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H.E.L.P. : le single de Noël Matteï

Noël Matteï fut pendant plus d’une décennie le leader-auteur-chanteur de Madinkà avec 3 albums, des papiers dans la presse spécialisée (Télérama, Rock Sound, Guitar Part…) et près de 200 concerts en tête d’affiche (Divan Du Monde, Maroquinerie…) comme en 1ère partie d’Indochine, Echo & The Bunnymen, New Model Army…

Noel Matteï (crédit : Hugo Souchet)

Crédit : Hugo Souchet

Puis, comme le garçon est également romancier, il publie Plus Bisensuel que Sexuel, un premier roman aux Editions Le Bord De L'Eau remarqué au Salon Du Premier Roman et au Salon Du Livre, et un second, Les Amours Anormales en 2016 aux Editions du 38, qui bénéficiera d’une très belle presse. 

2013, premier EP solo avec le single Lesbian Boy. En 2015 sort un second EP À part alors que parallèlement l’auteur signe l’intégralité des textes de La Beauté De L’Idée, l’album de Dominik Nicolas, co-fondateur et ex-guitariste-compositeur d’Indochine de 1981 à 1994. 

Sur des mélodies pop efficaces aux sonorités electro-rock, Noël Matteï écrit, compose et chante les images, les émotions. 

Son univers singulier est nourri notamment de ses références parfaitement digérées, qu'elles soient cinématographiques (Lynch, Haneke, Miller, Téchiné, Berger, Kieslowski, Wong Kar Waï...), littéraires (Duras, Nabokov, Kundera, Purdy...) ou musicales (du post punk des Young Marble Giants, The Cure, Laurie Anderson ou encore des français Elli & Jacno à Darc ou Daho, du rock poétique de Patti Smith en passant par la pop de Kate Bush, Austra, Tegan & Sara et l'electro de Air, Tiësto ou M83... sans oublier l'Oeuvre de Gainsbourg). 

Le 22 décembre 2017 arrive H.E.L.P. le premier single en éclaireur de l’album L’Écho Des Liens Enfuis dont la sortie est prévu pour mars 2018 avec notamment des feat. d'artistes importants et symboliques du paysage rock en France...

Pouvez-vous nous présenter votre single H.E.L.P. ?
Sébastien Bance a écrit une chronique du single et du clip sur Longueur d’Ondes et l’a fait avec un recul externe, bien mieux que je ne l’aurais pu moi-même, je le ressens tellement ainsi, donc "je le laisse faire" en le remerciant et en le citant simplement ici :
" (...) Accompagné par le duo électro Lux for The Monsters, H.E.L.P. est une première promesse pop-rock-electro à l’ambiance hypnotique de cet opus. Réalisé par l’auteur-compositeur-interprète parisien lui-même, ce titre aux émotions intenses est emmené par un clip filmé en caméra subjective qui se fait la présence de l’autre, celui que l’on rencontre, celui que le temps nous fait perdre lorsque le bonheur nous brûle les doigts et qu’on laisse fuir. Des délices de la rencontre à la douleur du constat d’échec, de l’éclatante dévotion aux sentiments exsangues, Noël Matteï offre sans pudeur et avec délicatesse ces quelques mots sur ces maux."

