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Le livre Le Chevalier au Cygne par Rémi Usseil et Nicolas Doucet

Le Chevalier au Cygne est une célèbre légende du Moyen Age, une oeuvre majeure de la littérature médiévale et de l'univers des chansons de geste. Rémi Usseil, passionné de littérature médiévale et le dessinateur Nicolas Doucet adapteront cette histoire dans un livre qui sortira en octobre 2019.

Le chevalier au Cygne

Pourquoi avoir décidé de réadapter la légende du Chevalier au Cygne ?
Nicolas : L'idée originelle vient de Rémi Usseil, médiéviste qui a déjà écrit 3 ouvrages sur les chansons de geste, parus aux Belles Lettres (Berthe au grand pied, Les enfances de Charlemagne et Rolandin). La langue d'Oïl est sa première langue vivante, et je soupçonne que c'est peut-être même sa langue maternelle... Il m'a proposé ce thème, et l'idée m'a emballé.
Rémi : Les chansons de geste sont ma marotte depuis longtemps. Aujourd’hui, le grand public ne connaît plus ce genre littéraire que par la Chanson de Roland. C’est un grand texte, mais dont les lecteurs risquent de garder une image convenue, plutôt sombre et austère. Réécrire le Chevalier au Cygne, c’était un moyen de prouver que les chansons de geste ne sont pas seulement cela, mais aussi une véritable mythologie, un imaginaire très riche, propice au rêve.

Quelles réadaptations allez-vous faire dans votre livre et peut-on en savoir plus sur votre ouvrage ?
Rémi : Je suis resté très fidèle aux versions médiévales de langue d’oïl de la légende… mais justement, il en existe plusieurs versions, avec des variantes considérables entre elles. Cela m’a donné une certaine liberté de choix, puisque je me suis permis de mêler des éléments – ceux qui me semblaient les plus puissants, les plus beaux et les plus poétiques – empruntés à différentes versions. Par ailleurs, la légende du Chevalier au Cygne présente d’importantes zones d’ombre, en particulier en ce qui concerne les origines maternelles du chevalier. Je n’ai pas voulu déflorer le mystère, mais j’ai mon idée sur la question, et j’ai fait en sorte de suggérer des pistes d’interprétation aux lecteurs…

Qu'est-ce qui vous plait dans la littérature médiévale et le Moyen-Age en général ?
Rémi : La forte présence du merveilleux ! La littérature médiévale puise une grande part de ses thèmes et de son inspiration aux légendes, aux croyances populaires, aux mythes celtiques et germaniques qui survivent par le folklore. Elle fait une large place à l’imaginaire, et ce, y compris dans des chefs d’œuvres aux intentions très sérieuses. A l’époque, on ne réservait pas les récits d’aventure et de féerie aux enfants ! Cette façon d’écrire s’est un peu perdue en France après la Renaissance, lorsque l’exigence de vraisemblance s’est imposée dans le monde des lettres. Aujourd’hui, avec ce qu’on appelle parfois les littératures de l’imaginaire, nous commençons à redécouvrir quelque chose que nous avions oublié.
Nicolas : Le Moyen-Âge, c’est une fascination depuis ma plus tendre enfance (c’est comme ça qu’on dit). Je ne saurais l’expliquer. C’est une époque qui visuellement me subjugue ; parallèlement, objets du 20ème et 21ème siècles ne me font ni chaud ni froid (voiture / armes à feu / machines…). La littérature médiévale, je la découvre à travers cet ouvrage et ouah ! Quelle claque !

La chanson de geste est un style littéraire particulier, peut-être méconnu du grand public de nos jours ; comment avez-vous travaillé à ce sujet sur la rédaction du Chevalier au Cygne et quelle a été votre approche ?
Rémi : J’ai poursuivi deux buts : l’élégance et la simplicité. Je me suis permis une pincée d’archaïsme, l’usage de quelques mots anciens et de quelques tournures désuètes, pour donner au récit la couleur du temps jadis. Mais j’ai surtout voulu que chacun puisse me lire sans difficulté. Je souhaite rendre les chansons de geste accessibles au plus grand nombre, et j’espère que, pour certains lecteurs, Le Chevalier au Cygne fera office de porte d’entrée dans cet univers littéraire.

