolument toutes nos sorties et qui personnellement me rappelle les voyages à l’arrière de la Renault 19 de mon Papa.
C’est un format que l’on peut se permettre de vendre à bas prix et dans lequel l’EP en numérique est inclus via un code de téléchargement.
On peut donc aussi le voir comme un achat digital mais agrémenté d’un produit original pour ceux qui n’ont pas de lecteurs K7.

Une anecdote à nous raconter sur l'EP Hello Again ?
Une grande partie des prises ont été faite en plein été, au pic de canicule et notre studio se situe sous les toits au quatrième étage d’un immeuble. On ne pouvait ni ouvrir les fenêtres ni allumer les ventilateurs pour ne pas avoir de bruits parasites à l’enregistrement.
Par la force des choses nous avons donc enregistré un disque de folk/rock en caleçon.
Mais ça ne s’entend pas trop je crois.

Comment ressentez-vous la scène et aurez-vous des concerts prochainement ?
La scène c’est toujours un immense plaisir pour moi.
Malheureusement je n’ai toujours pas de tourneur, j’en recherche un activement mais c’est toujours dur de défendre un disque en essayant de se programmer soi-même. J’espère que l’on trouvera vite chez qui signer car le nouveau line up du projet est génial et je suis sûr que le live peut être notre force principale.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
J’espère seulement que les gens qui lisent cet article auront la curiosité d’aller écouter l’EP et de venir nous voir en concert. Un grand merci à vous pour cette interview.

Merci à Adam Wood d'avoir répondu à notre interview !
Retrouvez le également sur Facebook.

Adam Wood - Great Escape

Adam Wood : chant, guitares, claviers, piano
Benjamin Tessier : claviers, piano, chœurs
Jim Grégoire : guitares, chœurs
Damien Felten : basse
Tom Couineau : batterie
Robin Mom : trompette, bugle
Elisabeth Polénor : chant, chœurs

EP – A Forest Behind The Tree – Mars 2012
EP – A Forest Behind The Tree (Réédition) – Janvier 2013
LP – Hang On – Octobre 2014
EP – Hello Again – Décembre 2019

Musique interview

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