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Et pendant ce temps Simone veille au Studio Hébertot

Le féminisme peut-il être drôle ? C’est tout l’enjeu du spectacle Et pendant ce temps Simone veille à découvrir au Studio hébertot.

Spectacle et pendant ce temps simone veille (crédit photo : Jogood)

Le pitch

Suite à l’affaire Strauss Kahn en 2011, Trinidad a eu l’idée de revisiter l’histoire de la condition féminine en France des années 50 à nos jours à travers trois lignées de femmes, celles de Marcelle, France et Giovanna. L’ouvrière, la bourgeoise et la troisième issue de la classe moyenne qui semble s’être échappée d’un film de Jacques Tati.

Ces trois femmes au destin différent ont toutefois un point commun, elles ont travaillé pendant la guerre et ont gardé la nostalgie d’une indépendance « éphémère » devenue après le retour des hommes : « effet mère ». Car dans leur quotidien des années 50 elles sont cantonnées dans leur rôle de femme au foyer avec pour seule consolation l’arrivée de l’électroménager. Sauront-elles transmettre à leur descendance ce goût de liberté ?

Quatre générations de femmes se succèdent dans ce voyage qui s’étend de la lutte pour l’avortement à la procréation assistée. Au travers de scènes de la vie quotidienne, ces douze femmes nous entrainent dans leur intimité et leur touchante imperfection.

Ce voyage dans le temps est ponctué par les interventions d’une Simone qui veille pour nous rappeler les dates importantes qui ont jalonné cette évolution qui s’est faite à force de combats, de désirs, de doutes et surtout dans la quête d’une égalité hommes / femmes.

Aucune revendication, juste un constat et une question : sommes-nous enfin capables d’avancer ensemble ?

Le spectacle Et pendant ce temps Simone veille se joue à partir du mardi 26 Avril et jusqu’au 26 Juin 2016.
A voir au Studio Hébertot
78 boulevard des Batignolles 75017 Paris du mardi au samedi à 21h00 et les dimanches à 15h00.

Mise en scène et Création lumière : Gil Galliot
Interprètes : Trinidad, Fabienne Chaudat, Agnès Bove, Serena Reinaldi
Direction musicale : Pascal Lafa
Textes chansons : Trinidad
Auteurs : Trinidad, Bonbon, Hélène Serres, Vanina Sicurani, Corinne Berron
Durée : 1h20

Avis du metteur en scène : Gil Galliot

Ce qui m’a tout de suite enthousiasmé dans ce texte de Trinidad - qui raconte la lutte des Femmes sur soixante années, résumé dans la pièce en quatre décennies - c’est la valeur historique et pédagogique évidente du projet mais sans le spectre du didactisme...et ce...grâce à l’humour, la parodie et l’autodérision. Rien de « revanchard » ou de « sexiste » dans ce discours- là. Bien au contraire...

Suivre le destin de ces trois Femmes et de leur descendance des années 50 à aujourd’hui sans les juger et en rire avec bienveillance - et au détour du questionnement, du désarroi ou des joies de ces trois personnages ; donner la parole à Simone (mi-mémoire sentinelle du Féminisme, mi-Madame Loyale du Cirque de notre société moderne) pour nous rappeler les étapes de ce que fut (et de ce qui est) la lutte des femmes, dans notre société moderne - est un régal pour les spectateurs.

Le metteur en scène Benno Besson disait que : « On peut prendre du plaisir sans sacrifier au sens ». Cela a été toujours mon bâton de pèlerin durant cette création. Donner à voir et à réfléchir, informer et divertir, s’amuser et apprendre. Tant par le jeu des actrices, balançant tout au long du spectacle entre la comédie de pure situation ou l’émotion dramatique au détour d’un aveu d’impuissance, que par le texte sans cesse référentiel à cette cause. Une scénographie sobre pour valoriser le propos. Des costumes emblématiques d’une époque. Des parodies de tubes habilement détournées pour parler de la Libido ou de l’IVG... Et surtout un texte de qualité qui sert un beau quatuor d’actrices.

A l’heure où le statut, les droits et les libertés de la femme semblent remis en cause par un discours réactionnaire - ou franchement bafoués par des mouvements obscurantistes de tous bords - Et pendant ce temps Simone Veil, sur un ton apparemment léger donne toute sa profondeur à un combat qui est encore loin d’être gagné.

Un Metteur en scène masculin dirigeant 4 Femmes dans un spectacle sur la lutte des Femmes ?
C’est justement en tant qu’Homme que ce projet de spectacle m’a interpellé. J’y ai appris – comme le feront les spectateurs hommes ou femmes d’aujourd’hui – des réalités et des faits historiques dont je n’avais pas conscience.

Et pendant ce temps Simone Veille avant d’être un spectacle Féministe est avant tout un spectacle Féminin.

