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Dalva : l'album Printemps brûlant

Dalva est le projet de Johann Tess, violoniste et guitariste, auteur d’un premier EP Mercenaire sorti en 2013. Il sort le 23 mars 2018 l'album Printemps brûlant.

Dalva - Printemps brûlant

Interview de Dalva

Pouvez-vous nous présenter l'album Printemps brûlant ? D'où vous est venu l'inspiration ?
Cet album a été enregistré sur plusieurs sessions en 2016 et 2017 avec Cristian Sotomayor au studio Ruidomaximo à Paris.
L'album pourrait être envisagé comme une galerie de personnages, il y est question de déracinés de leurs terres africaines (Enfance dorée), de personnages en proie à leurs cauchemars dantesques  (Outrenoir), d'un vieux dragueur pathétique sous les tropiques (Basse-terre)... On y trouve également des chansons qui expriment un regard plus personnel sur les choses de la vie...
Au niveau des influences musicales, mon éducation s'est faite avec Led Zeppelin, puis les premiers albums de PJ Harvey, de Radiohead, de Jeff Buckley et après, j'ai toujours aimé défricher des styles assez variés, notamment en écoutant la production de petits labels. Je n'ai jamais vraiment ressenti le besoin de m'attacher à un esthétique particulière. Beaucoup de groupes font d'ailleurs sauter les chapelles de styles ces derniers temps et c'est intéressant de voir ces groupes autant inspirés par Léo Ferré que par le math-rock. L'inspiration de l'album m'est donc venue autant de mes lectures que de cette diversité musicale. Pour faire un peu de name dropping, je pourrais citer parmi les artistes et groupes qui m'ont inspirés ces dernières années Elliot Smith, Shannon Wright, Fink, Faraquet, Sufjan Stevens, I like trains, Benoit Pioulard, Jean-Louis Murat, Alain Bashung, Alexandre Varlet...ça ratisse large.

Comment vous est venu l'idée du nom de l'album ? Une anecdote à nous raconter sur Printemps brûlant ?
Cette chanson est peut-être la plus politique de toutes celles que j'ai écrites. Elle parle simplement de la cupidité, de la volatilité des masses d'argent et des personnes qui spéculent aux quatre coins du monde pendant qu'une partie de l'humanité est en état de quasi-sidération devant ses multiples écrans connectés. Le titre rappelle aussi les printemps arabes de 2010. Il y aura de plus en plus de printemps brûlants, après la torpeur hivernale, il y a le printemps, et il peut être brûlant...

Comment se sont passés les enregistrements ? Quels étaient vos choix sur la partie instrumentale ?
Nous avons travaillé selon un processus volontairement lent qui nous a permis de tester des esthétiques différentes. J'avais pour ma part envie de laisser une part d'improvisation aux séances en studio. On s'est parfois égarés mais finalement on a su trouver un écrin singulier pour chacune des chansons et une unité pour l'album. Ce travail de studio a été enrichi par la diversité des instruments utilisés pour les arrangements (guitare, basse, contrebasse, trompette, trombone, clavier, batterie).

Parlez nous du titre Des secrets...
L'écriture de cette chanson m'est venue en imaginant les secrets comme des artéfacts ou des petits objets que l'on planque où l'on peut, sous terre, dans des recoins, mais qui réapparaissent sans cesse... Souvent les secrets sont d'ailleurs attachés à des objets, à des formes qui provoquent des réminiscences qui peuvent être heureuses ou mélancoliques. Et finalement ces secrets déterminent souvent des choix que l'on fait dans la vie, des décisions que l'on prend, et tout cela incognito.
Dans la réalisation musicale, on a fait monter une certaine tension en partant d'un chant simplement posé sur une basse continue jusqu'à un final très post-rock avec des guitares et des synthés plongés dans de longues réverbes.

En quoi la SCCP et le FCM vous ont aidé dans la réalisation de Printemps brûlant ?
La SCCP et le FCM nous ont permis de travailler dans de bonnes conditions et de professionnaliser le projet. Ce sont de précieux soutiens pour des micro-label comme le notre, Rockers Die Younger.

Peut-on en savoir plus sur l'artwork de l'album qui a été réalisé par Lantil ?
Lantil est une talentueuse plasticienne qui développe l'univers visuel de Dalva depuis plusieurs années déjà. Elle connait bien la matière sonore et textuelle de Dalva et parvient toujours  à capter et traduire cette esthétique. C'est une vraie rencontre artistique.
Pour le visuel de l'album, elle a utilisé des photos de terres volcaniques prises à Lanzarotte. Il y a un côté très minéral dans ce sable volcanique et cette couche de peinture brute sur laquelle on distingue l'esquisse d'un profil. Les couleurs rappellent celles d'un brasier.

Des clips seront-ils prévus et comment les imaginez-vous ?
Le clip de la chanson Des secrets a été réalisé par un ami, Jean-Baptiste Garcia. Un jour, alors qu'il me parlait des images qui lui venaient en l'écoutant, je lui ai proposé de tourner un clip selon un procédé très spontané et lo-fi... Nous avons storyboardé quelques images puis embarqué un appareil photo et une lumière dans une forêt et tourné le clip entre 19h et 3h du matin, dérushé le lendemain et monté le surlendemain... Donner vie à une idée avec une économie de moyen assumée et voir ce qu'il se passe : il y a une certaine fragilité mais une émotion brute, authentique, pas diluée.
Le clip Des secrets sera diffusé très prochainement.
Nous travaillons également sur le clip du titre De l'Oural à l'Andorre avec une jeune réalisatrice très douée, Inès Lourra. Nous lui avons laissé la main sur le projet sur le plan esthétique, faisant confiance à sa 'patte' artistique originale et déjà très affirmée.

-Comment ressentez-vous la scène et qu'attendez-vous du concert à La Dame de Canton le 29 mars ?
La scène, c'est vraiment la finalité de la musique. Dalva a connu des configurations différentes, j'ai joué seul, puis en duo, puis en trio guitare acoustique-batterie-basse. Maintenant c'est en duo avec Thomas Martinez que le projet se poursuit. Thomas est batteur mais également guitariste, claviériste. C'est très intéressant de pouvoir moduler les arrangements selon les configurations scéniques dans lesquelles on se trouve. Le concert de la Dame de Canton sera l'occasion de jouer notre nouveau set et quelques nouveaux morceaux en rodage mais également d'inviter deux artistes que nous aimons à jouer quelques unes de leurs chansons : Eric Boroukhoff et Bassem.

Merci à Johann Tess de Dalva d'avoir répondu à notre interview !
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Musique

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