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Guero : l'EP Orgue

Guero est le projet solo de Robin Pagès, auteur-compositeur-interprète français. Ce projet art-rock, pop, aux sonorités parfois électro, se caractérise par une volonté de créer une musique ample, claire, personnelle, exigeante et protéiforme. Il dévoile l'EP Orgue, anagramme de Guero, le 10 mai.

Cover Orgue - Guero

Guero est le projet solo de Robin Pagès, auteur-compositeur-interprète français. Ce projet art-rock, pop, aux sonorités parfois électro, se caractérise par une volonté de créer une musique ample, claire, personnelle, exigeante et protéiforme.

Le désir de créer et partager sa musique est apparu très tôt chez Robin. À 11 ans, installé devant un magnétophone avec sa guitare acoustique et accompagné de son grand frère batteur, il enregistre sa première cassette. Elle sera perdue, mais la brèche fut ainsi ouverte.

Référence à l’album éponyme de Beck, “güero” désigne affectueusement au Mexique quelqu’un à la peau ou aux cheveux clairs, “différent”. Clin d'œil amusé à son apparence, Guero est la façon dont Robin se représente enfant, sensible et solitaire.

Outre Beck, la musique de Robin s’est façonnée sous l’influence de nombreux artistes aux singularités particulièrement inspirantes : le panache et l’intensité de Prince, la fraîcheur et l’énergie massive de Phoenix, l’élégance et la profondeur de James Blake, l’exigence et le renouvellement perpétuel de Radiohead, l’électro organique de Caribou, la vitalité éternelle des Beatles.

Interview de Guero

Est-il possible de nous présenter votre EP Orgue et l'histoire que vous avez voulu tisser tout au long de vos titres ?
Tout est parti d'une série de sept maquettes que j'ai finalisées en avril-mai 2015. Certaines étaient déjà bien avancées, pour d'autres je n'avais que des bribes. J'ai envoyé ces titres à Daniel Bleikolm, un ami qui venait de monter son studio à Bruxelles. Il a beaucoup aimé, a estimé qu'il suffirait de ré-enregistrer les voix et les batteries (qui étaient des batteries virtuelles), et m'a proposé de faire cela à son studio, et de mixer.
J'ai choisi les quatre titres qui me semblaient les plus cohérents esthétiquement, en terme de dynamiques et d'émotions, et qui ensemble me donnaient l'impression de raconter une histoire.
Orgue est né comme ça.

Peut-on en savoir plus sur la partie instrumentale et pourquoi avoir fait plus appel aux tables de mixage qu'à l'orgue sur cet EP ?
Si votre question consiste à savoir pourquoi l'EP se nomme Orgue, alors qu'il n'y a pas d'orgue à proprement parler, tout d'abord, c'est bête, mais j'aimais bien l'idée de jouer avec cet anagramme de GUERO... d'autant plus pour un premier EP.
Ensuite, l'instrument en lui-même me fascine, en particulier les orgues d'église. Je ne suis pas religieux, mais le fait qu'on ait pu construire des instruments aussi immenses, complexes et puissants, l'idée qu'on puisse chercher à atteindre le "ciel" par la musique, le fait que sous une simple touche se cachent de tels mécanismes, générant de tels phénomènes acoustiques, je trouve ça incroyable.
Dans sa modularité, l'orgue est le précurseur du synthétiseur.
En fait j'appréhende les synthétiseurs un peu à la façon d'un orgue, en particulier sur cet EP. Dans cette capacité à l'exubérance et à la retenue, à la puissance et à l'intimité, dans cette ampleur, cette richesse harmonique.