L'avis du metteur en scène

Après une formation au Cours Dullin et parallèlement une maîtrise à l’Institut d’études théâtrales de la Sorbonne-Nouvelle (Paris III), Gil Galliot entame son parcours de comédien avec la Troupe de l’unité, compagnie avec laquelle il joue dans une dizaine de spectacles classiques et modernes, en France et en tournée dans de nombreux pays. Il joue notamment durant trois saisons dans le spectacle à succès : Shakespeare le défi ! à la Comédie de Paris, au Palais des Glaces puis en tournée (plus de 650 représentations) et récemment dans Ne nous quitte pas ! qu’il écrit et met en scène (Théâtre-Tristant Bernard et Théâtre des Mathurins) ainsi que L’Inspecteur Whaff de Tom Stoppard, mise en scène de Jean-Luc Revol. Il mène parallèlement une activité de metteur en scène et d’auteur. Polyvalent, il signe une soixantaine de mises en scène tant dans le théâtre public avec sa compagnie (Molière, Marivaux, Kafka, Slawomir Mrozek, Wolfgang Borchert, George Orwell, Marcel Aymé, Christian Bobin) que dans le théâtre privé avec : Rufus, Bernard Fresson, Alex Métayer, Smaïn, Anne Roumanoff, Éric Métayer, Sophia Aram, Patrick Bosso, Dau et Catella, Pascal Légitimus et Mathilda May (Plus si affinités), Régis Mailhot, Vincent Rocca. Il vient de signer une création à Avignon à partir de septembre au Théâtre Michel : Une femme libérée dans une France occupée. Il met en scène également d’autres formes de spectacles : sous chapiteau et à Bercy (Marco Polo, Le Roi Singe avec l’Opéra de Pékin, Le Magicien d’Oz...), du théâtre de rue (Viva II Cinema, Chienne de Vie, Gueules de Bois, Et Dieu créa...la Rue...), du théâtre musical (Capitaine Fracasse, Je m’appelle Erik Satie, Les Bouskidóus), du théâtre chorégraphié (Amériques, Contrepied avec la Cie Black Blanc Beur, La Venta Quemada Flamenco), de l’opéra (La Flûte enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart, Carmen de Georges Bizet). Dernièrement il met en scène le spectacle musical présenté au Sentier des Halles et au festival d’Avignon off 2013 : Les Fils Monkey (spectacle musical pour deux batteurs). Au cinéma, il tient dernièrement le rôle de Professeur Choron dans le film Coluche – L’Histoire d’un mec (réalisation Antoine de Caunes) et joue à la télévision dans le Livre VI de Kamelott (M6, réalisation Alexandre Astier). Comme auteur, il signe de nombreuses adaptations pour la scène et la télévision. Il traduit aussi des pièces de l’anglais : Betty Summer Vacation de Christopher Durang, The Mystery of Irma Vep de Charles Ludlam et Defending The Caveman de Robe Becker. Gil Galliot est également directeur artistique et directeur d’acteurs sur de nombreux programmes pour TF1, France 2, M6, France 3, Paris-Première, Comédie. Il est co-fondateur de la ligue d’Improvisation Française et membre du Cercle des Menteurs.

Les comédiennes

Trinidad

Elle est à l’origine du spectacle Et pendant ce temps Simone veille et en est la principale auteure mélangeant, comme à son habitude textes et parodies de chansons.

De Trinidad on connait surtout ses irrésistibles chroniques qu’elle a dévoilé pendant 8 ans sur France Inter dans l’équipe de Stéphane Bern, auteure, chanteuse et bien sûr humoriste.

À 18 ans, elle entame des études de psychologie qu’elle poursuivra jusqu’à la maîtrise et suit parallèlement des cours de théâtre aux conservatoire des 6 ème, 10 ème et 13ème arrondissement et au Petit Conservatoire de Mireille. Cette dernière voit en elle une comédienne. De là naissent les premiers sketchs, puis les premiers cabarets, les premières grandes scènes et les premières télés.

Après s’être intéressée aux secrets de famille et au transgénérationnel, elle se penche sur le besoin de reconnaissance et c’est lors d’une résidence au théâtre de la Soierie à Faverges en 2009, que naît Le Miroir, présenté à Avignon en 2010 et 2011. Ce spectacle est la suite de La Conversion de la Cigogne crée en septembre 2004 dans le cadre d’une résidence au festival Les Embuscades de Cossé le Vivien dans la Mayenne et joué en province et à Avignon. Bernard et Zana Murat l’accueillent à Paris au Théâtre des Mathurins de septembre à Déc. 2005.

En 2012 elle adapte et crée Maudit Karma de David Safier.

Elle signe aussi sa première mise en scène avec le spectacle Henri téléphone maison de et avec Sébastien Fouillade.

En 2014 elle co-écrit et joue en duo avec Marianne Sergent : Danse avec l'obstacle, créé à Avignon.

Elle écrit et met en scène un spectacle musical avec quatre musiciens sur scène : Bolling et moi qui raconte le parcours de Nadine Sadarnac, musicienne de jazz et ancienne élève de Claude Bolling.

Fabienne Chaudat

Fière d’être bourguignonne ! Après un chemin classique, cours et conservatoire elle débute dans « doit-on le dire » de Labiche dirigée de mains de maître par Jean-Laurent Cochet.

