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Flyin' Saucers Gumbo Special : l'album Nothin' but

Avec leur  7ème album au compteur, les Saucers sont de retour sur les platines.

Flyin saucers gumbo special

Le titre de l’album Nothin’ But… laisse l’auditeur libre de cataloguer la musique du groupe comme il l’entend. Plus roots que les précédents, plus exigeant dans l’écriture et la production, Nothin’ But… ose encore plus le mélange des genres et amène à la constatation suivante : Les Saucers font du Saucers : un cocktail de leurs influences louisianaises. Bien qu’agrémenté de quelques ballades, l’album est sûrement plus incisif et « énervé » que les précédents, plus revendicatif aussi… Sûrement l’air du temps. Alors si vous aimez ce qu’on appelle le swamp, le funk, le rythm’n’blues, le rock’n’roll, le zydeco, le mambo, le blues, la soul, le tout en tapant du pied et en vous égosillant sur des refrains entêtants, Nothin’ But… est fait pour vous.

"Ce disque est un parfait guide de voyage musical de la Louisiane, des clubs urbains aux marais des bayous en passant par les juke joints postés le long des routes. Zydeco, soul, rock sudiste, blues, tout y est cuisiné avec le meilleur goût et vous donnera envie de danser tout du long. « Jamais le Flyin’ Saucers Gumbo Special n'aura autant mérité son nom ! »"

Le groupe sera en concert le 13 septembre au Triton (Les Lilas 93) et le 14 septembre à Sortie 13 (Pessac 33).

Pouvez-vous nous présenter votre album Nothin’ But et le mélange des différents genres ?
C’est du 100% Saucers. Le groupe puise ses inspirations dans les registres louisianais, excepté le cajun et le jazz (même si des fois on lorgne peut être un peu dessus), et prend un malin plaisir à mixer tout ça. Pour faire court, ces musiques prennent leur source dans les répertoires afro-américains, dont le blues n’est jamais très loin : il y a du zydeco (une musique basée sur un grosse rythmique, où l’accordéon a une place dominante - c’est lui qui donne la mélodie ou le riff de base), mais aussi du funk, du R’n’B, du R’n’R et plein d’autres. Les musiques de Louisiane ont cette particularité de s’affranchir des frontières du moment que ce soit dansant et festif, et c’est ce qui nous plaît. C’est sûrement pour ça qu’il est très difficile de cataloguer le groupe. Les Saucers font du Saucers, et Nothin’ But est une synthèse de tout ça… En vrac, pour cet album, nous sommes allés chercher chez Beau Jocque, Boozoo Chavis, Jon Cleary, Eddie Bo, Galactic, Meters, Tony Joe White, Guitar Slim, Zydeco Joe, Monty Alexander… Un beau bordel mais c’est ce qui fait notre identité. Le challenge à relever étant d’agencer le mélange des genres de manière cohérente.

Comment composez-vous vos titres et est-il possible d'en savoir plus sur votre inspiration ?
Pour chacun de nos albums, le premier aspect du cahier des charges est de rentrer dans les registres exposés ci-dessus, tout en veillant à les équilibrer. Mais cela nous est très naturel, et ça se fait tout seul ! Pour Nothin’But, nous avons ajouté le fait que nous le souhaitions plus « pop » que les précédents, à travers l’utilisation des refrains et une certaine dynamique dans l’écriture, la façon de penser et interpréter chaque titre. La façon de composer est assez simple en fait : un membre du groupe propose un titre plus ou moins abouti, expose aux autres son idée sur la façon dont il souhaite que ça sonne à l’arrivée, ce qu’il a en tête. Libre à chacun ensuite d’apporter ses propres idées et sa touche personnelle, du moment que ça rentre dans les clous et que ça soit validé par l’ensemble du groupe.

