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Babetida Sadjo présente la pièce Les murs murmurent

La comédienne et actrice Babetida Sadjo nous présente la pièce Les murs murmurent dans cette interview. De quoi poser un regard attentionné sur son parcours.
La pièce sera jouée en juin à Bruxelles.

Babetida Sadjo

- Vous jouerez dans la pièce Les murs murmurent en juin. Pouvez-vous nous la présenter ?
Les murs murmurent est un monologue que j'ai écrit sur l'absence du père, car c'est un sujet qui me touche et me pose questions, j'ai tenté de l'écrire sans concession, je l'ai écrit du point de vue d'une jeune femme moderne. Voici le pitch :

"Une femme arrive devant son père vu pour la dernière fois quinze ans plus tôt.
Elle veut lui dire le manque de lui. Elle veut lui parler de l’abandon qui n'en finit pas de guérir. Elle arrive dans cet endroit où le silence des morts permet les paroles des vivants. De reproches en déclarations d’amour, elle déroule le fil de sa vie vide de lui et remplie de blessures d’enfance. Elle attend une réponse à ses questions. Serait-il encore temps pour une rencontre entre père et fille ou le bruit du manque du père ne laissera percer que l'écho de celle-ci ?
Les murs murmurent les chants de notre enfance et le silence des pères. Les murs murmurent est une supplication à prendre la parole tant que les verbes articulent encore nos émotions. Les murs murmurent est un cri face au silence."

- Cette pièce est-elle tirée d'une histoire personnelle ou de faits réels ?
On part souvent de soi pour trouver la nécessité de dire, la nécessité d'écrire, donc oui en partie Les murs murmurent est inspirée de mon histoire personnelle mais vraiment en partie sinon je ne trouverai pas cela intéressant de parle de soi et uniquement de soi, ça frôlera à mon goût de l'indécence. Je me suis inspirée, pour créer le personnage, de beaucoup d'histoires de jeunes femmes, de mon entourage, des témoignages des filles qui n'ont pas eut la chance d'avoir un père, j'ai observé leur comportements et puis je me suis lancée dans l'écriture en laissant les choses me dépasser... en me laissant perdre le contrôle de ce qui jaillie de moi.

- Dans la société actuelle, pensez-vous que les relations entre les parents (notamment divorcés) et les enfants sont plus compliqués ?
Je ne sais pas mais j'aurai tendance à dire que c'est moins compliqué parce que dans la société actuelle le dialogue parent enfant est plus ouvert mais il persiste des non-dits dans des familles entre parents et enfants. Je pense que les couples divorcés ne rencontrent pas plus de difficultés à se parler qu'un couple non divorcé.

- Peut-on en savoir plus sur la mise en scène et l'interprétation ?
Au niveau de la mise en scène, avec Hélène Theunissen (qui m'a mise en scène dans le Masque du dragon), et la scénographie de Noelle Ginefri (que j'ai rencontrée lors d'une création avec Irina Brook) au niveau de la mise en scène, nous sommes parties plus vers le symbolisme afin de sortir la poésie du texte et nous sommes entrain de chercher au niveau de l'interprétation quelque chose qui bascule entre un jeu pas trop naturaliste et un rythme cadencé afin de pouvoir exprimer la nécessité du dire ! Nous sommes en création donc on se permettra de chercher encore et encore jusqu'à la première... et le résultat finale sera différent chaque soir, comme toutes les créations lorsqu'ils rencontrent son public... (je viens d'avoir un coup de stress en pensant à la première (rire).

- On pourra vous retrouver courant juin à La Samaritaine (Bruxelles). La pièce Les murs murmurent sera-elle jouée ailleurs ?
Nous jouerons du 14 au 25 juin à La Samaritaine (sauf les lundi et les dimanche) à 20h30 - tél. 02 511 33 95 ou samaritaine (arobase) skynet.be (toutes ces infos ça veut dire réservez vos places, s'il vous plait, je vous y attend avec impatience (rire) ).
J'aurai la chance de jouer aussi aux cotes d'azures en janvier  au théâtre national de Nice en janvier prochain !
J'espère recevoir des appels des centres culturels en Belgique, des festivals en Afrique etc...

- On a pu vous voir dans différents films et à la télévision. Pensez-vous que le rôle d'un comédien est désormais complémentaire avec le théâtre ?
Si je pars de mon cas, pour moi ça a toujours été complémentaire et inséparable, j'aime autant faire du théâtre que faire du cinéma car c'est deux manières différentes de se donner mais qui ont une colonne vertébrale ; nous sommes des livreurs d'émotions !

- Existe-il des différences d'interprétation entre cinéma et théâtre ?
Il y a des tas de différences entre le cinéma et le théâtre mais le plus évidente pour moi c'est le fait qu'au cinéma la caméra vient te chercher et au théâtre tu dois faire le mouvement vers les spectateurs à la manière d'une caméra, en dosant tes intensités... et puis au théâtre une fois les deux pieds sur le plateau, à moins de mourir sur scène, tu ne peux pas descendre tant que la représentation n'est pas terminée, j'aime sentir cet adrénaline là... La sensation de devoir tenir le fil de l'histoire de bout en bout sans pause, je suis accro à cette sensation de transe !

- Cet été vous jouerez dans le film And breathe normally. Souhaitez-vous en parler ?
Je peux pas trop en dire si ce n'est que je suis tellement heureuse d'avoir décroché mon premier rôle principal, je suis heureuse d'aller travailler en Islande, j'adore ce pays, rencontrer d'autres personnes qui font ce métier et ne faire qu'un bloc avec eux, ensemble, raconter une histoire ! Je suis aux anges.

- Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
J'ai envie de vous dire merci pour l'intérêt que vous portez à mon projet Les murs murmurent ça me touche car il n'y a rien qui se fait que pour soi, je serai très heureuse de voir d'autres personnes en être curieux et pouvoir échanger sur ce sujet oh combien inépuisable et douloureux parfois !
Merci à toute les personnes qui m'entourent dans ce projet de près ou de loin !
Il ne faut pas hésiter à aller sur la page du spectacle pour suivre l'évolution de la création. Merci encore.

Merci à Babetida Sadjo d'avoir répondu à cette interview !
Rendez-vous sur la page Facebook pour suivre l'actualité de la pièce.

Maxime Lopes sur Google+

Spectacle interview

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