Sur quoi avez-vous attaché le plus d'importance sur l'EP Orgue et qu'avez-vous le plus souhaité apporter au public ?
J'avais l'impression qu'il y avait déjà ce qu'il fallait dans les maquettes, et j'ai attaché beaucoup d'importance (peut-être trop) à respecter ce matériau de base. C'est probablement inhérent à ma personne et au fait de travailler de façon solitaire. Mais aussi au fait que ce soit mon premier EP, alors que je compose et veux faire ce que je suis en train de faire depuis très longtemps. Je me suis beaucoup accroché à l'effet que provoquaient sur moi ces maquettes, et à ce que j'y projetais.
Je pense que faire de la musique c'est un peu comme être dans "deux états intriqués", un état qui-fait et un état qui-écoute. Autrement dit, être "musicien" et auditeur simultanément. Je me dis que si ça me plaît en tant qu'auditeur, alors ça plaira à d'autres. Ensuite chacun y trouve quelque chose qui lui est propre, de personnel. D'ailleurs, étonnement, tous les gens à qui j'ai fait écouter l'EP ont un titre préféré différent !

En tant qu'auteur - compositeur - interprète, qu'appréciez-vous dans le fait de maîtriser tous les aspects de votre projet artistique ?
J'ai toujours fait comme ça.
Depuis que je fais de la musique (c'est à dire depuis mon enfance), je l'envisage dans sa globalité. Chaque instrument individuellement mais toujours pour une construction d'ensemble. Tout ce que j'apprenais à la guitare, je m'en servais pour autre chose, et inversement...
J'ai mis du temps à comprendre les distinctions habituelles entre composition, arrangement (voire production)... depuis, ces concepts me semblent toujours tellement corrélés qu'intuitivement je les pense simultanément.

Quels souvenirs gardez-vous de vos premières compos avec votre frère quand vous étiez ado et pas trop déçu que votre première cassette soit désormais perdue ?
Un peu triste. Je ne garde qu'un souvenir du moment où on l'a enregistré, mais je ne me rappelle même pas comment on avait procédé... Est ce qu'on savait ce qu'on allait jouer auparavant, ou est ce qu'on improvisait, combien de temps... Je sais juste que mon frère jouait de la batterie dans la pièce à côté, que je jouais de la guitare acoustique dans sa chambre, devant le magnétophone, de façon à compenser la différence de volume entre les deux instruments. Ce serait très intéressant d'entendre ça, mais ce qu'on avait enregistré a été effacé par autre chose, donc c'est impossible. Il faudrait peut-être que je demande à mon frère s'il se rappelle de plus de détails, il a une meilleure mémoire que moi...

Peut-on en apprendre plus sur l'artwork ?
L'Ep n'a jamais été pensé comme un concept dans sa réalisation, et j'ai passé beaucoup de temps à réfléchir à l'orientation pour l'artwork. Puis j'ai eu en tête une image de fête foraine, plutôt ancienne et sombre, de nuit. J'avais fixé l'ordre des morceaux depuis longtemps et je me suis mis à imaginer que chaque titre pourrait raconter un moment d'une séquence de nuit, dans ce lieu un peu hors du temps : le rollercoaster euphorisant, la perte de contact avec le réel, la rupture amoureuse, puis le lieu abandonné. Je me suis alors rendu compte qu'il y avait plein d'éléments dans la musique, dans les paroles, qui étaient cohérents avec ça. Même l'idée de l'orgue de barbarie pouvait entrer en résonance.
Ça a inspiré les boucles d'animation qui accompagnent la sortie de chaque titre, et ça a orienté le visuel de l'EP.
Et puis ça me fait plaisir, parce qu'il s'agit d'une photo prise par ma sœur. Elle l'a retrouvé parmis de vieux exercices de photographie. J'aime aussi l'idée qu'avec ce noir et blanc et ce grain, on se demande presque si on est de jour ou de nuit...

