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Le livre Bernard François, auteur de bijoux - 180° éditions

Simultanément à la rétrospective Bernard François. Autour du bijou au Musée de l’Orfèvrerie de la Fédération Wallonie-Bruxelles au château de Seneffe ; Bernard François sort son livre Auteur de bijoux.

Bernard Francois exposition Autour du bijou

Bijoux ou pas bijoux ? Portables ou pas portables ? Vintages, modernes, contemporains, de création ou d’auteurs... peu importe. Le Domaine du Château de Seneffe - Musée de l’orfèvrerie de la Fédération Wallonie - Bruxelles vous invite à une exposition, un parcours qui ose l’unique, le singulier, le hors du commun d’un créateur, mais surtout d’un homme vrai, entier. Il fut élève, professeur. Il a créé, innové et continue encore et toujours son cheminement à la conquête de son graal. Il aime le métal, veut aller au plus profond de la matière. Il joue avec les couleurs parce qu’il aime cela sans modération. Quant au dessin, à la forme... c’est tout son univers.

Il expose aussi, il aime les découvertes, il devient commissaire d’expos pour mieux percevoir ce qui se fait ou se fera, demain. Perfectionniste, il ne lâche rien...

Pour mieux comprendre et percevoir cet électron libre qui est attiré par toutes les technologies, le Domaine du Château de Seneffe propose de le rencontrer via une application pour tablette et smartphone. Des documents uniques sur Bernard François et son travail permettent au visiteur de découvrir l’univers d’un créateur.

À l’occasion de l’exposition de Bernard François, une monographie abondamment illustrée, aux éditions 180°, est en vente à la librairie de la boutique du musée au prix de 25€.

Cheminement

Il faut se dire que les techniques de l’orfèvrerie c’est comme travailler le métal, il faut une grande connaissance du « comment ».
C’est une technique très spécifique.

Tout ce que j’avais appris à Maredsous, j’ai dû complètement le laisser de côté lorsque je suis allé à La Cambre. J’ai d’abord dû travailler par moi - même. Félix (ndlr Roulin, alors son professeur) me faisait confiance. Et j’ai alors expérimenté d’autres façons de travailler le métal, plus proche de l’optique industrielle. Auparavant, c’était plus une approche rtisanale et moi j’aspirais à imaginer les multiples possibilités d’exploiter le métal. Je voulais le travailler comme si j’allais faire réaliser mes pièces en industrie. L’opération devient simple avec l’usage des outils ou des machines. C’est plus ancré dans le réel puisque l’on peut même, à partir d’une pièce, envisager de faire des séries et donc c’est plus commercial.

Le coup d’outil donne une forme et la forme est le résultat d’une opération manuelle. Autre élément important, le choix des matériaux. Il y a ceux qui ne me fascinaient pas comme l’or et ceux que j’apprécie comme l’acier inoxydable, l’aluminium (même s’il est plus difficile à travailler avec l’outillage dont je disposais alors).

Si j’en suis arrivé aux bijoux, c’est tout si mplement parce qu’à La Cambre, en fonction de mes possibilités financières et techniques dans le travail du métal, j’ai réalisé de petites pièces mais chacune avec une approche différente et particulière. Une fois La Cambre finie, il me fallait trouver un travail. Je connaissais déjà la bijouterie Demaret et je me suis tourné vers eux. Bien sûr, cela a impliqué que je devais travailler l’or jaune et donc renouer avec les techniques de Maredsous, à savoir le travail (ancestral) à la cire perdue. Mais cette méthode n’était pas à mon goût, j’avais besoin de travailler le métal directement. Ce que j’ai obtenu : ils m’ont donné l’or et le résultat de mon travail a procuré un résultat plus précis, plus fin. Cela a duré de ux ans au cours desquels j’ai mené différentes expériences avec d’autres dont Michel Louwette et Claude Wesel. On a travaillé ensemble, on s’est associé pour partager les frais et cela m’a permis de reprendre mes recherches et de créer des pièces plus abouties où le plexiglas est intervenu.

En plus on s’entendait très bien et on s’amusait bien aussi. Pour ma part, je focalisais plus mon énergie 4 sur des pièces plus abouties, plus recherchées. Mais parallèlement, il fallait aussi vendre des bijoux en or. Nous avions créé des pièces en or plus contemporaines et des personnes privées s’adressaient directement à nous, de même la bijouterie Polomé de Charleroi. En même temps, cela m’a permis de continuer mes recherches dans l’inox, le plexi et l’aluminium.

En parallèle, nous avions nos premières expositions en nom propre et nous avons lié amitié avec Émile Souply qui n’habitait pas loin de l’Atelier de Forest où nous nous étions installés. Il nous aintroduits dans des expositions à gauche, à droite.

