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Margaux Simone présente son EP Platine

Margaux Simone... Avant même d'avoir écouté sa musique, la sonorité du nom de l'artiste évoque tant de choses : une reine déjà, des icônes musicales, cinématographiques ou littéraires ensuite. Un sentiment hors du temps. Margaux Simone vibre au présent mais résonne du passé. Son présent, parlons-en : un EP évanescent et sensuel, à la pop vaporeuse et visible à l'oreille nue.
Margaux Simone nous présente son EP Platine.

Margaux Simone

Pouvez-vous nous présenter votre EP Platine ?
C’est un EP de 5 titres. J’ai passé deux ans à l’écrire. J’avais envie d’emmener mes chansons sur un territoire un peu inconnu jusqu’à présent. De partir à la recherche d’un son plus électronique, plus pop, avec des influences hip hop.

Comment avez-vous choisi ce nom ?
Platine est le nom d’une chanson du EP. C’est le cœur de l’album. C’est elle qui donne le ton. C’est une chanson qui parle de la quête de soi, qui revendique une personnalité forte et en dehors des conventions. Dedans j’explique pourquoi j’ai eu besoin de me renouveler musicalement et personnellement. Il y a aussi de second degré dans ce titre. C’est comme un égo trip pour se donner du courage, comme il y en a souvent dans le hip hop. Et puis bien sur, sous ses airs superficiels, ce que j’aime c’est que dans notre imaginaire commun ce mot fait appel à des références iconiques et intemporelles : Marilyn Monroe, David Bowie, Andy Warhol, Etta James… C’est un mot qui évoque le cinéma hollywoodien de l’âge d’or, les actrices de David Lynch, le glamour mais aussi le rock, Blondie, Kurt Cobain. J’aime les paradoxes, j’aime l’idée que les apparences soient parfois trompeuses et que derrière cette mon platine se cachent pleins de secrets à découvrir au fil des chansons. Je ne suis pas forcément ce que l’on attend que je sois.

Il parait que vous vous êtes inspirée de la littérature pour le composer. Peut-on en savoir plus, ainsi que vos sources d'inspirations ?
Disons que durant mes études de lettres j’ai découvert des auteurs de la lost generation qui m’ont passionné. En lisant Paris est une fête d’Hemingway ou Gatsby de F. Scott Fitzgerald j’avais l’impression de lire des livres écrits aujourd’hui. Je me sens proche de leurs personnages, de leurs questionnements, leurs hésitations.
Quelque part avec ce disque j’ai fait l’inverse. Dans ma chanson Charleston par exemple, je parle d’aujourd’hui, de la fête amère. Mais je fais un clin d’œil au passé, un écho à cette période. Mes chansons sont très actuelles, mais de temps en temps je glisse des petites touches retro dans une mélodie de voix, dans les arrangements de cordes ou dans les cuivres.

Vous avez co-écrit le titre Casino avec Joseph d'Anvers. Comment s'est passé vos échanges ?
Joseph je suis allée le chercher. Je ne le connaissais pas. Je l’ai rencontré et je lui ai dit que j’aimais son travail et que j’aimerais faire des chansons avec lui. Il m’a envoyé plusieurs mélodies sans textes qu’il avait maquetté. On a fait plusieurs titres ensemble ainsi, lui à la musique et moi aux paroles. Finalement j’ai choisis Casino car c’était celle qui s’intégrait le mieux à cet EP. On s’entend bien, c’est mon pote.

Les enregistrements c'est un moment redouté ou plaisant ?
Très plaisant, j’adore être en studio. Pour moi c’est passionnant d’avoir une envie, une idée et de chercher les sons précis pour la représenter. De partir à la recherche des arrangements les plus justes pour refléter un sentiment c’est ce que je préfère faire. Je pourrais passer des heures en studio, parfois la journée s’arrête et moi je pourrais encore y passer la nuit. Mais bon, il faut savoir s’en aller pour mieux revenir sur une chanson.
C’est plus productif.

