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Sofian Mustang présente l'album Back to nowhere en interview

Débordants d'énergie et de générosité sur scène, la musique unique de Sofian Mustang se caratérise par un mélange de rock, folk, country et mariachi.

Découvert il y a quelques mois dans nos colonnes, Sofian Mustang nous a fait le plaisir de répondre à nos questions dans cette interview... De quoi avoir un nouveau regard sur leur 1er album Back to nowhere sorti le 19 février dernier.

Sofian Mustang (© Marine Truite)

- Pouvez revenir sur le parcours de Sofian Mustang ?
Le groupe s'est créé à Bordeaux en 2010, autour d'une envie commune de vivre une autre expérience que celle que propose un groupe de rock « traditionnel » : on voulait une communauté, un truc un peu bohème, entre la fanfare tzigane et les mariachis mexicains. Du coup, on est 7 musiciens, pour plus d'une dizaine d'instruments sur scène. C'est beaucoup, mais c'est précisément ce côté un peu « too much » qui fait notre identité, et la richesse de notre musique. Du coup, le groupe déborde de vie. Et un truc intéressant, c'est que cet esprit communautaire trouve un écho assez fort auprès des personnes qui apprécient notre musique. J'imagine que ça éveille en elles le même fantasme que celui après lequel on court nous-même avec ce projet : le partage, le voyage, la liberté, l'inconnu, tous ces trucs-là. C'est pas du concept hyper pointu, mais il y a tellement de choses qui peuvent s'exprimer à travers ça. Nos textes sont rarement enjoués, il y a beaucoup d'histoires de fuite, de solitude, de regrets, de mélancolie.

 

- En février 2016, est sorti l'album Back to nowhere. Est-il possible de nous le présenter ?
C'est un album de 12 titres, qui résume un peu ce que je viens de te dire. Il est un premier aboutissement (il y en aura d'autres, j'espère !). Il reflète très exactement ce vers quoi on tend depuis les débuts du projet. Les trompettes y sont omniprésentes, aussi bien dans nos titres les plus rock (comme Les Arcs Electriques) que dans nos morceaux plus folks ou dépouillés. On l'a voulu comme un grand road-trip, au carrefour de toutes nos influences. Le grand défi a été de lui donner une cohérence globale. On ne voulait pas d'un titre clairement folk, un autre mariachi, un autre purement country, etc. Et j'ai la prétention de penser qu'on a réussi ! On l'a conçu comme une grande onde qui oscille autour d'une ligne directrice que l'on ne doit jamais perdre de vue. Les titres sont très différents les uns des autres, aussi bien dans leur écriture que dans leur intention, mais notre identité devait rester évidente. Il fallait conserver une vraie fluidité d'ensemble. Une chose est sûre, impossible de s'emmerder en écoutant notre disque ! Il s'y passe trop de choses pour ça.

- Parlez nous de Soldier dont le clip vient de sortir...
Le choix de ce titre comme premier single a été évident. Sa mélodie est limpide. Il n'a pas été écrit ou « calibré » pour plaire au plus grand nombre, mais il se trouve que c'est le cas, et on est ravis. On l'aime aussi ! En gros, c'est un soldat qui écrit à ses proches depuis le front. Ils lui manquent, bien sûr, et il pense ne jamais pouvoir rentrer chez lui. Sa lettre est entre l'adieu, l'appel à l'aide, et la simple déclaration d'amour. Il y est encore question de solitude et d'absence. Dans d'autres titres elles sont choisies. Ici non. J'aime le décalage entre le propos, pas fun, et la musique, très positive, entre folk et country. Ca crée une tension intéressante, un truc un peu mélancolique, mais qui au final fait du bien.

