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Greg Houben : Un belge à Rio

L’album du Belge Greg Houben est un linge tissé de bouts de vie, de rencontres et d'émotions.

Greg Houben

C'est en tournée, en bourlinguant à travers le monde qu'il puise son inspiration et décide de s'emparer de la langue française pour l'habiller de ses mélodies fortes et sans frontière.

Greg Houben a depuis longtemps un amour fort pour les mots qu'il s'approprie et caresse de sa voix chaude, douce et pénétrante. C'est lors d'une tournée au Brésil, invité par son Excellence l'ambassadeur de Belgique que Greg saisit l'occasion pour enregistrer son premier album de chansons française !

Pour cet événement, ses amis sambistes ne lui font pas défaut et signent des arrangements ciselés. La “vieille garde de Portela”, école de samba monumentale, sera même présente sur l'enregistrement ! C'est à deux blocs de Copacabana que la magie s'opère et révèle un album délicieux rempli de joie de vivre. Si l’on décèle chez Greg des fragments de Mathieu Boogaerts, de Louis Chedid ou encore de Chet Baker, on lui remarquera, et cela après deux mesures à peine, une singularité attachante et une manière élégante et chaloupée de raconter sa propre histoire.
Bienvenue chez… Greg.

Interview de Greg Houben

Pouvez-vous nous présenter votre album Un belge à Rio ?
C’est l’histoire d’un Belge qui découvre le Brésil à 17 ans et qui en tombe éperdument amoureux. D’un amour romantique à la Rimbaud, d’un amour qui colle et qui ne vous quitte plus !
Mais ce Belge est attaché à ses racines et aime sa ville de Liège. Il fait finalement le choix d’y rester et écrit une chanson Rio/Liège… Il est un Belge à Rio !

C'est lors d'une rencontre avec son Excellence l'ambassadeur de Belgique que vous avez sauté le pas pour faire cet album. Est-il possible d'en savoir plus sur cette rencontre ?
C’est lors d’une tournée au Brésil que le Consul Général de Belgique à Rio (Bernard Quintin) et moi avons en boutade, l’idée de faire une version Samba de notre hymne national en vue de la prochaine coupe du monde de football au Brésil en 2014. J’ai intitulé cette version La Brabanção. Elle nous a valu un tel succès que nous sommes allé la jouer au Brésil en support de notre équipe nationale. C’est pendant cette période que nous en avons profité mon producteur (Benoit Goes), mon réalisateur (Cédric Raymond) et moi pour enregistrer les prémisses de ce qui allait devenir… Un Belge à Rio !

Le Brésil a fortement imprégné l'album. Dans quoi avez-vous puisé votre inspiration là bas ?
Effectivement, il y a un fort accent brésilien dans le disque. J’ai puisé mon inspiration dans la musique populaire brésilienne. Lors de mes différents voyages, j’ai énormément fréquenté les écoles de Samba de Rio de Janeiro, les clubs de musique et les endroits ou les les musiciens se retrouvent pour faire le boeuf. De nombreuses amitiés sont nées des échanges musicaux que j’ai pu faire là-bas en tant que trompettiste et ce sont ces même amis qui m’on suivi en studio pour enregistrer les bases de l’album.

Lors de votre 1ère arrivée au pays de la Bossa Nova vous avez été choqué par un obsessionnel Top 50. Ca ne vous a pas donné envie de mettre un peu plus en avant le portugais dans votre album ?
J’ai été surtout choqué du top 50 brésilien... En portugais ! Je n’imaginais pas à l’époque que leur musique pouvait être autant pervertie que celle que l’on nous servait en Europe.
Finalement, le phénomène commercial n’épargne personne.

Quelle importance accordez-vous aux textes de vos compositions ?
Je suis plus musicien qu’auteur dans la mesure où j’exerce la musique depuis longtemps alors que ce disque est ma première expérience d’auteur.
Dans cet album j’ai toujours écris la musique avant les textes. J’ai écris ces textes en partant du yaourt que j’improvisais en répétition.
Ce qui a été très libérateur pour moi, c’est le peu de référence que j’ai par rapport aux références que je peux avoir dans le jazz.

Parlez nous des enregistrements au studio Compania dos técnicos et des moments si particuliers que vous avez du passer avec les équipes et artistes...
C’est par le billet de mon ami Alessandro Cardozo, grand musicien carioca (de Rio) que j’ai pu réunir cette bande de musiciens dans ce studio si prestigieux. Il a l’habitude d'y faire des sessions d’enregistrement pour les plus grands noms de la musique brésilienne. Il fallait voir sa manière de diriger les gars, la finesse des arrangements pondus sur place et le groove qui soudainement habitait le studio. Le plus fou a été de voir débarquer la « Velha Guarda » (vieille garde) de Portela, une des meilleures écoles de Samba pour chanter le choeurs de mes chansons. Des papis et mamis qui portent en eux toute l’âme et la tradition du Brésil… C’était très émouvant.