En quoi réaliser ce projet avec votre père était important ? Etiez-vous toujours d'accord sur tout ?
Non nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout et c’est justement ça qui est intéressant. En général c’est comme ça qu’arrivent les bonnes idées. Ça ne m’intéresse pas de travailler avec des gens qui sont d’accord avec moi sur tout. Après, je travaille avec mon père depuis longtemps et c’est facile, on se comprend, ça va vite et puis j’ai l’impression de vivre une expérience de vie géniale, je pense que j’ai beaucoup de chance de travailler avec lui. Ensemble on fait les maquettes des morceaux. J’arrive avec un guitare-voix, ou un piano-voix, ou une petite maquette que j’ai faite et à partir de là on essaye de mettre en forme mes idées et d’aller plus loin.
Ensuite, j’ai fait appel à Lionnel Buzac, avec qui j’avais déjà travaillé sur Rue Des Archives. Car les premières maquettes étaient encore trop proches de mon premier album, et j’avais envie d’aller vraiment chercher des sons électroniques, trip hop, hip hop. Lionnel a fait des prod additionnelles et a apporté cette modernité et cette couleur à mon EP. Puis il a mixé et c’est Chab qui a masterisé et qui a encore apporté quelque chose en plus.
Avec Lionnel, on s’entend très bien, on a énormément de références communes, il sait vraiment ce que j’aime et ce que j’attends. C’est un plaisir de travailler avec lui.

Peut-on en savoir plus sur Bikini Queen Icon et son clip ?
C’est une chanson que j’ai écrite en hommage à une amie à moi dragqueen et ma bande d’amis avec qui nous passions de magnifiques soirées, où nous nous sentions jeunes, vivants et heureux.
J’ai demandé à Joseph D’Anvers de réaliser le clip car il vient du cinéma et que nous sommes tous les deux assez fans de David Lynch. Dans le cinéma de Lynch, ce que j’aime c’est qu’il fait la part belle aux personnages étranges, hors du commun par leur raisonnement ou leur physique.
L’idée était de jouer sur les paradoxes ici aussi. Les garçons sont féminins, moi je suis parfois masculine. Je suis séduite par un dragqueen (qui est donc un garçon travesti en fille). Je suis contente de pouvoir montrer des gens que l’on voit peu aujourd’hui, des beautés non conventionnelles et en dehors des codes.
J’avais aussi envie de mettre en avant les différents aspects de ma personnalité. Le clip est donc scindé en deux parties.
Il y a d’abord toute une première partie très esthétique et très léchée, un peu rétro. Je me tiens dans cette pièce rouge qui est un clin d’œil à la « Black lodge » de twin peaks. Je suis assise sur un trône, ce qui symboliquement représente l’idée que Bikini Queen est mon alter égo.
Ensuite, dans la deuxième partie plus moderne et plus rock, les rôles sont inversés. C’est elle la reine, la femme et moi l’entité masculine. Je vois en elle un alter ego qui me comprends et je m’enfuis avec elle.
Où ? La suite au prochain clip…

L'EP a été financé par les internautes. En quoi le financement participatif est important pour vous et que souhaitez-vous dire à vos contributeurs ?
C’etait une étape importante pour moi dans l’élaboration de ce disque car je suis une artiste indé. J’ai du tout faire seule, et faire un album coûte cher. Faire de la musique c’est à portée de main, c’est facile, mais faire un disque c’est autre chose.
Grâce à mes fans je suis fière de mon disque aujourd’hui car j’ai pu faire les choses comme je les avais imaginées dans ma tête.

Une anecdote à nous raconter sur l'EP Platine ?
J’avais fait une première version de cet EP il y a 1 an avec d’autres titres issus des maquettes. Tout était prêt et j’ai failli sortir le disque tel quel.
Finalement je suis repartie en studio et j’ai tout refait, car j’avais envie d’aller plus loin… Mais qui sait, peut être qu’un jour je sortirais cette version de mon ordinateur !

Vous serez le 12 février sur la scène des Trois Baudets, comment vivez-vous l'expérience de la scène et votre relation avec le public ?
La scène, c’est vraiment le cœur de ma passion. C’est ce qui fait que je suis droguée à la musique. Et en même temps, c’est aussi ce qui provoque le plus de peur et d’inconfort.
C’est une sensation unique. Un taux d’adrénaline tellement fort et intense, et en même temps si éphémère. Parfois j’ai l’impression d’être restée sur scène 5 min alors que j’ai joué 1h. Mais je me mets beaucoup de pression pour que tout soit parfait, que les gens aient passé un bon moment et qu’ils aient l’impression d’avoir assisté à quelque chose de rare.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Merci pour cette interview ! Et venez aux Trois Baudets le 12 février pour fêter la sortie du disque.

Merci à Margaux Simone d'avoir répondu à nos questions !
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Maxime Lopes sur Google+

Musique interview

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