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SIRE : Sleepless Night annonce un album

Sleepless Night, annonce une nouvelle ère. En pleine préparation de son quatrième album prévu pour la rentrée 2018, SIRE profite de cette fin d'année baignée de fraîcheur pour dévoiler l'univers de son nouveau projet. Toujours aussi marqué par les questions de la féminité, ce nouvel album prendra un très net virage électronique, mêlant les chansons aux influences trip hop, comme l'envoûtant Sleepless Night.

Sire

Biographie de Sire

Touche-à-tout méticuleux, SIRE commence sa carrière par le théâtre à la fin des années 80. Il y adapte notamment, Hygiène de l’assassin de Amélie Nothomb, dans une mise en scène de Gérard Desarthe. Il participe dans le même temps au scénario du film de Pierre Grange, En mai fais ce qu’il te plaît, avec Kristin Scott Thomas (Sélection Festival de Berlin).
Il publie également quelques textes dont Entrée dans le bleu, (Gallimard, collection l’Infini). Intégré à l’écurie Life live (Louise Attaque, La Grande Sophie, Sanseverino, La Tordue etc.) il s’oriente de plus en plus vers la musique et réalise son premier album, EleKtroBaroK Concept, en 2000.

En 2006, il compose pour France Inter les musiques du double CD Contes de Noël pour adultes présentant quelques enregistrements des contes de son père, Gérard Sire, (scénariste et homme de radio décédé en 1977), illustrés par François Boucq, et accompagne la tournée française de The Dresden Dolls, à la demande du duo américain, rodant les futurs titres de l’album "Chair Memories" qui sort fin 2008 et se fait remarquer par la presse.
Également spécialiste de la musique à l’image, il a composé près de 80 bandes originales de documentaires, films culturels, fictions et publicités depuis 2010.

En 2015, il publie son troisième opus, November, qui, unanimement salué par la critique, est le premier album de "pop acoustique" entièrement réalisé à partir d'espaces et d'instruments virtuels, et dont tous les textes sont écrits par des femmes.

Cette année, c'est avec son envoûtant nouveau single, Sleepless Night, qu'il fait son grand retour. Une première pastille de son quatrième album en préparation pour la rentrée 2018. Toujours aussi marqué par la question de la féminité, ce nouvel album prendra un très net virage électronique, mêlant les chansons aux influences trip hop, comme Sleepless Night, et des plages instrumentales tantôt hypnotiques, tantôt chaotiques. Un prochain rendez-vous est fixé début 2018 pour découvrir un EP 5 titres qui précèdera la sortie de l'album !

Interview

Pouvez-vous nous présenter votre clip Sleepless Night ?
Comme mes précédents clips (Look et November), Sleepless Night a fait appel à l'équipe de Olam Prod. Et pour cause, outre que la réalisatrice, Jay Sroussi, est ma compagne depuis 14 ans, c'est aussi avec elle que je travaille mes chansons, dont elle écrit la plupart du temps les textes. Sur Sleepless Night, elle est aussi à l'origine de la musique et de la mélodie. Le thème de la chanson est lié aux trop nombreuses nuits blanches que provoquent ma maladie, mais aussi à un état parfois d'apesanteur dû au manque de sommeil où se mèlent alors cauchemars et douceur pour finir sur des réveils lumineux qui sont ici personnifiés par la danse sur la plage réalisée par notre fille. Et il était important que ce soit vraiment elle qui soit présente dans le clip, comme dans la chanson Look il y a deux ans. L'ambiance du clip, qui bénéficie du travail de lumière et d'image du chef opérateur Florian Forléo, renvoie, entre Lynch et Peter Greenaway, à une esthétique qui marque autant Jay que moi, entre rêve et réalité.

Vous préparez actuellement votre 4ème album qui sera disponible en 2018, peut-on en savoir plus à son sujet ?
Après un album très rock, Chair Memories, et un album "acoustique virtuel", November, je souhaitais revenir à la musique électronique que j'ai apréhendé à mes débuts. Sleepless Night est ainsi une sorte de titre transitoire entre l'univers de November et celui du prochain album qui alternera entre des chansons ayant une base électro et des morceaux instrumentaux tantôt planant, tantôt très rythmés et parfois sombres. Mais au final, il y aura pas mal de mélanges, avec des parties en appelant au rock, d'autres au trip hop, d'autres à de l'ambient et parfois à de l'electro pointue.