Puis ce fut une longue relation de travail et d’amitié qui continue encore avec Bernard Murat. Ils ont fait 7 pièces ensemble : Guitry, Pirandello, Coward et quatre Feydeau. Fidèle elle l’est, même aux auteurs.

Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff l’accueillent dans « les pieds dans l’eau », « les brigards » d’Offenbach et les Deschiens. Comédienne haute en couleurs, elle joue autant les mots avec justesse que les notes avec brio : elle passe de « la fille de Madame Angot » de Lecoq à « La valse des Pingouins » de Patrick haudecoeur avec légèreté et rondeurs.

D’autres heureuses et talentueuses rencontres avec A. Sachs pour « Victor ou les enfants au pouvoir » de Vitrac puis Nicolas Briançon pour « Clérambard » de Marcel Aymé.
Ainsi que E. Bierry au Poche pour « Au nom du fils » d’Alain Cauchy.
Parmi toutes ces aventures, 2 productions théâtrales jouées à la Comédie des Champs Elysées ont particulièrement marqué son parcours : Colombe d’Anouilh dans le rôle de Madame George qui lui valut une nomination aux Molières en 2010, mise en scène Michel Fagadau.
« La folle de Chaillot » sous la direction de Didier Long.
Et puis retour au Théâtre des Variétés pour une pièce comique et satyrique sur l’actualité politique, « Le Bouffon du Président » d’Olivier Lejeune.

Quant aux petits et grands écrans, elle égrène son tempérament et sa vivacité de film en film avec Jean Marboeuf, Nina Companez, Jean-Pierre Jeunet, Patrice Lecomte, Bertrand Tavernier, Coline Serreau, Claude Chabrol, Isabelle Mergault, Jean-Luc Godard, Pierre-François Laval dit PF, Jalil Lespère, Hervé Hiolle.

Agnès Bove

Agnès étudie le théâtre en classe libre au Cours Florent . Elle exerce ensuite la profession de comédienne dans le répertoire classique, puis de théâtre musical et d’opéra bouffe. En 1992, elle Intègre la Ligue d’Improvisation Française. Prix Spécial du Jury au Concours International Offenbach, Premier Prix de Chant à l’unanimité première nommée au CNR Boulogne-Billancourt, elle réussit en 1997, le concours d’entrée au Centre de Formation Lyrique de l’Opéra National de Paris.

Elle y restera trois ans. Elle interprète La Voix Humaine, monodrame de Poulenc, à l’Amphithéâtre de l’opéra de Paris.

En 2007, elle fonde la compagnie Opéra en Appartement - Collectif M.A.N.G.R.O.V.E. dont elle assure la direction artistique. Le Coup de Fil d’Ariane, créé en 2011 compte déjà plus de 40 représentations.

Ses rôles l’emmènent du théâtre à l’opéra en passant par le cabaret et la comédie musicale : c’est dans la variété des genres qu’elle s’épanouit et cherche toujours de nouveaux défis. Elle aime se produire dans des spectacles où sont sollicitées simultanément ses compétences de comédienne, chanteuse lyrique et improvisatrice.

Depuis 2012, elle participe à NEW, comédie musicale entièrement improvisée à Paris et incarne Florence Foster Jenkins, la castafiore millionnaire dans Colorature, Mrs Jenkins et son pianiste de Stephen Temperley.

Serena REINALDI

Originaire de Turin, Serena Reinaldi est diplômée du Conservatoire des Arts Dramatiques de Bologne.

En Italie, elle joue avec des grands metteurs en scène comme Vittorio Franceschi, Francesco Salveti, Walter Le Moli.

Déterminée à se consacrer à des projets personnels, elle renoue avec ses racines en créant au Festival d’Avignon en 2005 Parole Parole d’après Récits pour femmes de Dario Fo, prix Nobel de la littérature 1997, qu’elle joue seule en scène pendant plus de deux ans, au Théâtre du Ranelagh puis en tournée.

Elle fait ses débuts au cinéma dans Les Bronzés 3, Amis pour la vie, réalisée par Patrice Leconte. En 2007 elle tourne son premier court-métrage Ainsi font font font comme réalisatrice, sur la thématique de la violence faite aux femmes, sélectionné au Film Festival de Turin de Nanni Moretti.

Elle joue dans plusieurs spectacles dont Les Demoiselles D’Avignon aux côtés de Catherine Allégret, en solo dans Gueule de Mariée au théâtre du Gymnase, dans Ciao Amore, dont elle est aussi co-auteur, au théâtre de la Gaîté Montparnasse en 2010.

Serena Reinaldi a été également chroniqueuse sur France 3 île de France dans l’émission On en parle à Paris.

Elle a participé au Festival de Grignan 2009, dans les Lettres de Cristina Campo.

En tournée 2015 dans le duo 2000 ans de mensonge écrit avec Christophe Alévêque, elle poursuit son engagement et sa volonté d’artistes au service des questions qui plus l’interpellent comme la parité, l’égalité et le rôle de la femme dans notre société.

Maxime Lopes sur Google+

Spectacle

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