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Colonel Mushroom présente son 1er album

On le sait, Bordeaux est une ville résolument rock. Plus de 700 groupes répertoriés dans les années 1980, Noir Désir qui s’impose en 1990, des groupes plus neufs comme JC Satan ou Mars Red Sky qui mettent le feu aux scènes du monde entier et tout récemment les Dätcha Mandala qui font la première partie des Insus au Stade de France ; oui, le rock à Bordeaux est bien vivant.
Le 13 janvier 2018, c’est le groupe bordelais Colonel Mushroom qui enregistrera son premier album dans l’un des meilleurs studios de la région : Berduquet. Ils seront accompagnés par Clive Martin, producteur de renom ayant collaboré notamment avec Queen. Histoire de rencontres et de musiques, voici un zoom sur leur campagne de financement participatif Ulule, nécessaire à la mise en route de toute cette machinerie !

Colonel Mushroom

Crédits : Red Door
Lény, 2ème en partant de la gauche ; Florian, 4ème en partant de la gauche

Qui​ ​se​ ​cache​ ​derrière​ ​Colonel​ ​Mushroom​ ​et​ ​quelle​ ​est​ ​l'origine​ ​de​ ​votre​ ​nom​ ​?
Florian : Lény et moi avons monté le groupe il y a 3 ans. Lény était le Colonel et moi le Mushroom.
Je trouvais ces deux qualificatifs de nos deux personnalités plutôt marrants. Après quelque temps on a décidé d’inventer ce personnage du Colonel Mushroom comme une sorte d’esprit désincarné, une forme de totem. Maintenant, nous sommes juste quatre musiciens passionnés et la personnalité de chacun constitue un fragment de ce personnage imaginaire.
Lény : Le Colonel Mushroom est un esprit où chacun peut s’identifier. Une sorte d’anti-héros, de renégat qui traverse son époque en tentant de surmonter les obstacles qui se trouvent sur son chemin, tout en essayant de prendre le meilleur parti de ce qui se présente à lui, jour après jour. Nous cherchions un nom à la fois drôle, barré, très second degré, qui inspire à la fois la crainte et la curiosité, comme quand tu as peur d’une chose tout en étant fortement attiré par elle ! Ce nom représente aussi notre musique, à la fois mélodieuse et massive, psychédélique et hard-rock.

Peut-on​ ​en​ ​savoir​ ​plus​ ​sur​ ​le​ ​1er​ ​album​ ​que​ ​vous​ ​préparez​ ​?
Florian : Un mélange de rock psychédélique, progressif et d’autres trucs sympas... Certains morceaux sont travaillés depuis quelques années et on aimerait les poser enfin sur un disque.
On a deux autres musiciens incroyables dans leur domaine qui sont arrivés il y a peu mais on a bien construit le bordel et on a hâte de se lancer dans l’enregistrement. Les morceaux sélectionnés donneront, je l’espère, quelque chose de fort.
Lény : Cet album esr le résultat d’un processus de composition et de concerts initié par Flo et moi-même il y a à peu près 3 ans. On a accumulé un stock considérable de morceaux et il nous semble que le moment est venu de coucher les meilleurs d’entre eux sur acétate. Hormis le titre Monster, déjà présent sur notre 1er EP, le reste de l’album sera composé de tout nouveaux morceaux ainsi que de titres éprouvés en live mais non publiés jusqu’à maintenant.

Pourquoi​ ​avoir​ ​intégré​ ​un​ ​futur​ ​aussi​ ​sombre​ ​?​ ​Doit-on​ ​y​ ​faire​ ​un​ ​parallèle​ ​avec​ ​le​ ​monde​ ​actuel​ ​?
Lény : Tout artiste, quel qu’il soit, exprime un point de vue sur ce qu’il vit, sur ce qui le touche de près comme de loin, qu’il en soit conscient ou non d’ailleurs. On n’échappe pas à la règle ! Et au vu de ce qui se passe dans le monde actuellement, il faudrait être complètement aveugle pour ne pas voir où tout ça nous conduit... Les conflits se multiplient, la pauvreté et la misère sociale s’aggravent, les gens font la gueule...
Les machines prennent de plus en plus de place dans notre vie : ordinateurs, smartphones, tablettes, paiement sans contact... Et tout ce que ça implique : multiplication des ondes wi-fi, automatisation des tâches, robotisation progressive de l’humanité. Tout cela vendu, bien entendu, au nom du progrès et de la qualité de vie. On se retrouve avec des gens de plus en plus connectés entre eux, mais chacun dans son coin, chacun dans sa bulle ! A bien y regarder, ce “progrès” nous conduit davantage à l’isolement et au mal-être qu’au bonheur ; c’est ce que raconte un morceau comme Boiling Brain par exemple, qui figurera sur l’album à venir. Après, la technologie peut avoir son utilité par bien des aspects, surtout en ce qui concerne les artistes et la visibilité qu’elle nous procure avec Internet. Je veux dire, aujourd’hui, si l’envie te prend de regarder un concert donné en Australie sur ton smartphone, assis sur le trône, le tout en direct, c’est possible !! C’est quand même dingue non ?
Florian : Le futur est irrémédiablement sombre car, quand on le regarde, on se tourne vers l’inconnu, le doute et, bien entendu, le temps qu’il reste à notre existence. Cependant le futur pousse notre imagination à se développer, ce qui est propice aux rêves.
Le futur ne peut être écrit, sauf dans la fiction. Ainsi à travers notre musique, nous essayons d’imaginer une époque lointaine où une force terrible aurait prit le pouvoir. Cette force peut être représentée par beaucoup de choses... Comme des champignons géants...
Cela peut être terrifiant comme ça peut être incroyable, un peu comme monter un groupe de rock aujourd’hui !

