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La boîte de Pandore de Karin Clercq

Le nouvel album La boite de Pandore de Karin Clercq est en cours de réalisation. Alors que la chanteuse obtient le soutient des internautes via un financement participatif, elle nous le présente en interview.

Karin Clercq (crédit Francois Mercier)

Crédit photo : François Mercier

Pouvez-vous nous présenter votre futur album La boite de Pandore ?
La boîte de Pandore est mon quatrième album après Femme X (2002), Après l'Amour (2005) et La vie Buissonnière (2009). Pour moi un album est toujours la photographie plus ou moins nette  d'une tranche de vie. Et cette tranche de vie-ci m'a vue passer la quarantaine et envisager les choses sous d'autres angles que par le passé. J'ai toujours parlé de l'être, du "je" et de la relation homme-femme dans tous ses états, dans mes albums. Mais ici, j'ai l'impression de m'être ouverte par instant à une dimension plus large, plus intégrée dans le monde. La boîte de Pandore offre des chansons qui posent des questions. Quelle est aujourd'hui ma place dans le monde ? Qu'est-ce que j'accepte ? Qu'est-ce que je n'accepte plus ? Qu'est-ce qui me fait avancer ?  Qu'est-ce que je garde et qu'est ce que je laisse ? Qu'est-ce que nous allons faire ensemble ? Tout cela sur le mode léger qu'est une chanson bien sûr, il ne s'agit pas d'une thèse de doctorat :)

D'où vient votre inspiration pour écrire vos textes ?
De ma vie personnelle, de celle de mon entourage et du monde dans lequel je vis. De la poésie  ou des lettres des grands auteurs aussi comme Musset par exemple avec qui je collabore sur deux titres (On en badine pas avec l'amour, Le meilleur qui nous reste).

Il aura fallu 9 ans depuis votre précédent album pour que vous en sortiez un nouveau. En quoi cette période a-elle été bénéfique pour vous ?
J'avais besoin de vivre d'autres choses artistiquement, de rencontrer d'autres gens, de me relancer des défis, de sortir de moi-même d'une certaine manière. J'ai donc bossé sous d'autres noms avec des projets e.a. comme Kate & Joe BB, Un girlsband autour d'un roadmovie electro-rock créé à la base par Guillaume Jouan (Miossec) et moi-même ; MICHAEL ET MOI, une BD-CD pour enfant créée avec la chanteuse et amie belge Marie Warnant.
J'ai travaillé également comme comédienne dans des fictions et du doublage de film, de série et de dessin animé. Toutes ces expériences m'ont nourrie énormément.  Elles m'ont forcée à réapprendre, à me réadapter, à me remettre en question, à être plus légère et à retrouver du plaisir. Le monde de la musique n'était pas très drôle ces dernières années. On est vite noyé dans la masse et le suivi sur le long terme est loin d'être évident. J'avais besoin de cet arrêt pour reprendre mon souffle et me donner l'envie et la force de reprendre un voyage artistique plus personnel. Et puis honnêtement, je n'avais rien à dire. Et pour moi, l'écriture reste primordiale. Il y a tellement de gens déjà qui parlent pour ne rien dire que j'ai préféré m'abstenir :)

