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Karpatt : l'album Valparaiso

Le groupe Karpatt sort son nouvel album le 29 mars 2019, aux couleurs Latino Américaines : Valparaiso. Ils seront en concert dans toute la France et à Paris le 30 Mars au café de la Danse.

Karpatt - Valparaiso

Si le virage était amorcé avec l’album précédent, Angora, Karpatt assume aujourd’hui complètement les influences latino-américaines sur ce nouvel opus et ce, jusqu'à son titre, Valparaiso. Un nom divin pour un album qui ne l’est pas moins. Valparaiso, signifiant La Vallée du Paradis, est une petite ville chilienne colorée et festive, bordée par la mer, et source de cet album et des nombreux portraits qui en découlent. De ceux qui ont subi la dictature (Bicicleta), qui ont peur de son retour (Un chien nous a suivi), de la dernière minorité d’Indiens encore présente au Chili (La mine), les autres ayant été exterminées, et de ceux qui ont fui le Chili dans L’exil, un constat tristement universel. Ces histoires naissent autant des rencontres sur place, qu’inspirées par les figures que sont Pablo Neruda, Salvador Allende, Victor Raja, ou Violetta Parra.

Ainsi, avec ce septième album studio, le trio ne cesse de se renouveler, de chercher toujours de nouvelles sonorités tout en restant fidèle à ses valeurs de transmission, de légèreté, de soif de vivre et d’espoir. C’est ainsi qu’ils rendent hommage aux danseurs des rues Chinchinero sur un titre éponyme qui prend des allures groovy, Valpo sonne comme un tube pop où le guitariste Gaétan Lerat prend le lead vocal pour la première fois sur une de ses compositions, Cucurico nous invite à la Fête du Vin Chilo/Français, le titre Secousses est une cumbia évoquant ces vies soumises à d’incessants tremblement de Terre, 3 soeurs évoque le folklore toulousain des Fabulous Trobadors, sur un texte espiègle qui est une habile adaptation d’un conte populaire chilien.

Car, Karpatt c’est avant tout l’histoire d’une proximité entre des artistes et leur public, des artistes qui se livrent avec tendresse au gré de leurs expériences, de leurs rencontres, de leurs amours.  Mais ils savent également confier leurs faiblesses, leurs craintes, qui sont un peu les nôtres, à l’instar de ce magnifique Cantolibre, morceau empli d’émotions face aux atrocités dont l’humanité est capable. Car si ce voyage a permis à l’auteur et chanteur, Fred Rollat, de s’ouvrir à cette autre culture qui paraît si éloignée, il aura aussi rendu possible de relever la tête, reprendre son crayon et “digérer” ces dernières années marquées par les terribles événements du  Charlie Hebdo ou du Bataclan. Cantolibre, un chant empli d’espoir et d’une foi inébranlable en l’être humain.

Ce disque, enregistré et mixé par François Causse (Zoufris Maracas, Bashung) qui amène ses fameuses percussions, et co-mixé par Steven Forward, prend donc des chemins inattendus, entre cumbia, dub ou tango... Aux guitares de Gaétan Lerat et à la contrebasse d’Hervé Jegousso viennent se greffer les trombones de Kropol (Têtes Raides) et les trompettes de Brice Moscardini (Zoufris), le piano à queue de pan de Richard Lornac, l’harmonica d’Eric Durlach, ou encore les percussions de Daniel Bravo (Tryo) ou Nicolas Gerbier. Une panoplie d’invités, de France et du Chili dont les flûtes du célèbre groupe Chico Trujillo, qui se complète par des voix additionnelles, notamment celle de Flavia Coelho, qui intèrprète seule et nous ensorcelle sur Mela Cumbia.

Un album dans la pure tradition des Karpatt, toujours magnifiquement illustré par le fidèle Sébastien Thomazo, où règne une mélancolie heureuse, où se mêlent réalisme et rêveries, chansons joyeuses et ballades frissonnantes, constats amers et humanisme.

Interview avec Karpatt

Pouvez-vous nous présenter votre nouvel album : Valparaiso ?
Cet album fait suite à une tournée qui a eu lieu au Chili pendant 3 semaines.

Qu'est ce qui vous plait dans l'univers latino-américain pour en faire votre musique ?
Le partage le côté extrêmement Populaire de ce style de musique et la danse, faire danser les filles c'est ce qui motive tous les musiciens.

En quoi Pablo Neruda, Salvador Allende, Victor Raja ou Violetta Parra ont-ils influencé votre album ?
Bien sûr en étant dans ce contexte chilien j'ai eu envie de comprendre leur histoire leur culture alors je suis allé hier voir des expos et forcément j'ai été très imprégné par ces personnes qui sont d'ailleurs assez présentes dans nos chansons.

