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2029 : l'EP Synesthésie

À la frontière du Rock, le groupe 2029 propulse une Pop Electro Post-Apo-calyptique et invite, en français, à panser les blessures de l’âme au sondu cri d’un inconditionnel espoir.

2029 (crédit Nicolas Dupuis)

crédit visuel : Nicolas Dupuis

Originaire de Chantilly, à la foisproche et loin de la frénésieparisienne, ce power trio se compose d’Arnaud Le Camus (chanteur multi-instrumentiste), de Davy Laguri (synths) et de Charles Evrard (batterie).

Vous êtes-vous déjà senti à l’écart,en marge, inutile, à contre-courantdu monde ? Et dans le même temps,empreint d’une indicible force qui nedemande qu’à exploser et se révéler ? C’est de cette ambivalence qu’est né, aucours de l’année 2018, le projet 2029. Avec pour objectif de crier la différence, dénoncer les conformismes et réunir les oubliés.

Point de départ d’un roman à cœur ouvert, 2029 sort son premier EP Synesthésie.

D'où vient l'idée du nom du groupe 2029 et comment s'est-il formé ?
Et si on entretenait un peu de mystère… 2029 c’est une histoire de rendez-vous. Passé ? Futur ? Peu importe, le temps n’est qu’une illusion, seule compte la mise en action. Lorsqu’on a monté le groupe courant 2018, on avait besoin d’un projet artistique musical dans lequel on pourrait expérimenter et créer d’une façon nouvelle. Ne pas suivre les schémas habituels et emprunter des chemins détournés. Le groupe s’est formé sous l’impulsion de Charles (batterie), de Davy (synthés) et de moi-même, Arnaud (chant, clavier, guitare) avec pour idée principale, de bousculer les codes du Rock en s’affranchissant du traditionnel basse/guitare/batterie.

Pouvez-vous nous présenter l'album Synesthésie ?
Telles les pages d’un roman, Synesthésie pose les bases d’un premier chapitre sous forme d’un EP de 6 titres. On y aborde des thèmes qui nous sont particulièrement chers tels que la différence, l’emprise de personnalités toxiques sur d’autres, les difficultés sociétales, la souffrance… mais également l’acceptation de soi, l’espoir, la tolérance et l’indéfectible besoin de croire en ses rêves les plus profonds.

Vous espérez panser les blessures de l’âme avec votre univers Post-Apocalyptique. C'est un peu dans l'ère d'un contexte difficile qu'on traverse et où chacun est un peu dans son coin... Non ?
Être conscient de ses faiblesses, de ses craintes et peurs les plus sombres pour mieux les affronter, se les approprier et profiter de chaque instant de sa vie pour atteindre son idéal. C’est de ces antagonismes que naissent les mélodies de 2029. Vivre des moments aussi compliqués que ceux que nous connaissons actuellement, nous donne l’occasion de modifier notre regard, de comprendre et d’apprécier les subtilités du monde qui nous entoure. N’est-ce pas le moment ou jamais de changer nos habitudes ?

Dans quelles conditions avez-vous composé et préparé l'album Synesthésie ?
On a passé deux ans à composer et peaufiner notre univers sonore. Pour concrétiser ce travail, l’envie d’enregistrer est venue naturellement. En décembre 2019, on a donc entamé les prises de sons dans notre studio. Ensuite, comme tout le monde, on a subit de plein fouet le confinement. Mais finalement, cette période nous a permis de nous concentrer à 100% sur l’EP et de terminer le mixage dans les temps.

En quoi est-ce important pour vous de proposer des textes en français ?
On ne le cachera pas, nos influences musicales sont toutes anglo-saxonnes.
L’anglais dans le rock, c’est classe et ça claque direct ! À l’inverse le français est une langue plus rigide à l’écoute et qui nécessite beaucoup d’agilité pour jongler avec différents niveaux de compréhension, chaque mot ayant un sens bien particulier. C’est pourtant tout ce qui en fait sa richesse. De plus, comment exprimer avec force, ses convictions les plus profondes, autrement que dans sa langue maternelle ? Beaucoup de gens ont une appréhension à écouter du rock en français, nous en sommes conscients, mais c’est un challenge qu’on est bien décidé à relever ;-)

Quels ont été vos choix sur la partie instrumentale ?
Toute l’ambiance harmonique repose sur les synthés. C’est un choix totalement assumé, la dimension « Rock » est apportée par la batterie acoustique, la guitare et la voix. C’est d’ailleurs une réelle question que se sont posés Doug (mixage) et Chab (mastering), quelle orientation choisir pour la sonorité globale de l’EP : l’electro ? le rock ? Il y avait vraiment la possibilité de partir dans deux directions diamétralement opposées. Notre ADN étant résolument Rock, on a choisi d’accentuer cette caractéristique, notamment dans le traitement de la batterie.

