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Vaiteani présente son album en interview

Quelque part dans une vallée du pacifique sud, nichée sous les fougères arborescentes et les bougainvilliers rubiconds, se cache une source magique. Vaiteani, c’est elle, la « source céleste » en polynésien. Découvrez le futur album de ce duo dans cette interview.

Vaiteani

Comment est née l’envie de faire de la musique ensemble ?
Tout est né en 2011 lors de notre inscription au concours tremplin de "9 Semaines et 1 Jour" pour les Outres-Mers, concours alors présidé par Laurent Voulzy. C'est Luc qui a eu l'idée de nous inscrire et comme je ne souhaitais pas me présenter seule, nous avons commencé à travailler ensemble. Après avoir gagné le concours en Polynésie, nous avons continué de travailler sur des compositions préexistantes et de nouvelles compositions ensemble. Avant ça, nous ne jouions pas vraiment de musique ensemble, Luc était musicien dans plusieurs groupes déjà et moi je me destinais à l'enseignement. Nous n'étions qu'un couple ordinaire, pour ainsi dire.

Pouvez-vous nous présenter votre futur album ?
C'est un album à notre image : folk et métissé, mélancolique et ensoleillé à la fois. Il est à la fois doux et profond. Il a été réalisé quasi intégralement par David Grumel dont nous adorons l'univers. Nous aimons dire que nous faisons du Polynesian Folk. C'est une appellation tout sauf contrôlée, qui ne fait référence à aucune tradition ou aucun genre prédéfinis, si ce n'est le genre folk (avec une prédominance guitare-voix) mais on s'est dit que ce serait bien de nous mettre notre propre étiquette. Les chansons de l'album sont en tahitien (en "reo maohi") et en anglais. 

Votre musique rend honneur à la Polynésie dont on parle malheureusement trop peu dans les médias. Comment voyez-vous la place et la spécificité de la Polynésie ?
On ne parle pas beaucoup de la Polynésie (à part sur France O) car c'est un endroit du monde très éloigné mais c'est aussi cet éloignement qui fait de ce territoire un territoire précieux : nos îles sont vraiment des trésors. On n'en parle pas énormément mais tout le monde connaît Tahiti ou du moins le mythe qui y est associé. Et ce n'est pas forcément négatif que les gens voient la Polynésie à travers le prisme idéalisé du tourisme, dans un premier temps du moins. Pour nous représenter le monde, nous avons tous besoin de stéréotypes et en ce qui concerne la Polynésie, il y a pire comme stéréotype. Pour la plupart des étrangers, par exemple, la France se résume à Paris, sa Tour Eiffel, ses escargots et son vin alors que nous savons bien que ce qui fait la richesse d'un pays ne se résume pas à 2 mots sur un flyer. Pour moi, les stéréotypes sont faits pour être dépassés grâce à l'expérience d'une culture une fois sur place et grâce aux portes-paroles que peuvent être les artistes. En voyageant en Polynésie, tout comme en écoutant notre album, je voudrais que les gens se disent : wouah ! la Polynésie c'est beau mais aussi wouah quelle culture : ses danses, sa langue, ses chants, le style des gens, la fierté des femmes, l'âme des guerriers, la résilience des anciens, les excès, les sourires, la gentillesse, la violence, les fleurs, le "mana" (l'énergie), la pauvreté, le luxe, la drogue, la générosité, la souffrance, le monoï et la simplicité. Mon Fenua, ma terre, c'est tout ça et ça reste un paradis même si tout vit et tout meurt comme dans les autres pays. 

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Cet album parle finalement essentiellement d'amour. Comment vous êtes vous rencontrés, puisque Luc vous êtes originaire d'Alsace et Vaiteani de Polynésie ?
Oui le thème de l'amour est un thème privilégié mais certaines chansons abordent également le thème de la mort, de la contemplation, du jugement, de l'art ou de la persévérance. Deux chansons parle aussi du peintre Gauguin dont une où je me met dans la peau de l'un de ses modèles et je m'adresse à lui.
Nous nous sommes rencontrés à Strasbourg alors que je faisais mes études là-bas.

Comment travaillez-vous ensemble ? Qui fait quoi pour créer la symbiose musicale ?
Cela dépend. Parfois je compose et Luc rajoute sa touche musicale avec ses instruments et ses idées d'arrangement ; et parfois c'est Luc qui compose et moi qui ajoute une mélodie dessus. On ne compose pas ensemble simultanément, c'est chacun dans sa bulle dans un premier temps et ensuite on met en commun. C'est moi qui écrit les textes mais cela évoluera certainement par la suite. Le travail est plus ou moins laborieux selon les morceaux et l'inspiration mais en général c'est assez rapide. Aussi, on se laisse beaucoup de liberté l'un l'autre pour exprimer ce que l'on souhaite et on se fait confiance musicalement.

Pouvez-vous nous présenter le titre Ua Roa Te Tau et son clip ?
Notre clip a été tourné en Polynésie à Tahiti par Pascale et Julien Marckt. Nous avons tourné sur un mois environ et ça n'a pas toujours été évident avec la météo qui était très instable au moment des shootings. Nous sommes très contents du résultat : nous le trouvons très beau ! A chaque fois que je vois ma couronne de fleurs, je voudrais pouvoir en porter une nouvelle dans la seconde, vous savez une couronne de tiarés ça sent tellllllement bon ! C'est un clip que nous aimons qualifier de "beauty" car il ne raconte pas d'histoire en particulier mais la chanson, elle, parle de l'attente insoutenable du coup fil amoureux et invite les gens à cesser d'attendre en vain les personnes qui ne les méritent pas.

Vous pouvez obtenir l'album de Vaiteani sur iTunes.

 

Vous avez notamment reçu le soutien de Laurent Voulzy. Cette rencontre vous a-t-elle beaucoup aidés ?
Nous avons rencontré Laurent Voulzy en 2011 dans le cadre du concours "9 Semaines et 1 Jour" et nous avons gardé le contact depuis. Cette rencontre a été décisive pour Vaiteani car c'est elle qui l'a conforté dans son choix de se lancer dans le monde professionnel de la musique. Laurent nous a beaucoup encouragé dans notre projet mais nous n'avons pas encore eu l'occasion de travailler avec lui. Nous le considérons un peu comme un parrain bienveillant.

Vous êtes tous deux enseignants. En quoi est ce important la transmission et le partage ?
Oui, avant de partir en France pour le projet, j'étais professeur d'anglais et Luc était professeur de musique, tous les deux en collège. Nous avons dû mettre l'enseignement entre parenthèses afin de nous consacrer entièrement à notre projet. Le métier d'enseignant et celui d'artiste ne sont pas si différents. Dans un cas tu transmets des connaissances, dans l'autre, des émotions. Tout réside toujours dans la manière de faire et la manière de transmettre. Ce qui est intéressant sur scène c'est que tu peux te livrer sans détours, que tu peux laisser filtrer ta vulnérabilité et que tu n'as pas besoin de valider les acquis de ton public : l'échange est immédiat et se fait sans mots ni évaluations.

Qu'appréciez-vous de la relation que vous entretenez avec votre public ?
Précisément le fait que l'on puisse partager les mêmes émotions sans se sentir jugé. Echanger du feeling à l'état pur.

Merci à Vaiteani d'avoir répondu à nos questions !
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