Quel a été le déclic pour écrire ce titre ? Selon vous, est ce important pour un chanteur de faire passer certains messages en chansons ?
L’histoire de ce titre est assez atypique sur l’album car contrairement aux 12 autres titres je n’ai ni signé ni co-signé la musique, et qui plus est le texte est quant à lui co-signé.
Matthieu, le chanteur des Lux For The Monsters est venu un jour chez moi écouter les démos de mes titres alors très "dépouillés" puisque certains n’existaient que piano-voix. Et il m’a dit que lui et son acolyte Lucie avaient composé un titre qui s’appelait Un Rêve Un Mystère et que ce titre leur faisait énormément penser à mon univers tant par les paroles que par la musique. Il me l’a fait écouter et j’ai complètement craqué dessus. Ils avaient dans l’idée de me le filer pour que je le prenne tel quel ou que je réécrive un texte sur la zic. J’avais carte blanche pour le transformer et le réarranger à ma guise. J’ai trouvé ça touchant, très attachant, un cadeau précieux pour moi.
Je l’ai écouté des jours entiers en boucle mais j’avais un "problème" : le titre me plaisait trop comme il était avec ce texte-là et surtout avec leurs deux voix. Je n’avais pas envie de remplacer leur chant par le mien, j’étais persuadé au fond que ce ne serait pas mieux.
Mais l’univers - ils avaient raison ! - me parlait tellement et me correspondait à fond. C’est comme ça que m’est venu l’idée de ne rien toucher à leur démo mais de créer un jeu de dialogue entre Matthieu et moi. J’ai donc écrit ma partie de texte à partir de la leur et j’ai posé ma voix et mes mots juxtaposés aux leurs sur une démo que je leur ai fait parvenir en renommant le morceau H.E.L.P. Ils ont aimé, et puis ensuite Nicolas (Marsal) qui commençait déjà à travailler avec moi en tant qu’arrangeur de mes premières compos pour l’album s’est joint à nous pour arranger et réaliser le titre, y poser les basses, les guitares...
On l’a étoffé mais on a gardé la plupart des pistes des sons que les Lux avaient fait car ils étaient super et donnaient au titre cette atmosphère wave-syntpop post-punk qui me séduit. Je ne voulais en aucun cas que le morceau sonne très différemment de ce que j’avais écouté la toute première fois en maquette avant de créer ma partie texte et chant. Surtout qu’on savait tous qu’il s’intégrait parfaitement à l’univers et à l’esprit du disque et ne jurait pas comme une "pièce rapportée" l’aurait pu.
Le morceau a pris naturellement sa place comme une évidence au milieu des autres et quand s’est posé le choix du premier titre en éclaireur de l’album j’ai tenu à ce que ce soit lui car je l’adore autant que les autres et surtout j’ai eu une idée précise et immédiate de comment je voulais le clipper. Mon envie de l’habiller d’images était même si limpide pour moi qu’au final je l’ai réalisé tout seul en emmenant Benjamin Thomas (que j’avais casté 6 mois auparavant pour le trailer du roman qui fut réalisé par L’Atelier Belle Lurette) tourner en Suisse, à Lausanne. Je savais que sa présence et son charisme seraient parfaits pour la scénarisation que j’avais faite et qu’il crèverait l’écran comme j’aime. Je regardais chez moi beaucoup de films indé allemands qui me parlent beaucoup tant par leur thèmes que par l’esthétique des images, la colorimétrie, et Benjamin colle parfaitement à cet univers avec sa gueule d’ange rieur et lumineux, sa blancheur, sa barbe rousse, son regard clair qui s’assombrit soudainement parfois comme le ciel pur vire sans explication à l’orage...
Je suis très fier de ce clip, je le trouve très beau, avec une atmosphère attachante de sentiments comme lourde de tensions, belle et tellement triste à la fois. Exactement comme la chanson en fait !
Maintenant pour vous répondre quant à la question de "l’importance de faire passer des messages en chansons" je ne fais pas partie d’une vague de chanteurs dits "engagés" dans leur musique parce que je ne véhicule pas de propos politiques si on considère que la politique est "strictement" liée à l’Etat qui gère un pays... Pourtant, bien sûr, la musique, et tout particulièrement le rock, sont là je le crois pour parler d’une vision de la vie telle qu’on la veut, pour défendre des valeurs humaines, la tolérance, le respect de la différence, un certain refus d’uniquement ce qui est "normé" et des pensées d’une "triste partie de personnes rétrogrades" qui considère que tout ce qui ne l’est pas est contre-nature... et ça oui c’est politique !
Perso tout ce qui existe est la nature, que ce soit majoritaire ou pas, et quand un sentiment/une relation est une chose consentie par les deux êtres qui la vivent, que ce n’est ni de la manipulation ni de la perversion mais un partage sincère, c’est beau... je suis un fervent défenseur de l’amour avec un grand A entre les êtres, c’est déjà si difficile d’aimer, plus encore sur le long terme... alors après que cet amour existe entre deux femmes, deux hommes, un homme et une femme, deux êtres de couleurs et/ou de croyances différentes, tout ça n’est pas un problème pour moi dès l’instant que ces deux êtres s’aiment passionnément et fièrement pour ce qu’ils sont. Quand je trouve un couple beau par exemple, je me fous royalement de savoir si c’est un couple hétérosexuel ou homosexuel, pour moi cette donnée ne change absolument pas mon ressenti, c’est un beau couple point barre. Mon cerveau ne m’envoie pas la mention de leur orientation sexuelle ou ethnique ou autre, réellement. Mais ce n’est pas souvent le cas malheureusement même pour des personnes qui se définissent "ouvertes"... Certains ont l’esprit très ouvert... mais à conditions que ça ne les touche pas de trop près ! Trop de mômes se trouvent encore en 2017 enfermés dans l’isolement du silence juste parce qu’ils sont amoureux !
Les religions notamment et/ou l’interprétation que l’on en fait ont causé énormément de mal à la pensée humaine avec tous ces préjugés d’ordre sociétal qui ne sont que foutaise pour ma part. Les chansons, les romans, la photographie, l’Art de façon plus générale ne changent pas les choses de façon cruciale, le Monde irait mieux sinon, mais il apaise et on peut juste espérer que les artistes parviendront toujours à oeuvrer pour une plus grande ouverture d’esprit, pour les libertés, pour le respect et plus encore la légitimité des différences, l’intelligence et l’épanouissement personnel et singulier de chaque être humain...