La réalisation de cet ouvrage a-t-elle nécessité des recherches particulières ?
Nicolas : Là, c'est plus mon domaine. J'essaie d'illustrer l'histoire de Rémi avec un style qui colle vraiment à l'histoire, à l'esprit de l'époque, qui ne fasse pas anachronique. Je pensais ne faire au départ que des illustrations à l'encre sépia, pour avoir une tonalité un peu ancienne, parchemin, mais je me suis rendu compte que ça serait un peu "lourd". J'alterne donc avec des croquis au crayon graphite, ce qui permet au récit de mieux respirer ; je pense que ça allège bien.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif et quel serait l'argument pour convaincre de vous aider ?
Rémi : Pour nous, c’était l’occasion de découvrir un mode de publication qui nous intriguait, différent de ce qui se pratique dans l’édition traditionnelle. Pour les lecteurs, nous soutenir est un moyen de favoriser l’émergence de projets originaux, que la frilosité des éditeurs n’encourage pas. C’est aussi aider à la transmission d’un patrimoine littéraire qui nous vient de très loin, et qui mérite d’être redécouvert.
Nicolas : Le financement participatif permet effectivement une… participation au projet, qui n’est pas seulement financière. On se sent accompagné par les (futurs) lecteurs qui interagissent. Le métier de dessinateur étant par nature solitaire, internet qui permet le financement participatif change la donne. De plus, il nous permet de proposer plus qu’un livre, avec toutes les contreparties proposées selon le montant de la contribution souhaitée (cartes postales, ex-libris/affiches, dessins originaux…). Le projet en ressort considérablement enrichi !

Vous pouvez soutenir le livre Le Chevalier au Cygne de Nicolas et Rémi sur Ulule.

 

Aurez-vous l'occasion de rencontrer les lecteurs pour des séances de dédicace ou de lecture publique ?
Nicolas : Rien n'est fixé pour l'instant, mais pourquoi pas ? Comme dit précédemment, les auteurs apprécient ces moments où ils peuvent sortir de leur caverne et rencontrer leurs lecteurs pour échanger avec eux.
Rémi : Ce serait en tout cas avec plaisir.

Si le Chevalier au Cygne est une réussite, pensez-vous réitérer ce genre d'ouvrage à l'avenir ?
Rémi : Je l’espère ! Il y a beaucoup d’autres légendes que j’aimerais partager.
Nicolas : ...et plein d’autres pistes graphiques à explorer.

En tant que Dijonnais, faire une histoire sur les Ducs de Bourgogne vous plairait-elle ?
Nicolas : On quitterait alors la fiction, l'imaginaire et la mythologie pour entrer dans l'Histoire implacable !... Ce serait un autre challenge.
Rémi : Pourquoi pas, un jour ? Charles le Téméraire est un personnage fascinant : un véritable héros de chanson de geste égaré dans le monde réel… Il en était d’ailleurs un grand lecteur.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Rémi : Quels que soient les résultats de notre projet, j’aurai été très heureux de le mener à bien aux côtés de Nicolas, en qui j’ai découvert un merveilleux artiste. Le soutien que nous avons reçu des contributeurs et des internautes fait chaud au cœur, et nous sommes bien décidés à ne pas les décevoir.
Nicolas : C’est pour moi une première collaboration, et j’en suis comblé. Les textes de Rémi m’inspirent énormément, rencontrent pleinement mon imaginaire, et travailler avec lui est d’une facilité déconcertante. Le choix de ce projet en lien étroit avec les lecteurs est pour l’instant très agréable. Je nous souhaite moultes nouvelles aventures, pleines de fureurs et coups d’épées...

Merci à Nicolas et Rémi d'avoir répondu à notre interview !
Vous pouvez suivre l'actualité du livre Le chevalier au Cygne sur Facebook.

Le chevalier au cygne - trailer

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