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François Corbier présente son Journal Secret

L'auteur François Corbier s'apprète à sortir son Journal secret dans les semaines à venir. Alors que les premiers extraits de cet ouvrage drôle et humoristique étoffent le web, c'est l'occasion d'en savoir un peu plus avec l'écrivain...

Francois Corbier

- Est-il possible de nous présenter votre livre Mon journal secret ?
Il s'agit de courtes nouvelles essentiellement humoristiques. Fictives et drôlatiques.

- Pourquoi avoir fait le choix de faire un journal intime ?
Il s'agit d'un faux journal intime. Un journal tellement secret qu'on peut le lire sur Facebook. C'est dire s'il est secret...

- Est ce qu'il y a un gros secret que le livre n'aurait pas pu révéler ?
Non il n'y en a pas. Ma vie est transparente, simple et claire.

- Peut-on retrouver une part de vous dans le livre ou est ce purement fictif ?
Il y a, comme dans tout ce que j'écris, une part de moi mais rarement là où l'exégète cherchera à la trouver. Il faut prendre ce livre comme un exercice d'humour, de tendresse avec sans doute un peu de philosophie, de l'argot et des sottises pas toujours de très bon gout mais souvent avec une chute surprenante et inattendue. Une forme de blague en quelque sorte.

- Qu'est ce qui vous passionne le plus dans l'écriture pour les enfants ?
Je n'ai jamais écrit réellement pour les enfants. En 15 années de télévision j'ai fait l'animateur, le comédien mais à part six ou huit chansons que j'ai composée pour les enfants, je n'ai jamais rien écrit pour les petits.

- Même si la sortie de l'ouvrage est prévue en octobre 2016, avez-vous déjà prévu quelques séances de dédicaces ?
Oui le livre sortira officiellement le 17 octobre jour de mon anniversaire et les personnes qui éditent ce livre ont déjà prévu ce genre d'exercice qui me plait tout à fait. C'est un moyen de retrouver les fans et les amis.

- Avec l'actualité, est-ce encore facile de faire rire les gens par l'intermédiaire d'un livre ?
Je l'espère. Souhaitez le moi !... Il faut continuer à rire ne serait-ce que pour emmerder ceux qui aimeraient tellement que les larmes nous rongent.

Le Journal Secret de François Corbier est disponible en souscription jusqu'au 30 septembre 2016.
Dans toutes les bonnes librairies à partir du 17 octobre.

 

- Il y a quelques années on vous retrouvait dans Récré sur Antenne 2, quel souvenir en gardez-vous ?
Oui Récrée A2 et Le Club Dorothee. Ce fut une belle et bonne époque désormais révolue mais nous sommes restés bons amis même si nos activités nous ont éloigné les uns des autres. Je m'y suis bien amusé. J'y ai bien gagné ma vie. J'y ai fait de beaux voyages. Et la vie continue !

- Vous êtes également chanteur. En 2015, on a pu vous retrouver sur l'album Vieux Lion avec 13 chansons inédites. Souhaitez-vous en dire quelques mots ?
Ce disque a été bien reçu. Il a été réalisé au Studio Route 65+1 avec mes amis musiciens Eric Gombard, David Gortchinsky, Alain Chapelain avec Patrick Balbin. Travailler avec eux a été un authentique bonheur et du coup nous allons rapidement remettre le couvert !

- Quels vont être vos projets à venir ?
Publier mon nouvel album de chansons avec mes amis musiciens. Rédiger la suite de Mon Journal Secret. Il y aussi des spectacles qui se joueront partout en France nous avons déjà signé avec mon agent des dates de concert jusqu'à la fin juillet 2017.

- Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Mon voisin est cul de jatte. Son épouse est cul de jatte. Jamais je ne les entends faire. Des parties de jambes en l'air !

Merci à François Corbier d'avoir présenté son livre !
Retrouvez le également sur Facebook.

