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Hamlet avec Bernard Azimuth

Un trône de pacotille, une couronne un brin bancale, les vers de Shakespeare. Et une sacré dose d'humour et d'esprit décalé. Voilà un Hamlet bien singulier que nous propose Azimuth... Et pourtant, c'est bien le drame d'Hamlet qui nous est ici raconté. L'intrigue est respectée et les personnages principaux suivent chacun leur tragique parcours.

Couronne Bernard Azimuth dans Hamlet

Azimuth s’empare t-il d’Hamlet ou Hamlet s’est-il emparé d’Azimuth ?

La question reste posée devant ce spectacle baroque et névrosé, un pléonasme sans aucun doute, dans lequel on retrouve les situations ainsi que les personnages emblématiques de SHAKESPEARE, le tout passé à la moulinette de cet humour décalé et destructeur propre à Bernard Azimuth, les spectateurs ayant le souvenir de son spectacle « À table ! » et du passage désopilant du « Chaperon rouge » comprendront.

Monter « Hamlet », voir tout SHAKESPEARE en solo, a été fait à plusieurs reprises et souvent avec succès mais ces spectacles essayaient, à juste titre, de respecter l’essence de l’oeuvre. Dans notre spectacle, si l’esprit élisabéthain et l’art du dramaturge sont respectés, le personnage AZIMUTH est sans cesse présent déployant ainsi une mise en abîme étonnante, mise en abîme déjà présente dans l’oeuvre de SHAKESPEARE, rendant ainsi au texte un pouvoir de destruction massive. Toutes les armes à disposition sont utilisées : les monologues et dialogues de l’auteur soigneusement dégraissés et aiguisés, les didascalies in vivo, l’art ascétique du conteur, la manipulation des marionnettes, les arabesques de la pantomime, la distanciation azimuthienne avec ses sorties de pellicules audacieuses... Toutes ces armes, au service d’un humour décapant, ont pour cible l’hypocrisie des puissants, la médiocrité des autres, la vanité destructrice du pouvoir, les mythes sur l’amour ou la mort, la folie de chacun comme du monde lui-même... SHAKESPEARE parle de nous et AZIMUTH essaie de le traduire avec son langage dans un corps à corps virtuose et jubilatoire. En conclusion un spectacle d’humour totalement « AZIMUTH « enrichi par le clair-obscur shakespearien... Un spectacle de la maturité pour un artiste humoriste hors normes.

Crédit photo : Jean Tholance

Hamlet
A voir du jeudi au samedi à 19h00
Au Théâtre de l’Archipel

17 boulevard de Strasbourg 75010 Paris
(métro Strasbourg Saint Denis)
Réservations et informations : 01 73 54 79 79 - larchipel.net
 

De : William SHAKESPEARE
Adaptation : Jean Hervé APPÉRÉ et Bernard AZIMUTH
Mise en scène : Jean Hervé APPÉRÉ
Création lumières : Edwin GARNIER
Costumière : Delphine DESNUS
Durée : 1h20

Bernard Azimuth

Bernard AZIMUTH est né d’un père particulièrement méticuleux et d’une mère extrêmement bordélique. (Détail intéressant, car son sens comique doit beaucoup à son désir obstiné de déblayer le foutoir qu’il engendre lui-même); Il se diagnostique très vite une aptitude à faire rire les copains - ce qui l’incite à devenir comédien plutôt qu’autre chose. Après avoir joué (avec plaisir) les jeunes premiers du théâtre classique, il entre à l’École Jacques Lecoq, où il teste l’impro et le “déconnage” créatif et renoue avec sa vocation première : le rire. Après 9 années de tournées internationales en duo, l’homme à la chemise jaune se lance dans la carrière solo, avec ses spectacles No problem, Dérapages, Je m’demande !!?! et Des Equilibres, joués en province et à Paris au Théâtre des Blancs Manteaux, au Café de la Gare au Splendid, au Théâtre de 10 heures, au Ciné Théâtre 13 et à l’Européen, et participera à un très grand nombre d’émissions de télévision avec Michel Drucker.

Viennent ensuite ses spectacles AH ! et A table ! mis en scène par Patrick Dray et très récemment Hamlet de William Shakespeare, mis en scène par Jean Hervé Appéré où, non content d’interpréter à lui seul tous les personnages de Shakespeare, il en ajoute un autre : Bernard AZIMUTH.
Parallèlement à ses créations personnelles, il jouera entre autres, le rôle de Clov dans Fin de Partie de Samuel Becket (Mise en scène H. Jappelle). Le rôle de Joseph K. dans Le Procès de Franz Kafka (Mise en scène H. Jappelle) et le rôle de Monsieur Jourdain dans Le Bourgeois Gentilhomme de Molière. (Mise en scène E. Bouvron).

Jean Hervé Appéré - Metteur en scène

Jean Hervé Appéré est un metteur en scène, comédien et musicien français.
Après avoir étudié avec Philippe Gaulier, Il redécouvre la commedia dell’arte avec Carlo Boso et se spécialise dans cet art de la scène. Avec Comédiens & Compagnie, de 2003 à aujourd’hui, il crée entre autres La Princesse d’Élide de Molière, La Flûte enchantée et Le Mariage de Figaro. Directeur des États généraux de la Commedia dell’arte 2009 à Versailles il travaille aussi avec Burlesques Associés : « Molière malgré lui » et « 1929 » (nommé "Devos de l’humour" 2012) et « Monsieur de Pourceaugnac ». Il a enseigné aux Arts et Métiers du Spectacle, au Studio Alain de Bock (12 ans), l’Académie internationale des arts du spectacle (Carlo Boso) et intervient au CNSMD de Lyon.

D'excellentes critiques pour la pièce...

Seul en scène, Bernard Azimuth et son humour décalé s’attaquent à un monstre sacré du théâtre classique : Hamlet. Un pari audacieux que le comédien relève haut la main. Avec talent. L’enjeu était de taille : faire rire avec Hamlet, sans en sacrifier l’histoire… L’entreprise était folle. Mais elle était à la juste mesure d’Azimuth qui signe ici un superbe spectacle. A la fois drôle, inventif, dynamique et original. Brillant !

Bernard AZIMUTH sait, avec sa connaissance parfaite de la pièce, jouer avec le contenu de celle-ci, sa trame, ses lignes. Génial interprète de didascalies ironiques parce qu’émouvantes, Bernard AZIMUTH n’est pas un amuseur, c’est un auteur contemporain qui évite à son public de se perdre dans les oripeaux modernistes, leur redonnant le sourire, provoquant en eux, un rire empreint de mélancolie. Au final, on se dit que Bernard AZIMUTH est à William SHAKESPEARE ce que Fabrice LUCHINI est à Louis-Ferdinand CÉLINE.

Bernard AZIMUTH a les épaules artistiques pour endosser, à la fois, le questionnement tragique de HAMLET et la digression follement contemporaine et humoristique propre à son personnage habituel.

Bernard Azimuth pose son propre regard sur la pièce de Shakespeare. C'est ce regard (moderne) d'Hamlet et sa vision de la pièce qui séduit largement son public.

Maxime Lopes sur Google+

Spectacle

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