Pourquoi est-il important d'avoir certains textes avec des sujets forts comme la dictature ou la dernière minorité d'Indiens au Chili ?
On peut difficilement évoquer le Chili sans penser Pinochet Allende et toutes ses cicatrices qui sont présentes dans le Chili actuel. C'est difficile d'en parler avec les gens là-bas car tout est encore très récent mais c'est tellement partout au Chili qu'il est impossible de parler de ce pays sans parler de cette dictature et de ces exils.

Parlez nous du titre Panaméricaine et de son clip...
La Panaméricaine c'est de retour à Paris qu'on s'est amusé à prendre un peu de recul sur le voyage et sur cette grande route que nous avons suivi sur pas mal de portes.
Le clip s'est fait en Normandie où on a trouvé quelques similitudes avec le désert d'Atacama donc on a filmé là-bas avec une petite caméra c'est Scopitone qui nous a fabriqué tout ça.

Peut-on en savoir plus sur la partie instrumentale ?
Pour être cohérent avec cet univers latino-américain on a mis des percussions des cuivres et même quelques flûtes traditionnelles avec les camarades de Chico Trujillo.

Comment se sont passés les enregistrements en studio ?
Difficile c'est très difficile le studio. Devoir se confronter à la rigueur la précision alors qu'une chanson est tout l'inverse selon moi c'est la liberté donc comme à chaque fois c'est une expérience très difficile mais on en sort fatigué épuisé mais fier du travail.

Vous avez financé l'album via un financement participatif. En quoi ce mode de financement est important pour Karpatt ?
Le mode de financement a été non seulement important mais primordial sans cet apport financier il aurait été impossible de faire le disque avant nous vendions suffisamment d'album pour être suffisamment riche pour investir dans un nouvel album ce n'est plus le cas donc le crowdfunding est devenu une alternative indispensable.

Est-il possible d'en savoir plus sur le dessin de l'artwork de l'album ?
Sébastien Thomazo nous fais les visuels depuis le début de l'histoire des Katpatt il est extrêmement talentueux et son univers correspond tout à fait au nôtre.
Il est souvent en train de dessiner sur scène avec nous il adore ce style de performance c'est un showman lui aussi.

Une indiscrétion à nous donner sur l'album Valparaiso ?
On a eu la chance de faire un petit crochet sur l'île de Pâques mais aucune chance qu’on en parle pour l’instant, ça viendra peut-être plus tard.

Avec Chinchinero qui met en avant les danseurs, c'est un peu le prolongement de la musique et du projet que vous avez voulu rendre ?
Complètement je crois que si nous étions des Chiliens nous serions tous les trois des Chinchineros ça serait bien comme nom de groupe d'ailleurs.

Faire une tournée en Amérique du sud et notamment dans la ville chilienne Valparaiso (dont le nom de l'album est tiré) vous plairait-il ?
C'est comme ça qu'est né l'album à Valparaiso et on a été imprégné tellement fort que forcément on a envie d'y retourner pour faire entendre cet album à nos camarades chiliens qui sont restés là-bas.

D'ailleurs faire des échanges avec des artistes locaux est-il un point intéressant et comment s'est passée votre dernière tournée sur ce continent ?
On essaye autant que possible de faire de la musique avec des musiciens locaux c'est pas toujours très facile selon les contextes mais nous essayons autant que possible. Souvent moi je fais des ateliers d'écriture de langue française avec les enfants et les profs auprès des Alliance française particulièrement propice à ces rencontres.

Plus proche de nous, vous serez en concert au Café de la danse le 30 mars. Avez-vous réservé quelques surprises pour votre tournée et qu'appréciez-vous dans les échanges avec le public ?
Des surprises oui il y en aura.
Et là et la scène c'est ce qui nous motive plus que tout. J'ai parlé tout à l'heure de la difficulté du travail en studio on s'impose ce travail là pour ensuite être sur scène.
L'échange est le moteur de notre projet.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Hasta la victoria siempre.

Merci à Karpatt d'avoir répondu à notre interview !
Toute l'actualité à suivre sur Facebook.

Scopitone #133 - KARPATT "Panaméricaine"

Tournée : concerts 2019

30.03 Café de la danse @ Paris (75)
13.04 La Naute @ Champagnat (23)
10.05 Dieppe Scène Nationale (76)
24.05 Aubercail Festival @ Aubervilliers (93)
25.05 Festival Festicolor @ Meung-sur-Loire (45)
29.05 Veyracomusies @ Veyrac (87)
01.06 Guinguettes de l'Yvette @ Palaiseau (91)
15.06 Uckange (57) 29.06Les Estivales de Francheville (69)
17.07 Festival La Tempora @ Peyriac-de-Mer (11)
20.07 Fêtes d'Escamps (46)
02.08 Festival La Tempora @ Saint-Nazaire-d'Aude (11)
16.11 Le Silo @ Tigery (91)

Musique interview

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