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Thierry Amiel présente l'album Artéfact

4ème album aux sonorités électro-urbaines ; Artéfact est un parti pris, un album à deux facettes. Thierry Amiel signe la quasi-totalité des textes et le co-compose. L'occasion de découvrir avec lui son nouvel album.

Thierry Amiel - Artéfact

Pouvez-vous nous présenter votre album Artéfact ?
Artéfact est mon album le plus personnel. J'ai écrit la quasi totalité des textes, j'ai participé aux compositions. J'ai monté une équipe pour la réal. J'ai travaillé les visuels en montant un collectif.
Je l'ai fabriqué de A à Z.
C'est un album que je voulais avec des parti-pris. Je voulais qu'il soit marquant, qu'il ait une identité forte. J'avais une envie qui bouillonnait de parler concret, vrai, dans les textes ; de raconter des choses intéressantes sinon ça ne servait à rien de prendre la parole avec un nouvel album.
Avec le recul, j'ai compris que cette album avait un message. Qu'il ne parlait que d'une chose : soyez qui vous êtes ou qui vous rêvez d'être ! Oubliez le regard de l'autre !
J'ai imaginé un album à 2 facettes. J'ai joué un jeu avec moi-même, j'ai donné ma parole à mes 2 extrêmes. J'ai été tantôt extraverti, voire même un autre... tantôt introverti.
6 titres en me lâchant, on oubliant le regard de l'autre, en m'autorisant tout. Par exemple des beats urbains, des voix trafiquées, des paroles crues... Et 6 titres en opposition à la premier partie extravertie, avec des sujets plus intimes et des morceaux plus "chanson".

Peut-on en savoir plus sur la composition de l'album et quelles ont été vos sources d'inspirations ?
J'ai travaillé sur l'album avec des personnes venant ou ayant collaborés avec des artistes urbains ou electro (qui ont collaborés par exemple avec Broken Back, X ambassadors, Rohff...). Ainsi qu'avec des artistes pop (qui ont collaborés avec Vianney, Amir, Obispo...).
Nous avons avec les uns fait des titres axés "up tempo", énergie, beat urbains, racés...
Et avec les autres des chansons plus "piano", organiques, en gardant une légère touche de programmations.
J'ai la chance d'avoir écrit sur une super compo de Mat Bastard (Skip the use), c'est le titre Diktats.
Et d'avoir co-écrit avec Rose le titre La Nuit Tombe.
Je dirais que j'ai été inspiré beaucoup par The weekend, Christine & the Queen, Stromae et Lana del Rey.
Et beaucoup par des artistes électro français comme SebastiAn, Club Cheval, Château Marmont, Feadz ou Superpoze.

Est-il possible d'en apprendre davantage sur les titres Détends toi et Fantôme ?
Chaque titre de l'album a d'abord été composé. Les textes sont venus après. Chaque compo était pour moi très forte et me donner des impressions, des sensations, en les écoutant. Je voyais une ambiance, des images, des couleurs...
Pour Détends toi, je voyais un club, une ambiance sombre, une lumière violette, quelque chose de sensuel aussi. Et l'idée m'est venue de parler de couples qui sont extrêmes dans leur rapport. Fusionnels. En crise tout le temps.
Et de me questionner sur "jusqu'où on peut aller en amour", "à quel point on peut souffrir ou faire souffrir", "à quel point on peut s'oublier" et j'ai creusé la thématique en m'amusant avec l'idée d'un couple subversif.
Pour Fantôme, j'ai voulu aborder plein de choses. L'importance du temps présent. De vivre l'instant. De faire les choses tant qu'on est vivant. De se battre. C'est une chanson que je voulais pleine d'espoir, pour porter le message de ne rien lâcher même si on a des coups durs.
Vu que la thématique de la dualité me poursuit sur ce projet, j'ai voulu en effet miroir, m'imaginer tous ces moments où il faudrait rebondir, entendre cette voix positive qui nous aide à avancer malgré les épreuves. Et pour être dans une démarche sincère et personnelle, je me suis projeté dans des situations difficiles d'abandon par exemple, je me suis remémoré aussi des moments vécus, où l'on se sent transparent, comme un fantôme, où l'on a l'impression d'avancer mais qu'on reste sur place, où on vous met des bâtons dans les roues... pour pouvoir vraiment rendre les refrains comme étant une délivrance. Ce texte parle aussi de la mort, de ce qui reste ou pas de nous. Sans compter que ce texte montre aussi qu'on a ce loisir là de ne peut-être pas se battre.
Certains ailleurs dans le monde n'ont pas le choix de se battre pour vivre.