- J'aimerais que vous nous parliez un instant du choix des instruments, notamment cuivres et harmonica. Quelle place et importance y consacrez-vous ?
Les deux trompettes sont partout. Si j'étais trompettiste, j'adorerais jouer dans mon groupe !
C'était un choix évident dès le début du projet, on voulait des ambiances mariachis. Cette musique m'a toujours évoqué un sentiment complexe, entre fatalisme et optimiste. C'est difficile à décrire, ça pleure et ça se marre en même temps. Et c'est exactement ce balancement qui m'attire en terme d'intention artistique. En tout cas, c'est une signature esthétique très claire, indissociable du projet Sofian. On essaie aussi de les employer autrement, et de ne pas se cantonner aux seules ambiances mariachis.
Et concernant l'harmonica, c'est moi qui m'y colle. Mais je ne sais pas en jouer ! Tu souffles t'as un Do, tu aspires, t'as un Sol. Ca suffit pour faire illusion. Mais il y a de vrais virtuoses, et le niveau de maîtrise et d'expressivité que l'on peut atteindre avec ces petits machins est incroyable.

- C'est aussi l'occasion de ré-entendre un style presque oublié, entre Noir Desir et country. Ne pensez-vous pas qu'actuellement on soit un peu cloisonné sur la musique que l'on écoute ?
Honnêtement, non. J'ai quand-même l'impression qu'internet a permis à beaucoup de monde de s'ouvrir à de nouveaux styles musicaux. Il y a toujours, dans le fait de revendiquer la musique que tu écoutes, une notion d'affirmation de ta propre identité, mais moins qu'avant, peut-être. Tu donnais de toi pour écouter un truc. Tu allais dans un magasin, tu achetais ton album (si si, je te jure), c'était une démarche active, et qui laissait du coup peu de place à l'improvisation et à la découverte. Aujourd'hui, tu as accès à tout, partout et tout le temps. Est-ce que c'est une bonne chose ? C'est pas si évident. La musique que tu écoutes a peut-être moins de valeur à tes propres yeux, parce que tu n'as pas la même intimité avec elle. Pour ma part, j'ai découvert des milliers de trucs sur le net, mais je ne prends pas forcément le temps de créer mon histoire avec les albums que j'écoute. Sauf gros coup de cœur, bien sûr. Je connais par cœur les tracklists des albums que j'ai sur CDs. Je connais tout juste les titres des albums que j'ai dans mes playlists.
Après, concernant ce « style presque oublié », tu as peut-être raison. Mes premières influences sont cette musique américaine que la France n'a jamais su s'approprier. Et c'est pas censé être un problème ! On a un héritage assez riche pour s'en passer. Sauf que la variété l'a toujours exploitée malgré tout, en en faisant la plupart du temps une caricature. Genre country = madison et chapeaux de cowboys. Ou alors l'intention est purement commerciale : la plupart des esthétiques folk/acoustiques servent des ballades insipides « grand public ». Idem pour la soul, idem pour beaucoup de choses. Après c'est une chose que je peux comprendre. Cette culture n'est pas la nôtre. Des artistes ont bien sûr réussi à s'en nourrir, mais ils sont rares (ou peu diffusés).
Notre but avec Sofian est de suivre notre propre voie, entre americana, « musique du monde » (même si ça ne veut pas dire grand chose), et influences françaises/européennes. On a beaucoup de textes en français. On veut présenter une musique unique, authentique, organique.

- Avez-vous une anecdote sur l'album à nous donner ?
C'est pas vraiment une anecdote, mais une erreur récurrente dans les chroniques du disque : Back To Nowhere signifie bien « De retour VERS nulle part », et pas « De retour DE nulle part ». On y était déjà, et on y retourne. On ne veut surtout pas en revenir ! C'est là qu'on est bien.

L'album Back To Nowhere est disponible en téléchargement légal sur iTunes.

 

- Quels sont les projets à venir pour 2016 ?
On continue la promo du disque, et on prépare en ce moment les concerts à venir. Je ne peux pas encore annoncer grand chose, mais on va voyager cette année ! Toute l'actu du groupe se trouve sur Facebook et notre site internet.
L'autre grand objectif de l'année est l'écriture de notre prochain disque. On pense déjà à la suite... Rendez-vous en 2017 pour ça si tout va bien.

- Le mot de la fin ?
Notre musique prend sa pleine mesure sur scène. Venez, le voyage est garanti !

Merci au groupe Sofian Mustang d'avoir présenté leur album Back To Nowhere en interview !
Retrouvez les sur leur page Facebook.

Maxime Lopes sur Google+

Musique interview

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