Publicité

Josiane Balasko dans la pièce La femme rompue

« 1 million d'enfants massacrés. Et après ? Les enfants ce n'est jamais que de la graine de salop, ça désencombre un peu la planète. » Elle est attroce cette Murielle écrite par Simone de Beauvoir. Josiane Balasko joue actuellement cette pièce sous forme de monologue. La pièce La femme rompue met en scène une femme qui a perdu ce qu'elle aimait et seule un soir de réveillon. Pour l'incarner, la metteur en scène a choisi une comédienne qui étonne dans des rôles plutôt sombres. A voir au théâtre des Bouffes du nord.

"Dès l'enfance j'ai ça dans le sang. Ne pas tricher. Pas de concession, pas de comédie. Moi je suis propre, je suis vraie ; je ne joue pas le jeu."

La femme rompue est un monologue écrit par Simone de Beauvoir. Murielle vit séparée de son mari, elle a perdu sa fille et on lui a retiré la garde de son fils. Monstrueuse, le personnage finit par se lézarder, s'humaniser. Un portrait de femme porté par une actrice habituée des comédies.

Pour Josiane Balasko, c'est un plaisir d'actrice ; un travail d'acteur qu'elle n'avait pas fait avant. La peur n'est pas la même avant de rentrer sur scène pour une comédie que pour un drame, indique-t-elle à Arte. Ici elle est seule sur scène.
Tout le début de la pièce, Josiane Balasko est allongée sur un lit. Elle n'a pas les même repères que si elle était debout : elle se sent impuissante.

Un texte où jaillit la rage d'une femme, seule et enfermée dans son histoire. Les lumières et la mise en scène radicale temoignent de cet emprisonnement incarné par Josiane Balasko.

Le metteur en scène Hélène Fillières est touchée par Josiane Balasko pour sa façon d'être une femme ; elle est l'homme qu'elle aurait voulu être pour sa virilité et sa force. Derrière cette personne se cache beaucoup de sensibilité et de tendresse.

Faisant de ce monologue une psychanalise presque tragique, Josiane Balasko est bluffante par l'émotion qu'elle laisse transpercer de son personnage.

Josiane Balasko estime qu'elle peut être l'audieux personnage qu'elle incarne et être très touchante. Elle pense être comme un médium quand elle joue ; comme si le personnage parlait en elle, sans être elle...

Et pourtant, comment sortir indemne de la noirceur de cette femme rompue. Texte profondémment féministe, mais aussi universel sur la violence de la solitude.

Maxime Lopes sur Google+

Spectacle

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire