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César s'expose à Pompidou

Si vous êtes passés par Beaubourg à Paris, vous n'avez pas manqué ce pouce géant de 6 mètres dressé devant le centre Pompidou. L'empreinte de César annonce la première exposition consacré à l'artiste mort il y a 20 ans. Inventif et génial, il a fassoné comme personne le métal et matériaux industriels. César est connu dans le monde entier pour ses sculptures en fer soudé, ses expansions et compressions d'automobiles qui lui ont valu quelques critiques.

César fut un ferrailleur de génie, un vulcain qui sans cesse engloutit, digère et transforme la matière. Métaux, plastiques, tissus, rebus : le secret de son art, une série de techniques inédites pour dominer les matériaux. La soudure à l'arc, une presse automobile, la mousse ou le plexi ; il n'avait pas à servir particulièrement le langage de la culture et César a détourné de leur vocation initiale (souvent liée au monde industriel) pour les plier à ce qu'il veut en obtenir ; rappelle le commissaire de l'exposition Bernard Blistène à Arte.

Après guerre, César est déjà célèbre, il sculpte le fer avec une liberté incroyable grâce à la technique de la soudure à l'arc. Son heure de gloire date des années 60, il découvre un art surpuissant dans une casse automobile. En 1960 César décide d'exposer 3 compressions chez un ferrailleur qui possède une presse automobile, la seule de ce genre en France. Ce geste est alors considéré comme scandaleux : l'art de la sculture est réduit à une presse automobile.

Quelques années plus tard César utilise des mélanges plastiques pour créer ses expansions. Une nouvelle explosion débordante et organique qui n'a pas toujours convaincu. César a fait un pied de nez à l'histoire de l'art. César est allé sa vie durant vers une tentation qui fut celle d'une sculture archaïque et qui parallèlement s'imposait à lui au grè de gestes novateurs. La critique ne s'y retrouvait plus.

Classique et moderne, abstrait et figuratif, César n'est d'aucun courant, d'aucune théorie, son oeuvre est l'histoire d'une passion ou d'un compas entre l'homme et la matière.

L'exposition est à voir jusqu'au 26 mars 2018 au centre Pompidou de Paris.

Maxime Lopes sur Google+

Art Exposition

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