Ce single annonce l'album L'Écho Des Liens Enfuis pour mars 2018, que pourra-on retrouver dessus ?
13 titres pop / électro / rock qui interrogent sur certains liens particuliers qu’une légende disait enfuis mais qui furent redécouverts habilement et/ou violemment enfouis...

D'autres artistes seront-ils présents avec vous sur le disque ?
Oui, et des artistes qui ont marqué mon enfance, mon adolescence ou ma période de jeune adulte par leur travail, leur son, leur belle plume, leur personnalité... et puis nos chemins se sont croisés et là j’ai découvert en plus de belles personnes très humaines ce qui est un élément essentiel pour travailler entre artistes en ce qui me concerne... mais patience... L’album sort en mars, ce n’est plus très long et il faut savoir garder quelques surprises sans tout dévoiler trop à l’avance...

Je crois que les enregistrements ont déjà eu lieu, comment se sont-ils passés ?
On ne peut mieux très honnêtement car tellement bien entouré en studio à chaque étape de l’album...
J’ai écrit et composé pour la toute première fois la quasi totalité des titres seul chez moi en acoustique avant d’entrer en studio donc j’ai eu envie de les confronter plus encore aux autres personnes que je sentais pour partager cette aventure avec moi à partir du moment où j’ai compris que j’avais tout l’album, non arrangé et non réalisé, mais vivant et structuré entre mes mains.
Là j’ai adoré les 18 mois passés à travailler à O Studio dans le XVème arrondissement de Paris, 1 à 2 jours par semaine, comme un rituel, et la manière dont nous avons fait ce disque à partir de mes pianos et de la voix, voir les chansons se vêtir au fil des mois et partager avec Nico bien sûr (Nicolas Marsal multi-instrumentiste et multi-tout talentueux + réalisateur qui passait tout son temps avec moi au studio), puis avec toutes les personnes qui m’ont entouré sur la longueur du projet, même si j’en connaissais bien déjà certaines comme Laurent Macé (prises de voix, editing et conseils précieux), Seb Lorho (mastering)... et je voulais travailler de nouveau avec eux parce qu’ils me cernent avec le temps, me rassurent, et savent tant comment je fonctionne en mode obsessionnel à mes heures que comment me faire sentir bien et donc donner le meilleur de moi-même en séances studio. Et puis il y a aussi de nouvelles et belles personnes au mixage, à la réalisation de certains titres aussi... et puis les feat. bien sûr qui sont venus enregistrer spontanément et tendrement leur voix avec moi au studio des Blancs-Champs... Hâte que vous découvriez ça à la sortie de l’album car je le trouve réellement beau, musicalement, mais émotionnellement aussi, et ça c’est le plus difficile à capter et à injecter dans un enregistrement !
Mais quand on a ce frisson de l’instant dans la boite putain que c’est beau !

Dans votre dernier roman Les Amours Anormales, on avait évoqué un lien fort avec la musique dans votre livre. Retrouvera-t-on ce parallèle entre les deux mondes sur l'album ?
Oh oui, il y aura de ça aussi effectivement... mais inversé, une sorte de monde à l’envers comme dans Stranger Things ! (rires). Mais je n’en dis pas plus...

Prévoyez-vous quelques concerts dans les mois à venir ?
J’aimerais que les live soient à la hauteur de ce bel album et les préparer comme il faut, je voudrais donc dans l’idéal démarrer réellement à la rentrée de septembre 2018. La première moitié 2018 il y a la sortie de l’album à préparer puis à défendre, et parallèlement à la musique (même si ces deux passions sont connectées l’une à l’autre avec beaucoup de résonances en ce qui me concerne) je m’installe doucement mais sûrement comme psychothérapeute après 13 ans de travail et d’apprentissage silencieux dans le domaine, et je suis aussi actuellement une formation pour valider mon titre de sophrologue donc tout ça me prend un temps incroyable et une énergie folle... ce n’est pas une période où je trouve un temps même infime pour m’ennuyer ça c’est net ! Mais ces nourritures sont épanouissantes et solaires !

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Aïtche Y Elle Pi ! (dixit mes acolytes de Lux For The Monsters qu’ils prononcent "le sourcil levé, un maillot des Lakers sur l’épaule et un disque de Dolly Parton à la main") (rires)

Merci à Noël Matteï d'avoir répondu à l'interview !
Merci à vous pour l’interview et ce joli temps ensemble ! Et puis thanks et enjoy aux lecteurs de Divertir !

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