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Ibrahim Maalouf, la vidéo #redandblacklightproject

"Il y a quelques mois, j’étais à New York pour enregistrer l’album « KALTHOUM » en hommage à la grande chanteuse arabe Oum Kalthoum. Mais au même moment, je préparais « RED & BLACK LIGHT », un autre album qui évoque la sérénité que procure le fait de se rappeler des choses essentielles de nos vies.

Ibrahim Maalouf

Mon rêve sur cet album était de faire le tour du monde pour demander à toutes les personnes que j’aurais croisées, quelle était selon elles, en 1 seul mot, la chose la plus importante au monde, et d’en faire une belle vidéo qui accompagnerait ce projet.  

J’avais envie de montrer que partout dans le monde, peu importe les religions, les cultures, les âges, les passions, il n’y a véritablement que de belles âmes et qu’il ne faut pas nous craindre les uns les autres. Mais très vite je me suis rendu compte que cela coûterait beaucoup trop cher. Et là, une lumière !!! J’étais au centre du monde, un lieu où chaque minute, plusieurs cultures se croisaient sans se parler, sans se rencontrer vraiment. J’étais dans le lieu idéal pour faire le tour du monde, sans bouger d’un centimètre.  

Alors je me suis installé là, en plein milieu de Times Square, j’ai posé ma valise au sol, et sans bouger, avec mon smartphone, pendant près de 2 heures non stop, j’ai interrogé sans discernement, absolument TOUTES les personnes qui passaient à côté de moi. La question était simple: "QUELLE EST POUR VOUS, ET EN UN MOT, LA CHOSE LA PLUS IMPORTANTE, LA PLUS ESSENTIELLE AU MONDE ?» Et là, debout, avec une valise bizarre, une tête d’arabe barbu trentenaire qui ne doit pas inspirer forcément confiance à tout le monde, avec un objet ostensiblement pointé sur eux, j’ai inspiré l’amour, le bonheur et les sourires de nombreuses personnes que je n’avais jamais croisé auparavant et venus de partout dans le monde.

Ce fût le moment le plus beau de ma vie depuis la naissance de ma fille.  

Il y a encore 4 jours, je me disais que cette vidéo était inutile, et qu’elle était trop « idéaliste » qu’on allait se moquer de moi si je la diffusais. Que c’était un bonheur personnel, mais qu’il ne parlerait à personne d’autre ou si peu. Mais en moins de 48 heures, tout a basculé. D’abord les deux bombes dans ma ville natale, Beyrouth, puis ces attentats terribles dans ma ville d’adoption, Paris. J’ai perdu des connaissances, mais j’ai surtout perdu espoir. Les paroles sont dures, tristes, haineuses. Je ne dormais plus. Je n’arrivais plus à fermer les yeux sans imaginer qu’une bombe allait sauter quelque part, ou que quelqu’un allait encore poster « sales arabes » sur mon compte Facebook et que j’allais devoir l’effacer comme c’est arrivé plusieurs fois ce triste week end.
Puis, hier soir, j’ai eu envie de revoir cette vidéo que j’avais par chance oublié d'effacer. Je l’ai regardée, et pour la première fois, je n’ai pas fait de cauchemars. J’ai dormi. Peu, mais sereinement.  

Si elle m’a fait autant de bien, je suis certain qu’elle fera du bien à d’autres aussi. J’ai donc décidé de la diffuser et de faire renaître ce projet. J’espère qu’elle apaisera vos peurs, vos douleurs et pour certains vos haines, car nous sommes tous, sans exception, et peu importe les croyances, les convictions, ou les certitudes, des personnes dotées d’un coeur, et de la capacité d’aimer l’autre.  

Paix à tous, et n’ayons pas peur d’être heureux."  

