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Le retour d'Harold Pinter au Théâtre de l’Opprimé

L’aventure autour du Retour de Harold Pinter a commencé en 2010 à l’ENSATT, où nous avions présenté une maquette de 50 minutes de cette pièce. Depuis cette pièce n'a cessé de nous accompagner et nous avons toujours su que nous y reviendrions. Nous nous y attelons maintenant, sept ans après le début de cette aventure. Notre groupe est issu d'une même promotion de comédiens, créateur lumière et costumier. Cette histoire commune nous semble faire sens par rapport à cette pièce, où il est question de cellule familiale, de fratrie, et de rapports de forces intimes.

Le Retour - Harold Pinter - théâtre Opprimé

Le pitch

Une famille modeste du Nord de Londres. Max, le vieux père, ancien boucher, vit avec ses deux fils, Lenny et Joey, et son propre frère, Sam, chauffeur de taxi. Ce soir-là, dans la maisonnée à moitié endormie, a lieu le retour, en catimini, du troisième fils, Ted, brillant professeur de philosophie établi aux États-Unis depuis six ans. Il est accompagné de sa femme, Ruth, rencontrée et épousée en Angleterre la veille de leur départ. Dans cette intimité désertée par les femmes (la mort de la mère, Jessie, est antérieure au départ de Ted), le "retour" de ce fils prodigue et l'intrusion d'une femme au passé trouble et dont tout nous échappe au premier abord vont bouleverser l'ordre des rapports établis au sein de cette cellule familiale. Comment ceux qui ont survécu jusque-là vont-ils vivre à présent ?

Le Retour a été créé à Londres par la Royal Shakespeare Company à l’Aldwych Théâtre en 1965, présenté l’année suivante dans une adaptation de Eric Kahane - mise en scène de Claude Régy - et en 2000 à la Comédie-Française. En 2012, Luc Bondy reprend la pièce à l’Odéon-Théâtre de l’Europe.

Auteur : Harold Pinter
Comédiens : Cantor Bourdeaux, Jean-Rémi Chaize, Théo Costa-Marini, Jérôme Fauvel, Maud Roulet et Charles-Antoine Sanchez
Collaboration artistique : Claude Leprêtre et Lou Martin-Fernet

Spectacle créé avec les soutiens de l’ENSATT, la Fédération Cie Philippe Delaigue et le Centre Culturel Jean Vilar de Champigny-sur-Marne.

La pièce d’Harold Pinter Le retour sera jouée du 21 au 25 Mars 2018 au Théâtre de l’Opprimé 78 rue du Charolais 75012 Paris.

  • 20h30 : les mercredi 21, vendredi 23 et samedi 24 Mars
  • 21h30 : le jeudi 22 Mars
  • 17h00 : le dimanche 25 Mars

A propos d'Harold Pinter

Né le 10 octobre 1930 dans une famille d'origine Russe et de religion Juive du Faubourg d'Hackney à Londres et mort le 24 décembre 2008 à Londres. Il suit des études à la Hackney Downs Grammar School puis passe brièvement à l'Académie Royale d'Art dramatique. Il débute sa carrière au théâtre en tant qu'acteur, sous le pseudonyme de David Baron. Il collabore à divers magazines et écrit sa première pièce, The Room (La Chambre) interprétée en 1957 par les étudiants de l'université de Bristol. Suivront The Birthday Party en 1958 puis Le Gardien (The Caretaker), qu'il adaptera trois ans plus tard au cinéma.

Dans les années 1970, il s'intéresse de plus en plus à la mise en scène et devient directeur associé du National Theater en 1973. Dans la même période, il commence à prendre parti sur des problèmes politiques, s'affichant distinctement à gauche. Il mène un combat continu pour porter à la connaissance du public les violations des droits de l'homme et la répression. Ses courriers sont souvent publiés dans les journaux britanniques, comme The Guardian ou The Independent.
Parallèlement, il a collaboré à la radio et à la télévision britannique (une vingtaine de scripts de 1960 à 1999, ainsi que trois réalisations en 1979, 1982 et 1992). 

Harold Pinter est également connu en tant que scénariste. Son premier scénario, The Servant, est écrit en 1962 (le film sort en 1963) d'après le roman de Tobin Maugham. Le film est réalisé par Joseph Losey, tout comme Accident (dans lequel Harold Pinter joue d'ailleurs un producteur de télévision) et Le Messager (The Go-Between). Pinter écrit aussi le scénario de La Maîtresse du lieutenant français (The French Lieutenant's Woman), d'après le roman de John Fowles, le film sera nommé aux Oscars de 1981.

Plusieurs des pièces de Pinter furent également adaptées pour le cinéma : The Caretaker (1963), The Birthday Party (1968), The Homecoming (1973) et Betrayal qui sera également nommé aux Oscars (1983).

Les comédiens

Maud Roulet / Ruth

Après une formation au cours Florent et une Licence de Lettres modernes appliquées, elle intègre en 2008 l'ENSATT. Elle y travaille sous la direction de Philippe Delaigue, Vincent Garanger, Agnès Dewitte, Evelyne Didi, Frederic Fonteyne. A l'ENSATT, elle joue dans les spectacles de Enzo Cormann, Simon Delétang et Matthias Langhoff.

Cantor Bourdeaux / Sam

Il étudie au cours Périmony avant d’intégrer en 2008  la 70ème promotion de l’ENSATT. Pendant ces trois années de formation, il travaille avec Philippe Delaigue, Vincent Garanger, Evelyne Didi, Agnès Dewitte, Giampaolo Gotti et Frédéric Fonteyne (cinéma). En dernière année, il joue dans les spectacles de Enzo Cormann et Charlie Nelson, Simon Delétang et Matthias Langhoff. Depuis sa sortie, il a travaillé sous la direction de Guillaume Fulconis, Patrice Douchet, Aurélia Ivan, Sarah Gerber, Hélène Soulier. Avec la compagnie Vivre dans le Feu avec qui il collabore régulièrement. Il rejoint le collectif en charge de la nouvelle édition du festival les Nuits de Joux à Pontarlier.

