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TBK présente son album Polymorphose

TBK est une jeune artiste française chantant dans plusieurs langues, dont le français et le japonais. Elle s'apprète à sortir son album Polymorphose, qu'elle présente en avant première dans cette interview.

TBK

Pouvez-vous vous présenter pour commencer ?
Bonjour et enchantée ! Je suis TBK, une jeune chanteuse et parolière française de 24 ans présente sur internet depuis 2009. Je me suis spécialisée dans les reprises de chansons en lien avec les cultures de l’imaginaire. Je chante en français, japonais et anglais.

C'est rare d'entendre chanter en japonais. Qu'est ce qui fait que vous aimez chanter dans cette langue et aimeriez-vous que ce soit plus développé en Europe ?
J'ai commencé à chanter en japonais quand j'ai découvert le monde de l'animation japonaise et sa musique, notamment en passant par des groupes style visual kei (pop/rock/métal avec un aspect visuel aussi important que l'aspect musical) comme AnCafe, the GazettE ou encore Nightmare.
Passé l'apprentissage de sa prononciation, je trouve que c'est une langue agréable pour le chant, de par sa construction en syllabes. On ne trouve pas vraiment de diphtongues ou sons complexes en japonais, tout s'achève sur des voyelles sauf rares exceptions, et ça permet un chant plus "ouvert". C'est aussi une langue que je trouve poétique, de par ses sons et sa construction. J'adore les langues étrangères de façon générale, donc je prends toujours un grand plaisir à en découvrir et apprendre de nouvelles !

Depuis 2 ans vous travaillez d'ailleurs sur la création de contenus avec un groupe japonais, dîtes nous en plus...
En effet ! Il s'agit du groupe Crest ! Ils sont ce que l'on appelle un cercle de musique doujin (autoproduction) : ils réalisent des contenus dérivés d'une licence existante, ici les jeux vidéo Touhou Project. En ce qui nous concerne, cela consiste à créer des arrangements musicaux originaux à partir des thèmes musicaux du jeu. De mon côté, je suis en charge de l'écriture des paroles (français et anglais) et du chant de certaines chansons. Je me fais aider aussi parfois d'une amie française, Ame, pour les paroles. J'ai réalisé 7 chansons avec Crest à ce jour et notre collaboration est toujours en cours ! C'est toujours très intéressant de recevoir la piste vocale avec un brouillon d'instrumentale et d'y poser des paroles au mieux. C'est un très bon exercice en tout cas et ça m'a aidé énormément à progresser.

Peut-on en savoir plus sur votre album Polymorphose ?
Tout à fait ! Polymorphose est mon tout premier album solo. Comme expliqué juste avant, j'ai réalisé diverses collaborations. Avec des groupes japonais, mais également avec des amis francophones, européens (notamment sur notre projet ALYS, mais j'y reviendrai un peu plus tard) ou même à l'international. Un peu partout finalement (Internet est un outil merveilleux de ce point de vue) ! Toutes ces collaborations ont vraiment été inspirantes et m'ont poussé à me lancer dans l'aventure à mon tour ! J'ai énormément appris, que ce soit sur l'aspect musical ou plutôt marketing, ces rencontres ont vraiment été très riches en expérience et je suis reconnaissante envers chaque personne que j'ai pu rencontré !

Comment s'est passé le travail de composition et de sélection des chansons ?
J'ai eu l'envie de lancer ce projet à l'issue du festival Japan Expo en juillet 2016. Je voulais pouvoir présenter cet album à l'édition suivante (qui arrive donc début juillet). Je savais tout de suite ce que je voulais faire de l'album : un contenu varié qui proposait une palette de différents styles musicaux et des différents styles de chant que je pouvais faire. Un album qui regroupait également travaux originaux et reprises (puisque je viens d'une communauté ou les reprises et la culture participative est très encouragées).
J'ai tout d'abord réalisé un brainstorming, en listant toutes les chansons que j'aime habituellement chanter. En parallèle, je me suis renseignée auprès de la SACEM pour les droits de reproduction. J'avais déjà été sensibilisée aux démarches à faire de part mes précédents travaux collaboratifs, et le droit d'auteur étant un élément un peu complexe, je ne voulais pas faire d'erreur. J'ai ensuite listé les ayants droits de chaque chanson (ce qui m'a pris un peu de temps puisque ces infos sont un peu dispersées, j'ai notamment du échanger avec la JASRAC, l'équivalent de la SACEM japonaise). J'ai ensuite contacté tout le monde, et au bout d'un moment j'ai fait le point sur les chansons pour lesquelles j'avais le feu vert. J'ai du échangé en anglais et en japonais, et je me suis faite aider de ce côté, puisque même si j'ai des notions, je ne parle pas suffisamment japonais. Il y a des chansons que je voulais vraiment inclure, comme mes collaborations avec Crest, mais aussi des versions françaises de chansons japonaises. Après de longs mois à batailler pour tout ça (l'obtention des droits a vraiment été le travail le plus long), j'établissais enfin ma tracklist : mes collaborations avec Crest, des paroles originales, des adaptations françaises et des reprises !