Vous aviez pourtant commencé un nouveau projet en novembre 2016. Pourquoi avoir tout recommencé ? Qu'est ce qui ne vous plaisait pas ?
Pour être précise, j'ai travaillé pendant deux ans de 2015 à 2016 sur un nouvel album avec une première équipe musicale. Je n'étais pas contente du résultat. Je ne me dépassais pas assez. C'était bien mais je n'avais pas les poils qui se dressaient pour être concrète. J'ai donc tout jeté à la poubelle, pour me remettre en état de danger et d'instabilité créatrice. Et puis, j'ai rencontré de nouveaux partenaires de jeu qui semblaient très sensibles à ce que je voulais faire. C'est fin novembre 2016, que nous avons réellement commencé à travailler ensemble sur le projet. J'ai donc confronté d'abord mes compos à la talentueuse belge Alice Vande Voorde, 28 ans, jeune compositrice belge multi-instrumentiste avec qui j'ai décidé de bosser en tandem, comme à l'époque de mon comparse breton Guillaume Jouan. Et puis, nous avons amené nos chansons au plus liégeois des parisiens, le réalisateur-compositeur et multi instrumentiste, Emmanuel Delcourt (MLCD, ROSCOE) pour qu'il les enrichissent, les déstructurent, les arrangent. Ce travail en trio a été très riche en échanges et surtout il s'est fait dans un plaisir et une décontraction rare. C'était comme une évidence. Et rapide en plus ! On a démarré fin novembre et les 11 premiers titres étaient terminés 5 mois plus tard. L'enregistrement s'est déroulé en deux phases. Le mixage a ensuite eu lieu en France chez le Lillois Remy Deliers, alias R3myboy. C'est donc à nouveau comme pour mes deux premiers albums, une collaboration tout à fait franco-belge.

Vous avez travaillé plusieurs fois avec Guillaume Jouan (Miossec) ; le retrouvera-on ici ? Ou un duo avec un autre artiste ?
J'ai fait trois albums avec Guillaume, qui reste toujours mon frère de coeur et de musique. On se parle presque chaque semaine. On ne peut pas rester indifférent aux bretons et à la Bretagne. Quand ils vous ont adopté, vous  faites vraiment partie de la famille. Ils ne vous lâchent jamais. Ce sont des relations sincères et solides. J'ai encore plein d'amis là-bas.
Sur mon nouvel album il y a plusieurs collaborations musicales et visuelles. Un trio sur Presque une Femme avec les jeunes femmes de FAON FAON, un groupe belgo français très peps que j'ai eu l'occasion de vraiment rencontrer dans une pouponnière d'artistes à Bruxelles. Une très belle chanson voix-batterie qui s'inspire du journal intime d'une jeune fille du XIXème siècle. Il y a aussi un duo avec le musicien-chanteur poète et batteur (Dominique a) Sacha Toorop qui m'offre sa voix rocailleuse sur Je garde, une chanson d'amour de rupture que j'ai vraiment hâte de créer sur scène. Et puis tout un tas d'artistes qui sont passés plus discrètement parfois parce qu'ils font partie de ma famille créatrice, pour filer un coup de main ou m'offrir un peu de leur talent. Et puis il y a une reprise de Bashung ! :-)

Quelle importance accordez-vous à la partie instrumentale ?
La musique est importante pour moi, aussi importante que le texte. La musique, c'est le premier vecteur de l'émotion. Je viens d'une culture plutôt anglo-saxonne, donc le défi pour moi est toujours de trouver un équilibre entre le côté musical et le côté chanson. Ce n'est pas du rock, ce n'est pas de la chanson française. C'est entre les deux. J'aime trouver le contraste musical entre les mots et les notes, la tension entre le dit et le non dit.  Mais sur cet album, il y avait pour moi un nouveau défi, la mélodie. Je voulais arriver à pouvoir chanter certaines de chansons sans instruments. Bon, ce n'est pas du 100%, j'ai encore de la marge. Mais c'est un bon début.

Parlez nous du titre J'avance...
Au départ c'est un cadeau... Une rencontre entre musiciens dans le cadre des Secrètes sessions à Bruxelles organisée pour le Festival francofaune. Le principe est simple : tu montes sur scène avec d'autres musiciens et tu as deux heures pour créer une chanson paroles et musique.  C'est assez stimulant et créatif et très très excitant. C'est comme ça que j'ai rencontré Manu. Il était sur scène et a leadé la composition sur laquelle j'ai écris en vitesse, J'avance, au départ un texte sur le quotidien d'une femme qui décide de tout quitter. Quelques mois plus tard,  suite à la rencontre avec notamment des réfugiés Syriens, je décide de ré-écrire tout le texte en ne gardant que le refrain de l'ancienne version. Plusieurs m'avaient parlé de leur "voyage" en mer. Des récits souvent remplis de grands silences. J'ai eu envie de leur rendre hommage. Je l'ai chanté pour la première fois lors d'une soirée de soutien à la Syrie, c'était fort. La chanson  raconte à la première personne, ce voyage terrible que font les gens qui doivent quitter leur pays pour survivre. Avec l'espoir d'avancer vers quelque chose de nouveau, de meilleur...

