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Interview : Découvrez le film The Gunter Project

Xavier Munch nous présente son film The Gunter Project qu'il réalise avec toute son équipe dans cette interview. L'occasion pour nous de vous faire découvrir les débuts de la vie d'un film.

Affiche du film The gunter project

- Pouvez-vous vous présenter pour commencer ?
Je m'appelle Xavier Munch, j'ai 24 ans, j'ai étudié la physique, mais depuis tout petit c'est le cinéma qui me passionne. J'ai toujours aimé les histoires et les films, et la perspective d'en faire, en équipe et avec tous les étapes de créations, avec un vrai budget me motive plus que tout. Du coup il y a un an, je me suis lancé !

- Parlez nous de votre projet de film : The Gunter Project...
Derrière un titre un peu mystérieux - et qui a sa propre histoire - se cache un film d'action et d'espionnage. Pour vous donner un aperçu du résultat escompté, l'idée est de faire un film qui réussisse à réunir le glamour des James Bond dans un contexte plus froid et plus terre à terre, un peu à l'image du premier Jason Bourne. L'histoire se base sur un duo : David l'agent de terrain et son supérieur Direct, Stephen, qui sont embarqués dans la tourmente. David a disparu lors d'une mission en Ukraine et le film commence lorsque Stephen découvre qu'il est encore en vie, contrairement à tout espoir. Ils essaient alors de comprendre ce qui a pu se passer, sauf que de nos jours un grand vilain avec un chat dans le bras droit est un peu cliché. Souvent les affaires sont complexes et les implications vont très loin...

- Comment vous est venu l'idée de vouloir réaliser ce film ?
Si vous avez vu le trailer, peut-être aurez vous noté les séquence où David court dans la forêt avec des explosions partout ? A vrai dire tout part de là.
Je travail en à côté pour un revendeur de matériel photo vidéo et en Août 2014 on a reçu le DJI ronin, un stabilisateur. J'ai alors eu l'occasion de le tester avec Gautier (David) lors d'une promenade en forêt, avec l'objectif de copier outrageusement Sherlock Holmes 2. Le résultat n'est arrivé qu'en février 2015, mais dépassait mes attentes et quand je l'ai ramené à Gautier je lui ai dit : "soit on met ça sur Facebook et on aura des likes pendant trois jours, soit on fait un film". Ce à quoi il a répondu "On fait un film, repasse moi la [vidéo] ! "

- La fiction se rapproche aussi quelque peu de l'actualité...
Oui, comme dit plus haut, on souhaite que le film soit vraiment réaliste. Et si au départ l'écriture n'a pas été motivée par une histoire, on a très vite concentré nos efforts à trouver une trame solide. Dès qu'on a eu un début de quelque chose, j'en ai parlé à un très bon ami, Luca, qui s'est piqué d'intérêt. Il a alors commencé à me ramener toute sortes de publications proches du sujet, souvent tiré du journal Le Monde ; et c'est assez édifiant de constater que ce qu'on avait imaginé dans un premier temps - tout à fait innocemment - avec Gautier, se retrouvait écrit noir sur blanc, issu de fait divers à Tripoli par exemple !

- Quelles sont les plus grosses difficultés entre l'écriture du scénario et la réalisation ?
Je dirais qu'écrire n'est pas dur outre mesure, c'est plutôt une question de temps et de travailler à plusieurs. Dès que l'on se retrouvait avec Gautier, les idées fusaient, et je faisait le tri ensuite avec Luca. La réalisation est une autre paire de manche, surtout en amateur. Non seulement parce qu'un tournage ne se déroule jamais comme prévu, c'est axiomatique, et parce qu'en amateurisme on court après le temps. Une des séquence phare est celle du poker, pour vous donner un exemple. Et il s'agissait de tourner en une nuit l'équivalent de ce qui aurait du être quatre jours de travail !
Bien entendu le budget est aussi limitatif. Pour ce même dit poker, je voulais de beaux jetons, visuels, graphique, pas la boite à 20€ que tout le monde a chez lui. J'ai pu en acheter pour deux joueurs quand il y en avait 8, et ça m'a tout de même coûté 200€ ! D'aucun vous diront que ce n'est qu'une histoire de débrouille... oui mais tout de même, il y aura toujours un détail pour vous trahir.

 

pour faire un bon film, il faut de bons accessoires ! (+ de photos : www.thegunterproject.com )

Posté par XM STudio sur vendredi 17 juillet 2015

- Il me semble d'ailleurs que vous n'êtes pas issus du monde professionnel dans le domaine du cinéma...
Non en effet, et je souhaite que ce projet soit un tremplin. On a seulement commencé à communiquer à partir du 1er Octobre, mais les premiers contacts sont encourageants. À l'évidence je suis un peu idéaliste, et le travail s'annonce rude, mais je n'en démord pas, si je dois passer pro, c'est maintenant ou jamais. Et si je n'ai pas de formations dans le domaine, on a la chance de nos jours de trouver beaucoup de connaissances en lignes. Il faut certes les compléter avec quelque livres, et j'ai aussi eu la chance de pouvoir me familiariser avec le matériel via mon job, mais tout le monde vous le dira : rien ne vaut le travail de terrain. En espérant que les pros seront ouvert d'esprit !