Selon vous quelle est l'importance des textes dans la musique ?
Puisque je suis chanteuse, je suis assez sensible aux textes des chansons, et à l'interprétation vocale. Je suis assez attachée aux textes, mais je me considère plus comme chanteuse que parolière. Je pense qu'avec une bonne interprétation, on peut chanter n'importe quel texte, le chant réussira à faire passer les différentes émotions souhaitées. D'ailleurs, j'écoute volontiers des chansons en "gibberish" (langue inventée) ou des chants sans texte. Mais l'interprétation est un exercice vraiment très difficile (même si je prends plaisir à pratiquer). Pour autant, je pense que l'alliance d'un bon texte et d'une bonne interprétation décuple vraiment tout le potentiel d'une chanson !

Vous avez aussi votre propre studio, VoxWave ; mais en fait vous maitrisez presque tout en musique... ?
VoxWave est un studio créatif que j'ai co-fondé avec 2 associés. Nous y développons des chanteurs virtuels francophones, dont ALYS et LEORA (pour laquelle j'ai prêté ma voix). Ces chanteuses peuvent justement être utilisée comme avatar créatif dans tous les domaines possibles. C'est un projet qui me tient beaucoup à coeur, et c'est grâce à lui que j'ai fait les rencontres qui m'ont décidées à me lancer. Je suis loin de tout maitriser en musique hahaha, nous faisons énormément de collaborations sur différents projets artistiques, et ça peut aller de la composition musicale, à de l'animation 3D par exemple. Chacun travaille sur le domaine qu'il maitrise le mieux. Sur le plan artistique, j'y écris des paroles et je prête donc ma voix ponctuellement, mais jusqu'ici, j'avais surtout un rôle de gestion et d'encadrement. C'est d'ailleurs au travers de ce projet que j'ai acquis énormément d'expérience sur les domaines créatif, mais aussi sur des aspects plus commerciaux comme le marketing, la communication et le graphisme.

Pourquoi avoir réalisé un financement participatif ?
Je voulais réaliser l'album en édition physique, et j'avais déjà avancé pas mal de frais. L'avantage du financement participatif, c'est que l'on peut proposer un système de préventes sécurisées. Si le projet est financé, alors on peut lancer sa production sans crainte et chacun recevra le contenu. Ca permet de ne pas dépenser d'argent "dans le vide" et d'estimer efficacement les bonnes quantités à réaliser. Si le projet n'avait pas assez de préventes, ça aura évité d'acheter un stock en amont et de rester bloqué avec (et donc d'avoir perdu de l'argent, en plus d'être encombré par un stock). En résumé, c'est un moyen excellent pour pallier les besoins en fonds de roulement d'un projet, et tout le monde y trouve son compte puisqu'on peut même proposer des bonus ! A fortiori, je pense que c'est très intéressant quand on apprécie un créateur, de pouvoir contribuer directement à son développement comme cela. En tout cas, c'est le ressenti que j'ai eu sur les projets que j'ai soutenus.

Pensiez-vous que votre crowdfunding aurait autant de succès ?
Pour être honnête, je savais que le crowdfunding réussirait dans le sens où j'avais réussi à réduire au maximum les coûts et j'avais sensibilisé les gens potentiellement interessés depuis un moment, donc je savais qu'en terme de nombre de préventes, j'allais pouvoir m'en sortir au moins sur l'édition de base. Là où j'ai été très surprise, c'est sur les paliers moyens choisis. Il y a beaucoup plus de "gros paliers" selectionnés que je pensais, notamment par des gens qui viennent à peine de découvrir mes contenus et ça me rend vraiment très heureuse ! Du coup, le total est monté assez vite et j'ai pu proposer l'édition qui me tenait le plus à coeur : un digipack avec livret 16 pages. J'ai la chance d'avoir des soutiens formidables et grâce à eux, le total de campagne a pu évoluer très rapidement, ils ont tous joué le jeu ! Je suis vraiment comblée et je remercie tout le monde du fond du coeur !

Pourquoi avoir mis une loterie avec un cadeau bonus dans votre financement participatif ?
Pour construire ma campagne, j'en ai observé diverses autres sur le même type de projets. La campagne dont je me suis inspirée principalement est celle du deuxième artbook de Saphirya. Saphirya est l'artiste qui a réalisé le design original d'ALYS, la chanteuse de notre studio, et c'est aussi elle qui a réalisé l'illustration de Polymorphose. J'ai trouvé l'idée de la loterie très sympa. Je suis assez joueuse et j'avais aussi envie de proposer un contenu unique aux gens, donc c'était un bon moyen pour offrir ce bonus de façon ludique !