Parlez​ ​nous​ ​du​ ​titre​ ​Monster​ ​?
Florian : C’est un morceau écrit assez rapidement, c’était un jour plutôt médiocre où j’avais pas mal de rancoeur, du coup j’y ai mis un mélange de rage et de foutage de gueule. On y parle de catastrophes, du monde moderne et des bases de données. Le refrain sonne comme un avertissement mais on peut aussi le prendre comme une grosse blague.
Lény : C’est l’un de nos titres-phares en concert, et, à titre personnel, un de mes préférés. Il fait écho à ce qu’on vit en ce moment, à ce qu’on vit tous : la technologie, le terrorisme, l’isolement... Monster est une sorte de message adressé à notre époque, qui ressemble de plus en plus à une sorte de monstre difforme et incontrôlable, d’où les accords bizarres et l’emphase qui caractérisent le morceau...

Les​ ​enregistrements​ ​qui​ ​auront​ ​lieu​ ​courant​ ​janvier​ ​sont-ils​ ​redoutés​ ​?
Lény : Le terme est un peu fort... Disons plutôt qu’on ressent une certaine appréhension puisqu’on change d’échelle par rapport à notre 1er EP, que ce soit en termes de quantité de travail (plus de morceaux, plus de temps) et de qualité (conditions d’enregistrement supérieures, producteur renommé). Après c’est la même chose à chaque nouvel enregistrement, ou à chaque fois qu’on s’apprête à monter sur scène. Cette petite boule au ventre qui, au final, correspond surtout à l’envie de bien faire et d’en découdre !
Florian : Beaucoup de changements ont eu lieu récemment. On a changé de line-up (basse, batterie) et DT et Emile (respectivement bassiste et batteur) ont du bosser comme des fous pour que les morceaux soient prêts. La pression est là mais elle peut être un moteur pour se surpasser. Si on se rate on échouera en beauté !

Clive​ ​Martin​ ​produira​ ​votre​ ​album.​ ​On​ ​a​ ​déjà​ ​pu​ ​le​ ​retrouver​ ​sur​ ​ceux​ ​de​ ​Queen​ ​ou​ ​Sting.​ ​Comment l'avez-vous​ ​connu​ ​et​ ​quels​ ​ont​ ​été​ ​vos​ ​premiers​ ​échanges​ ​sur​ ​ce​ ​sujet​ ​?
Florian : On est allé à Berduquet, on nous a filé sa carte, on l’a contacté et il a dit oui ! Je savais qu’il avait participé à l’enregistrement des Dätcha Mandala, un groupe bordelais ami, mais jamais je n’aurais cru qu’il accepte de travailler pour nous. Notre musique lui a plu et ça fait un bien fou.
Lény : On doit le rencontrer à la fin du mois ! Il faut quand même expliquer un truc : j’ai commencé à apprendre la guitare vers 16 ans après avoir vu le concert de Queen à Wembley... Je suis incollable sur ce groupe ! 10 ans plus tard, Clive Martin, qui a travaillé avec eux sur l’album A Kind Of Magic, a accepté de bosser avec nous !! On m’aurait dit ça il y a 10 ans, je n’y aurais pas cru une seconde, c’est vraiment incroyable...

En​ ​quoi​ ​le​ ​financement​ ​participatif​ ​va​ ​vous​ ​aider​ ​?
Lény : Essentiellement, à financer l’enregistrement de l’album. Nous sommes indépendants mais ne vivons pas encore de notre musique ; c’est difficile de joindre les deux bouts et de tout financer par soi-même. Mais l’opportunité de faire son 1er album avec Clive Martin ne se refuse pas ! C’est là qu’on a eu l’idée du financement participatif, qui est aussi une bonne façon de rassembler ses fans en les faisant, d’une certaine façon, participer au processus.

Vous pouvez financer l'album de Colonel Mushroom sur Ulule.

