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Lou-Adriane Cassidy en concert à Nantes

Le mardi, 15 mars 2022 à 20:30

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Salle paul Fort - Nantes 18,80€

Un peu moins de 24 minutes pour se raconter, pour dire ce qu’on est devenu et le chemin qu’il a fallu prendre pour se rendre à soi-même, voilà ce que nous offre Lou-Adriane Cassidy sur son nouvel album, impudiquement intitulé Lou-Adriane Cassidy vous dit : Bonsoir. Si elle se raconte, en un clin d’œil, ce n’est toutefois pas dans la lettre du texte, mais bien dans la façon, dans l’approche, la manière ; Lou-Adriane incarne désormais sa jeunesse dans toute sa brutalité et ses tiraillements, se laissant guider par les forces erratiques de ses pulsions. Au cours de 10 chansons pop finement construites, elle joue à nous perdre puis à nous rattraper, comme une chatte avec la souris qu’elle fait danser comme bon lui semble.

« Je suis arrivée. Je suis là, mais je suis fatiguée. Encore, mais c’est toujours à recommencer » nous chante-t-elle sur la deuxième chanson du disque. Puis, découragée, elle soupire sur Réponds, halète d’exaspération sur J’espère encore que quelque part l’attente s’arrête, a mal tous les jours sous le regard vide du Serpent. « Entre mes jambes/Je sens rien » crie-t-elle en plein cœur de la chanson portant le même nom. Lou-Adriane Cassidy vous dit : Bonsoir parle certes de sexualité, elle le décrit d’ailleurs comme étant une trame sexurock, mais, entendons-nous, ce n’est pas tout rose et libre. La lumière nous arrive tout de même à travers Le corps en mouvement et dans la suite Bonjour/Alors, quand l’amour accourt et vient à la rencontre du corps. Rien n’est donc simple en ce domaine et Lou-Adriane Cassidy l’exprime tant par l’ambiguïté de son propos que par l’éclatement qu’a subi sa musique depuis ses débuts en 2017. Ici, les formes sont étoffées sans être compliquées, précisément ciselées pour que l’émotion puisse s’y blottir. Puisque bien que cet album soit à la fois plus vif et plus dur, il est aussi plus juste et plus franc, visant directement à provoquer une réponse chez l’auditeur, à réduire la distance autant que faire se peut.

Grunge, chanson anglo-saxonne seventies, captation live et intimiste, power ballade du tournant du millénaire, le territoire musical couvert par les chansons n’égale que l’étendue du spectre de la voix de l’artiste, toujours immense même si l’instrumentation se veut plus dense que sur C’est la fin du monde à tous les jours. Œuvre audacieuse sans être démonstrative, Lou-Adriane Cassisy vous dit : Bonsoir, ouvre un nouveau chapitre dans la carrière de la jeune musicienne. Désormais consciente que « dans le fond on peut toute faire », elle n’en fait maintenant qu’à sa tête, que ça vous plaise ou non.

Lou-Adriane Cassidy est accompagnée par Pierre-Emmanuel Beaudoin, Antoine Bourque, Jean-Étienne Collin-Marcoux, Vincent Gagnon, Thierry Larose, Alexandre Martel, Simon Pedneault et Ariane Roy. L’album a été enregistré au Pantoum par Jean-Étienne Collin-Marcoux, puis au Mixart par Francis Bélanger Lacas et finalement mixé à La Strip par Simon Pedneault. Une réalisation d’Alexandre Martel et de Lou-Adriane Cassidy.

Lou Adriane Cassidy (crédit Noémie Doyon)

crédit photo : Noémie Doyon

▼ interview de Lou-Adriane Cassidy ci-dessous ▼

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Concert

Salle paul Fort 9 rue Basse Porte, 44000 Nantes France

Interview avec Lou-Adriane

Pouvez-vous nous présenter votre album "Lou-Adriane Cassidy vous dit : Bonsoir" ?
Lou-Adriane Cassidy vous dit : Bonsoir est mon nouvel album sexurock, sorti le 5 novembre dernier [2021, ndr]. Il s’agit de mon deuxième album, et aborde le thème de la sexualité sous tous ses aspects. Le désir, l’absence de désir, les combats intérieurs qui m'animent, la séduction et l’amour. C’est aussi un album très compact, de seulement 23 minutes, où j’ai voulu explorer l’essence de la chanson pop dans sa plus simple expression.

Comment l'avez-vous composé et quelles ont été vos inspirations ?
J’ai co-écrit les textes et co-réalisé l’album avec Alexandre Martel. Souvent, j’avais un début de musique ou de mélodie, j’en sortais une ébauche de texte et je finissais la musique. Musicalement, je me suis beaucoup inspirée de l’artiste Mitski, mais aussi de classique de la chanson pop des années 70. J’ai aussi un bagage musical très chanson. L’album est donc un mélange de toutes ces influences, avec un côté grunge.