Souhaitez-vous nous faire entrer dans les coulisses des enregistrements en studio et pourquoi être allés outre atlantique ?
Pour des raisons budgétaires mais aussi en terme d’indépendance artistique, on a choisi d’enregistrer dans notre studio. Tout le travail de pré-mix (nettoyage et timing des pistes, automations, synchronisations vocales…) a aussi été réalisé par nos soins. Ensuite, effectivement les titres sont partis du côté de Chicago. Le mixage est une étape absolument cruciale dans la conception d’un album. C’est vraiment lui qui donne le « La » de l’ambiance sonore générale. On avait vraiment besoin de quelqu’un qui sache capter l’essence Rock de notre musique mais aussi la sublimer au sein d’une signature sonore moderne et contemporaine. Aujourd’hui grâce au numérique, il n’y a plus de frontières et tout est possible. On a donc cherché un ingénieur du son outre-atlantique, quelqu’un pour qui le Rock est culturel. Après quelques recherches, on a trouvé Doug, je lui ai envoyé les maquettes et il a tout de suite accroché. L’aventure pouvait commencer.
Une fois les titres mixés, il nous restait plus que la dernière étape, au combien délicate, le mastering. Pour ça c’est un ami musicien, Sandy Lavallart du groupe Kwoon (je ne saurais trop vous conseiller d’ailleurs de le découvrir facebook.com/kwoonmusic) qui m’a dit : « avec le son que vous avez, contactez Chab ! ». Toquer à la porte d’un pro d’une telle renommée (3 grammys awards pour l’album Random Access Memories des Daft Punk), on se demandait vraiment s’il allait accepter de travailler avec un groupe en développement comme le nôtre. Mais on était déjà allé si loin avec ce projet qu’on a tenté notre chance et ça a marché ! Résultat, on s’est retrouvé à Paris dans ce studio incroyable, à écouter pour la première fois nos morceaux passés sous les mains expertes de Chab. Un moment absolument inoubliable pour nous. Et toute l’équipe du studio, Didier, Sophie, Chab… sont tout simplement les personnes les plus cool que vous pouvez rencontrer ;-)

Parlez nous du titre Protège-toi
Protège-toi c’est un des titres fondateurs de Synesthésie. Il a été écrit au début de l’aventure 2029. Il parle de la capacité de certains à avoir une emprise sur les autres. C’est une invitation à se méfier des apparences et à puiser dans ses ressources personnelles pour prendre confiance en soi et reprendre le contrôle de son existence. Le rythme lancinant de la batterie évoque le temps qui s’égrène indéniablement. Mais est-ce vraiment important ? Le principal étant de passer à l’action pour maîtriser sa propre destinée.

Des clips sont-ils prévus et comment les imaginez-vous ?
Un clip pour Protège-toi est en cours de préparation mais sa réalisation a été quelque peu retardée à cause du confinement. Au départ on voulait partir sur un film d’animation avec un fil directeur nous permettant de créer des suites pour des clips ultérieurs. Mais nous n’avons pas réussi à trouver un réalisateur dans le délai imparti, on s’est donc recentré sur un format vidéo en images réelles.

Synesthésie sort également en vinyle, qu'appréciez-vous dans ce support pour le proposer ?
Le format vinyle c’est déjà l’occasion pour nous de proposer un objet physique. À l’heure du tout digital, pouvoir toucher, apprécier l’artwork, ressentir cette émotion de sortir le disque de la pochette… c’est quelque chose de primordial à nos yeux. Ensuite, évidemment, le son ! Écouter un album sur vinyle, c’est s’offrir l’expérience unique de redécouvrir des chansons sous un nouvel angle. La précision et l’ampleur des basses, la spatialisation des instruments qui permet de focaliser très subtilement son attention sur tel ou tel élément. Bref, sans vouloir rentrer dans le débat de « le vinyle c’est mieux que le numérique », il faut simplement admettre que c’est une expérience d’écoute à part entière. Aujourd’hui, on lance son flow Deezer, on ne sait même plus qui on écoute, bref on ne prend plus le temps d’apprécier un album. Le concept même « d’album » est presque obsolète avouons-le. Nous sommes dans l’ère du tout jetable. J’achète, j’utilise, je balance. Nous consommons la musique de la même manière désormais. Proposer un format vinyle, c’est suggérer à l’auditeur, de s’assoir, de fermer les yeux, d’autoriser à nouveau son imaginaire à divaguer parce que tout simplement, vous lui en laissez le temps.

Une indiscrétion à nous donner sur Synesthésie ?
Le titre Ensemble a été complètement retravaillé en toute dernière minute. C’est le premier morceau que nous avions composé au début du groupe en 2018. Une fois les prises de sons bouclées on s’est rendu compte qu’il avait du mal à trouver sa place au sein de l’EP. Il était beaucoup plus « Rock » que les autres titres. Du coup on a entièrement revu sa structure pour lui donner une patine plus électro et lui permettre de figurer sur Synesthésie.

Comment ressentez-vous la scène ?
Lorsqu’on compose, on s’imagine sur scène. Est-ce que le titre va entrainer les foules ou non ? Notre but ultime c’est de partager nos morceaux sur scène avec le public. On les a conçu de cette façon et notre raison d’être c’est définitivement le live.

Comment voyez-vous l'avenir des concerts et en avez-vous de programmés ?
Comme pour tous les artistes, la situation sanitaire actuelle a impacté pas mal de choses, notamment la diffusion live. Pour notre part, nous avons gelé toutes nos démarches en cours concernant les concerts de 2029. On se concentre essentiellement, à l’heure actuelle, sur la promotion de notre EP. Dès que ce sera de nouveau possible, on bookera des dates pour se produire sur scène.

Je crois qu'une suite est déjà prévue à Synesthésie. Peut-on en savoir plus sur l'album sur lequel vous réfléchissez ?
Nous n’avons pas de date précise encore pour le moment, mais nous nous projetons effectivement sur la réalisation d’un album. Quelques titres sont d’ores et déjà composés et la thématique principale que nous souhaitons aborder est également fixée. Ce sera pour nous l’occasion de nous exprimer à propos de ce monde jetable, de la consommation outrancière, de nos interactions sociales autocentrées et toujours plus ancrées dans l’intolérance. Nous essayerons de suggérer d’autres chemins possibles, ceux de l’écoute, de la responsabilisation individuelle, de l’acceptation des idées divergentes, pour demain ouvrir le champs des possibles aux générations futures.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Merci infiniment pour cette interview et cette tribune que vous nous offrez.

Merci à 2029 d'avoir répondu à notre interview !
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interview Musique

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