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Yom : l'album You Will Never Die !

Sept ans après l’album With Love, le clarinettiste Yom s’entoure à nouveau de ses acolytes, les Wonder Rabbis, pour un voyage au cœur d’une énergie brute, primale et bouillonnante.

Yom

Si Yom échappe à toute définition et fait feu de toute musique, il n’en poursuit pas moins sa voie singulière. Chakras grands ouverts, parcourant des paysages hétéroclites comme autant d’écrins fabuleux, Yom surfe sur la même fréquence énergétique dès l’origine : il fait chanter l’âme de ses racines ashkénazes et l’esprit klezmer, au sens étymologique « imiter les inflexions de la voix par l’instrument ». « Ma signature possède ce sens du lyrisme et de la sur-expressivité », dit-il.

Yom : clarinettes, compositions
Sylvain Daniel : basse
Guillaume Magne : guitare
Léo Jassef : claviers
Mathieu Penot : batterie

Une énergie tribale

Dans cet exact sillage, le clarinettiste, drapé du costume de super héros, lançait en 2011 un ovni musical avec de drôles d’acolytes – des rabbins merveilleux.

L’artiste et les Wonder Rabbis arpentaient alors, dans le disque « With Love », des galaxies pop-rock multicolores aux contours cosmiques.

Cinq ans après, il retrouve ses complices pour une nouvelle odyssée, « You will never die ! ». « Avec un son massif, je voulais à nouveau faire danser les gens », exprime-t-il. L’épisode 2 se trouve métamorphosé par l’expérience, patiné par la vie. Version 2018, l’équipage se voit augmenté d’un guitariste – au total cinq musiciens d’exception, aux lisières du jazz, des musiques contemporaines et des explorations sonores audacieuses. Si Yom, capitaine du vaisseau, en génère l’itinéraire musical, il est porté par l’énergie vitale, personnelle et créative des Wonder Rabbis. « Je cherche moins à contraindre leur énergie brute ».

En résultent des compositions complexes et riches, aux subtiles nuances harmoniques, rythmiques, mélodiques, mais aussi douées d’une force primitive et tribale : une énergie organique, une sève puissante, ténébreuse, chamanique, un bouillonnement sonore souterrain et magmatique.

La danse de la terre

You will never die !. Le clarinettiste précise : «Si, dans cette vie, tu ressens la force d’un amour inconditionnel, pas seulement dirigé vers une personne, mais doté d’une dimension universelle, tu accèdes à l’immortalité. ». De l’autre côté de la médaille, le titre revêt un aspect plus sombre. Les créations Gaïa big love et Dance of the earth, aux vibrations écologiques, lancent leurs warnings. « L’être humain me déçoit profondément. Il vit dans cette illusion perpétuelle du You will never die : il se voile la face ; détruit la forêt amazonienne, suit aveuglément ces mantras absurdes – consommer, développer la croissance, construire des fusées... On veut coloniser mars, alors qu’ici, sur terre, on tue la vie, les animaux, on bousille la planète. On va tous crever par 47° en hiver... You will never die : quelle ironie ! »

Alors, bien sûr, contre les dérives écologiques et le carnage annoncé, la magie de la musique est une goutte d’eau salvatrice que Yom distille avec une énergie et un amour solides. Par sa transe et ses allures de carnaval, ce disque aux accents psychédéliques, aux vertus métaphysiques et cathartiques, interroge, sans prétention et avec distance, la vie et son contraire, comme le révèle le crâne esthétisé, bariolé, de Jim Skull sur la pochette – une œuvre qui intègre la dimension macabre au cœur d’un monde qui danse.

Une fois encore, son disque se voit traversé de courants multiples, contraires. Comme la vie. Loin de toute simplification, au cœur de tourbillons fluorescents, l’artiste guide l’auditeur de sa clarinette puissante, livrant sa vision du monde pertinente, poétique et libérée.

Musique

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