Le thème de la féminité sera-il abordé et pourquoi ce thème en particulier ?
Parce que, et on le voit bien dans l'actualité depuis un moment, c'est une question qui me paraît fondamentale. Je suis persuadé que la société a besoin qu'on lui insuffle davantage de féminité pour trouver son équilibre. Ce qui ne m'empêche pas d'avoir un regard assez critique sur un certain féminisme de combat. Ce n'est d'ailleurs pas tant la féminité que cet équilibre dont je parlais qui est ma quête. Je suis persuadé que si les femmes et les hommes souhaitaient d'abord construire sur la part colossale de commun qu'ils ont entre eux davantage que de pointer leurs subtiles différences, le monde s'en porterait bien mieux. Nous avons chacun une part masculine et une part féminine et j'ai tendance à penser qu'il est indispensable que chacun l'assume, même si cette part est variable d'un individu à l'autre. Il faut casser aussi les schémas de domination masculine, sans verser dans le travers inverse comme tendent hélas à le réclamer certaines féministes. C'est davantage par le respect, l'empathie (surtout) et un regard égalitaire sur les questions domestiques et professionnelles que par des gadgets absurdes comme l'écriture inclusive qu'on y parviendra. Il faut aussi que certaines femmes cessent elle même de participer à la reproduction des schémas de domination masculine, par ailleurs. Jay est d'ailleurs en train d'écrire un long métrage qui se déroule à trois époques différentes sur ce sujet et tout l'album à venir est en fait un dialogue entre son scénario et ma musique, même si l'album abordera d'autres thèmes et certaines choses plus personnelles, comme c'est le cas de Sleepless Night.

Pour les instruments, vous utilisez des instruments virtuels pour composer entièrement les mélodies. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Je fais partie de la première génération à avoir eu accès aux outils informatiques. Si  ceux-ci, à l'image du Sinclair ZX81, ou des premiers Atari, étaient assez rudimentaires, ils ont stimulé mon imaginaire, d'autant que mon frère Clément, devenu un des très meilleurs physiciens français, m'avait montré la voie. Même si mon intérêt très prononcé pour la musique classique et le jazz m'ont permis d'aborder l'harmonie de manière traditionnelle bien que très tardivement, j'ai toujours pensé la musique avec les ordinateurs. Ayant très vite ressenti les limites à mes capacités d'instrumentiste induites par les crises de la spondylarthrite ankyklosante sévère que je subis, j'ai immédiatement compris le parti que je pourrais tirer de l'informatique musicale. Au début de ce cycle, les instruments échantillonés n'offraient pas beaucoup de possibilités et seuls quelques passionnés tentaient d'en développer. Mais avec l'évolution de l'informatique, les gains en qualité sonore des interfaces numériques, le développement de processeurs ultra puissants, les marques ont créé des logiciels, des plugs-ins et des instruments impressionnants dont la plupart des articulations pouvaient être reproduites. Etant très au fait de ces travaux, j'ai commencé à développer des relations étroites avec certaines d'entre-elles pour lesquelles je réalise parfois des démos. Je travaille donc essentiellement à la souris, posant parfois quelques bases au clavier, avant de retravailler longuement tout ça avec des conttrôleurs midi, des courbes d'intensité, d'expression et des simulateurs d'espaces comme la station MIR développée par Vienna Symphonic Library. Mais une certaine part du travail est de la cuisine interne et je ne peux pas tout dire (rires)....

