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Nilem présente son EP Un abri dans l’incendie

Dans la vie ou sur scène, Nilem a donné à sa guitare la dimension d'un véritable compagnon de route. Elle est l'arbre à six cordes qui cache une forêt de savoir-faire car ce guitariste talentueux est également un compositeur, arrangeur, réalisateur, multi-instrumentiste qui a su placer tous ses talents dans ses compositions pour l'EP Un abri dans l'incendie.

Nilem

Quelle importance apportez-vous au travail de vos compositions et à l'harmonie entre les textes et instruments ?
Venant de la musique Anglophone et instrumentale, pendant des années, j’ai écouté et écoute encore des musiques ou les mots ne sont pas nécessaire pour transmettre un message ou une émotion. Un arrangement ou une mélodie me suffisait pour me raconter une histoire et me procurer des sensations. Je compose de la musique de film, et là, pas besoin de mots pour raconter une histoire. Un son, un arrangement, un instrument, des notes suffisent. Cela se retrouve dans ce nouvel EP, c’est plus fort que moi.
C’est bien plus tard autour de mes 25, en découvrant des artistes Francophones s’exprimant en français que j’ai compris que les mots pouvaient apporter une force en plus à ma musique, et à mes chansons.
Au fil du temps, c’est ma langue maternelle le français que j’ai choisi par soucis de sincérité et de lien direct avec ce que je raconte.

Pouvez-vous nous présenter l'EP Un abri dans l'incendie ?
Un abri dans l’incendie est un EP qui a mis du temps à éclore. Il s’est passé presque 4 ans entre le premier EP (plus trouvable maintenant) et celui-là. Le travail que je fais pour d’autres artistes en tant que musicien, compositeur, arrangeur me prend aussi pas mal de temps, un travail que j’aime beaucoup, mais il me laisse par moment moins de temps pour mon projet, mais cela est amené à changer pour que les choses avancent plus vite.
Donc on peut dire que c’est un disque qui a pris le temps de mûrir, sur le plan artistique. Je voulais me donner les moyens de produire cet EP comme je voulais, et surtout le faire avec les bonnes personnes, il fallait mettre tout ça en place.

Le fait d'avoir fait financé l'EP par les internautes lui rajoute-il une dimension particulière ?
Oui, évidemment, cette façon de produire un disque est une manière qui m’attire, donner directement à l’auditeur la possibilité de produire le disque d’un artiste qu’il aime, est une super idée. Cette méthode a permis à beaucoup d’artistes comme moi en développement de pouvoir produire des disques sans passer par les méthodes qui nous dirige depuis des lustres.
Pour nous artistes, c’est aussi une façon de créer un réel lien direct avec notre public et de l’impliquer dans l’aventure.
Mais se lancer là-dedans n’est pas une chose si simple, il faut avoir un certain nombre de personne qui vous suivent, avoir déjà une certaine Fan base, donc avoir fait déjà des choses.

Avoir des textes engagés, comme Calme la mer, c'est important ?
Oui, cela me semble important à mon sens, après l’idée est de trouver la forme qui nous convient le mieux. Ce sont des événements, des ressentis et ce qui m’entoure qui me donnent envie d’écrire. Je n’aime pas trop les textes autocentrés sur soi. Il y a tellement de choses autour de nous inspirantes, et malheureusement pas que des belles choses.
Pour Calme la mer, ce sont toutes ces images de migrants perdus sur leur bateau qui m’a touché, qui m’a donné envie d’écrire une chanson. La première phrase qui m’est venu, c’est Calme la mer, une envie que tout se passe bien pour eux, l’espoir que la nature soit au moins de leur côté, le reste l’humain n’en sera que responsable. Tout le reste du texte découle de cela.

Comment se sont passés les enregistrements de l'EP ?
L’enregistrement s’est passé à merveille, j’ai été entouré de gens très à l’écoute et au service du projet. Il a été enregistré et mixé au studio Garage à Paris par Jean-Baptiste Aubonnet. J’ai fait appelle à trois musiciens pour cet enregistrement, Octavio Angarita au Violoncelle, le musicien le plus souvent sur scène avec moi en tournée, Gaetan Allard à la batterie et Thomas d’Arbigny à la basse. Je suis arrivé avec mes maquettes et mes arrangements, l’idée avec eux, était de rendre ce disque plus vivant et plus en relief, comme je l’entendais dans ma tête, le rendre encore plus organique.