Qu'est ce qui est le plus important pour vous dans vos compositions ?
Je voulais, voire je veux tout le temps, des couplets monocordes, saccadés, avec du débit et des refrains qui explosent avec des envolées.
J'aime donc toujours partir sur des rythmes marqués, avec une attitude comme dans London.
Je tenais sur cet album à avoir pas mal de sons électroniques tout en gardant de vrais instruments pour apporter du vivant mais je tenais à du gros sons de basse electro, à bidouiller des gros synthés pour planter de grosses ambiances sonores comme dans Par Coeur, trafiquer des voix...
Enfin, j'aime qu'avec tout ça que les réals soient assez épurées et laissent place à la voix. J'aime bien donc enlever au maximum les "petites choses" qui ne sont pas primordiales dans un titre.

Pour Artéfact, vous avez notamment travaillé avec Skydancers et Manu Larrouy, comment se sont passés vos échanges ?
Les Sky et Manu m'ont été présentés par leur éditeur de l'époque Adel Kaddar que je remercie encore. En plus d'avoir contacté des amis avec qui j'avais déjà travaillé, j'ai contacté des éditeurs pour rencontrer de nouvelles personnes qui pourraient m'apporter leur énergie. Les Sky sont très sympa, c'est un trio donc quand ils débarquent il y a tout de suite une énergie. Les échanges ont toujours été simples, directs. Ils sont rapides et efficaces, donc ils rebondissent vite par rapport à des remarques et ça avance !
Manu m'a demandé de beaucoup échanger. Naturellement je veux dire. Pas une demande à proprement parler ;) On a beaucoup plus intellectualisé les choses, essayé plein de sons, bu des thés, des cafés ;) échangé sur nos influences communes. Il m'a apporté beaucoup de belles idées.

Pourquoi avoir donné le nom d'Artéfact à l'album ?
Pour plusieurs raisons. J'aime la composition du mot "Art et Fact". J'aimais l'idée que ce mot puisse symboliser à la fois la partie "artificielle" de l'album et la partie plus "factuelle".
Ce nom m'a sauté aux yeux un jour. J'imagine que le cerveau est toujours en alerte dans des moments comme ça, quand on cherche un titre. Et boom ! Il trouve la solution.
Je l'ai définitivement validé quand j'ai réalisé que d'une part ça collait bien avec le fait que j'ai fabriqué cet objet comme un artisan de A à Z et surtout pour la notion d'artéfact en vidéo, qui est une interférence qui perturbe l'image, qui dédouble l'image. J'aime cette idée d'interférence électronique qui laisse s'échapper un double avec ces envies enfouies.

Une indiscrétion à nous donner sur Artéfact ?
J'ai écrit London et Mustang pendant que mon voisin faisait des travaux.
L'inspiration venait puis les coups de marteaux, les bruits de perceuses arrivaient aussi et je m'arrachais les cheveux car ça me sortait de mon état créatif. Mais j'y retournais car je ne voulais pas voir s'éloigner de potentiels textes, de potentielles chansons, un nouvel album... C'était impossible.
Puis tout à coup (et cette scène s'est donc produite 2 fois. Vu que j'ai fait ces 2 textes sur 2 jours différents), le bruit était tellement fort et infernal que ça devenait hypnotique et que j'écrivais comme en écriture automatique, avec une petite rage, en maudissant ces travaux en même temps :)))  Et les textes sont sortis presque d'une traite. Très rapidement.
Cette énervement a dû avoir une influence sur les thématiques vu que je parle de tout foutre en l'air dans London et de braquage dans Mustang. ;)

Comment voyez-vous votre parcours depuis votre participation à Nouvelle Star en 2003 et pensez-vous que votre carrière artistique aurait été la même sans l'émission ?
Je dirais qu'il y a une progression dans ma proposition artistique au fur et à mesure des albums. Je garde les mêmes obsessions, les mêmes envies, mais j'ai l'impression que ça s'affine, qu'elles se précisent.
J'imagine que ma carrière n'aurait pas été la même sans l'émission. Mais difficile de le savoir !
Je me dis que la montée sur Paris ne se serait peut-être pas faite aussi facilement. Que les gens que j'ai rencontrés n'auraient peut-être jamais croisé ma route. Et vu que les rencontres ont une influence...
Mes envies auraient été proches mais le résultat peut-être différent... Ensuite, l'émission m'a permis d'apprendre beaucoup sur moi et ça aussi... Je ne sais pas si la vie m'aurait appris ça d'une autre manière.