 

Qu'appréciez-vous​ ​dans​ ​le​ ​fait​ ​d'être​ ​indépendant​ ​et​ ​quelles​ ​en​ ​sont​ ​les​ ​difficultés​ ​?
Lény : Le fait de prendre son propre destin en main et de n’avoir personne sur le dos pour ainsi dire. C’est tellement plus valorisant ! Il y a une joie indescriptible lorsqu’on décroche soi-même un concert, ou lorsqu’on présente un morceau né dans sa tête à tout un public ! Les choses prennent plus de sens. Arriver à booker 30 dates dans l’année alors que tu n’es pas tourneur, c’est quand même bon pour l’estime de soi ! Après il faut avoir les reins solides car, en indé, si tu es le 1er à récolter les fruits, tu es aussi le 1er à prendre la grêle, et ça arrive quand même souvent ! Un concert annulé à la dernière minute ainsi que le cachet qui va avec, un membre du groupe qui s’en va et qu’il faut remplacer... C’est comme un artisan ou un commerçant : pas de patron sur le dos mais plus de responsabilités, et plus de risques aussi. La liberté a un prix !
Florian : Je pense que la meilleure création est celle réalisée dans la difficulté, même si ça devient plus compliqué si celle-ci perdure... L’indépendance conduit à la liberté totale de création, mais elle reste tributaire de ton état d’esprit et si les choses n’évoluent pas on se lasse et on n’écrit plus... Ce qui est bien avec le groupe c’est qu’on a quand même l’impression d’une progression continue. On ne sait pas où ça va nous mener mais ça nous permet de ne jamais se lasser et de continuer à créer. En plus on commence à former notre petite équipe autour de nous, Flo (ingé son), Samos (ingé lumière), Roger (manager). Les difficultés sont quotidiennes mais on les affronte tous ensemble et on avance comme ça.

Comment​ ​imaginez-vous​ ​l'univers​ ​visuel​ ​de​ ​l'album​ ​(clip,​ ​pochette...)​ ​?
Florian : Je pense qu’on va prendre le visuel des 4 champignons dans le désert. Pour ce qui touche à l’aspect visuel des futurs clips on est en train de réfléchir à ça. Un mélange entre Mad Max, Dunes et le Roi et l’Oiseau serait intéressant à développer...

Le​ ​cèpe,​ ​pourquoi​ ​ce​ ​champignon​ ​accompagne-t-il​ ​le​ ​colonel​ ​Mushroom​ ​?
Florian : C’est bon en velouté.
Lény : C'est le roi des champignons ! Et l'un des symboles de la Dordogne, qui est l'un des départements où nous avons le plus joué jusqu'à maintenant (festivals Les Bouffardises et Fest’in Ribérac éditions 2016 notamment), et d’où je suis originaire. Le cèpe, c'est aussi la nature, la bonne chère, la convivialité. Le Colonel Mushroom aime les bonnes choses de la vie !

L'album​ ​a-t-il​ ​déjà​ ​un​ ​nom​ ​?
Florian : Pour l’instant on l’appelle “l’Album” entre nous.
Lény : Je pense qu’on abordera le titre lorsqu’on aura terminé l’enregistrement. On aura plus de recul sur notre travail à ce moment-là ; il ne faut pas toujours chercher à tout planifier...

Comment​ ​ressentez-vous​ ​la​ ​scène​ ​et​ ​une​ ​tournée​ ​sera-t-elle​ ​organisée​ ​à​ ​la​ ​sortie​ ​de​ ​l'album​ ​?
Florian : On a plein de projets pour la suite et plein d’idées. Cet album sera le top départ d’une tournée et permettra de développer la suite du projet.
Lény : La scène est toujours une récompense en soi. En tant que musicien, c’est ce qu’il y a de mieux. L’idée est aussi de partir jouer le plus loin possible, de sortir du cocon bordelais. Et cet album nous le permettra d’autant plus ! D’après notre manager, on aurait des contacts pour aller jouer en Russie l’année prochaine...

Que​ ​souhaitez-vous​ ​dire​ ​pour​ ​conclure​ ​?
Florian : Si vous le désirez, soutenez notre campagne de financement ! Grâce à vous on pourra faire un putain d’album !
Et aussi, allez voir les pages/sons des groupes de potes installés sur Bordeaux comme Sbonk, Salamander Jive, Moeska, Waagal, AL AVI ou Insomni Club !
Lény : Sans oublier les potes des Dätcha Mandala qui, en plus de ça, viennent de sortir un sacré album dans un Krakatoa blindé il y a deux semaines ! Ils ont quand même fait la 1ère partie des Insus au Stade de France et sur deux Zéniths... Il y a aussi Blackbird Hill et leur blues shamanique, avec qui nous avons partagé l’affiche aux Bouffardises l’année dernière. Le rock bordelais est bien vivant ! Et pas mal de nouvelles assos comme Sonatik ou l’Astrodome font vivre cette scène en programmant ces groupes. Alors soutenez-la et aidez-nous à sortir cet album ;-)

Merci au groupe Colonel Mushroom d'avoir répondu à notre interview !
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Maxime Lopes sur Google+

Musique interview

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