Parlez nous du titre Keep on Hoping...
Autant laisser la parole à Cédric Le Goff qui est à l’origine de ce titre :
« Keep on Hoping exprime la lassitude que j’éprouve à constater que le monde dans lequel nous vivons n’a pas changé d’un pouce. On nous manipule, on nous ment, on nous fait des sourires et c’est toujours la même histoire. Cela étant, mon côté optimiste et candide me suggèrent que l’on peut encore changer les choses. Pour accompagner ce texte, j’avais besoin d’une musique forte portée par la section cuivre, soutenue par une rythmique lourde et un piano redondant avec différentes ambiances à la Little Feat, Bosz Scaggs en passant par Harry Connick Jr et bien d’autres ».

Peut-on en savoir plus sur votre travail au niveau de la partie instrumentale ?
La plupart du temps, il y a une thématique, une mélodie ou un riff de base proposé par celui qui est à l’origine du titre, que nous faisons tourner pour trouver la bonne rythmique, et ceci qu’elle que soit l’avancée de l’écriture du morceau : on n’ira pas plus loin tant que cela n’est pas calé, que ça ne groove pas. Nous faisons ça pour chaque partie du titre, en essayant un maximum de choses, même si on a une idée globale de ce que l’on souhaite à l’arrivée. « On fait tourner » comme on dit. Le batteur et le bassiste du groupe ne se contentent pas de partir sur une tourne spontanée : il y a un gros travail de réflexion pour mettre en valeur du mieux possible la mélodie et le texte. C’est pour cela que toute l’équipe est créditée sur chaque titre. Ensuite, un instrument particulier est choisi pour être mis en avant et donner la couleur générale du titre (guitare, piano, orgue, harmonica ou mélodéon). Reste ensuite à caler les autres instruments par rapport aux autres et au texte. On rentre alors plus dans un travail d’arrangement, il faut que tout s’imbrique clairement sans que ce soit la cacophonie…

Quelle importance accordez-vous au fait de chanter dans un anglais compréhensible ?
Sérieusement ??!!… L’album est joué à l’étranger, nous tournons en Europe… T’imagines le tableau si c’était pas compréhensible ? On n’a pas envie de passer pour des escrocs ou des truffes là-dessus. Tellement pas envie que nous faisons vérifier nos textes par des amis musiciens US juste au cas où il y aurait une coquille… D’autant plus que chaque titre est une histoire à part entière : nous essayons vraiment de raconter quelque chose, alors autant bien le faire.

Aimeriez-vous avoir des clips pour l'album Nothin’ But ?
Bien sûr. On prend un peu de temps pour y réfléchir parce qu’il faut écrire les scénarii et avoir un peu de budget. Certains titres exigent des financements plus ou moins conséquents en fonction des histoires à illustrer. Pour 2 ou 3 titres, nous avons des images en tête. Reste à coucher ça sur papier et trouver ce financement… ou alors le réalisateur en herbe talentueux qui va flasher sur le projet.

Une indiscrétion à nous raconter sur Nothin’ But ?
Ce qui est dans le groupe reste dans le groupe… Ha ha ha… Faudra demander aux rares personnes qui nous ont rendu visite pendant les sessions. A toi de mener l’enquête… Bon, une anecdote… Pour l’introduction de Zydeco Train, on trouvait sympa l’idée de commencer par un sample illustrant le passage d’un train. Et puis une fois le master fini, on s’est aperçu à la réécoute que ça ressemblait énormément à l’effet sur l’intro de Sea Cruise de Frankie Ford… On a hésité 10 secondes à le retirer, et puis finalement, on s’est dit que c’était plutôt un clin d’œil marrant.

