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Liferty dévoile son EP éponyme

Liferty, auteur, compositrice et interprète, orchestre un monde de mystère et de séduction. Prenant ses influences des grands noms du Trip Hop comme Archive ou Massive Attack, qu’elle mélange avec des touches de soul et de blues, elle vise à créer un univers passionné. Se dirigeant vers un univers plus trip-hop, Liferty dévoile son nouvel EP éponyme.

Liferty (crédit Lee Manston L R M photography)

Crédit photo : Lee Manston L R M photography

Interview de Liferty

Pouvez-vous nous présenter votre album éponyme ?
En fait il s’agit de mon premier EP (album de six titres), sorti il y a tout juste un an, en Octobre 2017. Je l’ai enregistré entre Mai et Juin de la même année. Pour moi il représente un « acte de naissance », car c’est à partir du moment où j’ai décidé de l’enregistrer que les choses ont commencé à se mettre en place. Ça a été un travail qui s’est un peu fait « dans le rush », comme on dit, car j’ai du choisir des musiciens pour l’album, puis changer de musiciens, puis sélectionner mes chansons qui seraient sur l’EP… bref, ce premier ouvrage représente beaucoup de travail mais surtout beaucoup de passion, et a permis de figer mon état d’esprit à un instant T. Je considère que nos chansons sont nos miroirs, et forcément, on évolue, et souvent, on oublie comment on était, ce qu’on avait en tête. Là, au moins sur ces six morceaux, ma « mémoire » est figée !

Votre univers sombre et atmosphérique entremêle mystère et séduction. Qu'est ce qui vous plait dans cela ?
Pour être tout à fait honnête, sur la partie « sombre et atmosphérique », c’est en fait ce qui ressortait des retours que j’avais. Au départ, au moment de composer et d’enregistrer, je ne m’étais pas posé la question, à savoir si c’était « sombre » ou « atmosphérique » ou non. Donc sur cette partie là, bien que je suis d’accord avec ces deux mots, je dirais, maintenant avec le recul, qu’encore une fois, ça fige un moment de ma vie qui était peut-être un peu plus sombre sur certains aspects, et que j’ai voulu écrire dessus. La partie atmosphérique de ma musique, ça, je ne peux le nier ! En même temps j’écoute beaucoup de Pink Floyd, de Radiohead, de bandes originales… beaucoup d’ambiances planantes qui m’inspirent beaucoup. Alors oui, composer ce genre d’ambiance, ça me plait beaucoup, je trouve que ça permet à l’esprit de se créer ses images, de s’évader…
Maintenant pour la partie mystère et séduction, c’est quelque chose de volontaire, qui sera d’autant plus accentué dans le nouvel album que je prépare, autant dans la musique que dans l’image. Je trouve que le mystère est essentiel pour laisser l’auditeur se projeter, imaginer ses scénarios… et la séduction aussi. Ceci dit, il s’agit plus ici d’une séduction subtile, plus quelque chose que l’on va ressentir… tout est dans la subtilité. J’essaye de trouver le juste équilibre entre tous les ingrédients.

Quelles ont été vos inspirations et comment avez-vous travaillé la composition de cet EP ?
Mes inspirations ont été ce que j’écoute en général, c’est à dire beaucoup d’artistes et de styles différents ! Certes, j’ai mes petits chouchous mentionnés précédemment, avec ceux que je considère comme mes Dieux, le groupe britannique « Archive », mais j’écoute aussi beaucoup d’autres styles. À vrai dire je me souviens que dans cette période j’écoutais beaucoup de musiques douces et acoustiques, comme peut en faire Agnes Obel, notamment.
Comment j’ai travaillé la composition de l’album ? En fait, toutes les chansons étaient déjà composées depuis quelques temps, le gros du travail en a été la sélection ! D’ailleurs jusqu’au jour de l’enregistrement de Frêle Hiver (piste 5 sur l’EP), j’hésitais encore entre celle-ci et une autre ! J’avais vraiment beaucoup de chansons écrites à mon actif, donc pour cet ouvrage là, j’ai plus du travailler l’arrangement des morceaux que leur composition. Faire en sorte que chaque instrument trouve sa place sur un morceau de base en piano-voix. Ça a été le plus dur. Surtout que j’avais mon idée bien en tête quant à comment je voulais que mes morceaux sonnent, mais entre l’entendre dans sa tête et arriver à le mettre en place, c’est une autre paire de manches...