Comment vivez-vous la période des enregistrements en studio ?
J'adore, c'est léger et hyper créatif. J'aime regarder les musiciens s'approprier mon univers et le sublimer. Une fois que tu as une équipe dont tu es sûre, tu peux te laisser aller et faire confiance. Et quand tu sens que c'est le cas, c'est juste magique. Pour mes voix par contre, j'ai préféré faire ça seule dans mon studio. C'est un moment où j'ai besoin de ne pas avoir quelqu'un en face de moi, pour ne pas tricher, ne pas tenter de séduire ; pour qu'il ne reste que l'essentiel entre la chanson et moi.

Vous réalisez un financement participatif. A quoi va-il servir et quel serait l'argument pour convaincre de vous aider ?
Le crowfunding est inévitable aujourd'hui et pas que pour des raisons financières. Il stimule l'entourage de l'artiste. Il crée des ambassadeurs, des gens qui parlent autour d'eux. Cela crée un lien privilégié entre l'artiste et son public. Aujourd'hui la musique n'est plus rentable, et les subsides de l'état sont de plus en plus bas. C'est souvent l'artiste qui paie pour continuer à créer. Le crowfunding permet une bouffée d'oxygène, un encouragement, une motivation.  Je suis émue, touchée de voir que des gens me fassent une telle confiance. Qu'ils aient envie de me soutenir de façon généreuse et passionnée. Cela me booste grave. Dans mon cas, le crowfunding servira à promouvoir l'album avec une des meilleures agences de com de Bruxelles, à créer tout le visuel de l'album avec l'artiste graphiste Philippe Debongnies et à masteriser l'album. Et puis si je le dépasse, je pourrai faire le clip dont je rêve pour la plage titulaire, La boîte de Pandore.

Vous pouvez soutenir l'album La boîte de Pandore de Karine Clercq sur KissKissBankBank.

 

Comment imaginez-vous l'univers visuel de votre futur album ?
Un mélange de photos incrustées l'une dans l'autre qui créent une nouvelle image, une combinaison d'impressions vintage et d'ambiances très cinématographiques. Il y aura une déclinaison pour le livret du CD et une autre pour le vinyle.

Une indiscrétion sur ce que pourrait cacher La boite de Pandore ? Pourquoi ce titre d'ailleurs ?
Pandore est la première femme créée par Zeus, elle avait tous les dons dont celui de l'immortalité. En plus de ses infinis talents, Zeus lui offrit une boîte. Cette boîte (qui était en fait une jarre), elle ne pouvait sous aucun prétexte l'ouvrir. Zeus le lui avait bien stipulé. Interdit ! Elle avait reçu dans ses dons, la curiosité. Vous imaginez la suite...
De la boîte sortirent tous les maux de la terre, les maladies, les guerres, la mort etc. Pandore referma la boîte. Seul, l'espoir y resta tout au fond.
Aujourd'hui il nous reste donc l'espoir face aux maux du monde. L'espoir d'avancer et de se remettre en question, et peut-être parfois d'y arriver un peu.

Comment ressentez-vous la scène ? Pas trop le trac avant de découvrir le public ?
J'ai hâte de retrouver la scène. j'ai joué dans pas mal de projets depuis mon troisième album. Mais revenir sur scène avec un projet aussi personnel, c'est tellement différent, tellement excitant et tellement flippant aussi. On verra... Je n'y pense pas trop. Mais j'attends ça avec impatience.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Aujourd'hui je me sens là où je dois être et prête à  embarquer de nouveaux passagers à bord de mon bateau. Alors si vous ne me connaissez pas. Faites-moi confiance. Le voyage sera sincère et pittoresque, varié et intense. On y va ? Embarquement immédiat !? Yesss... On lève l'ancre alors !

Merci à Karin Clercq d'avoir répondu à notre interview !
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Musique interview

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