Ibrahim Maalouf
15 Nov 2015
#redandblacklightproject

PS : Pour participer à « Red & Black Light project », envoyez votre vidéo d’où que vous soyez dans le monde,
Nous la diffuserons pendant les concerts de la tournée « Red & Black Light ».
Question : "QUELLE EST POUR VOUS, ET EN UN MOT, LA CHOSE LA PLUS IMPORTANTE, LA PLUS ESSENTIELLE AU MONDE ?"
Merci

A propos

En 2014, Ibrahim Maalouf reçoit pour son album « Illusions » une victoire de la Musique dans la catégorie Meilleur album de musiques du monde. C’est un moment historique pour lui et pour tous les musiciens puisque c’est la première fois en 29 ans que les Victoires de la Musique récompensent un projet uniquement instrumental.  

Le grand public découvre alors un artiste complet dont il ne connaissait que ses collaborations avec Amadou et Mariam, Vincent Delerm, Sting, Matthieu Chédid, Salif Keita, Lhasa de Sela, etc… pour n’en citer que quelques unes.  

La même année, il réalise et compose les albums « Funambule » pour Grand Corps Malade qui deviendra double disque d’or, et le très confidentiel « Something came with the sun » pour la suédoise Isabel Sörling tiré seulement à quelques centaines d’exemplaires.  

En 2015, c’est une nomination aux Césars pour la bande originale du film « Yves Saint Laurent » de Jalil Lespert qui le remet au devant de la scène, et si composer pour le cinéma est une passion qui lui prend de plus en plus de temps, la chanson n’est pas en reste puisqu’il vient de produire, réaliser et composer sur son label « Mi’ster » l’album qui marquera le retour sur scène de la chanteuse Natacha Atlas.  

Ibrahim parcourt le monde depuis la trilogie « DIA » (3 albums sortis entre 2007 et 2011), jusqu’à son hommage à Miles Davis « WIND » sorti en 2012 qui lui valut également la Victoire du Jazz « Artiste de l’année », et pourtant cela n’est que la partie visible d’une vie musicale commencée dès son plus jeune âge.  

On ne se doute pas du pas du parcours rare de ce musicien éduqué dans une double culture musicale, en grande partie grâce à l’instrument unique au monde inventé par son père Nassim Maalouf, la trompette à 1/4 de tons, qui permet de jouer les modes propres à la musique arabe. Ibrahim hérite d’une petite perle de l’histoire musicale contemporaine, les instruments acoustiques inventés de nos jours sont en effet bien rares. Et si son père lui enseigne l’art de l’improvisation arabe, il l’éduque également très jeune à la technique de la trompette classique pour jouer avec lui des concertos baroques, classiques, modernes et contemporains, dès l’âge de 9 ans un peu partout en Europe et au Moyen-Orient.  

Au tout début des années 2000, avec plusieurs prix de concours internationaux en poche ainsi que le diplôme du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, Ibrahim avant tout compose et improvise. Il se nourrit de tout, au travers des rencontres, allant du hip hop à la musique électronique, en passant par les musiques africaines, indiennes, balkaniques, le jazz, le rock, le hard rock, la pop, les musiques sud américaines ou simplement la chanson.  

De ces rencontres naissent donc ses compositions et créations, que ce soit pour ses albums ou pour des commandes de festivals, compagnies de danse, films ou orchestres. Ibrahim compose et ne s’en lasse aucunement. Avec de nombreuses oeuvres pour orchestres symphoniques, chorales, choeurs d’enfants, ensembles divers, avec ou sans sa trompette 1/4 de tons, Ibrahim explore, cherche et ne s’interdit rien. Ibrahim est un enfant de Beyrouth, né sous les bombes en 1980, dans un Liban décimé par la guerre civile. À 12 ans, il se rêve en architecte libre pour reconstruire son pays. Ce sera finalement grâce à sa musique qu’Ibrahim transmettra son souffle de liberté. La transmission est même devenue un élément majeur de son travail.

 

#REDANDBLACKLIGHTPROJECTMa contribution contre le drame qui secoue notre monde.My contribution against the world's...

Posté par Ibrahim Maalouf sur lundi 16 novembre 2015
Maxime Lopes sur Google+

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