Publicité

Titouan Le Gouis présente son court métrage Bassin(s)

Titouan Le Gouis dévoile le film Bassin(s) où le personnage principal, Théo, est incapable de plonger depuis l’arrivée dans son équipe d’Arthur, avec qui il a couché.

Film Bassin(s) - Titouan Le Gouis

Pouvez-vous nous résumer l'histoire de votre court métrage Bassin(s) ?
Ce court-métrage est un encouragement à l'émancipation. C'est l'histoire de Théo, un jeune plongeur dont le père est le coach. Lorsqu'il est séduit par un nouveau co-équipier, Arthur, Théo est perturbé, au point d'être incapable de plonger. Il doit retrouver le courage de se jeter à l'eau pour se libérer enfin de la pression de son père et de la manipulation émotionnelle d'Arthur, qui veut devenir capitaine d'équipe à sa place.

D'où vous est venue l'inspiration et le thème pour ce film ?
Le seul sport que j'ai pratiqué de mon existence est la natation. La vie étant rarement clémente, j'ai dû en interrompre la pratique pour des raisons médicales. J'imagine que la frustration issue de cet arrêt m'a inconsciemment inspiré le cadre de l'histoire. Pour ce qui est du cheminement du personnage principal, il est inspiré de celui d'un homme que j'ai fait souffrir par le passé. Sa capacité à me faire prendre conscience de mes torts, en me faisant exploser la situation au visage, m'a marqué. Je me reconnais donc plus dans la figure d'Arthur que dans celle de Théo.

Pourquoi avoir choisi d'aborder l'homosexualité avec la natation ?
A vrai dire, le choix du plongeon est venu remplacer la natation à mi-parcours de la conception du scénario. Il nous a semblé, à Paul Dexemple mon co-scénariste et moi-même, que le plongeon était une métaphore, qui rendait compte avec une grande justesse, de l'émancipation que représente un coming-out. Plus largement, l'interaction avec l'eau renvoie aux sensations qu'on éprouve quand on se découvre, sexuellement parlant. Quand Arthur et Théo sont dans l'eau, l'isolement qu'ils ressentent leur construit un cocon, nécessaire à la construction de leur relation éphémère.

Le fait de placer ces thèmes dans un contexte familial, avec un père qui exige par exemple de hautes performances sportives, est-il une façon d'aborder des sujets de société qui sont parfois mal perçus ?
Le personnage d'Adrien, le père de Théo, a du mal à faire la part des choses entre son poste d'entraîneur et sa responsabilité de père. Théo aimerait toujours voir son père, il n'a pas demandé la position dans laquelle il est placé. Le moule social auquel son père s'est adapté ne fonctionne simplement pas pour son fils. Je pense effectivement que les attentes que les parents peuvent imposer à leurs enfants forment un tabou, à échelle sociétale. L'héritage implique encore trop souvent le milieu professionnel, ce qui peut retarder de plusieurs années parfois le développement personnel des enfants. J'ai connu autour de moi, parmi mes amis, de nombreux exemples de cette transmission forcée, il me tenait à cœur de rendre Théo victorieux dans ce combat pour leur rendre hommage.

Comment avez-vous travaillé sur le scénario avec Paul Dexemple et est-ce simple de visualiser ce que donnera le film à partir d'un document ?
Le film exige que l'on rende compte le plus précisément possible de la sensibilité de Théo. C'était tout le challenge de notre travail avec Paul : construire une histoire qui soit la plus visuelle possible. L'idée a émergé de ma petite tête, mais seul, j'ai tendance à m'éparpiller. Les premières versions du scénario avoisinaient les vingt minutes de film... Paul a su couper là où il faut et renforcer certains passages plus faibles, si bien qu'on se retrouve avec une version plus intense, plus authentique, et on l'espère plus touchante, de Bassin(s).

Il s'agit de votre projet de fin d'études, peut-on en savoir plus à ce sujet et qu'est ce qui vous a incité à vous orienter dans cette filière ?
Bassin(s) est en effet le projet qui vient conclure mes trois années d'études à 3is. Je me suis dirigé vers le cinéma après des études interrompues d'ingénierie. J'ai hésité jusqu'au dernier moment, une fois à l'école, pour choisir ma spécialité. Pourtant, au moment où je vous parle, la réalisation de fiction sonne comme une évidence. Certains camarades ont su trouver les bons mots au bon moment pour me convaincre, je crois.

Avez-vous eu l'occasion de rencontrer des professionnels ou des associations pour votre film Bassin(s) et est-il réalisé avec d'autres spécialités de votre école ?
Nous sommes entrés en contact, presque par hasard à vrai dire, avec plusieurs membres de la Fédération Française de Natation. Nous les avons rencontrés lors d'une visite à l'INSEP. Leur aide et leur carnet d'adresses nous ont été extrêmement utiles dans la préparation du film. Nous avons également amorcé des démarches pour obtenir de (très) bons plongeurs en guise de doublures de nos deux comédiens principaux.
Pour ce qui est des spécialités, toute la filière cinéma et audiovisuel de l'école, à l'exception des réalisatrices et réalisateurs de contenu audiovisuel qui se concentrent sur leur projet de clip, est impliquée. De l'image au son en passant par la production ou l'assistanat mise en scène, tout ce petit monde s'active pour apporter le meilleur contenu possible sur la timeline des monteurs.