L'univers du piano est très important dans vos compositions. Qu'est ce qui vous plait dans cet instrument et quel soin particulier avez-vous accordé pour créer des mélodies harmonieuses dans vos titres ?
Ce qui me plait dans le piano, en fait c’est difficile à expliquer… il y a comme une attirance que j’éprouve pour cet instrument. Un jour, on a eu un clavier chez nous, et j’ai commencé à essayer de jouer, puis à essayer de chanter. Donc c’est drôle car au départ j'avais du mal à chanter sans mon piano, j’étais moins à l’aise sans lui, car mon piano représente aussi une petite protection entre moi et l’auditoire. Et j’ai encore tendance aujourd’hui à considérer Liferty comme un « block » de chant et de piano, comme si à nous deux nous avions fusionné, haha !
Je ne suis pas la meilleure technicienne qu’il soit au piano.
À vrai dire, concernant les mélodies, je ne vais jamais préméditer la chose. Je compose quand j’ai quelque chose à dire ; je laisse aller mes doigts et ma voix, je laisse sortir l’émotion, et la mélodie vient d’elle-même. Après, bien sûr, je retravaille le morceau « brut », je fignole, j’enregistre, j’écoute ce qui est bien, ce qui est moins bien… et quand ça me plait vraiment, quand je me dis que je peux la réécouter huit fois de suite avec plaisir, je la laisse telle qu’elle !

On retrouve 2 titres en français sur votre album. Pourquoi cette dualité avec l'anglais et comment avez-vous choisi une langue plus qu'une autre ?
Alors, pour moi il n’y a aucune dualité entre « français » et « anglais », ou même avec aucune autre langue. Pour moi chacun devrait pouvoir chanter la langue qu’il a envie sans avoir d’ennuis. Pour ma part, je n’ai pas consciemment « choisi » l’anglais plus qu’une autre langue. Encore une fois, je laisse parler le naturel. Or pour moi, la grande majorité du temps, mes textes viennent en anglais ; alors je les laisse comme ça. S’ils viennent en français, et bien je les laisse en français. Mais pour moi il n’y a pas de dualité à avoir, ce n’est pas un combat. Que ce soit en français, en anglais ou en russe, les langues sont, dans le cas de chansons, mises au service de la musique, et c’est ce qui est, à mon avis, le plus important : laisser vivre la musique, sans bride.

Peut-on en savoir plus sur le titre Stay ?
Bien sûr. Je tiens beaucoup à ce titre. En fait, la plupart des gens qui l’écoutent pensent que c’est une chanson d’amour, alors que c’est comme je l’appelle, une chanson « de sauvetage ». Je m’explique : cette chanson a été écrite pour une amie très chère que je voyais sombrer en dépression. J’ai écrit cette chanson pour elle, pour lui dire de se relever. « See the light and stay, there’s so much in your hands » (« vois la lumière et reste, il y a tellement entre tes mains »), c’est un appel que je transmettais à cette amie. Une main que je lui tendais. Dans la chanson, j’explique ce que je vois, ce que je pense, et que je sais à quel point ça peut être difficile de se relever, mais que ça en vaut la peine.

Un nouveau clip a été annoncé pour le 11 octobre, est-il possible d'en apprendre plus à ce sujet et sur le tournage ?
Le 11 Octobre sortira en effet sur Youtube The Hunt. C’est un titre un peu différent de ceux que l’on peut trouver sur mon EP : il est très inspiré des bandes originales des films. Pour le coup, là je ne peux pas nier que c’est planant et atmosphérique !
Et en fait la sortie de ce clip signifie un changement de rythme concernant la sortie de vidéos sur Youtube. Étant donné que je prépare mon deuxième album, qui sortira en Septembre 2019, ce seront de nouveaux clips avec les singes de l’album qui apparaîtront très régulièrement sur ma chaîne. Des clips, mais aussi des sessions lives, des captations live, etc.
On a tourné le clip en Espagne en Janvier. On est restés environ 24H sur place, dans un endroit sublime pas très loin de Bilbao. Nous avions le story board de prêt, il nous suffisait à tourner, mais ça a été difficile car pour avoir les conditions météorologiques dont on avait besoin, il fallait qu’on se lève très tôt pour avoir la bonne marée, la bonne lumière, etc. Le réalisateur de ce clip est le même que pour Stay, à savoir le vidéaste Écossais Luke T. Coutts. Et en assistant nous avions Samuel Agniel, vidéaste situé sur Angoulême. En tout cas c’était vraiment un tournage très motivant ! J’adore les tournages, ça me mets sous adrénaline, et encore plus quand c’est pour la musique ! Et puis, là, en l’occurrence, c'était aussi quelque part, voyager pour ma musique. Donc j’étais aux anges !