Parlez nous du titre Retour à l'envoyeur...
Ce morceau part d’un questionnement sur notre façon de vivre, de consommer et de construire notre avenir, j’ai eu cette amère sensation qu’on se plantait, même si j'ai l'impression que les choses bougent dans le bon sens, mais ça va être long.
Je voulais une image plus poétique concernant le texte. Cette image que la lune pleure en nous regardant faire nos conneries en dansant me plaisait bien.

D'une manière générale, comment avez-vous choisi les titres : au feeling parce que ça passait bien ou pour une raison particulière ?
Les titres se sont choisis assez naturellement, j’ai sélectionné ceux qui me semblaient les plus abouti. Par la suite, j’ai essayé plusieurs track list pour trouver la plus cohérente.

Avec quel artiste aimeriez-vous faire un duo ?
La liste serait très longue si je commence à tous les énumérer. Ce que j’aime le plus c’est de faire des duos ou des collaborations avec des artistes d’univers différents, c’est dans ces moments-là qu’il se passe des choses magiques.

Une indiscrétion à nous donner sur Un abri dans l'incendie ?
C’est pas bien d’être indiscret ;-)

Il y a quelques jours vous parliez rémunération lors d'une conférence. A l'heure du tout digital, quel est l'enjeu pour les artistes ?
Nous sommes depuis quelques années dans une période transitionnelle dans l’industrie musicale.
Nous n’avons pas le choix que nous adapter à la façon dont les gens consomment la musique, la mutation ne fait que débuter, et il faut s’adapter pour aller de l’avant et non pas rester bloquer dans le, « C’était mieux avant ».
Le numérique a permis à des milliers artistes de rendre leurs musiques accessibles, mais à évidemment diminuer la rémunération en ce qui concerne la vente de disque. Il a fallu trouver d’autres sources de revenus.
Ma carrière a débuté il y a un peu plus de 10 ans, et le changement avait déjà commencer, donc je l’ai construite avec tous ces problèmes, pour moi tout ça me semble normal.
Cela n’empêche pas de défendre ces droits, et de lever la voix quand certains acteurs du secteur abusent de la situation des artistes et de leurs créations, mais ça, ça n’a jamais vraiment changé.
On revient aussi dans l’idée du Do It Yourself, de plus en plus d’artistes deviennent autonome, et développent leur projet avec leur propre structure (label, édition, boite de prod etc..). Il y a moins d’argent ? Donc limitons les intermédiaires, mais cela n’est pas sans difficultés. L’idée de l’artiste entrepreneur et du circuit-court commence à émerger dans ce milieu.
Surtout ne pas oublier que l’on peut aussi faire de la musique sans vouloir en faire son métier.

Les concerts occupent également une place importante dans votre vie artistique. Quelle relation entretenez-vous avec le public sur scène ?
C’est pour le live et les concerts que j’ai voulu faire de la musique. C’est dans ces moments-là que je me sens le mieux. J’aime l’adrénaline que procure la scène. Je fais beaucoup de musique à l’image, et je passe beaucoup de temps entre quatre murs à composer de la musique, mais je n’arriverai pas à trouver un équilibre dans ce métier sans faire de concerts, et sans relation avec le public. Voir que l’on a donné du plaisir et procurer des émotions à des gens m’est d’une grande satisfaction.

En quoi est ce important de faire des concerts sur plusieurs continents et accueille-t-on votre musique différemment ?
La musique t’amène souvent à voyager dans le monde entier. Chaque pays a son écoute et sa bienveillance, mais finalement, tu t’aperçois très rapidement que la musique est un langage universel, que tu la fasses où tu l’écoutes, peu importe la langue, la musique, c’est l’émotion qui prône.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Houlala j’en ai tellement dit juste avant !!! :-)

Merci à NiLem d'avoir répondu à nos questions !
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Maxime Lopes sur Google+

Musique interview

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