Qu'appréciez-vous dans la scène et aurez-vous l'occasion de rencontrer le public prochainement ?
Bizarrement, quand je compose, j'ai l'impression qu'une partie de moi envisage toujours le morceau en concert.
Peut-être encore plus bizarrement, je vais assez peu voir de concerts, alors que j'adore jouer sur scène.
Ce que j'apprécie c'est qu'on peut créer un moment où la musique est la seule chose qui compte. Assez peu de gens ont la possibilité de vraiment écouter de la musique, de la vivre totalement et profondément. Un concert doit être la plus belle occasion pour cela.
La release de l'EP aura lieu le 30 mai au Réservoir (Paris). Je suis ravi, quand on cherche la salle sur Youtube, on tombe sur une vidéo de Radiohead, ça en jette toujours.
Il me tarde !

"Güero" est aussi une référence mexicaine aux personnes claires, ça vous plairait de vous y rendre dans le cadre de votre musique ? Il semblerait même que vous y avez un homonyme dans la musique...
Oui ça serait chouette d'y aller... et c'est vrai que j'ai vu qu'il y existait "d'autres Guero", je crois même des marques de fringues...
J'ai mis beaucoup de temps à choisir ce nom. J'ai noté plein d'idées différentes, et avec le temps c'est celle qui est restée. J'aimais l'idée que ce ne soit ni un mot anglais, ni un mot français, et qu'il y ait une ambiguïté sur le fait que ce soit un nom de groupe ou d'artiste.
Ce qui m'intéressait dans ce nom, outre la référence à Beck qui est un de mes artistes préférés, c'est une dimension un peu "philosophique" que j'y perçois dans la notion de différence. La différence fait qu'on est reconnu, donc qu'on existe, et donc paradoxalement qu'on peut être accepté, comme les autres, aimer et être aimé. J'aime cette idée.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Rendez-vous le 19 avril pour la sortie du premier titre !

Merci à Guero d'avoir répondu à notre interview !
Retrouvez le également sur Facebook.

Guero - ONE

A propos de Guero

Né le 23 octobre 1988 à Dax, Robin grandit à Villeneuve sur Lot.
Très jeune, il échappe de peu à une surdité précoce. Il en gardera un rapport fort et personnel au son. À dix ans, son père lui offre sa première guitare, taille enfant, et s'en achète une seconde pour lui-même. Il lui apprend dans la foulée les quelques accords qu'il connaît. Robin se les approprie spontanément. Il sait alors qu'il a trouvé le moyen de satisfaire son désir de création, et que sa musique sera sa vie.

Au cours de sa jeunesse, il développe principalement en autodidacte son instrument, la composition et l'arrangement, des rudiments de batterie, de basse et de clavier.
Après quelques premières expériences live au lycée, sorti major de promotion du CIAM à Bordeaux, il intègre divers groupes bordelais et plusieurs formations expérimentant ses compositions. Au fil des rencontres, il rejoint le groupe bordelais, alors naissant, John and the Volta. Après sept ans de travail au sein du groupe, le déclic artistique opère et il décide de se consacrer pleinement à son œuvre, le projet qui l'a guidé depuis ses dix ans ; Guero.

L'EP Orgue

Anagramme de Guero, l'image de l’Orgue renvoie à l’utilisation des synthétiseurs dans le projet : celle d’un instrument au son riche, imposant, parfois exubérant, et qui, couvrant les fréquences des plus basses aux plus hautes, est dirigé vers le ciel.

Sans être un EP-concept, les titres y sont interconnectés, voire en communication, mais toujours uniques et indépendants.
Extraits d'une série de 7 premières maquettes qui ont initié la création de Guero, ONE, Y.W.S.I, Dusk on a seashore, et Hopes, ont étés finalisés au studio La Savonnerie, à Bruxelles : les voix et les batteries y ont été réenregistrées,  l'ensemble mixé par Daniel Bleikolm.

L’EP sera raconté comme une journée passée dans une foire, un rollercoaster émotionnel où l’audience sera invitée à vivre plusieurs états ; de la fougue effervescente à l’ardeur désemparée, de la mélancolie à l’espoir.

Musique interview

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