Extrait de Mon journal secret de François Corbier - Chapitre 16 : L’ours

Extrait de mon journal secret mercredi 22 Avril 2015

Mon cher journal,

L’ours blanc qui habitait au rez-de-chaussée de notre maison n’était pas un de ces plantigrades incultes qui passent leur temps à fumer le mauvais tabac qui empeste, tout en buvant plus qu’il n’est de raison des bières au whisky. Bien sûr, il n’était pas parfait. Il était incapable, par exemple, de lire le Dante dans le texte ou d’apprécier Kierkegaard, mais il était abonné à plusieurs journaux, ainsi qu’à un magazine de danse classique et à un autre traitant du bridge et des échecs. Il s’intéressait à la BD, et il écoutait pratiquement chaque soir du blues, au désespoir de ma mère qui ne manquait pas une occasion de dire que les ours blancs ne connaissent rien à la musique, et que celui-ci, comme ses congénères, ferait mieux de s’intéresser à l’aquarelle plutôt qu’à cette infecte soupe qui ne le grandissait pas. Il n’empêche qu’aussitôt que ma mère s’absentait pour faire des courses à la supérette du quartier ou pour se rendre à son boulot d’aide-soignante à la clinique des brosses à dents, nous nous précipitions avec mes frères chez notre voisin qui nous ouvrait sa discothèque. Et, sans vouloir en faire des tonnes, je le jure sur les Saintes Écritures, ses disques nous comblaient de bonheur !

Nous ne savions pas d’où il venait. Il était arrivé chez nous un soir d’avril, sans doute porté par une de ces fichues tornades qui dévastent chaque année le pays au début du printemps. Il avait l’œil hagard. La bave lui coulait sur le menton. Ses pieds étaient endoloris, il se tenait les reins, et n’avait pas mangé depuis plusieurs jours. Il faisait assurément peine à voir ! Son poil était abîmé, comme râpé. Il flottait dans sa peau large comme une descente de lit, et il avait une étrange manière de prononcer certains mots qui laissait à penser qu’il venait du nord, ou qu’il s’était fracturé la mâchoire avant d’arriver car on ne comprenait pas grand-chose à ce qu’il nous racontait. Ma mère, que la misère d’un chien de prairie fait pleurer, l’invita à s’asseoir, et lui offrit ce que nous avions dans le réfrigérateur. Il mangea tout ! Les œufs, le jambon, le beurre, les patates, la salade et les plats cuisinés que mamie avait préparés avec amour et du saindoux. Il mangea tout, et pour un peu il se serait même enfilé le frigo avec les magnets ! Après quoi, il s’endormit d’un pesant sommeil qui lui dura plusieurs semaines. À son réveil, il avait encore maigri, et maman qui n’avait pas envie de le voir une nouvelle fois vider le fridge, lui donna quelques banknotes en lui indiquant l’adresse du charcutier. À son retour, il rota bruyamment, lâcha quelques gaz, et retourna se coucher.

Cette fois, à son réveil, ma mère lui expliqua qu’elle ne pourrait pas continuer à le nourrir indéfiniment, mais qu’elle voulait bien lui laisser la pièce du fond, qui ne nous servait plus à rien, en échange de menus travaux. Mais qu’en tout état de cause, il était urgent qu’il se dégottât un travail. On demandait justement un ours au parc zoologique. Il s’y rendit et fut engagé sur-le-champ ! Comme c’était un brave ours, chaque semaine il rapportait sa paie à la maison, et le week-end il donnait un coup de pinceau sur le mur de l’appentis, ou bien il changeait un carreau que la grêle avait brisé. Il savait allumer la cheminée comme personne, faire griller les saucisses sur le barbecue, et nous l’écoutions tandis qu’il jouait sur son banjo des standards du vieil ouest.

Ouais, c’était un bon ours. Il resta chez nous deux ou trois ans, et puis un soir, il ne vint pas dîner avec nous comme il en avait pris l’habitude après ses heures de travail. On ne le revit pas plus le lendemain, ni les jours qui suivirent. Je me souviens parfaitement de ces moments-là. Nous étions tous profondément tristes de son absence, et comme pour ne rien arranger, il s’était mis à souffler un fort vent d’est particulièrement glacial. Quelques jours plus tard, ma sœur en larmes nous apprit qu’elle était enceinte de lui. Maman décrocha le fusil et courut au zoo où personne ne sut nous dire ce qu’il était devenu. En rentrant, elle nous déclara qu’il était désormais interdit d’écouter du blues à la maison, et que plus jamais nous n’hébergerions un ours blanc chez nous. Et comme elle s’était mise à pleurer, elle nous raconta la peine que ça lui avait fait de voir au zoo tous ces hommes dans des cages... !

Merci à François Corbier pour cet extrait en avant première...

Maxime Lopes sur Google+

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