Quel souvenir gardez-vous de votre participation au spectacle musical Adam Et Eve : La Seconde Chance ? Aimeriez-vous en refaire un nouveau ?
J'ai adoré cette aventure. J'ai adoré être dans un show énorme. Le souvenir de la 1ère restera gravé je pense.
C'était très intense. C'était comme un showcase géant. Déjà, c'est bizarre. On présente un spectacle devant un Palais des Sports plein à craquer alors qu'on répétait devant une salle vide la veille.
Puis l'aspect collectif est touchant, car on vit cette "épreuve" intensément, dans le regard de l'autre, on voit l'autre tout donner, y'a un partage, un échange énorme. Ce sont de belles émotions à vivre.
Je ne voudrais pas refaire de spectacle musical comme ça. Parce que ça m'a fait découvrir quelque chose de plus fort : les Musicals. Les comédies musicales qui se jouent au théâtre et qui n'ont pas spécialement vocation à faire de titres qui doivent passer en radio etc...
Ça n'est pas écrit de la même manière. Je pense au Fantôme de l'Opéra, à Jeykill and Hyde... Et en français, aux Misérables, à Starmania, à Notre Dame.

De grandes dates de concerts sont-elles déjà prévues pour la sortie d'Artéfact et comment ressentez-vous la scène ?
J'espère pouvoir présenter mes titres sur scène en 2020. C'est en discussion.
J'ai fait un concert/showcase au Nouveau Casino pour présenter mon album une semaine avant sa sortie et j'ai adoré ce moment ! J'ai adoré jouer ces nouveaux titres.
La scène jusqu'alors était synonyme de beaucoup de trac, de stress pour moi. Ça ne m'a pas empêcher de faire 2 grandes tournées, le Bataclan, le Casino de Paris et l'Olympia, mais je me sentais plus à l'aise en studio, à écrire, à enregistrer qu'à être sur scène. C'était peut-être pas naturel pour moi.
Mais après ce concert au Nouveau Casino, je vois les choses autrement. J'ai du mûrir, j'ai réussi à maitriser mon trac et donc à vivre l'instant à 100%. Peut-être qu'il y avait un manque aussi ? Vu que j'ai pris le temps de faire ce 4ème album... Je pense que la Comédie Musicale aussi m'a permis d'aborder la scène d'une manière plus légère. Moins stressé car je ne portais pas la responsabilité du spectacle sur mes seules épaules...
Je ne sais pas vraiment quel est le déclic, mais j'ai vraiment savouré ce concert et j'ai hâte d'en revivre d'autres.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Merci aux amoureux de la musique. Aimez les artistes, apprenez à les connaître, à connaitre leur univers, à découvrir leurs albums, l'histoire de leurs albums. Et suivez-moi sur les réseaux ! ;)

Merci à Thierry Amiel d'avoir répondu à notre interview !
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Thierry Amiel - DETENDS-TOI (official video)

Musique interview

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Commentaires (4)

Elocin
  • 1. Elocin | vendredi, 18 octobre 2019
Merci pour ce bel article. Il faudrait que les radios jouent le jeu et diffusent Fantôme. D'autres artistes sont en radio dès leur retour : C. Maé, M. Pokora pourquoi pas Thierry Amiel, il a de très bon titres ce serait dommage qu'ils restent en privé
paquita  brunet
  • 2. paquita brunet | vendredi, 18 octobre 2019
quel bonheur de retrouver cet artiste qui nous manquait tant bon anniversaire thy
Marlène
  • 3. Marlène | vendredi, 18 octobre 2019
On attendait avec impatience de pouvoir à nouveau entendre sa voix, si belle. Merci, ce nouvel album est juste magnifique, et j'espère de tout coeur qu'il trouvera son public.
sabine solsthisbee
  • 4. sabine solsthisbee | jeudi, 17 octobre 2019
Bel article qui permet à l'artiste de s'exprimer longuement sur sur son actualité mais aussi sur son parcours, ses envies, ses goûts musicaux, le théâtre, le cinéma... ses projets

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