Quel regard attachez-vous au visuel dans la musique ?
Pour moi le visuel est très important. C’est comme la vitrine d’un magasin ; même si ce qui est dedans peut être la perle rare que vous cherchez, si la vitrine ne vous donne pas envie, vous ne rentrerez jamais. C’est pareil pour la musique, je crois. Avant d’entendre, les gens vont voir. Ils vont voir votre pochette d’album, ils vont voir vos photos sur Google images, et si ils sont suffisamment intrigués, il y a une chance qu’ils écoutent. Cependant, il ne faut pas mentir sur la marchandise ! On peut avoir le meilleur visuels du monde, si la qualité musicale ne suit pas, ce sera beaucoup d’efforts en vain, et même peut-être pire !

Dans une interview pour France 3, vous avez indiqué avoir lâché vos études pour vous consacrer à votre passion qu'est la musique. Comment votre entourage vous soutien dans cette aventure artistique ?

Alors, ce n’est pas tout à fait vrai. J’ai terminé mes études supérieures, j’ai juste décidé de ne pas les continuer. J’ai validé le diplôme pour lequel j’avais commencé mes études, « histoire de », et je me suis arrêtée là.
Mon entourage est inquiet, ce que je peux comprendre étant donné l’image - pas totalement fausse - que l’industrie musicale renvoie. Après, c’est comme dans n’importe quel milieu si on ne veut pas se faire avoir ; il faut être très carré très clair avec soi-même sur ses limites, et aussi très clair et sans ambiguïtés avec les autres professionnels du milieu, et être très vigilants. Mais surtout, il faut s’entourer de gens de confiance. Bien s’entourer est essentiel, et personne ne peut faire cavalier seul ad vitam aeternam.

Le 25 octobre on vous retrouvera à La Verrière pour un concert avec d'autres artistes. Comment ressentez-vous la scène et en quoi ce moment d'échange avec d'autres artistes est important pour vous ?
On m’a proposée la date le mois dernier. Pour le coup c’est une date en solo, généralement je préfère être avec mes musiciens, mais la proposition me paraissait intéressante Alors j’ai accepté. En effet trois autres artistes seront présents, et c’est très intéressant ! Parce que déjà, on découvre l’univers live des artistes (ce qui est selon moi le plus représentatif car on ne peut pas tricher ou feindre l’authenticité), et ça permet de rencontrer d’autres gens du milieu. Ça permet à mon public de découvrir ces artistes, à leur public de me découvrir, etc. Ça peut ouvrir des portes, et tout le monde découvre quelque chose. C’est ça le plus intéressant je crois. En tout cas moi ça me plait, et ça permet de garder l’esprit bien ouvert, d’écouter autre chose, de voir d’autres façons de faire...

Vous avez annoncé sur Facebook l'éventualité de concerts privés. Est ce qu'il est possible d'en savoir plus à ce sujet ? C'est également une approche particulière avec le public, quel regard y apporterez-vous ?
Je propose en effet des concerts privés. Généralement, les gens veulent que je vienne en formation solo, car au delà de l’aspect musical, les gens veulent vraiment une proximité avec l’artiste. Et je trouve ça chouette, encore une fois, même si c’est dans un cadre professionnel, ça fait rencontrer de nouvelles personnes. Les concerts privés, il y a rarement beaucoup de monde, c’est très intimiste… et très intimidant, car on voit les têtes de tout le monde, haha ! Mais il y a un lien fort qui se crée avec l’audience, du fait de cette proximité. J’envoie une certaine émotion, que eux reçoivent, et m’en renvoient une. Et ça tourne. Et c’est magique à ressentir. Je pense que dans l’absolu je préfère jouer sur scène, car c’est plus simple pour se mettre dans « le personnage », je suis plus libre de mon set… Mais j’aime aussi beaucoup les concerts privés.
Sur le côté logistique, en fonction de la formation qu’ils veulent, du lieu, et, les prix évoluent. Pour effectuer les demandes de devis, c’est à management (arobase) liferty.com qu’il faut demander !

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Je voudrais déjà vous remercier Maxime, pour votre intérêt :) Et remercier toutes les personnes qui me suivent car je ne pourrai rien faire sans elle. Merci mille fois.
Petit Post Scriptum : je joue en effet le 25 Octobre à La Verrière, amis également le 24 Novembre au Théâtre de Ménilmontant, cette fois avec mes musiciens ! Et les places sont réservables dés maintenant sur le site du théâtre.

Merci à Liferty d'avoir répondu à nos questions !
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Musique interview

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