Publicité

Manysheva : l'EP Faith

Manysheva est une artiste Russe qui vit en France et qui baigne dans une electro soignée et cotonneuse. Découvrez son EP Faith.

Manysheva

Manysheva. Son nom vous est surement encore inconnu, mais cela ne saurait durer.
Du haut de ses vingt-huit ans, cette musicienne originaire de Russie s’apprête à prendre possession de vos oreilles et à ne plus les lâcher. Arrivée en France il y a trois ans afin de rejoindre son amoureux, Valentina de son prénom a tout laissé derrière elle : sa famille, ses amis et son autre groupe de musique, Tinavie. L’amour que la Russe porte à la musique ne date en effet pas d’hier ; il serait d’ailleurs plus juste de dire que ce lien unique s’est tissé tout au long de sa vie. A 8 ans, Valentina rentre dans une école de musique pour apprendre le violon.

Elle en sortira 17 ans plus tard, après être passée par les plus établissements les plus prestigieux. Parallèlement à cela, a dolescente, elle se rend compte que le chant est un moyen de s’exprimer encore plus facile pour elle. Elle commence donc à écrire des chansons et à composer des mélodies. Issue d’une famille moitié kazakh, moitié ukrainienne, Valentin a baigne depuis toujours dans le chant. Dans la voiture de son grand-père, sur les routes du Kazakhstan, c’est avec ses soeurs et ses cousines qu’elle chantait à tue-tête des chants traditionnels. Lors des grands repas de famille, c’est toute la famille qui s’y mettait tandis que le grand-père tapait le rythme sur la table.

C’est plus tard que viendront ses autres inspirations. Le rock russe dans un premiertemps, et puis de l’acid-jazz et du trip-hop, beaucoup de trip-hop : Portishead, Radiohead, Massive Attack, Morcheeba. C’est à cette époque, en 2008, qu’elle rencontre les musiciens qui deviendront ses comparses dans Tinavie. Ensemble, ils sortent trois albums orientés pop-rock indé.

En 2013, fraîchement arrivée sur le sol français, Valentina est prise de l’envie de remonter un projet musical et ainsi écrire une nouvelle page de sa vie.

Tandis qu’elle écrit les paroles de ses morceaux et qu’elle compose les parties au piano et au violon, Marc expérimente et lui propose des sons et des rythmes électroniques. Une expérience tout nouvelle pour celle qui était alors habituée à travailler dans un groupe où chacun faisait sa tâche dans son coin. Valentina découvre avec son projet Manysheva la possibilité d’un travail en osmose parfaite avec un producteur et, véritable touche - à - tout qu’elle est, a décidé d’apprendre à manier les mystérieuses machines de Marc afin que leur lien artistique soit encore plus vivant. Sur certains titres de l’album, les deux compères ont fait appel à la musicienne grecque Olga afin qu’elle leur prête main forte.

Sur Alataou, c’est en langue anglaise que la Russe a choisi de s’exprimer délaissant pour un temps sa langue maternelle et le novlangue poétique qu’elle inventait parfois. Pourtant, elle ne désespère pas chanter un jour en russe et en français, puisqu’elle est désormais parfaitement trilingue. A l’écoute des pistes de l’album, une chose frappe l’auditeur d’office : la ressemblan ce étonnante avec une certaine chanteuse britannique, icône des années 80 : Kate Bush. Pourtant, Manysheva n’en est pas une grande fan, lui préférant son pendant un peu plus sombre de Cocteau Twins et la voix éthérée d’Elizabeth Fraser. C’est en gardant cette dernière à l’esprit ainsi que James Blake - autre voix marquante venue tout droit du Royaume-Uni que Valentina a composé les mélodies d’Alataou.

Parmi ses autres influences, citons aussi toute la musique classique russe du vingtième siècle (Prokofiev, Schostakovitch, Stravinsky et consorts) ainsi que des inspirations moins évidentes mais tout aussi majeures. La jeune compositrice puise en effet sa force dans trois phases de sa vie : une première lui vient de ce qu’elle vit et expérimente au quotidien, une seconde provient de sentiments et d’idées enfouis dans son monde intérieur tandis que ses dernières inspirations, c’est dans ses lectures qu’elle les pioche - le livre culte 1984 de Murakami en tête.

Définitivement électronique, habitée par une âme acoustique et portée par une voix claire et pure, la musique de Manysheva ne vous a pas encore révélé tous ses secrets.

Manon Chollot

Musique

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire