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L'album de Bancal Chéri

Quatre folies douces. Quatre électrons libres. Quatre furieux et délicats esthètes. Bancal Chéri est un authentique groupe récréatif, unissant jusqu'à les entremêler les gouailles, mélodies, désirs et artisanats de chacun. Quatre forces vives sur un même trampoline : l'instinct animal de Dimoné, les vertiges amoureux de Nicolas Jules, la dangerosité carnassière de Roland Bourbon, l'incandescence insoumise d'Imbert Imbert.

Bancal Cheri

Bancal Chéri s'amuse, se tient la porte, emprunte des voies balisées comme des couloirs imprévues, alterne petites claques et morsures. Percussions, guitares, claviers, contrebasse. Une cavalcade luxuriante, électrique, effrontée, démocratique. Sans pénurie de carburant.

Le combo joue à saute-mouton avec les genres. Du rock cyclothymique, progressif et farouche. De la chanson. De l'instrumental (Glass Glock). Disque kaléidoscope. Disque à l'appétit pique-assiettes. Ici, on est capable de convoquer Nino Ferrer (Qu'est-ce que tu dis?), Dutronc (Les épaules), de coller des paroles d'adolescence amoureuse sur la musique Village Green des Kinks (La Vienne et les Deux-Sèvres), de rendre hommage à un maître du rythm and blues (Screamin Jay Hawkins), d'inviter la jeunesse à être davantage imprudent (Les tampons de ouate). Il y a aussi des fulgurances (Il y a des bouts de maman/Dans la barbe à papa), une pensée libertaire (Le droit d'être tordu), les méandres sentimentaux d'un membre du groupe (Numéro lose bis), une poésie à la fois joueuse et régressive (Mounak). Sur une rythmique sous-tension et un final proche de la transe, Dimoné enchaîne les noms de Michel Sardou et Nina Hagen (L'habitude enfin), bel exploit.

Ce disque fait entendre la résonance d'un son, d'une flamme, de figures libres. Comme celle de Roland Bourbon, sorcier d'un morceau épique, chamanique et dans lequel les langues de l'araméen, de l'arménien et du comanche s'entremêlent (Natanaé). Bancal Chéri préfère la conquête à l'itinérance. S'autorise toutes les audaces. Et s'engouffre dans des espaces mouvants. C'est bon parfois de ne pas être raisonnable.

Maxime Lopes sur Google+

Musique

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