Jean-Rémy Chaize / Max

Après l'obtention d'un diplôme d'études théâtrales au Conservatoire de Lyon en 2008, il intègre l’ENSATT dans le  département art dramatique dont il sort en 2011.

Théo Costa-Marini / Joey

Tôt, Théo Costa-Marini découvre le théâtre aux Enfants De La Comedie dans sa ville de Sèvres avec Karin Catala. En 2006 il entre au studio d’Asnières dirigé par Louis-Martin Barbaz et Hervé Van Der Meuren. Il y reste deux ans avant d’intégrer l’ENSATT en 2008.  Là il travaillera sous la direction de Philippe Delaigue, Vincent Garanger, Mathias Langhoff, Simon Delétang, Enzo Corman, Evelyne Didi…

Jérôme Fauvel / Teddy

Né en 1985, Jérôme Fauvel est comédien. En 2008, après une formation à l’école Claude Mathieu à Paris et des études à l’Université́ en Arts du spectacle, il entre dans le département art dramatique à l’ENSATT.  Il a été dirigé notamment par George Werler, Jean Bellorini, Philippe Delaigue, Simon Delétang et Matthias Langhoff.

Charles-Antoine Sanchez / Lenny

Charles-Antoine Sanchez intègre le Conservatoire Régional de Toulouse en 2005, dirigé par Francis Azéma, et pratique en parallèle l’improvisation théâtrale avec la compagnie C Cédille sous la houlette de Albin Warette. Il est ensuite admis au Conservatoire de Lyon sous la direction de Philippe Sire. Il travaille notamment avec Laurent Brethome, Sandrine Lanno et Philippe Sire. En 2008, il intègre la 70ème promotion de l’ENSATT de Lyon. Pendant ces trois années de formation, il travaille avec Philippe Delaigue, Vincent Garanger, Evelyne Didi, Agnès Dewitte, Giampaolo Gotti et Frédéric Fonteyne (cinéma). En dernière année, il joue dans les spectacles de Enzo Cormann et Charlie Nelson, Simon Delétang et Matthias Langhoff.

Note

« Trop souvent, sous le mot effectivement dit se trouve la chose connue et non dites. Mes personnages me racontent tant de choses et pas plus, eu égard à leurs expériences, leurs aspirations, leurs motifs, leur passé. Entre mon manque de données biographiques sur eux et l’ambigüité de leurs dires s’étend tout un territoire, qui n’est pas seulement digne d’exploration mais qu’il est obligatoire d’explorer. Vous comme moi, les personnages qui se développent sur une page, nous sommes la plupart du temps inexpressifs, repliés sur nous –mêmes, peu fiables, fuyants, évasifs, obstructionnistes, rétifs. Mais c’est de ces caractéristiques que naît un langage. Un langage, je le répète, où autre chose est dit sous ce qui est dit ».  
Note de Pinter contenue dans le programme de la représentation de The Room et The Dumb Waiter au Théâtre Royal Court.

Un retour possible ?

L'acceptation de l'autre est-elle possible autrement que dans l'acceptation de nos différences irréconciliables? Après six ans d'absence, et un mariage en catimini dans leur pays d'origine la veille de leur départ, Teddy et Ruth reviennent en Angleterre. Teddy revient voir sa famille, et lui présenter son épouse.  Pourquoi être partis et avoir caché ce mariage jusqu'à présent ? Et pourquoi revenir pile à ce moment-là ?

Des indices épars… Ruth était - au moins - modèle pour le corps, elle est originaire du même quartier que la famille de son époux. Ils sont partis vivre aux Etats Unis. Ont eu des enfants. D'après Teddy,  c'est une mère et une épouse modèle là-bas… Teddy ne cesse de dire de Ruth qu'elle est "fatiguée", qu'il faut qu'elle "se repose"…  Ils sont partis faire un voyage en Europe cet été là, sans leurs enfants. Est-ce une première fois, est-ce lié à cette fatigue à laquelle Ruth est incessamment ramenée ?
Quoiqu'il en soit l'arrivée dans le cercle intime familial des deux émigrés va bouleverser l'ordre des choses irréversiblement.

Bien que la pièce traite d'un "retour", à la fin Teddy repart pour les Etats Unis, tandis que Ruth choisit de rester. Pourquoi ? Dans quelles conditions ?  
Ce qui nous semble important de noter à ce moment-là de nos recherches, c'est que ce couple, qui parait cristalliser les projections de chacun des membres de la cellule familiale apparait à la première lecture comme relativement passif.

Mais Teddy s'en va. Il repart… Pourquoi donc la pièce s'intitule-t-elle Le Retour si celui-ci n'est pas inscrit dans la durée? Pourquoi ne pas l'avoir appelée "La Visite" dans ce cas ? A moins qu'il s'agisse du retour de Ruth…                                                                                          
Pour revenir à Teddy, l'enfant qui est parti cristallise nécessairement toute la problématique de cette pièce: comment s'extirper de sa condition ? Vivre par et pour soi, accoucher de soi-même une nouvelle fois, et ainsi tenter de ne pas reproduire un schéma familial transmis de génération en génération ? Le départ de Teddy, un an plus  tôt est-il le même que son départ à la fin de la pièce ? Lequel est une fuite, lequel est un choix ? En quoi le retour de Teddy symbolise-t-il la confrontation inévitable qui doit avoir lieu au sein de chaque famille ?

Maxime Lopes sur Google+

Spectacle

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