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Mina Sang présente son EP Incorporée

Mina Sang a été fermière, sculptrice et cartomancienne, accordéoniste et camionneuse, belge et limousine. Depuis qu'elle a des souvenirs, elle a toujours fait de la musique. Avec ce premier EP de cinq titres qui paraît le 15 septembre, elle s'avance dans la lumière avec une pop chamanique, vibrante et profonde comme la Terre. Qu'elle chante Rimbaud, Brecht ou ses propres textes, c'est toujours d'un coeur clair qu'émanent ses harmonies.

Mina Sang est auteure, compositeure, chanteuse, et habite sur le Plateau de Millevaches. Formée au Conservatoire de Limoges en chant et accordéon. Elle est accompagnée par deux talentueux musiciens : Boris Boublil et Jonathan Reig.

Mina Sang - Incorporée

Comment passe-on de fermière, sculptrice et cartomancienne à la musique ?
En fait, j'ai toujours fait de la musique, du piano, du chant, et en même temps, je voulais savoir tout faire, savoir coudre comme conduire un poids lourd. Aussi, je viens des Ardennes belges et mes grands-parents étaient paysans. La sculpture, l'agriculture et le chant, pour moi c'est un peu la même chose, c'est faire grandir la vie, avec sa sensibilité à nu. L'art n'est pas une sphère à part, c'est la façon singulière que nous avons de faire les choses quand nous les faisons pleinement. Ensuite, j'ai appris très jeune à lire les cartes, dans une ambiance de magie et d'invisible. C'est un certain langage composé de symboles très anciens qui permet de voir et comprendre des choses parfois très simples, mais qui restent pourtant obscures. Et puis un jour, c'est la musique qui s'est imposée comme centrale.

Pouvez-vous nous présenter votre EP qui sortira chez Doux Divorce Records en septembre ?
Cet EP, c'est un bout de mon histoire. Son titre a le nom du premier morceau Incorporée qui est la toute première chanson que j'ai écrite il y a cinq ans. Incorporée dans le sens de réintégrer son corps, dans une descente verticale, un atterrissage joyeux à partir duquel on commence réellement à vivre, à cesser d'attendre ou d'avoir peur. Où vivre, ce n'est pas simplement faire des choses, mais suivre ses vocations. Cet EP, c'est aussi une rencontre, entre mon univers, mes compositions et le musicien aux mille talents Boris Boublil avec qui je travaille.

Parlez nous du titre Je brûle...
Je brûle, c'est du désir pur, et en même temps le récit d'un grand amour qui a commencé par une grande frayeur. La frayeur de savoir que ce qui nous attend nous transformera profondément et irréversiblement. « L'amour est fort comme la mort », dit le Cantique des cantiques. J'étais aussi, en pensée, avec PJ Harvey quand j'ai écrit cette chanson.

Vous étiez en résidence chez Des lendemains qui chantent ; comment se sont passés les enregistrements ?
On a surtout travaillé la scène, le son, dans des conditions idéales. On a aussi travaillé des nouveaux morceaux, des morceaux qui attendaient depuis quelques mois à être joués sur scène. Nous avons la chance d'être accompagnés par la Smac Des Lendemains qui chantent.

Peut-on en savoir plus sur le clip d'Incorporée ? Pourquoi avoir donné un aspect ancien au clip ?
Les images les plus anciennes du clip viennent de l'expérience de Saint Alban, l'hôpital expérimental pour les « fous » que Tosquelles a monté durant la seconde guerre mondiale. Il a transformé un lieu de réclusion en un lieu de vie, entre deux parachutages d'armes pour le maquis. Cette expérience n'appartient pas au passé ; elle inspire encore des centaines de gens courageux de par le monde. Quant aux autres images en noir et blanc, certaines viennent des émeutes de 1968 à Paris, mais aussi du printemps 2016. Et ce sont presque les mêmes images. Il existe un rendez-vous secret entre les générations passées et la nôtre. Aussi, quand nous voyons des Inuits danser ou des femmes de l'Italie du Sud en transe au rythme de la tarentelle, nous accédons à une part de nous-mêmes. Ce qui veut vivre déchire ce qui l'en empêche - c'est vers ce point que convergent toutes les images du clip.

On retrouve un titre de Rimbaud dans votre EP, pourquoi et comment se sont portés vos choix ?
Rimbaud, c'est par endroits la bonne vieille machine française du langage qui tourne à vide et délire, mais par endroits c'est aussi la pure immanence de la vie, la sensibilité fragile, vivace, intacte, celle qui fait que l'on ne s'accommode pas du règne du mensonge et de l'anesthésie. Celle qui fait qu'un jour il faut tracer sa route sans regarder derrière soi. Partir, loin, chaque fois que l'horizon se referme.

Comment ressentez-vous la musique ?
Sans mot.

Vous prévoyez une tournée ou des concerts à la sortie de l'EP ?
Oui, on a prévu une tournée. On passera à Bordeaux, sur le Plateau de Millevaches, à Lille et à Paris.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Merci !

Merci à Mina Sang d'avoir répondu à nos questions !
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