Vous avez un handicap, en quoi la musique vous aide à lutter contre la maladie et quelles sont les limites dans la pratique pour vous ?
Je ne sais pas si la musique m'aide à lutter contre la maladie, mais elle m'aide à vivre. Et la création est même pour moi une question de vie ou de mort. Mais la musique me permet en revanche de montrer que même avec un handicap très douloureux et des limites de mouvement et de dextérité, on peut toujours trouver des solutions pour rendre les choses acceptables et particulièrement avec le concours de l'imagination. Après, comme je l'ai déjà répondu avant, ce que j'ai gagné en capacité à créer par le biais de l'ordinateur, ne fait que compenser le fait que je ne peux plus jouer réellement d'intruments. D'un côté j'aurais vraiment aimé pouvoir n'avoir besoin que d'un piano et d'une guitare et m'y exprimer au mieux, de l'autre je me dis qu'en pareil cas, ma musique aurait été moins particulière. Enfin, je le suppose.

Pourquoi sortir un EP quelques mois avant l'album ?
C'est essentiellement lié aux nouveaux usages concernant la musique et à la transformation des modes de communication induits par la toute puissance d'internet et des réseaux sociaux. Jusqu'à présent, je mettais entre 4 à 7 ans pour faire un album. Mais aujourd'hui, une actualité ne survit pas beaucoup plus de 24h avant d'être submergée par une nouvelle. Depuis la révolution Industrielle l'Histoire s'accèlère de manière exponentielle et internet a marqué un tournant surréaliste dans ce domaine. Il y a une sorte d'obligation à être toujours présent sur la toile à sans cesse livrer de l'actualité. Or, ne voulant pas être esclave de cette tendance, tout en acceptant de m'y soumettre partiellement, j'ai pensé, tout comme l'équipe de Chancy Publishing (mon éditeur), que la meilleure manière de concilier ces paradoxes consistait à livrer un album en plusieurs fois. D'abord un single, ensuite un EP 5 titres, enfin l'album au complet. Cela me permet de travailler à un rythme qui n'écrase pas ma créativité, tout en ayant de l'actualité plus fréquemment.

Vous avez composé par le passé des bandes originales de film quelles sont les différences avec une composition plus personnelle ? Avez-vous des projets dans ce domaine à venir ?
J'ai plein de projets en la matière, comme souvent avec Olam Prod, mais ce n'est pas la peine de citer les choses parce qu'il y en a beaucoup. En fait, ce n'est pas "par le passé'", mais en permanence que je compose pour l'audiovisuel, même s'il me manque encore le long métrage à mon actif, ce que je souhaite réparer dans les deux prochaines années. Mais l'image et le cinéma sont omniprésents dans mon travail et mon esprit. Comme Jay, dont c'est le métier, je suis un boulimique de cinéma. C'est un peu de famille. Mon père était scénariste et mon autre frère, Antoine, et, entre autres activités, un historien du cinéma réputé. Il a publié l'an dernier chez Actes Sud, une impressionante bible sur Hollywood et les femmes (toujours la féminité), intitulée Hollywood, la cité des femmes. Il est d'ailleurs aussi passionné de musique de film et était présent dans mes premiers travaux musicaux avec le compositeur, chanteur réalisateur Claude Jacquin.

Pourra-on vous retrouver prochainement en concert ?
A moins d'un changement imprévu, sans doute pas. J'ai arrêté la scène en 2009, faisant le constat que mon état physique me privait totalement du plaisir de faire des concerts.
C'était pourtant mon premier amour et l'origine de ma passion pour la musique qui est en grande partie née en assistant à des concerts. Mais au bout d'un moment, j'ai dû faire le constat que cela ne correspondait plus à ce que je pouvais faire, même si cela me manque souvent. C'est d'ailleurs ce manque qui me fait exclure de prétendre que je ne ferai plus jamais de scène. 
Mais là aussi, il a fallu trouver un biais pour compenser cela et c'est pour ça que je me présente souvent comme un artiste virtuel. Un artiste qui produit, se montre en images, mais que l'on ne verrait jamais en "vrai". J'ignore si cela est bien ou mal, même si je sais ce que cela induit de handicap dans ma communication et la diffusion de ma musique, mais pour le moment c'est ainsi et je le vis bien.

Merci à Sire d'avoir répondu à nos questions !
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Maxime Lopes sur Google+

Musique interview

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