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Laura Clauzel présente son EP Paria(h) et son clip

Laura Clauzel mêle les arts graphiques et la danse contemporaine pour en faire un terrain de jeu propice à l’émerveillement. Son nouveau clip Golden Boy est à son image : inspiré, profond, habité. Laura Clauzel surprend à nouveau avec le grave et savoureux Golden Boy qu'elle incarne de sa voix dense et envoûtante. Une pépite à ne surtout pas louper ! L'artiste présente son EP Paria(h) et son clip.

Laura Clauzel (copyright Philippe Levy Stab)

Crédit photo : Philippe Levy Stab

Comment vous est venue la musique ? Quel a été le déclic pour en faire ?
Je crois que petite, chanter a été la meilleure façon pour moi de m'exprimer, une façon bien plus naturelle que parler, comme une échappatoire. J'ai commencé très jeune le piano également (à 5ans) et au final tout cela me porte dans mon quotidien. 

Pouvez-vous nous présenter votre EP Paria(h) ?
Paria(h) est mon premier EP qui comporte 4 titres. C'est de la nu soul avec beaucoup de teintes jazz voire ambiances électro qui permettent de dessiner le décor, ou la trame de la chanson. Paria(h) échappe aux classifications formelles pour explorer des espaces aux voies multiples, résolument humanistes et fraternelles.

D'où vient l'idée de ce titre ?
Je trouve ce mot plein de contraste. Beau dans sa prononciation et dans son écriture, et du coup en totale opposition avec ce qu'il signifie :  celui qu'on relègue au ban de la société. Il s'agit d'une adresse à l'ordre universel mais aussi d'une dédicace à la vie sans ostracisme. 

Comment oeuvrez-vous avec votre pianiste et compositeur Olivier Bostvironnois sur cet EP ?
Nous oeuvrons à deux. On s'entend merveilleusement bien et on se laisse beaucoup de liberté chacun dans nos partitions. J'arrive avec une idée, une mélodie ; on la développe, Olivier travaille dessus, puis je retravaille dessus, puis nous retravaillons dessus... C'est vraiment un échange et cela se fait beaucoup dans l'inconnu et donc dans l'inspiration. La méthode a quelque chose de jubilatoire. Et elle procure parfois des moments de pur magie. C'est peut-être une version du bonheur de la création. 

Vous accordez une place importante à votre voix dans votre musique. Comment la travaillez-vous ?
Je l'ai pendant longtemps absolument pas travaillée... Jusqu'à ce que je réalise qu'à ce rythme là, j'allais finir par la fatiguer et que je m'empêchais des possibilités. J'avais besoin de technique, et la rencontre avec Martina A. Catella (des Glotte-Trotters), il y a trois ans, m'a beaucoup apportée. 

Peut-on en savoir plus sur le titre The face of the shame ?
The face of shame est un titre qui me tient particulièrement à coeur. Il dit d'une certaine manière ce que les associations en faveur des réfugiés - confirmés récemment par la lettre de Yann Moix au président et par le texte de Le Clézio - , ne cessent de répéter : la France est indigne de sa devise, la France ferme les yeux sur des drames humains qui nous concernent tous. Et ce drame, c'est notre honte. Ce titre raconte aussi ma rencontre avec la réalité de ceux qui cherchaient un ailleurs meilleur en transitant par ce que l'on a osé appeler "la jungle de Calais". The Face of shame témoigne sans angélisme et accompagne l'initiative menée à l'époque en situation avec d'autres comédiens de la Compagnie de la Porte au Trèfle (Grégory Barco et Bertrand Degrémont), une pièce de théâtre où les réfugiés étaient les acteurs de leur propre réalité, "To be or not"...

En quoi est ce important de délivrer un message dans vos textes tout en vous inspirant de l'air du temps, voir en dénonçant notre société actuelle ?
Pour le moment je ne saurais pas quoi écrire d'autres. Je vis dans ma génération, une jeune génération qui connaît la crise, qui paie les inconséquences de mesures prises quand elle n'était pas née, une génération qui a grandi dans un idéal et qui voit les extrêmes prendre de l'ampleur, une génération qui sait prendre le temps de s'arrêter aussi afin de s'interroger et de penser à un avenir meilleur. Ce serait dur de passer à côté de tout cela. 

Dans le clip Golden boy on vous retrouve le visage maquillé, dans un monde contemporain plutôt réaliste à notre société actuelle. Quels ont été vos choix et pourquoi avoir créé cet environnement ?
La figure du Golden Boy m'interpelle depuis la crise des subprimes aux USA. J'avais été fascinée par Le Loup de Wall Street avec Léonardo di Caprio. Je souhaitais interroger cette figure et le milieu de la Bourse. Mathieu, le réalisateur est allé plus loin encore en me proposant un maquillage qui me recouvrirait tout le visage, comme une espèce de lèpre. 

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur l'EP ?
Le jour où Alex Blake est entré dans le studio d'enregistrement. Alex Blake est un contrebassiste époustouflant, avec une carrière de dingue. Le voir à l'oeuvre était un événement. J'avais l'impression de devenir complètement spectatrice de cette session d'enregistrement. Cet épisode appartient à la magie de la création dont je parlais tout à l'heure. 

Qu'est ce que ça fait d'entendre pour la première fois l'un de ses titre à la radio ?
Je ne peux pas vous dire, je me loupe à chaque fois (rires).

Aurez-vous l'occasion de donner des concerts prochainement ?
Oui.

Comment vous sentez-vous avant de rentrer sur scène ?
Impatiente.

Vous maitrisez la danse contemporaine. Faire un spectacle de danse, ça vous tente ?
La danse uniquement ? non... C'est un métier la danse ! Pour lequel j'ai une admiration immense... En revanche ce que j'aime c'est le croisement des disciplines, de travailler d'avantage le geste dansé avec le geste chanté. 
Ma pratique de la danse s'inscrit donc dans un tout où la comédienne que je suis n'est jamais loin.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Merci pour cette interview !

Merci à Laura Clauzel d'avoir répondu à nos questions !
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