La Foire de Bâle (foire internationale du bijou) a aussi été un déclencheur car nous y exposions nos bijoux contemporains et nous y avons rencontré des gens venus d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse qui allaient dans le même sens que nous.

En fait le véritable point de départ pour moi, c’est lorsque j’ai « ouvert » ma galerie neon car je cherchais des créateurs qui pouvaient y exposer et j’ai voyagé un peu partout. On vivait les mêmes choses, on sortait d’écoles, on faisait des expositions pour se faire connaître. Cela a duré environ trente ans en élargissant le cercle des amitiés professionnelles, des rencontres de partout...c’est d’ailleurs étonnant. À cette époque là, j’étais un peu « noyé » car à la fois je travaillais l’or au quotidien pour honorer les commandes mais en même temps il y avait les expos, la recherche,...Ceci dit je n’ai rien contre l’or car c’est un matériau très agréable à travailler mais c’est un autre type de travail et un autre rendu.

Même si j’ai essayé de le travailler comme les autres métaux. Mon choix est de privilégier les métaux non précieux, même si c’est plus difficile par exemple avec l’inox : tout est plus long, les opérations sont plus compliquées et les outils comme les scies cassent très facilement. Mais l’inox ne bouge pas, il est perpétuel. J’aime bien l’aluminium, il est plus mou, offre des avantages en poids. Et surtout, on peut le color er et si on le sable, il offre un très beau rendu.

La découverte du titane offre pas mal d’avantages par rapport aux autres métaux : il est inoxydable – quasiment -, il peut se colorer plus facilement que l’aluminium parce il n’y a pas d’apport de pigments, c’est l’intensité du courant qu’on met dans le bain, qui offre une variation des couleurs. Il est à la fois très léger et très dur mais on ne peut pas le polir. Donc voilà encore un métal qui offre des avantages ; si on veut une pièce polie, ce n’est pas un problème, on se tourne vers l’inox. Et on peut aussi combiner les métaux.

Voici donc les 3 métaux que je privilégie : l’inox, l’aluminium et le titane. À côté de cela, il y a la découverte des autres matières synthétiques qui apportent la couleur et comme vous le savez, j’aime cela... j’en mets un peu partout. Ce fut le cas pour les bijoux budgets, des bijoux dont les matériaux sont issus du quotidien et ne coûte rien : du treillis, des trombones, de la toile cirée, sur laquelle des motifs graphiques sont appliqués, grâce à la sérigraphie, - la sérigraphie est importante et vient de ma rencontre avec ma seconde épouse qui est sérigraphe -. Cette technique s’est peu à peu installée dans ma vie par le biais des affiches, des visuels pour ma galerie neon et moi qui aime le dessin par ailleurs, je me suis dit c’est cela qu’il me faut : j’ai rassemblé le plexi, la sérigraphie, et cela m’a ouvert une autre voie que j’ai menée parallèlement à d’autres choses. Parfois je les ai faites se rencontrer comme avec l’inox et des parties en plexi imprimées en sérigraphie. Et à présent j’ai abandonné, je fais autrement avec le laser ou alors j’imprime sur des cellophanes. Mais j’y reviendrai peut-être un jour...

Sources d'inspirations

Le plus dur à dire. C’est mon environnement, ce qui me touche dans tout ce que je rencontre à gauche, à droite. Je suis sensible au graphisme, au dessin. J’aime la science-fiction, la photo, l’image, les technologies et tout ce qui y est lié, l’espace,...bref tout ce qui est un peu scientifique et mécanique.

L'après expo

Vers quoi vais - je aller ? Je ne me pose pas vraiment la question. Quand cette exposition sera sur rails, je ne sais pas encore ce que je vais privilégier....En fait rien ne m’oblige de faire ceci ou cela. J’aimerais bien, par exemple, faire une exposition de dessins puisque je ne me suis jamais manifesté avec les miens alors qu’on en parle en long et en large avec mes créations. Mais ne les ai jamais montrés parce que c’est quelque chose en plus du reste et je n’ai jamais le temps.. Alors vais - je me donner ce temps pour cela ou plus vers un projet photographique ... De toute façon c’est me faire plaisir. Et cela doit être différent du bijou . J’ai envie de montrer un jour que je sais dessiner, c’est important pour moi. Le contour de mes bijoux part du dessin ; ce n’est pas un carré avec un trou au milieu et un truc dedans. Il y a un profil extérieur, des épaisseurs, des choses qui se répondent... et tout part de là . Même si celui - ci se détruit parce qu’au final je le copie sur un adhésif, q ue je place sur le métal et que je le découpe. Le dessin se détruit au fur et à mesure que le métal apparaît. Donc je n’ai pas toujours le dessin final de mes bijoux.

Livres

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