Début août il y a une légère période de tension, vous incitant à publier un communiqué sur votre page Facebook. Souhaitez-vous revenir sur cet évènement ?
C’était juste de l’humour ! Pour mémoire, cela concernait nos teasers vidéos pour annoncer la sortie de l’album. Il nous semblait avoir remarqué que la tendance du moment était de mettre en ligne des vidéos plutôt chouettes dans le traitement de l’image avec des titres entiers joués en studio… Du coup, nous avons fait le contraire, des teasers de 40 secondes, avec des images non raccord avec le son et un traitement de celles-ci limite « cartoon » ou bande dessinée. Ça a fait marrer pas mal de gens qui nous suivent et râler gentiment ceux qui voulaient en entendre plus… D’où ce post qui disait en gros « n’en jetez plus, on vous a compris, on met enfin des titres complets sur notre site internet ». On ne sait donc pas s’il y a eu polémique, mais si oui, tant mieux : le principe du teasing n’en est que renforcé.

En quoi le live est-il important pour Flyin' Saucers Gumbo Special et comment voyez-vous les premiers concerts de sortie d'album ?
L’écriture de la quasi-totalité des titres est conçue pour la scène, avec le but de faire danser et chanter les gens. Le live est donc primordial : rien de tel que d’être confronté en direct au public. Notre musique n’a rien d’élitiste, et même si certains titres revendiquent certains points de vue sur notre époque et notre société, le message principal est : laisse le bon temps rouler, amuse toi, lâche toi et fais le vide. Pour nous écouter, t’as le choix : le faire avec l’album tout seul chez toi ou au milieu de plein de monde pendant un concert. La seconde solution est quand même plus sympa ! D’autant plus que nos concerts sont plutôt très interactifs. Cette communication avec le public est primordiale, et même si chaque titre est « calibré » au départ, la version studio évolue au fur et à mesure des concerts : on rajoute ou on enlève des choses suivant le mood du moment et l’interaction avec le public, ce qui nous permet de les faire évoluer et les bonifier.

Est-ce qu'il y a un endroit particulier dans lequel vous aimeriez faire un concert ?
Chez toi. T’as un grand salon ou un grand jardin ? Plus sérieusement, ce groupe est tout terrain donc pas d’envies particulières du moment que le public répond présent. Tu nous propose un Olympia avec 3 personnes, c’est pas très fun… Il nous reste encore pas mal de salles et festivals à explorer dans le pays et en Europe. Le pied, c’est surtout les endroits inhabituels, qui sortent de la salle carrée conventionnelle, ou ceux qui ont une histoire, qui signifient quelque chose. Nous avons joué récemment dans une abbaye en ruines pour le festival MNOP… Ce genre d’endroit est magique.

Qu'est-ce qui vous a plu à appeler le groupe Flyin' Saucers Gumbo Special ?
Lors de la création du groupe en 1997, on a pioché un peu au hasard dans des titres qui figuraient sur une compilation de Little Walter, et Flying Saucer nous plaisait… Il faut dire qu’à ce moment-là, l’identité musicale du groupe n’était pas encore vraiment définie, et le côté « ovni » allait bien avec notre répertoire inclassable. On a viré le « G » de Flying parce que sinon dans le sud ils prononcent « Flaillingue » et mis un « S » à Saucer parce qu’on est plusieurs… Ce qui n’a pasempêché certains gags : on nous a présenté sous le nom Flin Soccers, et mêmeFling Suckers (mais c’est pas bon pour notre image parait-il, donc ça reste entre nous). Certains ont le droit, parce qu’ils ont déposé le nom, de nous appeler les saucisses volantes… Plus sérieusement, à la sortie de l’album Crawfish Groove en 2010, nous avons rajouté l’extension « Gumbo Special » pour éviter toute confusion avec le groupe de rockabilly anglais Flying Saucers, dont on ignorait l’existence en 97. Gumbo pour le côté tambouille louisianaise, et Special parce que la recette est unique… Voilà le pourquoi du comment.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Coupez vos téléviseurs, sortez voir de la musique live, soyez curieux, écoutez le plus de choses possibles ; soyez acteurs de votre culture musicale.

Merci à Flyin' Saucers d'avoir répondu à notre interview !
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