Avez-vous eu un retour de Mylène Farmer sur votre reprise de Pourvu qu'elles soient douces ?
Non pas de retour de Mylène malheureusement mais Pascal Nègre a twitter et partager le clip sur Facebook...

Est-il possible de nous parler de l'artwork sur la pochette du disque ?
Lucas Racasse est un illustrateur Belge connu et reconnu, il a réalisé de nombreuses pochettes de disque. Il m’a fait part de son enthousiasme après m’avoir entendu à Avignon cet été. Je suis très heureux de sa proposition et me sens tout à fait en adéquation avec l’univers qu’il propose. Avant chaque réalisation (single ou album), nous échangions des sentiments, des images, des idées… Il ne s’agissait pas pour lui de faire une simple illustration d’album mais bien de créer un personnage, un monde qui était le mien, reconnaissable et singulier. C’est tout à fait réussi, Merci Lucas !

Quel a été l'accueil du public lors de votre représentation au Botanique ?
C’était un enjeu pour moi de présenter le spectacle qui allait défendre l’album… Quelle formule adopter ? Quels musiciens ? La scénographie ?,…
Mais l’accueil fut fantastique et cela m’a mis en confiance pour la suite ;)

Jouer Un belge en représentation à Rio pour un concert, ça vous ferrait plaisir ?
Evidemment,  je rêve de jouer l’album là-bas et de retrouver sur scène mes amis musiciens brésiliens !

Comment ressentez-vous la scène et avez-vous un rituel avant de vous présenter face au public ?
La scène a toujours fait partie de ma vie. Mon papa Steve Houben, un illustre jazzman, n’a cessé d’être sur les planches et grâce à ma maman programmatrice de spectacle, j’ai passé mon enfance dans les théâtres. Je suis donc sur la scène comme à la maison. Cependant, après toutes ces années, le trac fait encore partie de moi. Mon rituel consiste à chasser toutes les pensées parasites de mon esprit et à me focaliser sur mon unique rapport au public. Une sorte de méditation quoi ! 

Il parait que vous êtes fan de théâtre. Quel type de pièce appréciez-vous et en faire une dans quelques mois c'est quelque chose qui vous tenterait ?
J’ai commencé par le théâtre ! De 14 à 18 ans, j’ai suivi des cours de déclamation et d’art dramatique à l’académie de Verviers, ma ville natale. A 16 ans, je jouais le jeune Scipion dans Caligula sans rien y comprendre ! Je me destinais à être comédien et j’avais même l’ambition de suivre les cours de la Royal Shakespeare Academy à Londres… Au lieu de cela, j’ai atterri au Brésil à 17 ans et suis devenu musicien.
Il n’en reste pas moins que je suis revenu au théâtre - Chassez le naturel, il revient au galop - des années après. D’abord dans une pièce de Jazz/théâtre , la Wild Party, que l’on a créée avec Benoit Verhaert et un quartet de jazz. Dans cette pièce de l’américain JM March, censurée à l’époque, je prends plaisir à donner la réplique au comédien entre mes solos de trompette. Peu de temps après nous créons avec Agnès Limbos (la patronne du théâtre d’objet) deux spectacles, deux créations que l’on nommera Troubles et Ressacs. Dans le dernier, nous parlons d’un couple qui a tout perdu en référence aux différentes crises financières (Subrimes,…). Nous traitons évidemment ce sujet avec beaucoup de décalage et d’humour… Belge ? Nous le jouerons le 19 décembre au Théâtre de l’Atalanta à Paris 18ème, vous êtes les bienvenus !

Peut-on en savoir plus sur "les nouveaux projets de rentrée qui puent" dont vous avez évoqué sur Instagram ?
Je suis très heureux d’annoncer que nous partagerons la scène mon papa et moi pour une première le 8 septembre au Théâtre Marni de Bruxelles.
Depuis pas mal de temps déjà, Steve et moi procédons par essai et erreur pour ajuster la ligne musicale commune à notre désir de jouer ensemble et de former un nouveau groupe. Mais à présent, nous avons jugé qu’il était temps de lever le voile sur nos découvertes et nos choix ! Si tout va bien, le projet Houben&Son enregistrera un disque après ce concert de première. C’est une expérience fantastique de jouer avec son papa.
J’ai aussi reçu pour la saison prochaine l'une ou l’autre belle proposition de théâtre donc en tant que comédien cette fois.
Et bein évidemment, il me tarde d’écrire mon deuxième disque en français pour lequel je commence les résidences d’écriture dès la semaine prochaine !

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Merci pour ces quelques questions et j’espère à bientôt sur les routes...

Merci à Greg Houben d'avoir répondu à notre interview !
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Maxime Lopes sur Google+

Musique interview

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