- Pour réaliser The Gunter Project, vous recherchiez des fonds sur Ulule. Le financement d'un tel projet doit être lourd. En quoi le financement participatif était important et quel sens lui donnez-vous ?
Comme le dit Sheldon dans The Big Bang Theory : "le meilleur moyen d'atteindre un objectif est de s'y consacrer à 100%". Je me suis donc lancé corps et âme dans ce projet au point où j'ai réduis mes entrées d'argent à quasiment rien par mois ! J'ai aussi investi ce qu'il me restait d'économies dans ce qu'on a tourné cet été. Mais pour aller à la rencontre de producteurs, il faut pouvoir se déplacer et cela a un coût. Ils y a d'autres frais, comme protéger son scénario ou acheter quelques livres que l'on m'a recommandé depuis, mais cela reste faible face au coût d'un simple aller-retour Strasbourg Paris... Et plusieurs personnes m'ont conseillé d'aller voir du côté des Etats-Unis, qu'ils qualifient tous de plus ouverts aux jeunes et ouvert d'esprit. Je suis un peu comme Luc Besson là dessus : j'aimerai bien le faire en France, mais j'ai peur que ce soit très dur. Et Hollywood reste un peu le rêve... Du coup, je me suis remis à travailler pour économiser d'avantage !

- Le financement a dépassé les 100%. Que souhaitez-vous dire à ceux qui ont déjà contribué ?
Qu'ils m'ont apporté plus que de l'argent. Pour beaucoup, je les connais, proches ou même des fois relations lointaines. Mais qu'il s'agisse de 5€ ou de 200, c'est une façon de dire "on te soutient, on aime ce que tu fais, vas-y !". Et lorsqu'on travail seul derrière son PC toute la semaine, ça vous donne un boost de motivation non négligeable. Et dans la même idée, mais en fonctionnement inverse : vous avez aussi une obligation de réussite. C'est pas une campagne "donnez nous et on fait", là ces gens ont fait un investissement, ils sont actionnaires ! Et les actionnaires c'est toujours exigeants ! ah ah !

- Le trailer est en anglais. En quoi le choix de cette langue est important pour le film ?
C'est parti du constat qu'une parti de mon audience sur Internet est anglaise et du fait que je préférais l'anglais pour ce type de film. En l’occurrence, je regarde tous mes films en VO et lorsque j'ai commencé à écrire, ça me paraissait poins cliché en anglais. Peut-être est-ce aussi inconsciemment avec Hollywood dans le coin de ma tête !
Lorsqu'est venu la réalisation, et au vu des difficultés de certains de mes acteurs j'ai opté pour du multi-langue complet (avec Allemand, Espagnol, Néerlandais...) et l'idée me plaisait bien, pour aller avec le réalisme souhaité. Mais si je devais le refaire, sur une production amateur, je crois que je m'en tiendrais désormais au français. Il n'empêche que si je vais à Los Angeles l'an prochain, c'est un résultat que je peux montrer !

- Comment va se passer la suite de la réalisation du film ?
Eh bien, il m'a été recommandé de finir un dossier béton. C'est donc l'objectif d'ici décembre. On m'a aussi suggéré de faire un projet plus personnel, sur lequel je planche aussi, espérant avoir un résultat d'ici mars prochain. Et bien entendu, il s'agit de faire du networking, de rencontrer des gens et de ses créer des contacts d'ici là.

- Quand The Gunter Project devrait être disponible ?
Ça, c'est LA grande question. Ce qu'on a filmé couvre environ 30 minutes, mais reste imparfait et requiert à ce jour environ deux mois de travail à temps plein pour finir le montage, les musiques et les effets. Et pour l'instant, ce n'est pas la priorité, car je reste tenu par le temps (et intrinsèquement l'argent). Donc quelque soit l'issue du projet, ces 30 minutes verront le jour. Soyons prudent et disons d'ici fin 2016. Si véritable film il devait y avoir - et il y aura ! - le processus peut être beaucoup plus long.

- Un dernier mot pour conclure ?
Un mot seulement ?
Eh bien... voyons...
Velléitaire. Ou tout ce que je fuis !
ça va ? ce sera pas trop mélodramatique ? ^^
Bon et bien entendu, merci pour l'interview !

Merci à Xavier Munch de nous avoir présenter son film The Gunter Project !
Vous pouvez également le retrouver sur sa page Facebook ou visiter son site internet.

Trailer du film The Gunter Project

Maxime Lopes sur Google+

Film interview

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