Un EP Autour du bassin est également prévu, peut-on en savoir plus à ce sujet ?
L'idée de Bassin(s) est venue progressivement, à partir d'images qui ont éclos dans ma tête, alors que j'écoutais Romantic Music, un morceau de Daedelus. A vrai dire, j'écoute de la musique tout le temps. Je suis incapable de créer sans. J'ai la chance d'avoir des amis compositeurs très talentueux, je les ai donc réunis pour tenter d'explorer une première fois, alors que le scénario était encore changeant, la musique de Bassin(s). Le résultat est donc cet EP, Autour du Bassin, de 6 morceaux, qui est déjà disponible sur Bandcamp, grâce à nos amis de chez Hàltràny Industries. Une autre de ses utilités, plus pragmatique, est de participer au financement du film. C'est pourquoi, en accord avec le label et les compositeurs, nous l'avons rendu payant.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
La question vient pile quand il faut, du coup ! Faire un film dans un décor aussi particulier qu'une piscine, ça coûte évidemment cher à tous les niveaux. Nous avons la chance, au fil de notre parcours, de rencontrer des gens motivés et prêts à nous aider, mais cela suffit rarement à tout débloquer. Les précautions d'hygiène et de sécurité supplémentaires sont par exemple des paramètres immuables qui deviennent vite gourmands en argent. Etant de notre côté ambitieux et consciencieux, nous avons voulu mettre les petits plats dans les grands et proposer des contreparties fortes, comme l'édition très limitée de la version CD d'Autour du Bassin, ou une invitation à une projection privée du film. C'est pourquoi nous diriger vers Ulule nous a semblé comme une évidence.

Vous pouvez soutenir le film Bassin(s) de Titouan Le Gouis sur Ulule.

 

Etait-il facile de trouver une piscine pour les tournages et quelles ont été vos principales difficultés pour le projet ?
La difficulté majeure est effectivement la piscine. Au moment où je vous écris ces lignes, nous sommes encore en cours de négociation avec plusieurs établissements. Les interlocuteurs sont souvent multiples, entre la mairie, la direction de l'établissement et les clubs sportifs qui viennent s'y entraîner. Mais avec un peu d'obstination et beaucoup de bonne volonté, qui sont les deux grandes qualités de la chargée de production de Bassin(s), Béatrice Parisot, on s'en sort ! Nous avons la chance elle et moi d'avoir autour de nous, au sein de notre famille ou parmi nos amis, des gens qui croient en nous et qui nous remontent le moral lorsqu'un obstacle nous résiste plus de quelques jours.

Peut-on en savoir plus sur les castings et les tournages du court métrage ?
Nous avons dévoilé aujourd'hui-même l'identité de nos deux comédiens principaux, Gabriel Washer et Adrian Vanouche, qui incarneront respectivement Théo et Arthur. Nous maintenons pour l'instant le suspense concernant les interprètes d'Adrien, le père de Théo et d'Emma, sa petite sœur... Le tournage se déroulera sur 6 jours, courant Avril, selon des dates imposées par notre école.

Parlez nous du visuel d'illustration de Bassin(s) où l'on voit votre personnage principal sous l'eau ?
Nous avons réfléchi, avec les deux monteurs du film, Clément Bâcle et Manon Collin, à l'identité visuelle qu'il pourrait avoir. En parcourant mon moodboard, nous avons opté pour cette image, qui nous semble particulièrement évocatrice. Le flou autour de la figure de Théo, autant de son propre point de vue que de celui du spectateur, apporte exactement ce qu'on recherchait pour y placer le titre du film.

Est-ce que le court métrage Bassin(s) sera diffusé en public ou dans des cinémas ?
Nous avons l'ambition d'envoyer Bassin(s) en festivals de court-métrage, en France mais aussi dans le reste du monde. Nous prévoyons une diffusion dans des cinémas, d'abord dans un cadre privé pour les contributeurs les plus généreux de notre cagnotte Ulule, puis plus largement. On envisage notamment des projections groupées, avec plusieurs camarades de classe, de nos court-métrages de fin d'études. Gardez un œil sur les réseaux sociaux du film, nous ne manquerons pas de vous y informer de ces événements.

Quelle va être la suite de vos aventures et vers quoi aimeriez-vous vous orienter par la suite ?
Le voyage de Bassin(s) en festivals durera au moins un an, si tout se passe bien. Pendant ce temps-là, je tenterai de continuer l'écriture de mon prochain court-métrage, qui a pour titre de travail Les Écrits Restent. Mon amour pour la musique me rattrape également de plus en plus, les perspectives dans cette direction sont aussi diverses que floues. Je laisse le temps décider à ma place, c'est plus simple pour l'instant...

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Puisque j'en ai l'occasion, je vais remercier mes idoles. De mes amis Koa (Alexandre Bouchez) et .Onebrac (Eliott Fettweis) à mes modèles Para One (Jean-Baptiste de Laubier) et Mr. Oizo (Quentin Dupieux) en passant par mes professeurs les plus chers, Eric Dinkian, Michael Guerraz et Stéphane Lamy. J'espère sincèrement que Bassin(s) leur plaira, tout autant qu'à vous. Merci en tout cas de m'avoir permis de vous dévoiler avec autant de détail la conception de ce projet.

Merci à Titouan Le Gouis d'avoir répondu à notre interview !
Suivez également l'actualité du projet sur Facebook.

Bassin(s) - Présentation Ulule

Film interview

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire