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Le Journal d'une Femme de Chambre à La folie théâtre

La pièce Le Journal d'une Femme de Chambre, tirée du roman d'Octave Mirbeau et mis en scène par William Malatrat est à voir du 2 décembre au 4 mars 2017. Rendez-vous à La folie théâtre les vendredis et samedis à 19h30 !

Le journal d'une femme de chambre

Le Journal d'une Femme de Chambre
Vendredi & samedi du 2/12/16 au 4/03/17
La Folie Théâtre - Paris (11)
Location : 01 43 55 14 80

La pièce

« Témoignage incisif à l’ironie mordante sur les relations ambiguës qui unissent les maîtres et leurs domestiques et les domestiques entre eux à la fin du XIXème siècle, confié par une femme tour à tour manipulatrice, dévouée et amoureuse. »

Célestine évoque, au fil des souvenirs, certaines des places ou elle a travaillé, dans les maisons les plus huppées, et en tire une conclusion que le lecteur est invité à partager : « Si infâmes que soient les canailles, ils ne le sont jamais autant que les honnêtes gens. »

Extrait

« ...Mon intention, en écrivant ce journal, est de n’employer aucune réticence, pas plus vis-à-vis de moi-même que vis-à-vis des autres. J’entends y mettre au contraire toute la franchises qui est en moi et, quand il le faudra, toute la brutalité qui est dans la vie... »

Notes d’ecriture

L’auteur donne la parole à une soubrette, Célestine, ce qui est déjà subversif en soi, et, à travers son regard qui perçoit le monde par le trou de la serrure, il nous fait découvrir les nauséabonds dessous du beau monde, les « bosses morales » des classes dominantes et les turpitudes de la société bourgeoise qu’il décrit.

Le style de Mirbeau est très actuel même s’il date du début du XXème siècle. En effet, la parole est libre, riche en adjectifs et descriptions de personnages, de lieux et de temps.

La violence des situations et leurs conséquences racontent l’histoire d’une femme tout en décrivant une société dans son ensemble. Le récit, éminemment démystificateur, constitue une exploration de l’enfer social à peine camouflée par les manières des nantis. Forme moderne de l’esclavage, la condition des domestiques et des gens de maison, est donc dénoncée par la chambrière, que le romancier dote d’une lucidité impitoyable.

La pièce est une adaptation fidèle du roman, tant par le style narratif que par le rythme de l’écriture. Nous avons « puisé » dans le roman pour en faire une version suffisamment synthétique, adaptée à un plateau de théâtre, avec le souci de ne jamais trahir l’auteur.

Intention, mise en scène

A la lecture du texte d’Octave Mirbeau, il m’est apparut évident que la force des images et des descriptions ne pouvaient pas être illustrée par une mise en scène trop réaliste car ce texte donne déjà énormément à voir. La force cinématographique du texte m’a inspiré la sobriété dans mes choix scénographiques. C’est la raison pour laquelle, s’est imposé une formule donnant à la comédienne une ligne de mise en scène aussi simple qu’ambitieuse : « Un auteur, une comédienne, un objet, une lumière ».

Toujours dans un souci de simplicité et d’authenticité, Karine Ventalon et moi-même sommes partis d’un seul objet pouvant accompagner Célestine : sa malle.

Cette malle deviendra tour à tour un lit, une chaise, au autel, un cercueil, une personne, un lavoir, une table, un comptoir, un mur derrière lequel on se cache. De cette malle sortiront les quelques rares objets que Célestine a conservés de ses années de chambrière.

Grâce à ce parti pris, le spectateur est placé dans le rôle de celui qui doit faire le lien, celui qui doit inventer, ressentir, voyager, être en « route ». Célestine est un personnage « nomade » et nous nous déplaçons avec elle à travers les différentes places où elle a travaillé.

La sobriété des mouvements et des déplacements de Célestine renforce notre volonté d’étalonner le travail théâtral sur la tension et l’intensité de l’interprétation plus que sur l’explication du texte. La comédienne redonne vie au passé de son personnage comme si tout se passait au présent, devant nous, maintenant de façon symbolique mais organique.

Il n’y a aucun changement d’éclairage, là encore, la comédienne et la mise en scène créent des atmosphères multiples aux rythmes de déplacements chorégraphiés et précis. L’enfermement de Célestine est mis en balance en permanence avec son envie de liberté et d’affranchissement. Sa prison devient quasi mentale à la relecture, devant nous, de son journal.

L’idée maîtresse est de faire surgir la vie à travers les souvenirs enfouis, la liberté dans un univers où tout est contrôlé et réglementé et enfin la parole dans un monde où tout doit se taire et où seules les apparences comptent.

Comme elle se replonge dans les événements de son passé à travers les écrits de son journal intime, Célestine s’adresse aux spectateurs sans retenue ni pudeur ce qui donne d’autant plus de violence à ses propos. Le spectateur est tour à tour complice, confident, témoin, voyeur, accusé, juge pour son plus grand plaisir.

Interprétation - Karine Ventalon

Dès l’adolescence Karine décide de devenir comédienne, envie insufflée par la lecture, et prend donc l’option théâtre au lycée. Le Bac en poche elle s’installe seule à Paris et intègre le Cours Florent. Pendant ces 3 ans, et en parallèle à sa formation de comédienne, elle navigue de petits boulots en petits boulots mais suit des cours à La Sorbonne où elle sera diplômée d'une licence d'anglais. Comédienne se consacrant pleinement au cinéma et au théâtre, elle est aussi auteure de pièces et metteur en scène, elle part à New York se former à la méthode « Actors studio » au Terry Schreiber Studio.

De retour en France, Karine joue dans de nombreux courts métrages, téléfilms et pièces de théâtre. Elle reçoit le prix de « Meilleure comédienne dans un 1er rôle » aux P’tits Molière 2015 pour son rôle de Célestine dans « Le Journal d’une Femme de Chambre ». Ce spectacle est également nominé dans la catégorie « Meilleur seul en scène 2015 ».

Metteur en scène - William Malatrat

Metteur en scène / Directeur / producteur de la Compagnie Népenthès-Théâtre depuis 1999.

Professeur des Ateliers d’art dramatique du Guichet Montparnasse depuis 2001. Comédien diplômé en 1998 du Conservatoire National de Région de Clermont-Ferrand puis formé aux Ateliers de l’Ecole Nationale de Chaillot.
Assistant des conseillers théâtre de la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Île de France (1998-2000) puis Directeur adjoint de la biennale de théâtre contemporain en Val de Marne : “les Rencontres Charles Dullin” (2001-2003).

Spectacle

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