Parlez-nous du titre "J'espère encore que quelque part l'attente s'arrête" et de son clip…
C’est la chanson de l’album que j’ai écrite en premier. Au début, j’avais peur de la chanter, parce qu’elle sortait tellement de ce à quoi j’étais habituée. Finalement, j’ai découvert une autre façon d’écrire, de composer, de chanter, et ça m’a donné envie de les explorer davantage dans l’album. Avec le réalisateur de presque tous mes clips, Gabriel Lapointe, on avait envie de faire un clip simple, efficace, où je pouvais seulement chanter la chanson, et bouger et danser comme je le voulais. On s’est notamment beaucoup inspirés du clip de la chanson Good Fortune de PJ Harvey.

Que souhaitez-vous apporter au public avec votre album ?
Je pense avoir compris dans les dernières années qu’il ne faut pas avoir peur d’explorer nos limites, et qu’on est souvent surpris d’à quel point l’éventail de nos capacités est plus grand qu’on le pense. Donc je souhaite peut-être apporter cet espoir que personne n’est condamné à être ou faire une seule chose.

Pas trop déçue que la pandémie de Covid-19 ait quelque peu chamboulé votre album et votre tournée ?
J’ai été très chanceuse, parce que la pandémie est arrivée entre mes deux albums. Ça m’a donné le temps de me consacrer à mon écriture, et je crois que mon album a beaucoup gagné de cet espace mental.

Vous serez en concert en France en mars 2022. Qu'appréciez-vous dans vos voyages à l'étranger pour jouer votre musique ?
J’ai très hâte ! J’aime les bistros français, les terrasses, les petites routes. Pour moi, c’est familier et rafraîchissant à la fois. C’est aussi un public différent.

Qu'appréciez-vous dans la scène et que représente-elle pour vous ?
C’est la façon la plus vivante de faire de la musique. Je peux évoluer avec elle, essayer des choses, repousser mes limites. C’est toujours terrorisant, mais ça donne son sens à ce qu’on fait.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
On peut toute faire dans le fond. (traduction française : Au fond, on peut tout faire.)

Merci à Lou-Adriane Cassidy d'avoir répondu à notre interview !

A propos de Lou-Adriane Cassidy

À la suite du succès de la pièce Ça va ça va sortie en 2017, l’autrice-compositrice-interprète de Québec Lou-Adriane Cassidy laissait déjà présager un avenir prometteur, malgré son jeune âge. Finaliste au Festival de la Chanson de Granby et aux Francouvertes, elle consolide une identité et une assurance qui lui sont propres.

Son premier album C’est la fin du monde à tous les jours, paru en en février 2019, réjouit autant le Québec que la France. Sa visite de l’autre côté de l’Atlantique, en suspens à cause de la pandémie, ne sera que plus appréciable au moment venu. Récipiendaire du Lucien pour l’album pop de l’année au GAMIQ 2019 et en nomination à l’ADISQ la même année dans la catégorie Adulte contemporain et Révélation de l’année, son nom fait rapidement son chemin. En 2020, l’académie Charles-Cros lui décerne son prestigieux prix Coup de coeur pour son premier album, dix-huit ans après que sa mère Paule-Andrée Cassidy ait reçu la même distinction. Elle s’approprie la scène partout où elle passe et fait une tournée de plus de 75 concerts en passant par le Festival d’été de Québec, les Francos de Montréal et le Festif! et plusieurs autres festivals et salles de spectacle plus intimes. Découvrant de plus en plus toutes les possibilités musicales que permet le monde du spectacle, notamment en accompagnant sur scène l’artiste Hubert Lenoir, elle embrasse peu à peu une attitude plus rock et grunge qui lui va comme un gant.

Valorisant autant son talent d’autrice-compositrice que son statut d’interprète, elle mêle compositions et collaborations avec aisance et se met au service de l’œuvre qu’elle choisit. Peu importe son origine, entre ses mains, la chanson devient la sienne. Sur scène, elle revêt d’ailleurs les mots de Barbara ou de Jacques Brel, entre autres, telle une seconde peau. Elle fait également patienter son public avec des pièces hors album nées de collaborations : La pluie ne tombe jamais sur toi (novembre 2019) et Mais ce soir, chantée en duo avec Anatole (novembre 2020).

Si l’automne 2021 verra naître ce deuxième long jeu, Lou-Adriane brillera également encore afin de revisiter toutes les scènes désertées pendant la pandémie. Son premier extrait  «J’espère encore que quelque part l’attente s’arrête» a semé la curiosité chez plusieurs et l’étonnement d’une Lou-Adriane sensuelle, mature et transformée. C’est alors que sa chanson «Réponds» et le vidéoclip qui l’accompagne dessinent les fondations d’un album encore plus assumé que le premier, et ce, sans compromis.

Lou-Adriane Cassidy - J'espère encore que quelque part l'attente s'arrête [vidéoclip officiel]

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