Vous pouvez soutenir l'album Polymorphose de TBK sur Ulule.

 

Peut-on en savoir plus sur le visuel de la pochette du disque ?
Absolument ! C'est donc Saphirya qui l'a réalisé en suivant mes différentes demandes. Quand j'ai commencé à passer du temps et à partager mes créations sur internet, j'ai eu besoin d'un nom mais aussi d'un avatar. J'ai donc designé mon propre personnage dans ce sens : une jeune femme brune avec des cheveux longs, des oreilles de renard, 4 queues, une robe bleue et un masque de ma création. C'est cet avatar qui a été représenté sur la pochette de l'album. Quand à la composition elle-même, je voulais une pose qui à la fois suggère une invitation, mais qui montre aussi que le personnage est installé "chez lui", confiant. Le regard est tourné vers le spectacteur, l'air un peu joueur, comme une façon de dire "approche-toi si tu n'as pas peur de découvrir ce qui t'attend". Le personnage s'appuie sur énormément de symboliques, ses queues multiples et le masque qu'il tient notamment le rattachent au "kitsune", le démon renard du foklore japonais. C'est aussi la créature à laquelle j'ai rattaché mon univers artistique. Les "kitsune" peuvent changer d'apparences, et pour illustrer cela, ils sont souvent représentés avec un masque. C'est donc ce dernier que j'ai choisi comme représentation.

Kitsune, c'est votre personnage. A-il votre personnalité ou doit-on y voire des traits imaginaires ?
Mystère... Je suis vraiment très très attachée aux symboliques. J'ai effectivemment choisi le kitsune pour plusieurs raisons. Selon les différents contes folkloriques, le kitsune a des pouvoirs surnaturels et peut changer d'apparence, le plus souvent il choisit celle d'une jeune femme. Cette dernière est notamment utilisée pour des jeux de séduction ou des échanges romantiques. J'ai toujours beaucoup aimé les personnages de type "femme fatale" et donc cette description me plaisait beaucoup. Les kitsune sont aussi très malicieux et joueurs, et ça je le suis totalement !
Le polymorphisme reste quand même l'élément principal autour de cette symbolique, et c'est pour cela que j'ai voulu nommer l'album dans ce sens. J'ai aussi choisi et gardé le kitsune par représentation de la pluralité des choses que je fais : le chant en tout style, l'écriture de paroles, le cosplay, etc.

Quels vont être vos prochains projets culturels ?
Après Polymorphose, je vais poursuivre mes versions françaises et autres reprises, ainsi que les concerts. Je vais aussi continuer de travailler sur les projets de VoxWave ! D'ailleurs le troisième album d'ALYS Emancipation sort aussi pour Japan Expo, et inclut notamment la chanson Oxygène que j'ai écrite avec Lightning et que nous avions proposé à l'Eurovision. Sous cette pluie, l'autre chanson que j'ai écrite pour ALYS avec Lightning vient d'être intégrée au jeu de rythme pour mobile ZYON et je n'en reviens toujours pas ! Je souhaite d'ailleurs chanter pour des jeux vidéo ou autres projets similaires, et je vais travailler aussi dans ce sens !

Des rencontres avec votre public sont-elles prévues ? Assisterez-vous à la Japan Expo ?
Je me déplace régulièrement en salons, où je cherche notamment à faire des concerts comme j'ai déjà pu le faire à Made in Asia (Belgique) ou Banzai (Tunisie). J'ajoute sur mon "TBKalendrier" tous les évènements où je me rends. Je vais d'ailleurs ce week-end à DoKomi, en Allemagne ! Je serai effectivemment à Japan Expo cette année, c'est d'ailleurs pour cet évènement que j'ai fait Polymorphose, et vous pourrez me retrouver sur le stand M.148 (VoxWave), dans le Hall 5A juste à côté de la verrière centrale ! J'ai hâte d'y être !!

Etes-vous passionnée de cosplay ? Pouvez-vous nous en parler et quels sont vos déguisements préférés ?
J'aime beaucoup le cosplay, je trouve que c'est une activité vraiment complète et créative ! On développe un grand nombre de ressources à chercher de nouveaux matériaux, de nouvelles techniques... Et pouvoir partager tout ça avec d'autres gens, être liés par une passion même lorsqu'on ne se connait pas directement, c'est vraiment formidable. J'en ai fait un peu de mon côté, mais je préfère vraiment chanter ! Le costume que j'ai préféré faire et porter reste la version humaine d'Amaterasu du jeu Okami !

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Je vais continuer de donner le meilleur de moi pour proposer toujours plus de contenus ! Un énorme merci à ceux qui me suivent et soutiennent déjà, et je souhaite chaleureusement la bienvenue à tous ceux qui auraient envie de nous rejoindre dans cette aventure ! N'oubliez pas : c'est vous qui décidez de la personne que vous souhaitez devenir !

Merci à TBK d'avoir répondu à nos questions !

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