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Napoléon La nuit de Fontainebleau

Le jeudi, 24 juin 2021 à 21:00 - Chaque semaine jusqu'au : samedi, 31 juillet 2021

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Théâtre A la folie - Paris

Napoléon, la Nuit de Fontainebleau Une pièce de Philippe Bulinge
Mise en scène et scénographie : Maude et Philippe Bulinge Costumes : Marilyn Fernandez François Décors : Ateliers Intersignes Lumières : Rémi El Mahmoud Musique : Max Michelin

Avec : Damien Gouy, Loïc Risser et Vincent Arnaud.

Mercredi et vendredi 19h30
Jeudi et samedi 21h
24 juin - 31 juillet 2021

Un épisode historique et véridique

Château de Fontainebleau. Nuit du 12 au 13 avril 1814. Quelques jours après sa première abdication et la fin de l’Empire, alors que les dernières négociations menées par le Général de Caulaincourt lui ont attribué l’île d’Elbe comme nouveau royaume, Napoléon, sans armée, abandonné de tous, déchu et désespéré, tente de se suicider. De cet épisode historique et véridique, longtemps tenu secret par ses différents protagonistes, Philippe Bulinge tire un formidable huis-clos théâtral entre Napoléon, le Général de Caulaincourt – son diplomate et surtout l’un des seuls à lui avoir régulièrement tenu tête – et le docteur Yvan, chirurgien au service personnel de l’Empereur depuis près de quinze ans. Qui tente de mourir, cette nuit-là ? L’homme ou l’Empereur ? L’être tourmenté et épuisé ou la légende qui est née avec lui ? Peut-on laisser mourir Napoléon ? Peut-on l’aider à mourir ?

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Théâtre

Théâtre A la folie 6 rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris France

Prochaines dates

Qui tente de mourir, cette nuit-là ? L’homme ou l’Empereur ?

Napoléon : As-tu vécu vraiment, Napoléon ? As-tu passé un seul instant sans le regard de l’autre ? Sans chercher le regard de l’autre, l’écoute de l’autre, l’admiration, l’adoration de l’autre ? Tes mots ne sont pas ceux d’un être vivant, Napoléon. Tu t’es voulu… Dieu ? Une espèce de Dieu à mi-chemin entre le ciel et la terre ?... Et ce soir, tu as froid comme le dernier des hommes. Tu as froid, dans chacun de tes os, jusqu’à la douleur. Plus qu’en Russie. Plus qu’en enfer. - scène 1.

L’être tourmenté et épuisé ou la légende qui est née avec lui ?

Napoléon : Oui, Caulaincourt, j’ai commis des erreurs ! Et vous le savez mieux que quiconque. Oui, Caulaincourt, j’ai trop cru en ma bonne étoile et en mon armée invaincue ! Oui, Caulaincourt, mon ambition aurait dû connaitre des limites ! Mais qui a profité de chacune de mes erreurs ? Qui s’est jeté dessus comme un chien galeux se jette sur un morceau de viande que le boucher a négligé de surveiller ? Des hyènes, ce sont des hyènes ! Les hyènes ne sont pas des artisans de paix ! Vae Victis ! Malheur aux vaincus ! Vae Victis ! En quoi furent-ils malheureux ? Je les ai tous vaincus, et vaincus, je les ai tous laissés sur leur trône. Le Russe, Le Prussien, L’Autrichien. Tous. J’ai épousé une archiduchesse autrichienne. Mon fils est à moitié autrichien. Combien de fois les ai-je vaincus ?  Et combien de fois leur ai-je tendu la main ? - scène 4.

 

Histoire, contexte et personnages

Nuit du 12 au 13 avril 1814. Un homme, seul, dans une petite pièce du Château de Fontainebleau, ouvre une fiole, en verse le contenu dans un verre, le dilue dans l’eau et le boit. Le premier Empire n’est plus. Napoléon vaincu en Russie en 1812 par le général hiver, puis repoussé d’Allemagne en 1813, mais aussi d’Espagne, s’est trouvé contraint de livrer bataille en France au cours des premiers mois de 1814. Malgré des succès qui rappellent la campagne d’Italie du Général Bonaparte, les Alliés sont rentrés dans Paris le 31 mars. Ont commencé alors les défections aussi bien civiles que militaires, qui se sont accumulées de jour en jour, et l’abdication de Fontainebleau du 6 avril 1814 est le point final de la campagne de France. Les Bonaparte ne règnent plus. Nuit du 12 au 13 avril 1814. Aux environs de trois heures du matin, le grand écuyer, le Général de Caulaincourt, est appelé par l’Empereur, qu’il découvre alité et malade. Les deux hommes restent un long moment ensemble. Napoléon peint son avenir en noir. Puis il est pris de nausée et il se met à délirer. Caulaincourt veut appeler de l’aide mais Napoléon l’en empêche. L’Empereur lui confie alors les lettres reçues de l’Impératrice Marie-Louise et une autre, une lettre d’adieux, qu’il lui confie. Il lui remet également quelques objets et lui demande d’aller dire à Joséphine qu’il pense toujours à elle. Profitant d’un nouveau malaise, Caulaincourt fait appeler le docteur Yvan. Nuit du 12 au 13 avril 1814. Un homme accourt auprès de l’Empereur, un nécessaire de médecin à la main. Le docteur Yvan ne semble pas comprendre ce qui peut mettre Napoléon dans un tel état. Après quelques échanges, il veut faire boire un vomitif à l’Empereur qui refuse : il demande, en effet, à son médecin personnel, une nouvelle dose de poison. L’homme, s’arc-boutant sur sa conscience, refuse et s’enfuit. Napoléon se résigne à vivre pour écrire ses mémoires.

Armand Augustin de Caulaincourt (1773-1827) est un général et diplomate français de la Révolution et de l’Empire. Dès la fin du Consulat, il devient diplomate et grand écuyer de Napoléon 1er, c’est-à-dire chargé de l’organisation quotidienne et de la protection de l’Empereur. Ambassadeur en Russie à partir de 1807, il tente de détourner Napoléon de l’aventure russe, prédisant le désastre lié à l’hiver. Pendant la débâcle de 1812, il a le privilège d’un long voyage en traineau avec l’Empereur, qui rentre d’urgence à Paris pour réorganiser l’Empire. Il partage ainsi son intimité ce qui renforce la confiance entre les deux hommes. À partir de novembre 1813, il est ministre des relations extérieures et doit négocier avec les Alliés qui veulent la fin de l’Empire. Son avis, semble-t-il, a été prépondérant pour décider Napoléon à abdiquer.  Noble mais s’étant mis au service de la Révolution, cultivé, et ayant sans doute une haute idée de lui-même mais aussi de son devoir, Caulaincourt est un fidèle d’entre les fidèles. Il est aussi l’un des seuls à oser tenir tête à Napoléon. Ses Mémoires, parues en 1933, sont un formidable témoignage de l’histoire impériale.

Alexandre-Urbain Yvan (1765-1839) est un chirurgien français. Affecté à l’armée d’Italie de Bonaparte, il est promu chef adjoint des Invalides en 1798. Il entre au service personnel de Napoléon en 1800. C’est sans doute lui qui fournit à Napoléon, dès 1812, une première dose de poison car l’Empereur, en cas de défaite, ne voulait pas tomber vivant au mains de ses ennemis. Le médecin ne quittera plus son patient jusqu’en 1814 et cette fameuse nuit du 12 au 13 avril où il a le courage de refuser la mort à l’Empereur qui la lui réclame. Napoléon lui en tiendra certainement rigueur puisqu’à son retour en 1815, il refusera de le recevoir.

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